Renault, 40 ans en Formule 1 : Les années V10 atmo (1989-2005)

Après avoir introduit la technologie du turbo en Formule 1, Renault continue son aventure dans la catégorie reine du sport automobile, avec une nouvelle architecture moteur : le V10 atmosphérique. Sans conteste, des quatre types de moteurs utilisés en F1, le V10 a obtenus le meilleur palmarès, avec 97 pôles positions (44 pour le 3.5L et 53 pour le 3.0L) et 6 titres de champion du monde constructeurs et pilotes.

Williams Renault FW15C 1993 - Alain Prost

Williams Renault FW15C 1993 – Alain Prost

1989 : Début d’une fructueuse collaboration

Avec les châssis Williams FW12C et FW13, les moteurs Renault RS1 s’annoncent à leur aise et les deux pilotes, l’Italien Riccardo Patrese et le Belge Thierry Boutsen, s’en sortent avec les honneurs. Dès le premier grand prix de la saison au Brésil, il y a une Williams-Renault en 1ère ligne. Au total, c’est une première saison qui s’avère fructueuse avec deux victoires, et une pole position. Patrese signe la 3eme place du classement mondial derrière les toutes puissantes McLaren-Honda, tandis que Boutsen s’adjuge deux victoires (Canada et Australie). Pour Renault-Sport, le pari du retour en F1 est gagné, Williams-Renault termine à la 2e place du classement des constructeurs de F1.

Riccardo Patrese, né le 17 avril 1954, italien, a longtemps tenu le record de longévité en F1 avec 256 grands prix disputés. Il a remporté six victoires dans sa carrière dont quatre pour Williams-Renault.

Renault RS1 1989

Renault RS1 1989

1990 : Saison difficile

Le moteur RS2 s’intègre encore mieux dans le châssis Williams FW13B, grâce à une réduction de ses dimensions de 4,8 cm en longueur et de 1,5 cm en hauteur. Il est également plus léger de 2 kg et la distribution passe désormais par une cascade de pignons et non plus des courroies crantées. Malgré ces améliorations, la saison est difficile pour Patrese et Boutsen car derrière les McLaren-Honda deux autres équipes, Ferrari et Benetton-Ford, ont beaucoup progressé. Victoires du moteur Renault avec Williams à St Marin et en Hongrie.

Thierry Boutsen, né le 13 juillet 1957, belge, est un pilote très tenace, très discret aussi. Il a passé deux années de sa carrière dans l’équipe Williams-Renault, et avec elle il a remporté les trois victoires en F1 qui orne son palmarès.

Renault RS2 1990

Renault RS2 1990

Williams Renault FW13 1990 - Thierry Boutsen

Williams Renault FW13 1990 – Thierry Boutsen

1991 : 7 victoires, arrivée de Mansell

Chez Williams, Nigel Mansell remplace Thierry Boutsen au volant des FW14. Encore des améliorations sur le moteur Renault, le RS3, est encore plus bas de 1,4 cm et encore plus léger de 2 kg que le RS2. Depuis le RS1, la puissance est passée de 650 à 700ch, pour un régime de 12500 tr/min. Williams-Renault regagne la 2ème place du classement des constructeurs à quelques encablures de McLaren-Honda. Mansell se classe 2e derrière Senna grâce à cinq victoires tandis que Patrese en emporte deux : victoires du moteur Renault avec Williams au Mexique, en France, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Portugal, Espagne.

Nigel Mansell, né le 8 août 1953, britannique, a fait l’essentiel de sa carrière chez Lotus, Ferrari et Williams. Enzo Ferrari disait de lui qu’il était un “garibaldien”, c’est-à-dire un combattant acharné. Mansell a remporté trente et une victoires en F1 dont vingt-huit avec l’équipe Williams.

Williams Renault FW14 1991 - Nigel Mansell

Williams Renault FW14 1991 – Nigel Mansell

Williams Renault FW14 1991 - Nigel Mansell

Williams Renault FW14 1991 – Nigel Mansell et Ayrton Senna en auto-stop !

