Nous vous avons présenté 40 années d’évolution avec les plateaux 1 à 3 (lire ici), puis le revival de légende du plateau 4 (lire ici) du Mans Classic 2025. Place désormais aux premiers véritables prototypes, conçus pour triompher au Mans, dont Porsche va marquer son empreinte.
Plateau 5 : 1966 – 1971
L’année 1966 marque un tournant majeur aux 24 Heures du Mans (lire ici) avec le triplé triomphal de Ford, qui domine la course pendant quatre saisons consécutives. Ferrari est mise en retrait tandis que Porsche commence à s’imposer avec ses premiers prototypes compacts, aux côtés d’Alpine, Alfa Romeo et Matra. Après une déception en 1969, Porsche revient en force en 1970 avec ses célèbres 917 (lire ici), courtes ou longues, fragiles mais redoutablement performantes. Ce plateau rend hommage à cette période d’or de l’endurance, où la puissance brute, l’aérodynamisme innovant et les vitesses extrêmes fascinent toujours autant.
Une légère frayeur pour cette Ligier JS2, qui peine à redémarrer après une coupure moteur à l’entrée des virages Porsche.
Des virages Porsche qui donnent du fil à retordre aux portières des Ford GT40. Fidèle à l’histoire, le souci de fermeture des portières semble toujours d’actualité.
Si la liste des engagés du plateau 5 cette année est loin d’être dénuée de qualité, elle manque néanmoins d’éclat. Les légendaires Porsche 917, 908, Lola T70 et Ferrari 512M/S, grandes rivales d’autrefois, se font de plus en plus rares sur les compétitions historiques. Leur valeur atteint des sommets, et certains pilotes très rapides en piste peuvent parfois intimider ceux qui possèdent ces voitures d’exception, précieuses et fragiles.
C’est justement le cas de la Ferrari 312P de Remo LIPS et Frank STIPPLER. Soucieux de rouler très fort sans prendre de risques sur une auto unique, ils ont fait réaliser une réplique fidèle de la véritable 312P qu’ils possèdent dans leur garage. Cette approche leur a permis de s’imposer lors de la course 2, disputée de nuit et sous la pluie.
La course 2 n’aura duré que 5 minutes avant qu’un violent accident aux Hunaudières ne mette fin à l’épreuve, impliquant malheureusement près de sept véhicules. Les réparations du circuit ont occupé une grande partie de la nuit, contraignant les organisateurs à annuler cette course ainsi que la course de nuit du plateau 6.
Sous la pluie au petit matin, Niklas HALUSA et sa Ferrari 512M jaune creusent l’écart au général en remportant leur deuxième victoire, après celle de la course 1. Au cœur du peloton, les pilotes optent pour la prudence, cherchant à terminer le week-end sans encombre.
Voici la seule et unique WM P70 existante à ce jour, reconstruite en 2024 par l’association WMH (Welter Meunier Historique). En 2019, les bénévoles de cette association se sont lancés un défi audacieux : reproduire à l’identique le tout premier prototype conçu de A à Z par Gérard WELTER et Michel MEUNIER en 1970.
Sans châssis d’origine, ils ont dû déployer des moyens impressionnants pour reconstituer, à partir de plans, fiches techniques et photos d’époque, chaque composant de cette voiture haute de seulement 86 cm. Un travail titanesque présenté en début d’année, pour un retour au Mans en hommage aux 24 Heures de 1971.
Dominant deux des trois courses, Niklas HALUSA impose sa Ferrari 512M au sommet du classement général, devant la Lola T70 Mk.3B GT de Jan MAGNUSSEN et Chris WARD, ainsi que la Chevron B19 de Charlie HYETT. À noter également la belle performance d’Alex BRUNDLE, qui décroche la 5ème place au volant de sa Ford GT40, préparée spécialement avec les conseils d’un de ses anciens pilotes.
À l’époque dominée, Ferrari reprend donc sa place de leader dans ce plateau 5, laissant loin derrière les Porsche 917k, qui ne pouvaient pas rivaliser : l’une par une nouvelle casse moteur, l’autre par son propriétaire soucieux de préserver ce châssis exceptionnel et on le comprend !
Porsche Classic Race
Le nom parle de lui-même : la Porsche Classic Race est l’une des courses support du Mans Classic, composé exclusivement de machine de Stuttgart. Toutes les versions de la 911 y sont présentes, de la simple 911 2.0L à la redoutable 935 K3, sans oublier les Carrera RSR et les 904, 906 et 914. Il y en a vraiment pour tous les goûts.
Dans le paddock, habituellement installé sur le circuit Maison-Blanche, près du Porsche Experience Center, les passionnés de flat 6 ont de quoi en perdre la tête.
Surtout quand une Porsche 917 croise une autre, cette fois en version LH. La 917 LH « psychédélique », célèbre pour sa décoration hors norme, était présente ce week-end uniquement en exposition au PEC, contrairement à 2023 où elle avait couru.
La séance qualificative s’est déroulée vendredi soir, au coucher du soleil. Si certaines machines ont souffert de la chaleur, d’autres pilotes semblaient en parfaite harmonie avec leur machine : Emmanuel BRIGAND domine largement avec sa Porsche 935 #46, devançant de 5 secondes la Carrera RSR Turbo de Guillaume DUMAREY.
Le lendemain matin, la Porsche 918 Spyder (lire ici) assure le rôle de leading-car lors de leur unique course du week-end.
Le groupe de tête reste soudé dans les premiers tours de course !
Derrière, les 911 colorées s’amusent.
La 911 Carrera RSR Turbo de 1974 à l’attaque sur une 2.0l atmosphérique. Dix ans séparent ces deux modèles.
À quelques minutes du drapeau à damier, Emmanuel BRIGAND, alors en tête, entre en contact avec une 3.0 RSR IROC et termine sa course dans les barrières de la deuxième chicane des Hunaudières. La victoire revient finalement à la Porsche 917 de Mr JOHN OF B et Soheil AYARI, qui devancent deux 935.
Pour les fans de Steve McQueen (lire ici et aussi là) et des années hippies, ces deux plateaux sont immanquables tant le spectacle en piste est passionnant et les voitures évocatrices de ces années, mêlant innovations techniques (et un peu folle) et rivalités mythiques.
Des rivalités secouées par des évolutions de règlement et des nouvelles technologies dans les années à venir, que nous verrons dans les plateaux les plus récents du Mans Classic (lire ici).
Les classements complets de Le Mans Classic 2025 sont consultables > ici <.
Crédit photos @Matthieu Bourgeois