Le Mans Classic 2025 : Group C et ERL, un avant-gout de LMC Legend 2026 (part2)
Historique Le Mans Classic

Le Mans Classic 2025 : Group C et ERL, un avant-gout de LMC Legend 2026 (part2)

Le Mans Classic 2025 - Endurance Racing Legends - Matthieu-BOURGEOIS

Annoncé en marge des 24 Heures du Mans cette année, l’édition 2025 du Mans Classic marque la fin d’une ère : celle de la plus grande rétrospective des 24 Heures du Mans telle que nous la connaissons, réunissant les voitures d’endurance de 1923 jusqu’aux années 2000. Dès 2026, Le Mans Classic se déclinera en deux événements complémentaires : Le Mans Classic Heritage (1923–1975) et Le Mans Classic Legend (1976–2015).

Ce format inédit mettra à l’honneur les voitures qui ont marqué l’endurance entre 1976 et 2015, une époque riche en innovations techniques, performances spectaculaires et grandes figures du sport automobile. Ce sera l’occasion de voir évoluer sur la piste des voitures encore présentes dans les 24 Heures « modernes » il n’y a pas si longtemps, comme les Group C et les LMP1, GT1, GT2 et GT3 de l’Endurance Racing Legends.

Group C (1982 – 1993)

Au cours des années 1980, les 24 Heures du Mans entrent dans une nouvelle ère avec l’arrivée des prototypes fermés et aérodynamiquement optimisés du Groupe C. Cette décennie est aujourd’hui considérée par beaucoup comme l’âge d’or de l’endurance, tant par la richesse technologique que par la diversité des constructeurs engagés. Porsche y impose sa loi dès 1982 avec les mythiques 956, bientôt suivies par la 962, avant que Jaguar, Peugeot, Mercedes-Benz, Nissan ou encore Mazda ne viennent bouleverser la hiérarchie en proposant leurs propres interprétations de la performance ultime.

Sur la grille du Mans Classic 2025, 31 voitures ont tout de même pris le départ, un chiffre honorable même si certains grands noms manquaient à l’appel : ni Jaguar, ni Sauber-Mercedes, ni Mazda cette année. Une absence notable pour une catégorie aussi emblématique. Est-ce le signe d’un essoufflement ?

Est-ce qu’un nouveau format en piste pourrait redonner envie aux collectionneurs de sortir leur Group C ? Avec plus de temps de roulage, peut-être en multiclasses avec des Porsche 930 Turbo ou les dernières BMW M1 Procar, toujours présentes, mais qui remplissaient les fonds de classement à l’époque…

Avec la perspective du Mans Classic Legend dès 2026, il est légitime de se demander si un nouveau format pourrait raviver l’enthousiasme des propriétaires de Group C. Davantage de roulage, des sessions plus longues (demandant forcément un ravitaillement en carburant), un vrai contexte multiclasses mêlant proto et GT, avec les Porsche 930 ou 935 et BMW M1… Nous verrons d’ici un an ce que nous réserve Peter Auto…

Le Mans Classic 2025 - Group C - Matthieu-BOURGEOIS

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Cette année, le programme du Group C offrait deux séances de qualifications distinctes, permettant d’établir les grilles de départ des deux courses prévues : une première d’une durée de 45 minutes, et une seconde, plus courte, qualifiée de « sprint », disputée dimanche matin au lever du soleil sur 30 minutes.

Impressionnants de régularité et de performance, David HART et Olivier HART ont dominé les débats en plaçant leur Lola T92/10 en pole position.

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Derrière eux, Ivan VERCOUTERE et Ralf KELLENERS réalisent une belle performance en signant non seulement le deuxième meilleur temps avec la Porsche 962 C #7 aux couleurs Blaupunkt, mais aussi le troisième chrono avec une seconde 962 C, cette fois dans la livrée des 24 Heures du Mans.

