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Essai Formule Renault 2.0, le rapport poids/puissance d’une Bugatti Veyron !

En matière d’automobiles, on le sait tous, le plaisir existe sous de nombreuses formes, de la 2CV au prototype de course, on peut toujours y trouver son compte. Aujourd’hui, je vous propose de partager une expérience bien particulière avec une monoplace : la Formule Renault 2.0.

 

Pour ce stage, ne pouvant être à la fois devant et derrière la caméra, je suivrai notre pilote du jour : Damien, petrolhead dans l’âme, ancien propriétaire d’une Renault Mégane 3 RS. Ces présentations faites, passons au déroulement de cette journée de stage LRS Formula.
La journée type se planifie de cette façon : Accueil des participants, briefing sur la façon de rouler sur circuit et en monoplace, briefing sur la monoplace, 1ère session, debriefing, 2ème session, débriefing final.

 

 

 

Retour à l’école

 

Et oui, même si on sait conduire une voiture, la conduite sur circuit et d’une monoplace ne s’improvise pas. Il est donc nécessaire pour tous les participants de passer par un briefing en salle pour rappeler les bonnes manières d’appréhender la piste. Il ne faut pas oublier que ce genre de stage est accessible avec un simple permis B sans aucune expérience circuit requise et que chaque participant a un niveau de pilotage différent (certains ce jour-là sont d’anciens pilotes en V de V par ex).

L’instructeur du jour est Dimitri Enjalbert, pilote expérimenté ayant couru en V de V ou Blancpain series par exemple. Les stagiaires étant maintenant habillés en combinaison de pilote, l’expérience peut démarrer. Dimitri rappelle les bases de la conduite sur circuit, les trajectoires, les points de corde, de freinage, etc…

Vient ensuite la présentation technique de la voiture. Même sous ses airs de petite monoplace, elle a tout d’une grande et des performances à ne pas sous-estimer (Kimi raikkonen a fait ses armes dans cette catégorie avant la F1 entre autres).

 

Une Formule Renault 2.0, c’est quoi ?

 

 

La Formule Renault est développée par les techniciens de la Promotion Sportive de Renault Sport. On retrouve donc un châssis Tatuus entièrement carbone, une boite séquentielle à 6 vitesses avec palettes au volant, un moteur de 200ch, des freins aciers et 4 pneus slick Michelin. Pour ce qui est du moteur, celui-ci est fourni par Renault Sport. C’est donc un 4 cylindres 2.0l F4R de 200ch à 7150 tr/min, un couple de 220nm à 5500 tr/min. A noter que le poids de la monoplace est limité à 450kg (à sec), ce qui permet un rapport poids/puissance d’hypercar !
L’aérodynamisme poussé permet, par ailleurs, des passages en courbe extrêmement rapides. Malgré ces technologies de pointe, cette monoplace a été conçue pour rester accessible en terme de tarif et d’entretien pour les teams (60 000eu neuve, et trouvable autour de 25 000eu en occasion pour les amateurs).

 

 

Le saut dans le grand bain

 

Maintenant que nous savons à qui nous avons à faire, il est temps de s’intéresser au tracé de ce circuit de Magny-Cours Club. Après 2 tours en monospace bien emmené, les élèves du jour ont un aperçu des bonnes trajectoires à prendre ainsi que les points de freinage à utiliser. Il est donc temps d’enfiler le casque, les gants et de monter (enfin descendre) dans la monoplace. Pour la suite, je laisse la parole à Damien qui va nous raconter son expérience. Je rends l’antenne, à toi Damien !

“La 1ère chose qui surprend lorsqu’on s’installe au volant d’une monoplace, c’est la position presque allongée et au ras du sol. Les pieds sont à la hauteur du bassin, le volant au niveau du menton et les yeux à peine plus haut que les pneus. Ça donne presque envie de se redresser pour mieux voir devant mais comme l’a dit l’instructeur. Il faut toujours regarder et loin et anticiper le virage d’après.”

