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Essai classic : Volvo 740 GL ECTO-1 1987

Quand le chef m’a envoyé cet email intitulé ECTO-1 avec comme seul texte « Cet essai, il est pour toi ! Nous aussi, on sait faire du Top Gear  🙂 », j’aurais dû me douter qu’il y avait un piège dissimulé derrière ce petit smiley en guise de signature fantomatique…

La période de Noël, ou même chaque vacances scolaires, est bien souvent propice à la diffusion, enfin re-re-rediffusion de classiques du cinéma. Oui classique du cinéma c’est un peu exagéré pour « Chérie j’ai rétréci les gosses », mais enchainé juste après « La Grande Vadrouille », on peut comprendre pourquoi les enfants ne sont pas toujours contents d’être en vacances quand la météo les retient en otages sur le canapé devant la télé !

Pourquoi je vous parle de programme télé moi ? Ah oui, ECTO-1 ça vous dit quelque chose ? Si vous avez déjà vu Ghostbusters, ou sa version française SOS Fantômes, forcément vous aurez en tête l’image du break blanc des célèbres chasseurs de fantômes. C’est bien ça, destination le cœur de la France pour essayer l’une des légendes automobiles du cinéma, wahouuu j’ai hâte d’admirer les rondeurs du break Cadillac 1959 et entendre le V8 ronfler…

Une américaine très suédoise !

Mais arrivé au point de rendez-vous, ce que j’aperçois au loin ressemble plus à une grande et plate suédoise qu’à l’américaine délicieusement charnue de mes souvenirs cinématographiques ! Que des lignes droites, des arrêtes et des angles plutôt marqués ! Point de courbe, de rondeur ou de subtile ligne travaillée… Déception ? Oui bien sûr, mais pas tant finalement puisque j’ai toujours eu un faible pour celle qui m’expose son profil de boite à chaussures au Cx à peine plus travaillé que celui d’une Caterham avec son pare-brise ! Oui je le confesse, les grosses Volvo break ont un petit truc qui me plait. Est-ce la vitre arrière format 16/9, les pare-chocs à soufflet, la ressemblance en version XXL avec une Mini Clubman Estate ou juste XL avec une Lada break ? J’avoue que je ne sais pas trop ce qui peut bien me plaire là-dedans, mais j’aime bien !

Back in the 80’s

Notre ECTO-1 suédoise du jour est donc une Volvo 740 GL break de 1987 qui sort tout juste de rodage avec un honnête 377.538 km affiché au compteur. Esthétiquement on replonge immédiatement dans les années 80, avec encore quelques touches de chrome autour des vitres où sur les magnifiques enjoliveurs, mais le plastique continue son invasion fantastique : gros pare-chocs, baguettes de portes et rétros, tout le monde est noir brut de plastique. La calandre fait office de résistante et semble être à la croisée de ces deux époques avec ces fines baguettes chromées sur large fond de plastique noir.

A l’intérieur le saut dans le temps est encore plus visible, le tissu bleu des sièges, le tableau de bord carré presque assorti et ce gros volant noir. Non en 1987 Volvo n’avait pas encore constitué son équipe « design intérieur » ! La moquette bleue tente bien de réveiller un peu l’ambiance, mais c’est peine perdu lorsque l’on jette un œil derrière le volant : wahouu le compte-tour est gradué jusqu’à 12 (milles tours) ! Mais pourquoi il a 2 aiguilles ? Hein, quoi … c’est une horloge, ah oui forcément. Pour le reste sur ce fond noir, un compteur de vitesse, température d’eau, jauge à essence et … c’est tout ! Design minimaliste et épuré, non, juste le minimum vital et indispensable !

Par contre on peut saluer au passage la robustesse de l’ensemble : malgré les kilomètres affichés au compteur et l’utilisation probablement intense du véhicule, seul un panneau de porte commence à bailler, une petite déformation est à constater sur la console centrale et le ciel de toit qui pend un peu, parfaitement de circonstance pour lui donner un air de fantôme au réveil !

Pour finir le (grand) tour du propriétaire, un coup d’œil dans le coffre permet d’apprécier les capacités de chargement et de comprendre l’engouement presque caricatural des brocanteurs pour la grande lignée des breaks Volvo : seuil de chargement bas et large, plancher entièrement plat et volume énooooorme ! Même avec la banquette arrière en place on est bien au-delà de bon nombre de breaks modernes ayant tout rabattu. Le look extérieur a été dicté par la fonction, le but recherché est atteint.