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Auteur d’une bonne avance et n’ayant plus assez d’essence pour effectuer un tour de plus, Oliver HART en Lola s’est arrêté peu avant la ligne de départ alors qui ne restait que quelques secondes de course, avant de passer le drapeau à damier en 1ère position une fois celui-ci abaissé, devant Ivan VERCOUTERE. Nombreux sont ceux d’ailleurs étant tombé en panne d’essence dans le tour de refroidissement, et notamment les 3 premiers. Un casse-tête pour la direction de course, qui finalement, a classé Maxime GUENAT et sa Peugeot 905 Evo 1 Bis victorieux de cette première course.

Confusion à la fin de la course 1 : alors qu’il menait largement la course, Oliver HART, au volant de la Lola T92/10, a intelligemment joué la montre. A quelques secondes de la fin, il s’est immobilisé juste avant la ligne pour éviter de devoir entamer un tour supplémentaire qu’il n’aurait pas pu terminer, faute de carburant. Lorsque le drapeau à damier s’est abaissé devant lui, il a relancé sa voiture et franchi la ligne en première position. Une manœuvre astucieuse mais semble-t-il peu appréciée par les commissaires de course. A noter que comme lui, plusieurs autres voitures sont tombées en panne sèche dans le tour de décélération… dont le 2ème et 3ème. La direction de course a finalement décidé de reclasser Maxime GUENAT et sa Peugeot 905 Evo 1 Bis comme vainqueur officiel de cette première manche.

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Le titre de pilote le plus spectaculaire revient sans conteste à Philip Kadoorie. Connu pour sa conduite résolument engagée, « pedal to the metal » comme diraient nos amis anglais. Quand il ne fait pas glisser sa Cobra à Goodwood, il s’amuse à déraper dans les chicanes des Hunaudières au volant de sa Porsche 962 C rose. Une manière inhabituelle de piloter une Group C, mais il est clair qu’il y trouve un immense plaisir !

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Assez rare pour être remarquée, voici une Rondeau M482. Dotée d’une silhouette révolutionnaire, cette voiture arbore une carrosserie conçue pour maximiser l’effet de sol. Cependant, des vibrations moteur importantes ont empêché la M482 de rencontrer le succès escompté par son concepteur. En 1982, pilotée par Jean Rondeau et François Migault, elle ne réalise que le 27e temps lors des essais qualificatifs et ne parvient pas à finir la course. Lors de l’édition 1983 des 24 Heures du Mans, les trois M482 engagées sont malheureusement toutes contraintes à l’abandon.

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Voici la Porsche 956-101, le châssis qui a décroché la 3ème place aux 24 Heures du Mans 1983. C’est toujours un véritable plaisir de la voir évoluer ici.

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Changement d’ambiance dimanche matin : pas de lever de soleil cette année au Mans Classic, mais une forte pluie qui complique sérieusement la visibilité. Après deux tours derrière la Safety Car, la course sprint démarre enfin à la lueur des phares, alors que dans la forêt d’Indianapolis, l’obscurité reste bien présente…

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Les premiers tours se révèlent particulièrement difficiles, le brouillard créé par les projections d’eau des voitures qui précèdent réduisant considérablement la visibilité sur la piste.

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Fidèle à son style, Philip KADOORIE effectue une remontée spectaculaire, passant de la 10ème à la 2nde place.

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Derrière lui, la concurrence s’est fait plus clairsemée que la veille, avec seulement 18 pilotes courageux classés à l’arrivée.

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A la moitié de la course, les conditions se détériorent encore un peu plus et le drapeau rouge est présentés aux pilotes. Ivan VERCOUTERE et Ralf KELLENERS termine premier avec la Porsche 962C #121 aux couleurs des 24H du Mans. Pour l’anecdote, cette 962C avait perdu son sponsor principal quelques semaines avant la course et au lieu de courir avec une voiture blanche, l’équipe avait alors souhaité rendre hommage à la course. Un hommage peu apprécié par les organisateurs qui leur avait ordonné d’enlever les décorations sous peine de ne pas les laisser prendre le départ.