1992 : Un très grand cru

Une saison fastueuse pour Williams et Renault, avec le mariage du châssis FW14B et les moteurs RS3C et RS4. La Williams est un bijou de technologie avec sa suspension active et sa boite de vitesses à commande semi-automatique. Le moteur RS4, inchangé dans ses dimensions par rapport au RS3, développe 750ch à près de 13000 tr/m. Le fidèle Patrese engrange une victoire, mais Mansell en accumule neuf et devient champion du monde en Hongrie, le 11ème des seize grands prix de la saison. Williams-Renault réalise le doublé au championnat du monde des constructeurs. Renault-Sport motorise également les Ligier pilotées par Erik Comas et Thierry Boutsen. Victoires du moteur Renault avec Williams en Afrique du Sud, Mexique, Brésil, Espagne, St Marin, France, Grande Bretagne, Allemagne, Portugal et Japon. Doublé des Williams-Renault au championnat du monde des Pilotes, Williams-Renault champion du monde des Constructeurs de F1.

Williams Renault FW14C 1992 - Nigel Mansell

Williams Renault FW14B 1992 – Nigel Mansell

1993 : Le retour de Prost, Williams-Renault à nouveau champion

Une seconde très grande année chez Williams-Renault avec l’arrivée du triple champion du monde Alain Prost, dix ans après son départ de l’écurie française. Très élaboré, le châssis Williams FW15C emporte encore plus de technologies électroniques et informatiques que l’année précédente, Prost le qualifie de “véritable petit Airbus”. Le moteur RS5 délivre 770ch à 13600 t/m. Il motorise cette année encore les Ligier, pilotées par Martin Brundle et Mark Blundell. Prost emporte sept victoires qui lui confèrent son 4ème titre mondial, son équipier Damon Hill en obtient trois pour sa part, les “Williams-Renault boys” montent vingt-deux fois sur le podium !! Victoires du moteur Renault avec Williams en Afrique du Sud, à Saint Marin, en Espagne, au Canada, en France, en Grande Bretagne, en Allemagne, en Hongrie, en Belgique, en Italie. Williams-Renault gagne le championnat du monde des Pilotes et celui des Constructeurs de F1.

Williams Renault FW15C 1993 - Alain Prost

Hockenheim, Germany. 23 – 25 July 1993. Alain Prost (Williams FW15C Renault) 1st position, action. World Copyright – LAT Photographic

1994 : Le deuil…

L’année terrible. Pourtant, Damon Hill termine à la 2ème place du championnat du monde, à un point derrière Michael Schumacher. Il totalise six victoires au volant des Williams FW16 et FW16B, motorisées par le Renault RS6 qui frôle les 14500 t/m en régime maxi. Mais le monde entier pense à Ayrton Senna qui s’est tué sur le circuit d’Imola lors du Grand Prix de Saint Marin. Senna a signé ses trois ultimes pole positions avec Williams-Renault. Après une période de deuil, Senna est remplacé par David Coulthard, puis Nigel Mansell qui remporte une ultime victoire pour Williams-Renault en Australie. Une victoire sans joie, il en va quelquefois ainsi en F1. Avec Ligier-Renault, les Français Eric Bernard et Olivier Panis marquent treize points. Victoires du moteur Renault avec Williams en Espagne, en Grande Bretagne, en Belgique, en Italie, au Portugal, au Japon et en Australie.

David Coulthard, né le 27 mars 1971, britannique, arrive en 1994 chez Williams-Renault pour effectuer ses débuts en grands prix afin de remplacer Ayrton Senna. Cadeau empoisonné… Il releva ce gant, mais dut attendre 1995 toujours dans ce même team Williams-Renault pour remporter sa première victoire en F1, à Estoril au Portugal.

