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Essai Subaru BRZ : L’école du plaisir

Subaru BRZ
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Alors que l’époque est plutôt à l’apologie de la performance (comme une réminiscence des années ’80), Subaru nous propose une interprétation de la voiture de sport à la fois décalée et totalement d’actualité.

Subaru BRZ
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Quitte à aller à contre courant de la pensée générale, et même à m’auto-contredire par rapport aux divers essais de ces derniers mois, les petites sportives modernes ne s’adressent pas aux plus extrémistes des passionnés. Je ne parle pas des passionnés du dernier dixième de seconde sur le tour de piste, ni même de ceux à la recherche de l’efficacité maximale. Je fais référence à cette catégorie de passionnés qui veulent se dire tous les matins en prenant la voiture « quand même, c’est pas si terrible d’aller au boulot ».

Subaru BRZ
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Cela vous interpelle ? Permettez-moi de faire un peu le vieux crouton avec quelques anecdotes personnelles.

Alors que je devais flirter avec mes douze ans, mon père acheta à ma mère une Triumph Spitfire. Nous étions alors au milieu des années 80 et la petite anglaise faisait déjà office d’antiquité alors que sévissaient à chaque coin de rue les Peugeot 205 GTi et autres Renault Super 5 GT Turbo. Cependant (et vous noterez au passage que le côté « cadeau à madame » avait un peu dégénéré), tous les matins mon père m’amenait au collège dans la “Spit” et, tous les matins, devant l’hôpital de Poissy, mon père se payait une splendide dérive d’un petit coup d’accélérateur. Cela ne durait que quelques secondes, mais c’est resté gravé dans ma mémoire à jamais : ces quelques secondes d’adrénaline quotidiennes qui me donnaient la pêche pour la journée.

Subaru BRZ
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Accélérons le temps et arrivons au début des années 2000. Je viens alors de m’offrir une Mazda MX-5 NB FL 145 ch. Elle est à peine plus performante que ma Citroën Saxo VTS 16V précédente, mais en allant travailler chaque jour, je sors du tunnel de la Défense, je tourne à droite et, au feu donnant sur les quais de Seine, je me paye un travers de quelques secondes d’un petit coup d’accélérateur. J’arrive quelques minutes plus tard au bureau avec le sourire.

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Tout ça pour vous dire que ces deux sportives, à aucun moment considérées comme le must de l’efficacité, étaient sans pareil pour me faire oublier la journée de labeur qui m’attendait.

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Revenons maintenant à la Subaru. Pourquoi seulement 200 ch alors qu’avec un turbo il serait facile d’en extraire 50% de plus ? Pourquoi ne pas avoir une version ultra affûtée pour aller limer les pistes le week-end ? J’avoue que je me posais la question avant cet essai. Eh bien pour paraphraser l’inspecteur Mulder « la vérité est ailleurs ».

Subaru BRZ
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Tout commence par le physique. Oh je sais que cela peut paraître superficiel, mais il faut bien avouer que le BRZ est plutôt girond. Bon, ces petites roues montées en 17’ n’en font pas un modèle de virilité et d’agressivité, mais le dessin général est tout de même homogène et réussi. L’auto ne manque de caractère avec un regard aiguisé et une partie arrière qui me fait invariablement penser à la Lexus LFA… Enfin, à la petite sœur de la LFA disons…

Subaru BRZ
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A l’intérieur la première impression n’est pas extrêmement flatteuse. Les matériaux ne paraissent pas de très bonne qualité et malgré un design global assez moderne et épuré, quelques éléments font un peu tâche. Tout d’abord le volant sans personnalité. Puis le manque d’éléments d’équipement auxquels nous sommes désormais habitués (bluetooth, GPS, radar de recul). Cependant la position de conduite est plutôt bonne et le volant si peu attirant au premier regard s’avère finalement très agréable en main avec sa position très verticale. Rajoutez à cela que l’assise est bien basse, vous avez rapidement le sentiment d’être dans un coupé racé avec en prime une excellente visibilité panoramique.

Subaru BRZ
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Dès les premiers kilomètres, ce qui transparaît le plus c’est le côté nature de l’auto. La direction ne paraît pas d’une précision de scalpel mais ne souffre pas non plus de défaut rédhibitoire. L’amortissement ferme sur les dos d’ânes n’est pas particulièrement inconfortable par ailleurs, la boite nécessite un maniement ferme mains au ressenti très mécanique.

