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Essai Classic longue durée : BMW Z3 Coupé 2.8, le vilain petit canard.

Comme beaucoup depuis 2/3 ans, je me suis longtemps posé la question de l’achat d’un youngtimer, tellement ceux-ci ont la côte en ce moment. Parmi la multitude de choix qu’il existe, j’ai dû trouver des critères pour mon cahier des charges. Ce sera donc une 2 places coupé ou cabriolet de plus de 200ch si possible. J’ai assez vite arrêté mon choix sur 2 modèles qui me faisaient de l’œil depuis que j’étais gosse, la Porsche Boxster S et le BMW Z3 Coupé 2.8/3.0. La suite de l’histoire, vous la connaissez déjà avec le titre de cet article : le Z3 a remporté le match. Enfin match, suite à un coup de foudre, il n’y a donc eu qu’un seul round…

Le vilain petit canard

Avant de parler de l’essai en lui-même, parlons un peu d’histoire puisque nous avons à faire à une voiture de 20 ans, tout de même, qui n’est pas passée inaperçue à sa sortie.
Quelle mouche a donc piqué Chris Bangle (et oui c’est lui le designer) pour modifier le dessin du roadster (dessiné lui par le japonais Joji Nagashima) en break de chasse ! Car s’il est une des caractéristiques du coupé qui a été sujet à débat, c’est bien ce choix stylistique. Choix qui lui confère désormais son aura auprès des collectionneurs.

Ce design controversé va avoir pour impact des chiffres de vente peu flatteur. Seulement 17 815 exemplaires verront le jour dans le monde, toutes versions confondues, soit 6% de la production totale du Z3 (qui fut un succès en roadster). Le coupé fut donc vendu entre 1998 et 2002.

BMW Z3 Coupé 2.8

En dehors de cela, le Z3 coupé reprend la majeur partie des pièces du roadster. A noter que le coupé n’a existé qu’avec les mythiques 6 cylindres en ligne de la marque. Pour rappel, le châssis du Z3 utilise des éléments de plusieurs générations de BMW avec un train avant emprunté aux BMW Série 3 E36 et un train arrière reprenant en partie celui des Série 3 E30 (lire notre article sur les 40 ans de la Série 3, ici).

Ces mauvais chiffres de vente profite notamment à sa côte sur le marché de l’occasion aujourd’hui, un véritable collector !

Quelle présence

Comme dit précédemment, suite à un coup de cœur à la vue de cet exemplaire, je n’ai pas eu le temps d’aller essayer un Porsche Boxster S pour en réaliser une comparaison.
Le Z3 étant d’une autre époque, il parait tout petit dans la circulation actuelle, mais quelle largeur ! S’il y a bien une chose qui frappe (en plus du capot interminable), c’est le galbe des ailes arrières (identiques à la version M) a faire rougir une Porsche 911 ! Rapporté à ça, sa faible hauteur d’1m30 (un peu moins sur celui-ci qui a été rabaissé) et nous sommes en présence de proportions particulièrement agressives.

BMW Z3 Coupé 2.8

Pour notre essai, nous voici avec une version 2.8l de 193ch double Vanos de 2000 dans une très rare couleur bleu topaze (et bim encore plus collector). Les amateurs auront remarqué les modifications apportées au modèle d’origine avec de belles jantes BBS RX en 18 pouces, ainsi que divers accessoires de la version M. Il dispose, par ailleurs, d’une ligne Eisenmann Race au son envoûtant, mais nous y reviendrons plus tard dans l’article.

BMW Z3 Coupé 2.8 intérieur

A l’intérieur, la configuration est bien plus classique, avec un intérieur entièrement noir (option cuir étendu) muni de superbes sièges baquets électriques et chauffants (pour une voiture de 20 ans, une bonne surprise). La finition n’est pas exemplaire, et nous avons à faire à beaucoup de plastiques durs qui occasionnent quelques bruits aux passages d’aspérités. On ressent peut-être ici, son assemblage aux USA, une première pour BMW à l’époque. Notez cependant que ces plastiques intérieurs vieillissent bien mieux que ceux de mon ex-Clio RS pourtant âgée de seulement 13 ans.

A l’arrière, on retrouve un coffre plutôt acceptable pour un coupé 2 places avec un, très original, filet pour séparer l’avant de l’arrière si vous souhaitez emmener Médor en promenade. C’est, en tout cas, un clin d’œil plutôt rigolo à son allure de break.
Pour l’anecdote, cette configuration intérieure/extérieure n’existerait qu’à 44 exemplaires (en dehors des USA).

BMW Z3 Coupé 2.8, le galbe des ailes arrières.