Renault RS6 1994

Renault RS6 1994

Williams Renault FW16 1994 - Damon Hill et Ayrton Senna

Williams Renault FW16 1994 – Damon Hill et Ayrton Senna

Williams Renault FW16 1994 - Damon Hill et Ayrton Senna

Williams Renault FW16 1994 – Damon Hill et Ayrton Senna

Williams Renault FW16B 1994 - David Coulthard

Williams Renault FW16B 1994 – David Coulthard

1995 : Nouvelle cylindrée de 3.0L, nouvelle étoile…

Le règlement de la F1 change : la cylindrée des moteurs est réduite à 3 litres, consommation et ravitaillements libres. Le premier 3 litres a tourné au banc à Viry-Châtillon le 25 novembre 1994. Le moteur Renault devient un must. Il domine tous les autres, qui ont pour nom Ferrari, Mercedes, Honda, Peugeot, ou Ford. Aussi, dans le clan Williams, on doit accepter de le partager avec une autre écurie, et non la moindre, celle du champion du monde en titre Michael Schumacher, qui court pour Benetton. Champion avec Benetton-Ford en 1994, Schumacher le devient en 1995 avec la Benetton B195 et le moteur Renault RS7, plus léger, mais qui développe la même puissance que son prédécesseur. C’est un exploit, et il va dominer la saison avec les B195 et les Williams FW17 et FW17B. Sur dix-sept grands prix, Schumacher en remporte neuf et son équipier Johnny Herbert, un. Sur les Williams, Damon s’approprie quatre victoires, et David Coulthard, une. Seul, Jean Alesi a sauvé une victoire pour Ferrari. Schumacher, Hill, Coulthard, Herbert, c’est l’ordre de tête du classement mondial. Benetton-Renault, devance Williams-Renault au classement des constructeurs. Victoires du moteur Renault avec Benetton au Brésil, en Espagne, à Monaco, en France, en Grande Bretagne, en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux grands prix d’Europe, du Pacifique et au Japon. Victoires du moteur Renault avec Williams en Argentine, à St Marin, en Hongrie, au Portugal et en Australie. Benetton-Renault gagne le championnat du monde des Pilotes et des Constructeurs de F1 devant Williams-Renault.

Michael Schumacher, né le 3 janvier 1969, allemand, demeure aujourd’hui encore le pilote le plus titré de toute l’histoire de la F1 : sept titres mondiaux, dont un avec Benetton-Ford en 1994, un avec Benetton-Renault en 1995, et cinq avec Ferrari, de 2000 à 2004. Il est recordman du nombre de victoires, quatre-vingt-onze au total, conquises sur trois-cent-six grands prix.

Johnny Herbert, né le 25 juin 1964, britannique, a piloté pour de nombreuses équipes comme titulaire ou remplaçant de luxe, mais sa plus belle saison est incontestablement celle de 1995 où il a acquis deux des trois victoires de son palmarès avec Benetton-Renault. Il remporte les 24 Heures du Mans sur Mazda 787, avec Volker Weidler et Bertrand Gachot.

Benetton Renault B195 1995 - Michael Schumacher

Benetton Renault B195 1995 – Michael Schumacher

1996 : Fils de… il se fait un prénom de champion

Beaucoup de changement dans les équipes motorisées par Renault : chez Williams, Damon Hill a un nouvel équipier, le Canadien Jacques Villeneuve, chez Benetton Schumacher et Herbert sont remplacés par deux des figures les plus populaires de la F1, Jean Alesi et Gerhard Berger. Châssis FW18 pour Williams, B 196 pour Benetton, moteur Renault RS8, toujours en V à 67°, allégé de 3,5 kg, et qui développe 760 ch à 14500 t/m. Les Williams opèrent une véritable razzia en emportant douze victoires sur seize grands prix. Damon Hill est champion du monde avec huit victoires, Villeneuve en acquiert quatre pour ses débuts en F1. Chez Benetton, Alesi est 4ème au classement mondial, Berger, 6ème. Victoires du moteur Renault avec Williams en Australie, au Brésil, en Argentine, au grand prix d’Europe, à St Marin, au Canada, en France, en Grande Bretagne, en Allemagne, en Hongrie, au Portugal et au Japon. Williams-Renault effectue un doublé victorieux au championnat du monde des pilotes et gagne le championnat du monde des Constructeurs de F1.

Damon Hill, né le 17 septembre 1960, britannique, est le fils du double champion du monde Graham Hill (1962, 1968). Patient, obstiné, Damon Hill a démontré tout son courage en tenant les rênes de l’équipe Williams-Renault après l’accident de Senna. Il a remporté 22 victoires en grands prix, dont 21 avec Williams-Renault.

