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Le prototype Lightyear One à la conquête du soleil

Lightyear One
Lightyear One

C’est un projet dont on parle régulièrement mais qui n’arrive jamais au stade de la production. Les concept-cars pleuvent, les compétitions se multiplient entre les écoles et les professionnels. C’est une forme d’énergie durable qui est déjà utilisée déjà dans d’autres domaines. Comme une rumeur dont tout le monde entend parler mais que personne n’a pu approcher sur une automobile de série, c’était la chimère de l’automobile : concevoir un véhicule longue distance roulant à l’énergie solaire. Le pari est lancé avec le prototype Lightyear One, quand l’utopique devient réel.

Le 25 juin dernier, aux Pays-Bas dans la ville de Katwijk au TheaterHangaar, le lever de soleil n’avait pas la même saveur que les autres matins. Des investisseurs, clients, partenaires et confrères journalistes étaient sur place pour la présentation officielle du constructeur Lightyear et de son modèle, le prototype One. La start-up néerlandaise fondée en 2016 base son expérience sur ses victoires passées dans le Bridgestone World Solar Challenge (course de prototypes bisannuelle en Australie). Trois succès d’affilée les ont conforté dans l’idée de pouvoir concevoir un véhicule pour de (riches) particuliers. Le concept est simple à comprendre, la voiture est alimentée par quatre moteurs électriques disposés au sein des quatre roues. 5 m² de panneaux solaires sont installés sur le capot, le toit et la face arrière et servent à recharger les batteries en roulant. Le résultat annoncé est éloquent : 400 km d’autonomie au minimum et 800 km au maximum. Voilà le fonctionnement basique de toute voiture à énergie solaire mais le concept est poussé jusqu’à en avoir une utilisation quotidienne. La sécurité active et passive, l’habitabilité à son bord ainsi que les lignes de la Lightyear One n’ont rien d’un concept. La preuve à l’appui qu’une centaine de clients ont déjà été séduits et ont sauté le pas, sur commande. Les 500 premiers exemplaires baptisés « Pioneer Edition » peuvent aussi être loués mensuellement. D’après le constructeur, elle peut générer jusqu’à 20 000 km d’énergie par an. De quoi y réfléchir à deux fois…

Lightyear One
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Une autonomie dépendante du facteur X

Sans mauvais jeu de mot avec sa cousine électrique du constructeur américain Tesla, le soleil est en quelque sorte le facteur X. Sans lui, la technologie avancée n’a que très peu d’intérêt. Et malheureusement, l’autonomie promise par la One dépend de Dame Nature. Dans des conditions normales d’ensoleillement, la familiale est capable de recharger 12 km en une heure. Soit près de 100 kilomètres sur un trajet de 8 heures. Elle dispose donc naturellement d’une autonomie plus importante en été qu’en hiver avec des différences significatives, ce qui explique la variation entre les 400 km et les 800 km annoncés. Une limite ? Pas vraiment car la Lightyear peut se brancher sur une prise comme n’importe quel autre véhicule électrique et se recharger rapidement. Au final, cette avancée technologique majeure ne propose que les bénéfices apportés de chaque rayon de soleil, sans avoir de malus. Et c’est Lex Hoefsloot, CEO et cofondateur de Lightyear qui le dit. « Notre expérience significative nous a permis de porter une attention particulière à l’optimisation de l’efficacité et de la sécurité de la voiture. En partant de zéro et utilisant les lois de la nature comme guide, elle devient notre meilleur allié dans le développement de designs ultra-efficaces ».

Lightyear One
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Un prix de vente loin d’être économique

Des paroles vérifiées de par le gabarit de cette berline de plus de cinq mètres de long (5,05 m). La voiture a le mérité de se détacher de ce qui se fait dans l’industrie des berlines huppées (Audi A7, BMW Série 6…). L’aérodynamique a guidé la forme de la carrosserie, et les lignes sont douces comme avec les guêtres de roues (jupes d’ailes recouvrant la partie supérieure des pneus). La voiture offre aussi un coffre de 780 litres, soit un volume vraiment très au-dessus des normes dans la catégorie. Cela est dû à la batterie, relativement petite qui ne prend pas autant de place. Mais tout ceci serait bien beau sans parler du prix d’achat assez exorbitant. Les premières livraisons auront lieu début 2021, la production étant prévue à Helmond (Pays-Bas) pour un prix d’achat situé aux alentours des 119 000€… hors taxes. Ce qui se rapproche d’un chèque de 150 000€ dans la vie courante. De quoi refroidir l’atmosphère quand on sait les contraintes liées à son utilisation extra quotidienne. On oublie également trop souvent que la fabrication des panneaux photovoltaïques est aussi voire plus polluante que la vie d’une voiture thermique. Mais le progrès semble dans le droit chemin, et l’énergie solaire n’est plus qu’une simple bizarrerie de jeunes, mais peut-être le futur à long terme du monde automobile. Rendez-vous sur le site de la marque néerlandaise pour savoir combien de kilomètres par jour vous pourriez recharger… comme quoi la canicule a du bon.

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