Essais Toyota

Essai Toyota Yaris GR, un week-end au volant

Toyota Yaris GR

 

Groupe B revival, bombinette, enfin du sport…Oui, bon. Ambroise a déjà tout dit dans son essai contact agrémenté des photos de Jpog dans le Versors (lire ici) il y a quelques semaines. Cela va être difficile de rajouter quoi que ce soit. A moins que…

Avec Ambroise, on se connait depuis bientôt 20 ans (eh oui pépère, ça ne nous rajeunit pas). On se tirait alors la bourre en MX-5 sur les pistes de la moitié nord de l’hexagone. Ah, cette arsouille à Croix en Ternois, un souvenir impérissable !

Alors forcément, quand Monsieur donne son avis sur une voiture, je sais qu’il y a du fond. Son coup de volant est reconnu et je ne peux me targuer d’être plus efficace que lui (ou pas de beaucoup alors). Donc si Ambroise dit que la Toyota Yaris GR est une bonne et sympathique auto, ce n’est pas moi qui le contredirais. Mais il faut bien trouver des choses à dire quand même. C’est vrai, j’ai pour quelques jours la petite sportive Toyota à disposition, ce n’est pas juste pour rester garé dans mon allée.

Alors allons-y franco. Ambroise a choisi d’essayer la Yaris GR sur les routes de montagnes (veinard !), moi je vais faire un test radicalement différent : je vais jouer le VRP !

Livraison express !

Il est midi quand j’arrive au siège de Toyota France en ce vendredi de janvier. La température est à peu près clémente (environ 5°C) et le sol sec. Le temps de garer ma Mazda MX-5 (lire ici) sur le parking visiteur et me voilà au volant de la Yaris qui fait frémir tous les passionnés de sport auto. La voiture a de la gueule, pas de doute. Elle dégage quelque chose d’animal. De légèrement démesuré. Si Ambroise évoquait le groupe B, moi c’est à la Lancia Delta Integrale qu’elle me fait penser. Issue de la grande série, optimisée pour la course mais malgré tout encore relativement civilisée. Et en effet la prise en main est des plus facile. Par contre, que l’assise est haute ! Alors oui, habitué à mon petit roadster, forcément le moindre fauteuil club parait haut. Mais là, c’est vraiment un tabouret ! au premier feu rouge je ne retrouve à regarder de haut le conducteur de l’Auris sur la file d’à côté. Bon, il va falloir s’y habituer. A part cela, les commandes sont plutôt bien agencées et je trouve facilement mes marques au volant. Et quoi que me réserve l’essai, je ne peux que me réjouir qu’un constructeur ose encore une boite manuelle sur une sportive. Même les aides électroniques sont faciles à manipuler. Heureusement ceci-dit car j’en ai vite assez de toutes ses assistances qui bipent et tentent de reprendre le contrôle du volant dès que l’on effleure une ligne sur la route.

Hasard du calendrier, c’est justement le week-end où je dois aller récupérer 4 roues pour ma “Poussinette” adorée, ma Lotus Elise (lire ici). Dès le samedi matin, cap sur Reims ! 200 km d’autoroute. Pas forcément le terrain de jeu préféré de la pseudo-WRC. Contre toute attente, la Toyota Yaris GR s’acquitte pourtant avec les honneurs de cette tâche ingrate. Le confort de roulage est, disons-le, plutôt très bon. La suspension filtre bien la route, le siège confortable et j’enquille les 2 heures de route sans fatigue aucune. Sauf pour les oreilles.

toyota Yaris GR

En effet, si le bruit du moteur (même amplifié virtuellement) est plutôt gratifiant à pleine charge, il est envahissant et peu flatteur à régime stabilisé. Son « flac flac flac » évoque ces cartes à jouer que je fixais, enfant, avec une pince à linge au cadre de mon vélo pour qu’elles claquent dans les rayons. Arrivé à destination, je m’autorise malgré tout un petit tour dans les vignes vers Chatillon sur Marne, histoire de me faire une idée du caractère joueur de la bête. Pas de surprise, comme l’indiquait Ambroise, la Yaris est imperturbable sur ce genre de terrain tourmenté.