Renault RS8 1996

Renault RS8 1996

Williams Renault FW18 1996 - Damon Hill

Williams Renault FW18 1996 – Damon Hill

Williams Renault FW18 1996 - Damon Hill

Buenos Aires, Argentina. 5th – 7th April 1996. Damon Hill (Williams FW18 Renault). Action. Photo: LAT Photographic/Williams F1
ref: 35mm Transparency 1996 Williams 08

Williams Renault FW19 1997 - Jacques Villeneuve

Hungaroring, Budapest, Hungary. 9th – 11th August 1996. Jacques Villeneuve (Williams FW18 Renault). Action. Photo: LAT Photographic/Williams F1 ref: 35mm Transparency 1996 Williams 26

1997 : Fils de… il se fait un prénom de champion (bis repetita)

Changement de pilotes chez Williams-Renault, Heinz-Harald Frentzen remplace Hill au côté de Villeneuve. Pas de changement chez Benetton. Châssis FW19 pour Williams, B197 pour Benetton. La principale nouveauté provient de Renault-Sport avec un RS9 tout à fait nouveau. L’angle du V des 10 cylindres passe à 71°, le moteur est plus bas de 2,5cm et surtout il gagne 11 kg sur son poids, désormais de 121 kg. Une vraie performance technique. Il développe 760 ch à 14600 t/m. Villeneuve gagne sept grands prix et le titre mondial, Frentzen s’impose une fois seulement, les Williams-Renault s’adjuge également le championnat Constructeurs et Benetton-Renault termine à la 3ème place au classement mondial. Victoires du moteur Renault avec Williams au Brésil, en Argentine, à St Marin, en Espagne, en Grande Bretagne, en Hongrie en Autriche et au Luxembourg. Doublé victorieux des pilotes Williams-Renault au championnat du monde, Williams-Renault est champion du monde des Constructeurs de F1.

Jacques Villeneuve, né le 9 avril 1967, canadien, est le fils d’une figure tutélaire de la Formule 1, Gilles Villeneuve, qui s’est tué en 1982 au volant d’une Ferrari. Jacques a accompli une carrière assez peu classique. Il est l’un des très rares pilotes à entrer en F1 après plusieurs victoires en Formule Indy, et notamment aux 500 Miles d’Indianapolis. Il a emporté onze victoires en grands prix, toutes avec Williams-Renault.

Heinz-Harald Frentzen, né le 18 mai 1955, allemand, est venu de l’endurance, où il a été co-équipier de Schumacher chez Sauber-Mercedes. Frentzen a démontré chez Williams-Renault des qualités de coureur de fond. Mais il n’était pas aisé pour lui de se montrer comme un rival de Villeneuve qui l’a éclipsé.

Williams Renault FW19 1997 - Jacques Villeneuve

Williams Renault FW19 1997 – Jacques Villeneuve

Williams Renault FW19 1997 - H.H. Frentzen

Williams Renault FW19 1997 – H.H. Frentzen

1998 : Le second retrait

C’est une équipe Renault aux sentiments mitigés qui laisse le circuit de Jerez au soir du dernier grand prix de 1997. Villeneuve, Williams et Renault sont champions du monde mais Renault a déjà annoncé son retrait de la F1 pour les saisons à venir. Cependant, comment laisser au musée un moteur aussi fringant que le RS9 ? Partenaire de Renault de longue date, le groupe industriel Mécachrome reprend le RS9 sous son nom propre. Il motorise les Williams FW20 de Villeneuve et Frentzen. Ce même RS9 porte également le nom de Playlife sur les Benetton B198 de Giancarlo Fisichella et Alexander Wurz, mais ces deux expériences n’apportent aucune victoire. Renault-Sport pour sa part expérimente la seconde cellule de veille de son histoire.

Williams Renault FW20 1998 - J. Villeneuve et H.H. Frentzen

Williams Renault FW20 1998 – J. Villeneuve et H.H. Frentzen

Williams Renault FW20 1998 - J. Villeneuve

Williams Renault FW20 1998 – J. Villeneuve

1999 : Nom d’emprunt

Nouvelle appellation pour le RS9 qui, de Mécachrome, devient Supertec, nouvelle saison sans grands résultats malgré une participation accrue avec trois équipes : Benetton-Playlife B199 pour les mêmes pilotes que l’an passé, Williams-Supertec FW21 pour Ralf Schumacher et Alessandro Zanardi, et Bar-Supertec pour Jacques Villeneuve et Ricardo Zonta.