“Le départ des stands n’est pas aussi facile que je le pensais. Bien que la Formule Renault dispose d’une boîte séquentielle avec palettes au volant, il faut se servir de l’embrayage pour se lancer. Je comprends tout de suite que la voiture est brutale et que le point de patinage va être difficile à trouver avec des pédales aussi raides. Deuxième essai, je réussis à partir sans caler et sur les conseils de l’instructeur, j’essaye de bien doser l’accélérateur pour ne pas faire un tête à queue dans les stands à cause des pneus froids.”

“Les 2 premiers tours me permettent de faire chauffer les pneus et de découvrir la voiture plus que la piste où j’ai déjà roulé en trackday avec ma Mégane 3 RS. Il n’y a pas de compte-tours mais je sens tout de suite lorsque je suis en sous-régime. La voiture broute et les à-coups me donnent l’impression d’être sur une machine à laver en essorage.”

“Je commence à prendre un peu d’assurance et le moteur à prendre des tours. Le ressenti au volant est incroyable et les sensations décuplées par rapport à ce que j’ai ressenti auparavant au volant d’une voiture. Je ne fais qu’un avec la monoplace et c’est peu dire, avec la tension de mes harnais qui m’écrasent dans le baquet trop grand pour moi. Plus que l’accélération malgré un rapport poids/puissance de 2.25kg/cv, c’est la vitesse de passage en courbe qui m’impressionne. La voiture est comme sur un rail et va exactement où je le souhaite. Le sous-virage est un mot qui n’existe pas en monoplace.”

“Petit à petit, je repousse les repères de freinage que j’avais en Mégane. A chaque fin de ligne droite, j’appuie un peu plus tard et un peu plus fort sur la pédale de frein sans jamais en trouver les limites. Il en est de même pour les virages où j’essaie de passer de plus en plus vite. Les tours s’enchainent et je finis par accepter le fait que j’atteins mes limites avant celle de la voiture…

“Je me rends également compte qu’une monoplace, de par sa rigidité est beaucoup plus exigeante sur le pilotage qu’une « simple » sportive de tous les jours. La moindre action sur l’accélérateur en courbe et c’est le tête-à-queue assuré. J’en ferai les frais lors d’un changement de rapport un peu précoce qui m’enverra dans l’herbe après 2 pirouettes incontrôlées. Je comprends au fur et à mesure des tours qu’une monoplace, malgré sa brutalité, doit être conduite en douceur tout en dosant la pression sur les pédales en fonction de l’angle du volant.”

“Je ferai deux sessions de 15 minutes mais c’est largement suffisant pour une première fois. J’ai les coudes et les genoux endoloris par les appuis contre la coque de la voiture lors des passages en courbes. Je suis encore loin d’un pilote professionnel qui peut enchaîner des heures de course.”

 

 

Une expérience inégalable

 

Comme vous l’avez lu dans le ressenti de Damien, il est très difficile d’éprouver ailleurs, les sensations qu’une monoplace peut procurer. Que ce soit au niveau de l’exigence physique ou au niveau des capacités techniques de la voiture, peu de véhicules sont comparables.
Il est un peu tard pour les cadeaux de fête des pères, mais néanmoins, vous pouvez toujours contacter LRS Formula pour réaliser un stage du même type, qui vous laissera, à coup sûr, un souvenir impérissable. A savoir que la journée avec 2 sessions comme Damien l’a vécu vous en coûtera 399eu (hors options).

Cependant après avoir vu ça, un autre garage renfermait d’autres bolides disponibles à l’essai qui m’ont fait de l’oeil… Il est en effet possible d’ajouter à la Formule Renault, des sessions en Formule 1 (Ex-Benetton, Prost V10, Jaguar V10) ! Avis aux amateurs donc.

 

Merci à LRS Formula pour leur accueil sur cette journée.