Arpiem : interview exclusive de son fondateur Vincent Repoux
Horlogerie / Montres

Arpiem : interview exclusive de son fondateur Vincent Repoux

Arpiem Vincent Repoux
Arpiem Vincent Repoux

Alors que la jeune marque française Arpiem vient de lancer une campagne de financement sur Kickstarter pour lancer son deuxième modèle, la Racematic, son fondateur Vincent Repoux, a accepté de se prêter au jeu de l’interview pour nous présenter sa marque, son histoire, ses inspirations… Avec passion !

Présentation

Rémy Solnon/Automotivpress : Vous êtes le fondateur de la marque horlogère française Arpiem. Quel a été votre parcours professionnel ? Et comment êtes-vous venu à l’horlogerie ?

Vincent Repoux : “Je suis devenu « entrepreneur » sur le tard, à l’âge de 57 ans. J’ai fait toute ma carrière professionnelle à la frontière des mondes de l’entreprise et du sport : dans le sponsoring pour une société internationale de tabac dans les années 1980 avant la Loi Evin, dans l’automobile chez Opel / General Motors pendant 10 ans dans la communication, le sponsoring et la compétition, et enfin dans le football professionnel au FC Girondins de Bordeaux pour lequel j’ai été Directeur Général Adjoint pendant 12 ans.”

RS/AP : Quelle montre portez-vous aujourd’hui ?
VR : “Un chrono Arpiem TJH, aux couleurs de James Hunt, équipé d’un bracelet acier en maille milanaise. Un très joli « combo » !”

Arpiem TJH
Arpiem TJH

La manufacture

RS/AP : Vous avez créé Arpiem en 2018 via la plateforme de financement participatif Kickstarter. Créer une marque horlogère est un sacré challenge ! Quel a été votre cahier des charges et les principales difficultés pour faire aboutir votre projet ?

VR : “Mon souhait était le suivant : créer des montres attractives qui soient accessibles au plus grand nombre. Des montres que j’ai moi-même envie de porter. Je ne voulais pas tomber dans la tentation de « l’exercice horloger pur » pour lequel je n’avais ni les compétences ni de légitimité face aux horlogers historiques. Les choix de composants sont ceux de la « qualité accessible ». Mais il n’y a pas de compromis sur les choix de ces composants. La principale difficulté rencontrée pour moi est celle de l’adaptation permanente au monde « digital ». Ce n’est pas facile pour un jeune entrepreneur indépendant de 60 ans !”

Arpiem Tribute
Arpiem Tribute

RS/AP : Quelle est l’origine du nom Arpiem ?
VR : “Arpiem c’est en fait l’acronyme « R-P-M » avec sa prononciation anglo-saxonne « AR – PI – EM », à savoir « Revolutions Per Minutes ». Autrement dit, « Tours minutes » ce qui nous amène immédiatement à l’univers automobile.”

Arpiem Tribute TJW-2
Arpiem Tribute TJW-2

RS/AP : Pourquoi s’être orienté vers des montres inspirées par l’univers de la course automobile ?
VR : “Parce que c’est ma passion ! Mon parcours professionnel dans le foot est un peu le fait du hasard. Ma vraie passion, c’est le sport auto. Concevoir des montres « racing » a été pour moi le moyen de renouer avec cet univers dans lequel j’ai évolué dans les années 1980 et 1990.”

Arpiem Tribute TAA
Arpiem Tribute TAA
Arpiem Tribute TJC-2
Arpiem Tribute TJC-2

RS/AP : Vous attendiez-vous à un tel succès aussi rapidement ?
VR : “Le succès rencontré est lié selon moi à deux choses : Tout d’abord Arpiem s’adresse à un segment bien défini de clientèle, celle amatrice de voitures anciennes et de compétition automobile. Le projet était voué à l’échec s’il avait été de proposer une marque de montres de plus sur un marché déjà saturé : il y a des dizaines de nouvelles propositions chaque semaine, avec des opérateurs qui ont une puissance et des moyens sans aucune mesure avec ceux de Arpiem. Ensuite cette clientèle réagit aux designs proposés, car j’ai l’impression qu’elle ressent le fait que je mets beaucoup de moi-même et de ma passion dans ces thèmes et ces dessins.”