Arrivé à destination, il n’y a plus qu’à charger les 4 roues. La banquette rabattable permet de se réaliser l’exercice sans peine. Il resterait presque assez de place pour aller chercher quelques cartons de pétillant…Mais le temps presse, il faut malheureusement rentrer sur Paris.

Toyota Yaris GR

Les 200km de retour confirment la qualité du confort. Aucune fatigue excessive après une demi-journée au volant sur un long bitume rectiligne. Arrivé en région parisienne, les bouchons sont aussi absorbés sans difficultés. La Yaris GR se joue de la circulation comme ses petites sœurs plus raisonnables.

 

Et pour le fun

Bon, l’essai sur autoroute c’est marrant un temps, cependant ce n’est pas la vocation première de la Yaris GR. Et même si Ambroise a fait le travail pour expliquer les qualités de la Toyota sur les petites routes de rallye, je n’allais pas résister à emmener la petite rouge sur mes routes habituelles au fond des Yvelines. Dans ces conditions, lorsqu’il s’agit d’alterner les séquences d’accélération et de freinage, le moteur devient franchement sympathique. Sa sonorité rappelle une turbine à pleine charge. Ce n’est pas vraiment harmonieux mais définitivement expressif. Et la poussée franche fait totalement oublier qu’il n’y a que 3 cylindres sous le capot.

Toyota Yaris GR

Le châssis quant à lui présente les attributs classiques d’une 4 roues motrices. Avec près de 1 300 kg à mouvoir, difficile de véritablement considérer la Yaris GR comme une voiture légère. Ceci dit une Fiesta ST (lire ici) dernière génération ne pèse pas drastiquement moins lourd, sans pour autant proposer 4 roues motrices. Quoi qu’il en soit, le poids se fait tout de même sentir sur la Toyota. La voiture, sans être pataude, n’est pas particulièrement agile. Mais ce qu’elle perd en agilité, elle le gagne en stabilité. Restant en toute circonstance facile et prévenante. C’est particulièrement appréciable dans les grandes courbes et les enchainements.

A contrario, dans le serré, le train avant à tendance à élargir la trajectoire. Je ne suis pas très habitué aux quatre roues motrices alors il y a certainement moyen de tirer un meilleur parti de l’auto que ce que j’ai réussi à en faire. Cependant, dans la vie de tous les jours, c’est bien sur le serré qu’on a le plus l’occasion de s’amuser. Dans un rond-point par exemple, une Fiesta ST est facile à provoquer pour générer un survirage amusant. La Yaris GR se montrera au mieux neutre (mais avec une vitesse de passage certainement plus élevée que la Ford), au pire, en mode normal, trèèèèès sous-vireuse.

Toyota Yaris GR

Mais en dehors des ronds-points et épingles, la Toyota Yaris GR se montre digne de son héritage en compétition : efficace et rapide. Amusante ? En un sens oui. 261 ch dans une petite voiture typée sport, il y a toujours moyen d’en tirer du plaisir. Cependant sur route ouverte la Yaris pâtie comme nombre de ses concurrentes d’une efficacité trop importante pour pouvoir être poussée à la limite sans arrière-pensée. Avec plus de temps au volant, il sera cependant possible de se sentir suffisamment à l’aise pour jouer avec son équilibre. C’est en tout cas le sentiment que je garde de cet essai : la Yaris GR est une auto qui s’apprivoise lentement.

Conclusion

La Yaris GR remplit le contrat : rapide, efficace, spectaculaire dans son look et, malgré tout cela, totalement utilisable au quotidien. Les différents modes de conduite demanderont un temps d’acclimatation aux futurs acquéreurs, mais cela rendra la voiture intéressante plus longtemps certainement. S’il y avait un reproche à lui adresser, ce serait d’être peut-être justement trop civilisée pour une fille du rallye. Mais l’époque ne permet plus aux constructeurs de mettre sur la route des voitures à la réputation trop sulfureuse. Résultat, la Yaris se montre facile malgré ses performances impressionnantes. Pas de quoi se lamenter cependant. Bien au contraire ! Que Toyota soit capable de proposer une troisième sportive dans sa gamme (avec la Supra et la GT86) est une excellente nouvelle. D’autant que chacune d’elle présente une personnalité propre.

toyota Yaris GR

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P. Lagrange (@Philagrange)

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