L’entrée de Ferrari dans l’ère du 100 % électrique posait jusqu’ici un défi quasi existentiel : comment transposer l’émotion viscérale de Maranello dans un univers de silence et de silicium ? La réponse ne réside pas dans une simple fiche technique, mais dans une vision baptisée Luce. Plus qu’une voiture, la Ferrari Luce est une « énergie silencieuse », fruit d’une collaboration de cinq ans restée secrète avec le collectif LoveFrom.
Le choc des mondes
Le nom « Luce » (lumière) ne désigne pas ici une technologie, mais une philosophie de conception basée sur la clarté et la transparence. L’électrification s’efface devant l’expérience ressentie dans chaque fibre du véhicule. Ce projet marque une rupture philosophique majeure.
Là où l’industrie automobile sature l’habitacle de pixels, Ferrari et LoveFrom proposent une clarté nouvelle. La question centrale n’est plus celle de la puissance brute, mais celle de l’âme : comment Ferrari compte-t-elle dominer l’ère numérique (lire ici) sans sacrifier son héritage tactile et sa capacité à susciter l’émerveillement par la noblesse du geste ?

Le refus du « tout-écran » : le luxe est tactile
À une époque où le luxe se mesure trop souvent à la diagonale des dalles tactiles, la Ferrari Luce prend le contre-pied absolu de cette tendance. La philosophie de LoveFrom – dirigé par Sir Jony Ive (ex-chef designer d’Apple) et Marc Newson – postule que « le véritable luxe réside dans l’engagement physique et la précision mécanique, réduisant la charge cognitive pour magnifier l’acte de conduire. »

S’inspirant de l’ergonomie radicale des monoplaces de Formule 1 et de l’aviation — où la lisibilité immédiate est une question de survie — l’interface privilégie des commandes mécaniques de haute précision. Ce retour au physique est, paradoxalement, l’innovation la plus audacieuse : il réinstalle l’humain au centre de la machine.
« Luce devient un symbole de clarté et d’inspiration, exprimant l’approche de Ferrari en matière d’innovation : une vision sans compromis, un design transparent, une énergie silencieuse que l’on ressent dans chaque fibre, et une forme dictée par la fonction. »
Le volant : hommage au passé, usiné pour le futur
Le volant de la Ferrari Luce est une pièce d’orfèvrerie illustrant la fusion entre tradition et haute performance. Sa structure simplifiée à trois branches réinterprète les iconiques volants Nardi des années 50 et 60. Ici, l’aluminium est volontairement laissé exposé, célébrant une esthétique de la transparence et la résistance intrinsèque du matériau :
- Matériau : Alliage d’aluminium 100 % recyclé, spécifiquement développé pour une qualité d’anodisation supérieure.
- Fabrication : 19 pièces distinctes usinées par commande numérique (CNC) à 3 ou 5 axes.
- Poids : Une réduction drastique de 400 grammes par rapport aux standards actuels de la marque.
- Ingénierie sensorielle : Plus de 20 tests acoustiques et mécaniques réalisés avec les pilotes d’essai pour parfaire le « clic » de chaque bouton.


Le rituel de la clé : une métamorphose en E Ink
Démarrer la Ferrari Luce n’est pas un simple contact, c’est une séquence chorégraphiée, une véritable métamorphose. Tout commence par la clé, objet tactile réalisé en Corning Gorilla Glass. Pour la première fois au monde, une clé intègre un écran E Ink bistable.

Cette technologie n’est pas un gadget : elle est le miroir de l’efficience de Ferrari, ne consommant de l’énergie que pour changer d’état. Lors de l’insertion dans la console centrale, la clé opère une transition chromatique du jaune au noir, fusionnant visuellement avec la surface en verre. Cette séquence déclenche l’illumination synchronisée de l’habitacle, signalant le passage de l’immobilité à l’émotion pure.
Le Multigraph : chef-d’œuvre de micro-ingénierie
Au cœur de l’interface trône le Multigraph, un dispositif réconciliant l’art horloger et le numérique. Ce cadran minimaliste abrite un mouvement propriétaire doté de trois moteurs indépendants animant des aiguilles en aluminium avec une fluidité organique.

Grâce à un système de contrôle électronique avancé, le Multigraph propose quatre modes dont les transitions évoquent la complexité d’un chronographe de luxe :
- Horloge : Lecture classique du temps.
- Chronographe : Précision chirurgicale pour la piste.
- Boussole : L’art de l’orientation.
- Launch Control : L’affichage dédié à la performance pure.


Matériaux alchimiques du Gorilla Glass à la profondeur OLED
Ferrari introduit une première mondiale en collaboration avec Samsung Display : un bloc d’instruments composé de deux écrans OLED superposés. L’écran supérieur possède des découpes physiques entourées d’anneaux en aluminium, révélant les informations du second écran. Cette tension visuelle crée une profondeur 3D réelle, magnifiant les graphismes inspirés des cadrans historiques Veglia et Jaeger. Détail crucial de packaging : ce bloc est monté directement sur la colonne de direction et se déplace en synchronisation parfaite avec le volant.

Les autres matériaux subissent une véritable alchimie :
- Le levier de vitesses : Taillé dans le Gorilla Glass, ses graphismes sont déposés dans des trous percés au laser d’une largeur équivalente à un demi-cheveu humain.
- L’aluminium anodisé : Un traitement de pointe crée une microstructure hexagonale, offrant une dureté exceptionnelle et une couleur d’une profondeur éternelle.

Éclairer la voie
En confiant son habitacle à LoveFrom, Ferrari prouve que l’innovation électrique ne réside pas dans la multiplication des pixels, mais dans la clarté de l’interaction et la noblesse de la matière. La Ferrari Luce prouve que l’ergonomie moderne ne réside pas dans l’accumulation de fonctions, mais dans leur épuration. L’ergonomie n’est plus ici un accessoire de confort, elle est l’instrument même de l’émotion de conduite.
Alors que l’industrie s’égare dans le logiciel, Ferrari rappelle que le pilotage est une affaire de sens. Et si le véritable luxe de demain n’était pas la puissance du code, mais la beauté du geste physique ?
Sources CP et crédit photos @Ferrari






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