Annoncé en marge des 24 Heures du Mans cette année, l’édition 2025 du Mans Classic marque la fin d’une ère : celle de la plus grande rétrospective des 24 Heures du Mans telle que nous la connaissons, réunissant les voitures d’endurance de 1923 jusqu’aux années 2000. Dès 2026, Le Mans Classic se déclinera en deux événements complémentaires : Le Mans Classic Heritage (1923–1975) et Le Mans Classic Legend (1976–2015).
Dès 2026, ce nouveau format du Mans Classic vise à offrir plus de temps de piste aux collectionneurs et pilotes, attirer une nouvelle génération de spectateurs, et proposer une scénographie plus immersive, notamment dans la version Heritage.
Si Le Mans Classic Heritage semble prolonger l’esprit de ce que nous connaissons, que nous réserve Le Mans Classic Legend, dont la première édition se tiendra dès l’année prochaine ?
Ce format inédit mettra à l’honneur les voitures qui ont marqué l’endurance entre 1976 et 2015, une époque riche en innovations techniques, performances spectaculaires et grandes figures du sport automobile. Ce sera l’occasion de voir évoluer sur la piste des voitures encore présentes dans les 24 Heures « modernes » il n’y a pas si longtemps.
Les détails concernant l’événement Le Mans Classic Legend restent encore discrets, mais au vu de la période couverte, on peut déjà prévoir qu’une partie du plateau 6 sera bien présente à ce nouveau rendez-vous.
Plateau 6 (1972-1981)
C’est à cette époque que Matra réalise une série impressionnante avec trois victoires consécutives, au son envoutant de son V12. En 1974, Porsche révolutionne Le Mans en introduisant la technologie turbo, qu’elle perfectionnera avec la 936, victorieuse en 1976 et 1977. Malgré cette domination, Renault et Rondeau parviennent à s’imposer, avant que Porsche enchaine avec une GT en 1979 puis une nouvelle fois avec la 936 en 1981.
En catégorie Grand Tourisme, les Ferrari Daytona dominent d’abord, avant que des 911 toujours plus spéciales ne prennent le dessus sur les Ferrari 512BB LM et les BMW 3.0 CSL et M1. L’aérodynamisme évolue rapidement : les gros ailerons font leur apparition, signe que l’appui est devenu crucial pour la performance.
Cette année, 84 voitures sont engagées, mais comme dans les autres plateaux, nombreuses seront celles contraintes à l’abandon dès les premiers tours en raison de problèmes mécaniques.
Les arrêts aux stands s’enchaînent alors pendant les premiers essais qualificatifs pour contrôler les niveaux et températures. Le prototype ouvert de Yves SCEMAMA, une TOJ SC304, signe le meilleur temps devant Emile BREITTMAYER au volant de sa Porsche 935 K3/81. Comme à l’époque, la lutte entre prototypes et GT est lancée !
Outre la diversité des voitures, ce qui fait du plateau 6 l’un des plus impressionnants, surtout de nuit, ce sont les mélodies hurlantes des moteurs et les flammes crachées par les échappements des BMW M1 Procar, mais aussi de certaines Porsche, Chevron et Lola.
Curiosité exceptionnelle de ce plateau cette année, la Chevrolet Corvette Greenwood « Spirit of America » a attiré tous les regards.
Cette voiture, commandée neuve par Albert DeLeo dans la configuration exacte de la « Spirit of Le Mans » de 1976, n’a disputé qu’une seule course en 1982 avant d’être remisée jusqu’à l’achat de son propriétaire actuel en 2012. Considérée comme la Corvette Greenwood la plus originale encore existante, elle a effectué un court shakedown sur l’aérodrome du Mans, deux jours avant le début des festivités.
Les pilotes français Didier ANDRÉ (8 participations aux 24 Heures du Mans) et Jérôme POLICAND (13 participations aux 24 Heures du Mans) se sont partagés le volant… ou du moins ont tenté, puisque des problèmes mécaniques liés à sa longue immobilisation ont écourté chacune de leurs sorties. Rassurez-vous, ce n’est sûrement pas la dernière fois que nous entendrons rugir cette bête avant de la voir.
Comme si la chaleur ambiante ne suffisait pas, c’est un véritable spectacle de flammes qui embrase le peloton en course !
La BMW M1 Gr5 a rencontré un léger souci de capot, un nouvel aileron aérodynamique, peut-être ?
Maxime GUENAT s’impose lors de la course 1 au volant de sa Lola T286, devançant le Belge au volant de sa Porsche 935. Jean LEGRAS, ici en photo avec sa Chevron B21, termine à la 53ème place.
Suite à un accident survenu au départ du plateau 5, ayant causé d’importants dégâts aux voitures mais aussi aux barrières de sécurité des Hunaudières durant la nuit, la direction de course a décidé d’annuler la course 2 du plateau 6, initialement prévue sous la pluie.
Nous le retrouvons dimanche matin sous un ciel voilé et toujours pluvieux à l’entrée des virages Porsche. Quel plaisir de retrouver au matin la Rondeau « Inaltera LM77 » (nom du sponsor, une marque de papier peints lyonnaise) n°88 engagée aux 24 Heures du Mans 1977 pour Jean Rondeau associé à Jean Ragnotti et classée au pied du podium, 4ème au classement général !
En grande forme lors de Spa-Classic (lire ici), la Porsche 935 des frères BUSCH a connu un week-end bien plus compliqué au Mans. Elle franchit la ligne avec plus de dix minutes de retard sur les leaders.
Maxime GUENAT signe un week-end parfait en remportant également la troisième course, ce qui lui permet de s’imposer au classement général du plateau 6. Il devance Ross et Charlie HYETT sur leur Chevron B31, ainsi que Sebastian GLASER, toujours aussi impressionnant sous la pluie, au volant de sa BMW M1 Procar.
À noter également la performance exceptionnelle de Chris WARD : après un changement complet de moteur dans la nuit, il s’élançait depuis la 71e place sur une grille détrempée. Il remonte 61 positions pour terminer 10e au classement général et 4e de sa catégorie. Une remontée spectaculaire au volant de la BMW M1 Procar aux couleurs Alpina.
Les classements complets de Le Mans Classic 2025 sont consultables > ici <.
Crédit photos @Matthieu Bourgeois
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