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Bref, on n’est pas dans un pullman mais pas non plus dans un tractopelle.

Côté moteur, on se dit tout d’abord que c’est une arnaque, les 200 ch promis ne sont pas au rendez-vous. Il faut dire qu’avec tous les nouveaux moteurs turbo de puissance équivalente, la poussée arrive très tôt dans les tours. Avec le 4 cylindres boxer il faut aller chercher la puissance au dessus des 4000 tours pour que la voiture se réveille enfin. Il faut un peu de temps pour s’y ré-accoutumer mais une fois qu’on a repris ces vieilles habitudes de rester dans les tours, il apparait que la puissance est bien présente.

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Mais si en mode de conduite normale la voiture s’avère tout juste sympathique, il y a mieux. Ce mieux est difficile à trouver. En effet en mode standard, la BRZ tout comme sa cousine la Toyota GT86 n’arrive pas à glisser de l’arrière. La faute à tout un tas d’assistances électroniques qui brident la moindre velléité de drift. Et pour les désactiver, c’est un peu comme pour faire la combinaison du coup de pied retourné à Mortal Combat sur la Playstation : tout d’abord on appuie sur le bouton « VSC sport » situé entre les deux sièges avant, s’allument alors au tableau de bord deux indicateurs à la signification obscure : un orange et l’autre vert. Puis sur le bouton antipatinage OFF, ce qui allume un troisième voyant, lui aussi orange. Mais la subtilité est qu’il faut garder ce dernier bouton appuyé quelques secondes jusqu’à ce que le voyant vert disparaisse. Alors vous avez la liberté de faire glisser la voiture à votre guise.

Subaru BRZ
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Et il faut bien l’avouer, la BRZ aime bien la glisse. Au moindre rond-point elle ne demande qu’un bon petit coup d’accélérateur pour entamer la danse du popotin. Et grâce à son équilibre naturel très sain, entretenir la glisse ne dépend au final que de votre habileté au volant. De même, si vous désirez faire autre chose que le spectacle, la Subaru vous demandera du doigté pour passer vite sans perdre de précieuses secondes à contrebraquer. En tout cas la combinaison petites roues, pneus peu adhérents (tout est relatif, rien de dangereux) permet de se satisfaire des 200 ch pour se faire plaisir.

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Et nous revoilà donc à notre point de départ. Pour environ 30 000 € vous pouvez vous acheter les dernières GTi. Une 208 « by Peugeot Sport » est une excellente auto, performante et passionnante à conduire, mais même en s’y prenant comme un manche elle vous permettra de claquer un chrono. Mais au final c’est une berline virilisée en termes d’esthétique.

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La BRZ a pour elle une ligne originale et un aspect pratique acceptable (si vous avez des enfants il faudra faire un choix : soit mesurer moins de 1m70, soit leur couper les jambes au niveau des genoux pour les installer à l’arrière), des performances correctes sans être démentielles, mais avant tout elle a cette capacité à investir dans sa conduite.

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Vous vous prenez pour Vin Diesel dans Fast & Furious, soit, mais faites preuve d’habileté sous peine de finir en tête à queue.
Vous êtes plutôt gentleman driver, alors il faudra faire preuve de doigté pour rester dans la bonne zone d’exploitation de la mécanique et jouer avec l’équilibre de la voiture.

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Dans tous les cas, le moindre trajet sera ce que vous en faites, avec toujours l’assurance que ce sera un bon moment.

A l’image d’une Mazda MX-5, la Subaru BRZ ne tend pas vers la performance à tout prix. C’est une voiture facile à vivre qui présentera le visage que vous voudrez bien lui donner en fonction de votre mode de conduite. Et en cela elle présente une alternative des plus intéressantes au petites Gti avec lesquelles elle se trouve en concurrence tarifaire. Moins performante que ses adversaires, elle s’adresse en priorité à ceux qui privilégient le plaisir au volant au chronomètre. Une excellente porte d’entrée dans le mon du Grand Tourisme dans sa définition la plus classique.

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P. Lagrange (@Philagrange)

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