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Ferrari 288 GTO : la première supercar de Maranello

Vingt longues années se sont écoulées depuis l’arrêt de la production de la célèbre Ferrari 250 GTO. Le salon de Genève 1984 marquera le retour du fameux trigramme avec l’apparition de la nouvelle GTO, la 288, sur le stand Ferrari, châssis 50255. Ce renouveau symbolisera l’avènement des Ferrari F40, F50, Enzo et dernièrement LaFerrari.

Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO

GTO pour Gran Tourismo Omologato

GTO, cette désignation barbaresque, Gran Tourismo Omologato pour les puristes, immortalise un passé glorieux, une suprématie mondiale du Cavallino sur la course automobile dans les « sixties ». Le commandatore Enzo Ferrari annonça cette renaissance le 18 Septembre 1983 à l’occasion du rituel Ferrari Days à Maranello. Une frénésie spéculative s’empara alors des milieux « autorisés » quant à un retour de Ferrari sur les circuits autre que ceux de la Formule 1.
Conçu sous la direction de Harvey Postlethwaite, alors en charge du programme de Formule 1 de l’époque, ce modèle se voulait la vitrine du capital technologique acquis par Ferrari en compétition. A bien des égards il était proche des Groupes C de l’époque.

Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO

Moteur issu de la compétition

Son moteur, le tipo F114B descendait à 90% du V8 turbo, tipo 268C, réalisé par Ferrari pour les sports-protos d’endurance Lancia LC2 de 1983. Le magnifique propulseur de la GTO, d’une cylindrée de 2855cm3, quatre soupapes par cylindre, coiffé de deux turbo Japonais IHI équipés d’intercooler Behr et d’une injection électronique Marelli, développe une puissance de 400CH à 7000 tours/min pour un couple maxi de 50,6 mkg à 3800 tours/min.
Placé en position longitudinale, son centre de gravité est abaissé de 7cm en comparaison du moteur transversale des coupés 308/328. La position très avancée du moteur fait que les quatre premiers cylindres envahissent la frontière matérialisée par la lunette arrière, réduisant ainsi la course des sièges. Cette contrainte provient de la longueur importante de l’association moteur/boite de vitesse Ferrari cinq rapports. Si l’ergonomie est affectée, la répartition des masses est optimum.
Élément caractéristique de ce propulseur, il n’est pas procédé à sa “dépose” pour son entretien, l’on accède à la face avant du moteur par l’habitacle de la voiture. Le mécanicien peut alors procéder, au changement des courroies de distribution ou atteindre le thermostat, la pompe à eau ou l’alternateur.

Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO

Nouveaux matériaux kevlar, fibre de carbone et nomex

La filiation de la 288 GTO est évidente, le dessin général de la voiture rappelle une étude Pininfarina, extrapolation sportive d’une 308 GTB, commandée par un client désirant courir. Elle fut exposée par le maître carrossier turinois au salon de Genève 1977, sous le nom de code “Millechiodi”.
Le design magnifique du couturier maison Pininfarina, conçu sous la responsabilité de l’ingénieur Leonardo Fioravanti, ne se révélera pas uniquement un exercice de style mais aussi une prouesse technique réalisée de kevlar et fibre de carbone.
Cette technologie issue de la F1 contribua à réduire considérablement le poids globale de la voiture. La carrosserie se résumait à une coque moulée de Fibre de verre greffée de composants à base de Kevlar ultra léger tels que; le capot (3,2kg), la cloison anti-feu entre l’habitacle et le moteur. Le pavillon et la partie arrière de la voiture sont en fibre de verre et nomex.
Bien que le groupe propulseur de la GTO soit nettement plus lourd, l’emploi de ces matériaux assure un gain de poids de 9% sur celui d’un coupé 308 GTB. Plusieurs éléments à base de nomex composent l’habitacle et les parois avoisinantes du moteur. Ce matériau est connu pour ses qualités d’isolant thermique, il ne brûle pas. Ainsi le panneau central, démontable depuis l’intérieur de l’habitacle pour accéder à la face avant du moteur est issu d’un “alliage” kevlar-nomex.
Ces éléments associés à un arceau de sécurité apparent, homologué FISA, et des renforts latéraux accroissent la sécurité passive du véhicule.
A l’instar de la 250 GTO/64, la Ferrari 288 GTO possèdent trois ouïes verticaux positionnés sur les ailes arrières, ils assurent le refroidissement du moteur et des freins. L’empattement de la 288 GTO est de 11cm supérieure (2450mm) à celui d’une Ferrari 308GTB avec laquelle les seuls éléments partagés sont les portes. La carrosserie, produite par Scaglietti, est assemblée sur un châssis tubes d’acier à haute résistance sur lequel vient se greffer le moteur. Le châssis a subi un traitement anticorrosion zincrox breveté Ferrari. Les suspensions sont des quadrilatères déformables équipés d’amortisseurs Koni. Les freins à disques ventilés Brembo sont munis d’étriers à double pistons.

Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO

Pilotage pure

Aucune aide au pilotage ou mécanique n’asservit la voiture, ni ABS, ni direction assistée, ni soupape à phasage variable, ni rappel hydraulique des soupapes. Nous sommes en présence de la prolongation civile d’un sport-proto du début des années 80 homologué route, une sorte de GT1 avant l’époque. Fort normal, puisque les 272 voitures produites obtinrent pour six ans l’homologation groupe B délivré le 1 juin 1985 par la FISA.
Six prototypes supplémentaires sortirent des chaînes de Maranello. Le châssis prototype 44725 fut construit sur la base d’une 308GTB. Il était propulsé par un moteur tipo F114A, équipé de quatre carburateurs solex double corps dotés d’un turbo compresseur KKK, associé à une boite de vitesse ZF. Le châssis prototype 44421 fut détruit dans le crash test.
Suite à l’évolution de la réglementation sportive aucun programme compétition ne sera lancé. Néanmoins, la fabrication et l’exploitation des rares 288 GTO Evoluzione de 1986 constitueront un capital informations d’une grande utilité à la conception de sa petite sœur, la F40.
La Ferrari 288 GTO fut produite de 1984 à 1986 avec les numéros de châssis 44421, 44725, 44727, 47647, 47649, 47711 pour les prototypes et de 50253 à 58345 pour la version «stradale». Concernant cette dernière et après analyse des numéros de châssis nous remarquons que les voitures étaient construites par groupe de 10 à 20, exemple : numéro de châssis impairs de 53755 à 53793.
Toutes les voitures construites le furent avec une conduite à gauche, rouges d’origine (rossa corsa, code 300/6). Trois modèles furent repeints. Le châssis 47649 devint jaune tandis que les châssis 54225 et 56335 se muèrent en argent métallisé, voire blanche… par superstition des propriétaires !
Les sièges étaient recouverts d’une sellerie cuire noire (code 8500) ou noire avec incrustations rouges dans les sièges et tableau de bord. Contrairement à la F40, l’intérieur de la 288 GTO est celui d’un véhicule de “série”, signes évidents : la climatisation, l’autoradio et les vitres électriques étaient proposés en option. De plus, l’utilisation d’une 288 est moins typée qu’une F40. Sa garde au sol s’adapte mieux à une conduite sur nos nationales. D’origine des Good Year Eagle VR, montés sur des jantes speedline de 16 pouces, équipaient la voiture : arrière 265/50 VR16 – avant 225/50 VR16.
La voiture n’étant pas homologuée pour le marché américain, les propriétaires de ce pays durent soumettre individuellement leur modèle aux sévères contrôles EPA/DOT nécessaires à toute importation de véhicules étrangers aux Etats-Unis. ujourd’hui, plus de soixante-dix Ferrari 288 GTO résident aux USA.