 

À mi-course, les conditions se dégradent encore davantage, forçant la direction à brandir le drapeau rouge. Ivan VERCOUTERE ou Ralf KELLENERS s’impose alors au volant de la Porsche 962C #121 arborant la livrée des 24 Heures du Mans. Quatre Porsche 962C occupent les premières places au classement général, tandis que la Spice SE88C de 1988 #111 s’impose dans la catégorie C2a.

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Endurance Racing Legends (1990-2000)

Jusqu’à présent, l’ERL représentait la catégorie la plus moderne des événements Peter Auto. Lancée en 2018, cette série a rapidement séduit les pilotes avec ses prototypes LMP, GT1, GT2 et GT3 des années 90 à 2000. Ce succès s’explique en grande partie par le fait que ces voitures sont plus accessibles à piloter que les redoutables Group C, mais aussi beaucoup plus abordables financièrement. De ce fait, les pilotes prennent plaisir à pousser leurs bolides et à s’affronter dans des courses mêlant prototypes et GT de diverses catégories.

Si lors de la saison Peter Auto l’ERL est désormais scindée en deux plateaux distincts, au Mans Classic, tous ces véhicules évoluent ensemble, soit un peu plus de 70 voitures en piste, avec toutefois une nette prédominance des GT2 et GT3, qui tendent à éclipser la dizaine de prototypes présents.

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Côté pilotes, quelques beaux noms étaient présents : Éric Hélary au volant d’une Lamborghini Murciélago LP670 R-SV, Emmanuel Collard dans une Pescarolo C60, Mike Newton fidèle à sa MG EX264, l’ancien pilote de F1 Ricardo Zonta également au volant d’une Murciélago R-SV, Nicolas Prost en Viper GTS-R, et même le président de l’ACO, Pierre Fillon, qui a eu l’honneur de piloter l’Audi R8 LMP de François Perrodo, retenu par une manche d’ELMS.

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Tous ont eu droit à une séance de qualification sous un grandiose coucher de soleil sarthois, un instant magique et tellement emblématique de l’histoire des 24 Heures du Mans.

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Voici l’une des premières photos d’une Maserati MC12 GT1 sur le circuit du Mans au coucher de soleil. En effet, la Maserati n’a jamais participé aux 24 Heures du Mans à son époque, jugée non conforme au règlement. Ses premiers tours de roue sur le grand circuit datent seulement de 2018, année d’introduction des GT1 au Mans Classic. Depuis, aucune séance qualificative n’avait encore eu lieu au coucher du soleil pour l’Endurance Racing Legends, jusqu’à cette édition.

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Les premiers tours s’étant déroulés sous Full Course Yellow, l’ensemble du plateau est regroupé. Inévitablement, à la relance, il est difficile de se frayer un chemin !

Le Mans Classic 2025 - Endurance Racing Legends - Matthieu-BOURGEOIS

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Sous un sublime coucher de soleil, Felipe ORTIZ et Nico VERDONCK placent la Dome S101 de 2002 en pole position. Juste derrière, les deux Pescarolo C60 de COLLARD et HART, suivies d’une autre Dome et d’une Panoz LMP-1 Roadster S, que l’on prend plaisir à voir évoluer !

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Malheureusement, un drapeau rouge mettra prématurément fin à ce qui restera la plus belle lumière vue au Mans Classic depuis plusieurs éditions !

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Samedi matin, l’Endurance Racing Legends a lancé le ballet des courses du Mans Classic 2025, avec dans le groupe de tête des couleurs emblématiques qui ravivent bien des souvenirs…

Le Mans Classic 2025 - Endurance Racing Legends - Matthieu-BOURGEOIS

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Chacun trouve un adversaire à sa taille au sein du peloton.

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Plus de peur que de mal pour cette 993 GT2 qui a légèrement dévié de sa trajectoire.