Benetton Playlife B199

Benetton Playlife B199

2000 : Rachat de Benetton

Participation réduite sous l’appellation Supertec dans un châssis Arrows A21 piloté par Pedro de la Rosa et Jos Verstappen, et sous l’appellation Playlife dans un châssis Benetton B200 pour Fisichella et Wurz. Une nouvelle saison sans victoire. Mais la grande nouvelle de l’année concerne les pourparlers entre Benetton et Renault, car Renault dessine son plan de retour en F1 avec son propre châssis et son moteur. Le rachat des installations de l’équipe Benetton se concrétisera à l’été.

Benetton Playlife B200

Benetton Playlife B200

Arrows Supertec A21

Arrows Supertec A21

2001 : 101, nouvel angle

Renault a racheté l’équipe Benetton et cette acquisition se matérialise par une usine de châssis très moderne, sise à Enstone près d’Oxford en Grande Bretagne, tandis qu’à Viry-Châtillon, le moteur Renault retrouve toute sa place. A Enstone, Renault commence à se placer en double-commande. Le châssis de la saison est siglé B201, il est confié à Giancarlo Fisichella et au futur champion du monde Jenson Button. Le moteur, le RS21, est un V10 de 3 litres mais ce nombre de cylindres excepté, rien ne le rapproche de son prédécesseur. Il s’agit d’un bloc réellement nouveau caractérisé par un angle du V à 101°. Il propose un abaissement spectaculaire de sa hauteur aux culasses et offre des perspectives de puissance en net accroissement : près de 800 ch à 17200 t/m.

Benetton Renault B201

Benetton Renault B201

2002 : Retour officiel

Renault signe son retour officiel sous le nom de Renault F1 Team en tant que constructeur de F1 à part entière. Le team accueille un nouvel équipier à côté de Jenson Button, il s’agit de Jarno Trulli. Le châssis Renault produit par Enstone est siglé R202, et le moteur, RS22, toujours plus puissant, 825 ch à 17500 t/m. Button et Trulli frôlent souvent le podium sans jamais parvenir à y accéder.

Renault F1 R202 2002

Renault F1 R202 2002

2003 : L’amorce du succès passe par l’Espagne

Renault revient à une appellation à deux chiffres pour le châssis, ce sera R23 et au cours de la saison lui succèdera un R23B, tandis que le moteur porte le sigle RS23. Le châssis innove dans plusieurs domaines, le moteur progresse également. Il est très allégé et son régime de rotation touche les 18000 t/m. Un nouveau pilote remplace Button : il était le pilote-essayeur de l’équipe en 2002, il s’appelle Fernando Alonso. Au grand prix de Hongrie, le moment tant attendu arrive, Alonso signe la pole position, il gagne la course en prenant un tour d’avance à Michael Schumacher, maître incontesté de la F1 chez Ferrari depuis plusieurs années. Renault reste en 4ème position au classement mondial des constructeurs de F1. Victoire de Renault en Hongrie.

Fernando Alonso, né le 29 juillet 1981, espagnol, est par excellence le pilote-fétiche de Renault. Il boucle une première saison de F1 dans la petite équipe Minardi en 2001, il devient pilote d’essais pour Renault en 2002, avant d’être titularisé en 2003. Avec sa première victoire en Hongrie, il est devenu le plus jeune vainqueur de grands prix de l’histoire, à 22 ans et 26 jours. Toujours en activité aujourd’hui en F1, avec une participation cette année aux 500 Miles d’Indianapolis – qu’il a menés avant d’abandonner – il compte trente-deux succès en F1, donc dix-sept avec Renault et deux titres mondiaux 2005 et 2006, les deux avec Renault. Il a été le plus jeune champion du monde à 24 ans et 59 jours.