Ferrari 288 GTO
Ferrari 288 GTO

Une côte en collection qui explose

Si vous désirez acquérir une Ferrari 288 GTO sachez que seulement 23 modèles furent livrés en France, le nombre de Ferrari GTO importées était proportionnel au volume de voitures vendues par pays. Concernant les parutions officielles, il n’existe pas de documentation technique en Français, trop peu de voiture résident en “Gaule”. Le prix du véhicule à sa livraison en 1984 était de 935.000 FF TTC soit un équivalent de 275.900 euros actualisé. Fin 1998, lors d’une vente aux enchères Brooks en suisse, une Ferrari 288 GTO, châssis 52747, fut vendue 333.500 FS. Entretenu par Ferrari Suisse, ce modèle n’a parcouru que 20.000Km depuis sa livraison début 85. En mai 2013, le châssis 54777 a été adjugé 963.200 euros lors de la vente RM Auctions à la Villa D’Este. Cette 288 GTO avait 35.000 km au compteur. Enfin, la dernière vente Scottsdale 2014 a attribué l’exemplaire 52474 le dernier coup de marteau à $1.402.500 soit 1.025.395 euros !
Dernier détail, il vous faudra vous habituez au “rituel course” pour démarrer la voiture. Premièrement, tournez la clé de contact pour mise sous tension générale du véhicule. Deuxièmement, actionnez le bouton start-up afin d’enclencher le démarreur, ce qui a pour effet de faire “vivre” le moteur.
Sur les Ferrari de course, 330P4 pour n’en citer qu’une, un troisième bouton est actionné avant le “start-up engine”, il enclenche la pompe à essence. Ces opérations successives répartissent l’ampérage nécessaire à la mise en route du véhicule. Cette technique héritée de la compétition accroît la fiabilité, la sécurité, tout en facilitant la maintenance.
L’ultime étape réalisée, je vous laisse imaginer la suite … Par Toutatis ! Cette Ferrari 288 GTO est une 308 GTB tombée dans la potion magique !

Performances (Données constructeur)
Vitesse maximum : 305 km/h
Accélération départ arrêté
de 0 à 400 m : 12,7 sec
de 0 à 1000 m : 21,8 sec
de 0 à 100 km/h : 4, 9 sec
de 0 à 200 km/h : 15,2 sec
Vitesse au km départ arrêté : 252 km/h

Sources Club Ferrari

Dossiers officiels presse du modèle 288 GTO en 1984
305/84 Genova Press information
I/E : 04M/2/84+05M/2/84
F : 05M/2/84
D : 03M/2/84
I/E/F/D : Edition Italienne/Anglaise/Française/Allemande

 Une sélection non exhaustive de publications consacrées à la Ferrari 288 GTO

Référence

Titre de l’article

Commentaire

Ferrarissima n°1

La GTO des années 80

Un dossier complet d’une vingtaine de pages, de F.Madaro, illustré de nombreux plans.

Ferrarissima n°2

GTO Fiorano Test

Un test routier réalisé sur le circuit de Fiorano par Paul Frère, essai très complet.

Ferrarissima n°4

Un Ferrariste au volant de sa GTO

Un test routier réalisé par Giuseppe Lucchini, l’article comporte une reproduction du Owner’s guide décrivant en détail l’habitacle.

Ferrarissima n°20

288 GTO : 1984-1994

Remarquable, un dossier complet d’une vingtaine de page. Un travail de Marcel Massini comportant, entre autre, la liste de tous les châssis produits, des références à toutes les lignes de l’article. A posséder absolument par les propriétaires, un travail exceptionnel.

Ferrari M.Sauze

50 years of factory publications

Un must de M.Sauze, la liste complète des publications officielles Ferrari, y compris la 288.

Dossier auto

GTO Ferrari

Ce dossier E.P.A est très complet, il est agrémenté de nombreuses illustrations Ferrari-France.

Plusieurs Cavallino comportent des articles, très bien faits sur le modèle. Les numéros concernés sont les 17, 18,  20,  21,  23,  26,  30,  38,  43,  45,  47.  

 Philippe Campana

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Philippe Campana (@HouseFanBoy)

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