Que donne cette familiale pour famille monoparentale sur la route ?

La première chose amusante lorsqu’on s’installe au poste de conduite, c’est la taille du volant, particulièrement grand par rapport à nos standards actuels. Pour le reste, nous sommes dans les fondamentaux d’un coupé, on se laisse tomber dedans pour ensuite se retrouver dans une position très allongée, le dos contre le passage de roue arrière.
On trouve sous sa main droite, un petit levier de vitesse au guidage ferme et précis, pour permettre de parfaitement passer les 5 rapports de la boîte, bien étagé. Il est maintenant temps de démarrer ce morceau d’histoire.

BMW Z3 Coupé 2.8 en action.

Contact.

Ah… Rien du tout. Oui, dans l’euphorie de l’achat, j’ai eu la mauvaise idée d’oublier d’éteindre le plafonnier, qui s’est fait un malin plaisir de vider la batterie.

Contact (2h plus tard)

Whaou, quel son ! Rien qu’au démarrage, la ligne donne déjà dans le rauque. La pédale d’accélérateur à cable à l’ancienne donne vie au moteur qui prend des tours sans aucun lag.

Quel plaisir ces moteurs atmosphériques. Le moteur coupleux (280 nm) permet de “décoller”, à l’embrayage, les 1400 kg de la bête. A ce propos, le coupé possède une rigidité 2,5 fois supérieure au roadster.
Les premiers tours de roue sont tout de même un peu stressant, car il faut appréhender ce capot sans fin. Les faibles porte-à-faux de l’ensemble nous aide cependant dans cette tâche, ainsi qu’un très bon rayon de braquage. Les rétroviseurs perturbent un peu par leurs positions très reculées sur la porte, mais voir le galbe de l’aile arrière dedans constitue un véritable plaisir.
Après quelques milliers de kilomètres à son volant, les qualités et les défauts du modèle apparaissent.

BMW Z3 Coupé 2.8 conduite !

La voiture est très agile et la direction communicative renseigne bien sur ce que font les roues avant. Cette agilité est encore accentuée par le faible empattement du Z3 (244,5 cm). A noter que, malgré le rabaissement, le coupé reste très confortable ce qui a cependant son effet pervers.

J’ai trouvé qu’en conduite soutenue, le comportement n’était pas des plus rassurants avec des mouvements de caisse assez présent. Ce Z3 est équipé d’amortisseurs d’origine avec des ressorts courts H&R. Après discussion avec quelques propriétaires, il semblerait judicieux d’acheter des amortisseurs Bilstein B8 (qui rabaissent tout en gardant un comportement sécurisant). Enfin, les freins ne sont pas non plus exempt de défaut, avec une tenue en température moyenne, qui peinent à ralentir le poids de l’ensemble après une mise en vitesse rapide.

BMW Z3 Coupé 2.8, Tableau de bord

Mais malgré ces défauts, c’est une voiture qui reste terriblement ludique ! A chaque fois que je me suis mis à son volant, j’avais cette impression de sportivité. Et ce moteur ! Comme je comprends les béhémistes désormais. Le son, l’équilibre, le couple, c’est un moteur atmosphérique véritablement attachant. Alors certes, il n’aime pas trop aller chercher la zone rouge et s’essoufle vraiment passé 5500 tours/min, mais avec le couple, il vous a déjà bien mis en vitesse. Le pédalier propice aux talons-pointe rajoute encore à cette ambiance.
Ce 2.8l se paye même le luxe d’être économe en carburant en conduite coulée, et il m’est arrivé plusieurs fois d’atteindre des moyennes de 7.5l/100km.

BMW Z3 Coupé 2.8

Le plaisir fut, par ailleurs, augmenté par la présence de la ligne en inox de la marque allemande Eisenmann. Cette ligne de gros diamètre vous gratifie d’un son rauque rappelant le son des Porsche et de jolis retours au lever de pied. Sa bonne conception lui permet dans un second temps de ne pas être trop présente sur autoroute par exemple. Cet échappement est vraiment un bon compromis.

Je vous invite à regarder la vidéo de ma dernière balade estivale en Auvergne, ci-dessous, pour vous en faire un aperçu.

Et la fiabilité dans tout ça ?

Après un an en sa possession et 6000km environ, j’ai désormais un peu de recul pour faire un bilan de mon essai longue durée. Parlons fiabilité. En dehors de la batterie, j’ai eu un souci qui semble être un classique sur ce moteur : le capteur d’arbre à cames qui rend l’âme.
Panne particulièrement handicapante (démarrage très difficile, puissance divisée par deux), mais qui se solutionne facilement par un changement du capteur, plutôt accessible et demandant peu de démontage. Comptez 130eu pour le capteur chez BMW tout de même. Je vous conseille d’ailleurs de le commander directement chez BMW plutôt que sur de célèbres sites de ventes de pièce en ligne, qui ont la bonne idée de vous envoyer des capteurs défectueux, que vous ne pouvez, bien entendu, pas vous faire rembourser.