Les montres

RS/AP : Vous allez lancer votre deuxième modèle : la Racematic. Pouvez-vous nous présenter ce nouveau modèle ?
VR : “La Racematic est la suite logique à la première collection « chrono-quartz ». Les amateurs de belles mécaniques ont une nette préférence pour les montres à mouvement automatique. Nombreuses sont les demandes que j’ai reçues pour une Arpiem automatique. C’est maintenant fait ! L’inspiration est directement issue du chrono dont le design est plébiscité : cadran « triple couche », combinaisons de couleurs, traitement poussé des détails de la montre. Le mouvement choisi est le Miyota japonais calibre 9132 avec réserve de marche, qui est une complication en phase avec le thème automobile. C’est le mouvement haut de gamme de chez Miyota, d’une qualité comparable à de nombreux calibres suisses. Elle est bien sûr munie d’un verre cristal saphir avec un fond vitré également qui laisse apparaitre un rotor décoré. Toutes les montres sont numérotées en séries limitées.”

Arpiem Racematic
Arpiem Racematic
Arpiem Racematic TJW 3
Arpiem Racematic TJW 3
Arpiem Racematic
Arpiem Racematic

RS/AP : Où sont fabriquées les montres ?
VR : “Au même endroit que 98% de la production mondiale ! C’est-à-dire en Chine : les mouvements sont sourcés au Japon ou en Suisse selon les modèles, les bracelets viennent de la Maison centenaire Rochet à Annecy, le boitier et ses composants et l’assemblage sont réalisés dans mon usine partenaire à Canton. J’ai un peu de mal avec le « French Made » tel qu’il est malheureusement parfois utilisé. Et c’est probablement un tort puisque c’est ce que demandent les clients… L’obtention du label « French Made » demande que la dernière opération de transformation majeure du produit soit réalisée en France. Ce qui se passe donc, c’est que l’ensemble des composants est fabriqué en Chine, importé en pièces détachées et l’assemblage réalisé en France. Toute la valeur ajoutée industrielle est bien chinoise… mais le label est celui d’une production française…”

Arpiem TJH
Arpiem TJH

RS/AP : Où sont réalisés l’entretien et le SAV des montres ?
VR : “A Bordeaux, là où je suis installé, au sein d’un atelier horloger partenaire (qui m’assemble également quelques montres même si le label « French Made n’est pas revendiqué !)”

Questions personnelles

RS/AP : Quelles sont vos marques horlogères et/ou montres préférées ?
VR : “La mienne ! Plus sérieusement, dans les marques accessibles, j’aime beaucoup Hamilton. J’ai aussi beaucoup de respect pour Seiko et Grand Seiko, dont les compétences horlogères sont immenses. J’apprécie particulièrement les designs de IWC.”

Hamilton Intra-Matic Chronographe H
Hamilton Intra-Matic Chronographe H

RS/AP : Quelles belles montres possédez-vous ou avez-vous possédées ?
VR : “J’ai une petite dizaine de belles montres, parmi lesquelles vous trouverez une Panerai, une Rolex, une Omega, une Eberhard, une TAG Heuer, une Baume et Mercier.”

Panerai Luminor Marina Carbotech
Panerai Luminor Marina Carbotech

RS/AP : Quelle est votre « Graal » horloger ?
VR : “Je n’en ai pas réellement.”

RS/AP : Et votre « Graal » automobile ?
VR : “La Porsche 917 !” (lire ici les 50 ans de la Porsche 917)

Porsche 917K
Porsche 917K

A suivre, l’essai de la nouvelle montre Arpiem Racematic dont le lancement officiel s’est fait le 2 juin sur Kickstarter.

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