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Trois Audi R8 LMP étaient engagées cette année, deux jaunes et une rouge. Voici celle de Niklas HALUSA, qui termine 3ᵉ de la course 1. Devant lui, Emmanuel COLLARD au volant de sa Pescarolo C60, et Maxwell LYNN, vainqueur au volant de l’unique Bentley Speed 8 présente sur le meeting.

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Le lendemain, la course sprint de l’ERL clôture en beauté le week-end, avec un départ sur une piste humide mais qui sèche rapidement. Les pilotes roulent prudemment, et aucun incident majeur n’est à déplorer durant la course.

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Alors qu’Emmanuel COLLARD semblait en route vers la victoire, Max CHILTON est revenu comme une fusée dans ses rétroviseurs. Profitant des retardataires, la Zytek 04S a attaqué la Pescarolo C60 au raccordement pour s’emparer de la victoire à l’avant-dernier tour ! Du côté des GT, les Maserati MC12 GT1 signent un doublé, devançant la Chrysler Viper GTS-R du duo PROST/MOULIN.

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Conclusion

Ces trois plateaux seront sans aucun doute à retrouver dès l’année prochaine, peut-être avec de nouveaux formats de course, notamment de nuit, lors de la toute première édition du Le Mans Classic Legend, qui se tiendra du 2 au 5 juillet 2026. Jusqu’à présent, la rétrospective Le Mans Classic (lire ici) s’arrêtait aux voitures les plus récentes de l’Endurance Racing Legends, issues des années 2000. Le Mans Classic Legend étendra quant à lui son spectre jusqu’en 2015 !

Car oui, les années passent, et les autos d’aujourd’hui deviennent rapidement les « vieilles » d’hier. Les LMP1 qui ont marqué les grandes heures de l’endurance il y a une décennie sont désormais remisées au fond des réserves des constructeurs. Les plus jeunes spectateurs n’ont souvent pas eu l’occasion de voir ces monstres d’ingéniosité en course, parfois même pas à la télévision. C’est dans cette optique que Marc Ouayoun, en partenariat avec l’ACO et Le Mans Endurance Management, a décidé de lancer « Legends of Le Mans », une nouvelle série dédiée aux LMP1, LMP2 et GT emblématiques des années 2010, soit les modèles postérieurs à l’ère Endurance Racing Legends (ERL).

Par ailleurs, en collaboration avec SRO Motorsports Group et Stéphane Ratel, Peter Auto fera renaître dès l’année prochaine les premières générations de GT3 avec la GT3 Revival Series, dédiée aux modèles de 2006 à 2013. Deux nouveaux plateaux qui auront très certainement leur place dans cette nouvelle version du Mans Classic, aux côtés du plateau 6 (lire ici), des Group C et de l’ERL.

Pour nous donner un avant-goût de 2026, une exposition « Legends of Le Mans » était installée au cœur du paddock, présentant notamment une Aston Martin V12 Vantage GT3, une Peugeot 908 HDi, et bien sûr, une Audi Sport R18 e-tron quattro.

Le Mans Classic 2025 - Legends of Le Mans - Matthieu-BOURGEOIS

Le Mans Classic 2025 - Legends of Le Mans - Matthieu-BOURGEOIS

Ces dernières années, plusieurs LMP1 ont été mises en vente par les constructeurs. Parmi eux, Audi Sport, qui propose à des collectionneurs privés d’acquérir ces véhicules mythiques : Ici, une R18 utilisée comme véhicule de développement. Dépourvue de tout système hybride, pour des raisons réglementaires et de sécurité, son directeur de département nous confiait que certaines de ces machines avaient déjà trouvé preneur et seraient très certainement sur la ligne de départ du Mans Classic Legend en 2026… affaire à suivre !

Le Mans Classic 2025 - Legends of Le Mans - Matthieu-BOURGEOIS

Les classements complets de Le Mans Classic 2025 sont consultables > ici <.

Crédit photos @Matthieu Bourgeois

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Matthieu

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