BMW Z3 Coupé 2.8

En dehors de ces capteurs, un autre défaut récurrent concerne les glissières de sièges qui finissent par prendre du jeu inexorablement avec l’âge, faute à un mauvais vieillissement du plastique d’une bague. Il existe cependant des boutiques qui vendent ces bagues en téflon qui corrigent définitivement ce problème. Des tutoriels sont disponibles en ligne si vous voulez vous y attaquer seul.

Comme souvent, si l’entretien a été suivi, le Z3 Coupé est une voiture fiable qui vous emmènera loin sans gros frais à prévoir. Il n’y a qu’à voir le nombre de Z3 en vente avec des kilométrages supérieurs à 200 000 km.

BMW Z3 Coupé 2.8

L’heure du bilan

Pour conclure cette expérience en Z3, il est temps de dire que c’est une voiture atypique et attachante. Alors certes, ce n’est pas le plus pratique des coupés, peut-être pas le plus beau (même si c’est subjectif), mais soyez sûr qu’au volant de ce coupé, vous roulerez différent.

Après avoir été boudé à sa sortie et moqué avec de nombreux surnoms, “la chaussure de clown”, “la faiseuse de veuves” pour la version M plutôt surmotorisée, elle connaît un vrai retour en grâce auprès des amateurs de collector.

BMW Z3 Coupé 2.8, dernière balade.

Durant cette année, j’ai eu de nombreux signes de la part d’autres conducteurs heureux de croiser ce modèle rare. C’est une voiture avec une forte côte de sympathie, qui ne laisse pas indifférent. Comme à sa sortie, on aime ou on déteste.

Sa côte a connu une nette progression ces dernières années passant d’environ 10 000eu, il y a 4 ans, à environ 16/18 000eu actuellement pour un modèle comme celui-ci. Pour ma part, la revente fut très rapide (3 semaines) et j’ai été surpris par le nombre de mails reçus de la part d’amateur du modèle (la configuration peu courante y participant sans doute). Ce modèle constitue à coup sûr un bon placement plaisir avec une côte qui a peu de chance de diminuer dans les années à venir.

Avis aux amateurs donc…

 

A propos de l'auteur

Jordan Prot

Jordan Prot

4 commentaires

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  • Propriétaire d’un Z3 coupé noir 3 litres depuis juin 2002 avec 275000 km, je ne me séparerai jamais de mon jouet dont j’admire toujours la ligne trapue. Dotée des sièges du Z3 M rouge et noir, full cuir rouge intérieur pour le reste, des ouïes latérales du Z3 M et des ressorts eibach et amortisseurs bilstein B8, le look est amélioré et la tenue de route transcendée. Un bonheur de tous les jours cette voiture qui ne ressemble à rien d’autres dans la production automobile et si rare…ce qui décuple le plaisir d’en posséder une. Et comme si cela ne suffisait pas, je profite depuis 8 ans d’un BMW Z4 M coupé bleu interlagos , le graal du Z4 M. un bonheur à conduire…

  • bonjour
    désormais à la retraite je recherchais un cylindre pour le plaisir du son et de la conduite. J’ai acheté le Z3 coupé 2.8 l modèle 1999. Il répond parfaitement à mon goût. Quel plaisir chaque fois que je le sors je le prépare comme un jockey qui s’apprête à monter. Cela fait 2 ans que je l’ai 150 000 kms réels. Contrôle technique vierge, peu couteux à l’entretien. Pas besoin de rouler vite , la position de conduite sur la route ras le bitume renvoie une impression de vitesse. Equipée en 18 pouces il faut juste être vigilant sur petites routes déformées et bien sûr l’éternelle propulsion demande attention sur sols humides.Je ne regrette pas mon choix ayant hésité avec le mazda MX 5 mais le 6 cyl vaut ça.Pour le péage sur autoroutes vu la bassesse de la caisse il faut être au plus près sans flinguer les jantes …mais quel pied …

  • Cool cet article Jordan, comme d’hab illustré avec de magnifiques photos !
    Sacré ligne ce Coupé Z3, je fais définitivement parti de ses fans 🙂

  • Superbe auto qui m a toujours titillé. … ce modèle est particulièrement joli dans cette livrée accompagné de ces belles jantes

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