Et sous le capot alors ?

Entre les 1350 kg annoncés, le profil de brique et la longueur de l’ensemble, en toute logique on pourrait s’attendre à une bonne grosse motorisation bien coupleuse qui permette de déplacer avec aisance, confort et endurance l’ensemble. Sauf qu’en ouvrant le lourd capot, stupéfaction : mais, il n’y a que 4 cylindres ! Point de compresseur Volumex ou Turbo-compresseur Garett…

Et oui, un fougueux 4 cylindres 2 litres atmosphérique qui développe 118 ch à 17h25 et 16 mkg de couple à 15h12. Moui forcément on perd un peu le sourire en découvrant cette partie de la fiche technique, d’autant que l’essai de la bête comprend une découverte des limites sur circuit… Quelque chose me dit que les limites de la voiture se trouveront surtout sous le capot !

Who you gonna call ?

Après un rapide parcours routier qui permet de prendre ses repères, direction le circuit où l’accueil se fait par une bonne averse qui détrempe la piste. Heureusement, pour découvrir le tracé, un professeur de choix est là : même si certains disent qu’il est un peu ballonné en ce moment, c’est toujours sympa de rencontrer le Stig en chair et en os, enfin aujourd’hui plutôt en gras et en casque !

Par contre la légende est vrai, impossible de lui décrocher un mot… Mais bon on n’est pas là pour faire la causette, à mon tour de reprendre place derrière le volant, et cette fois pour attaquer. Le mot semble bien optimiste, 118 ch pour 1350 kg (11,44 kg/ch)  rappelez-vous, mais on peut dire que malmener le gros break dans les épingles, le sentir se dandiner à la reprise de grip après une petite dérobade du train arrière est plutôt rigolo.

L’absence d’autobloquant est pénalisant dans ces conditions, tout comme le fait de rester avec le pommeau de levier de vitesse dans la main au passage de la 3 en début de ligne droite, mais il est étonnant de voir comment on peut s’amuser avec l’antithèse même d’une voiture pensée pour le circuit ! Même après plusieurs tours à rythme soutenu la vaillante ECTO-1 ne donne aucun signe de fatigue ou de chauffe, la qualité suédoise ne serait donc pas un mythe ?! Finalement ce seront les hurlements répétés du pneu avant gauche qui inciteront à calmer le rythme, le propriétaire de l’auto ayant eu la mauvaise idée de lancer une application sur son Smartphone qui prend, et affiche en gros, les temps au tour.

La direction est ferme comme il faut et assez précise pour remonter les infos nécessaires, la boite bien guidée est plutôt facile à actionner (un peu moins sans le pommeau mais c’est une autre histoire) et les freins répondent suffisamment présent à chaque fois qu’on les sollicite. Le seul véritable bémol est plutôt coté suspensions : fatiguées (quel est leur kilométrage réel ?) et pas adaptées au rythme imposé, le roulis est énorme et met à mal le conducteur qui s’accroche au volant faut de maintien dans son fauteuil pullman. Outre le chauffeur chauffard, les pneus sont aussi mis à rude épreuve, il faut dire qu’un flanc de 70 sur de frêles 185 en 14’’, là aussi ça fleure bon les 80’s…

We believe you !

Évidement on ne passerait pas 10h sur circuit à son volant, mais l’espace de quelques tours sur cette piste humide, le fun est au rendez-vous ! Bonne surprise qui illustre mieux que n’importe quelle autre expérience la polyvalence de ce break. Capable de pister comme un sauvage, déménager ce copain de Toulouse qui roule en Smart, avaler les kilomètres pour aller au fin fond du pays de Galles ou encore épater la maitresse de l’école primaire qui était fan de Ghostbusters dans sa jeunesse. Voiture à vivre, ah non le slogan est déjà pris, mais voiture à tout faire très certainement. Comme quoi cette email mystérieux n’était pas si pourri, disons que j’ai inconsciemment réalisé un fantasme refoulé : rouler en Volvo break … sur circuit.

Un grand merci à la DRiFT KK TeaM pour cet essai riche en souvenirs !

Crédit photos @ Ambroise Brosselin.

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