Giancarlo Fisichella, né le 14 janvier 1973, italien, a effectué quatre saisons chez Benetton, de 1998 à 2001, avant de revenir ensuite chez Renault de 2005 à 2007. Très fin pilote, surnommé “Fisico” dans le paddock, il a remporté trois victoires en F1 dont deux avec Renault en 2005 et 2006. Il s’est plus tard converti à l’endurance chez Ferrari.

Renault F1 R23 2003 - Fernando Alonso

Renault F1 R23 2003 – Fernando Alonso

Renault F1 R23 2003 - Fernando Alonso

Renault F1 R23 2003 – Fernando Alonso

2004 : Le 72 est de retour

Depuis de long mois, une réalité se fait jour. Pour obtenir la pleine puissance de l’actuel moteur Renault 3 litres 10 cylindres en V à 101°, il faut sacrifier un peu de cette fiabilité qui a toujours fait la réputation des moteurs Renault en F1. A ce constat s’ajoute une nouvelle obligation : à compter de 2004, on ne peut plus impunément changer les moteurs au cours d’un week-end de grand prix, il faut un seul moteur pour tout le week-end. Aussi, Renault-Sport décide de revenir à ses fondamentaux, ce qui se traduit par l’abandon du moteur en V à 101° pour revenir à un RS24 plus classique, 10 cylindres en V à 72°. Il atteint une puissance compétitive, 880 ch à 19000 t/m. Alonso et Trulli progressent au classement mondial avec plusieurs podiums, et une victoire pour Trulli, à Monaco. Renault remonte à la 3e place des constructeurs de F1. Victoire de Renault à Monaco.

Jarno Trulli, né le 13 juillet 1974, italien, a été trois saisons durant fidèle à Renault, de 2002 à 2004. Il compte une seule victoire à son palmarès, à Monaco en 2004.

Renault RS24 2004

Renault RS24 2004

2005 : Le résultat idéal, Renault et Alonso champions

Le règlement de la F1 évolue, et se durcit encore un peu plus. En 2005, un moteur doit tenir deux week-ends de grand prix. Et cette nouveauté aura son importance. Alonso demeure le leader des pilotes Renault, Fisichella remplace Trulli. Du point de vue aérodynamique, le châssis R25 est d’une finesse et d’une fiabilité exemplaires. Quant au moteur RS25 lui-même, il offre des performances accrues. Au Grand Prix du Brésil, le 17ème des dix-neuf grands prix de 2005 et donc avant même la fin de la saison, Alonso est sacré champion du monde, le premier champion du monde 100% Renault. Cependant, lors de l’avant-dernier grand prix, au Japon, l’équipe McLaren-Mercedes est revenue au contact de Renault dans le championnat du monde des constructeurs grâce à ses deux pilotes de pointe Kimi Raikkonen et Juan-Pablo Montoya. Ils totalisent dix victoires à eux deux. Résultat : avec 174 points, McLaren-Mercedes talonne Renault et ses 176 points. Jusqu’alors, le plan des motoristes de Viry-Châtillon se déroule comme prévu avec un moteur tous les deux grands prix. Mais à Viry, on a visé plus haut pour préparer un moteur unique, destiné à une seule course, la Chine, 19ème et dernier rendez-vous. Un moteur qui fait la fierté de tous ses auteurs. Chez McLaren, la fête du titre mondial était anticipée, elle n’aura pas lieu. Avec les plus de 900 ch du moteur Renault derrière lui, Alonso mène la course de bout en bout, et apporte à Renault le titre mondial des constructeurs de F1. Victoires de Renault en Australie, en Malaisie, au Bahreïn, à St Marin, en Europe, en France, en Allemagne et en Chine. Renault champion du monde des Pilotes de F1 avec Fernando Alonso, Renault champion du monde des Constructeurs de F1.

Renault F1 R25 2005 - Fernando Alonso

Renault F1 R25 2005 – Fernando Alonso

Renault F1 R25 2005 - Fernando Alonso

Renault F1 R25 2005 – Fernando Alonso

A suivre, Renault 40 ans en Formule 1 : Les années V8 atmo (2006-2013)

Source CP Renault

Pierre Henri Brautot (@PH_Brautot)

Author: Pierre Henri Brautot (@PH_Brautot)

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