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Et sur ce titre, je m’en vais comme un Prince !

Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg

Chez AutomotivPress on partage de nombreuses valeurs, certes. Mais cela n’empêche pas d’avoir certains points de discorde. Le plus flagrant concerne notre pilote préféré en Formule 1.  Alors quand notre rédac’chef m’a demandé de faire un article sur Hamilton, à l’image de celui qu’il avait rédigé l’année dernière sur Rosberg, j’ai vu l’occasion de lancer un plaidoyer pour mon champion. Entre temps, l’annonce de la retraite du champion en titre n’a fait que me donner des arguments complémentaires.

Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg

Lewis Hamilton et Nico Rosberg. Il y a des fois où je me dis que les story-tellers de la Formule 1 ne voient pas la poutre qu’ils ont dans l’œil. D’un côté le fils de champion, gendre idéal, blondinet à l’air trop tendre. De l’autre le rebelle tatoué, looké rappeur black, ayant réussi à gravir les marches de son sport à force de volonté. Deux hommes que finalement tout devrait séparer, mais qui ont déroulé leur carrière en parallèle et souvent en tant qu’adversaires depuis le karting. Il y avait là de quoi monter en épingle une rivalité digne de celle entre Senna et Prost.

Et pourtant, malgré leur rivalité directe en piste depuis trois ans le sentiment qui se dégage est que jamais les médias ou le grand public ne les a considérés comme de véritables rivaux.

Nico Rosberg & Lewis Hamilton - karting
Nico Rosberg & Lewis Hamilton – karting
Nico Rosberg & Lewis Hamilton - karting
Nico Rosberg & Lewis Hamilton – karting
Lewis Hamilton
Lewis Hamilton
Lewis Hamilton
Lewis Hamilton

Il faut bien avouer que jusqu’à cette année, Hamilton avait fait une plus forte impression que Rosberg : tout d’abord avec un premier titre précoce conquis face à un équipier redoutable en la personne de Fernando Alonso. Rosberg de son côté avait bien gagné ses galons de bon pilote en côtoyant et tenant la dragée haute à Michael Schumacher, mais dans une équipe qui n’était pas encore en mesure de se battre pour le championnat.

Puis une fois (de plus) coéquipiers, c’était encore Hamilton qui avait pris le dessus avec deux titres dans le baquet d’une Mercedes que Rosberg avait contribué à amener au plus haut niveau. La messe semblait dite pour l’éternité. Schumacher en son temps n’avait-il pas fait plier genoux à ses coéquipiers qu’ils se nomment Massa ou Irvine ? Pareil pour Vettel, demandez donc à Marc Webber combien il est difficile de sortir d’un rôle de lieutenant dans lequel un coéquipier carnassier a vite fait de vous enfermer…

Lewis Hamilton
Lewis Hamilton
Lewis Hamilton
Lewis Hamilton

Mais Nico avait un rêve… Non, un objectif : être champion du monde de Formule 1. Alors quand Lewis l’a privé de ce plaisir pour la seconde fois consécutive en 2015, il a réalisé qu’une troisième défaite scellerait à tout jamais son statut de second pilote. Hors de question !

Tandis que le triple champion du monde soufflait un peu en fin de saison dernière, il s’est forgé un mental de tueur : trois victoires d’affilée pour finir la saison.

L’inter-saison n’a servi qu’à renforcer encore sa détermination, au point de démarrer la saison 2016 avec quatre nouvelles victoires de rang. L’homme fort c’est bien lui. La première réplique de l’Anglais arrive en Espagne : profitant de la première erreur de Nico, il tente un dépassement dans le quatrième virage, mais l’Allemand ferme la porte, envoyant les deux Mercedes au tapis. Une manœuvre à mon avis dangereuse, mais qui en dit long sur la volonté de Rosberg de marquer son territoire. On peut imaginer la pression mise par Hamilton à son équipe lors du debrief’, tel un mâle alpha voulant asseoir son autorité de triple champion. Mais cette fois-ci, Rosberg ne se laisse pas impressionner. Les sept courses suivantes sont encore à plusieurs reprises l’occasion de voir les deux pilotes se donner des coups de roues, comme en Autriche par exemple. Hamilton a retrouvé son instinct de chasseur et il signe six victoires en sept courses, reprenant par la même occasion la tête du championnat.

Formule 1 2016 - Nico Rosberg & Lewis Hamilton
Formule 1 2016 – Nico Rosberg & Lewis Hamilton

Loin de s’incliner, Rosberg relève une fois encore le défi et s’impose trois fois de suite pour reprendre l’avantage aux points. La bagarre est belle et il apparaît clairement que le moindre faux pas peut faire basculer l’issue du championnat. Malheureusement c’est ce qui arrive en Malaisie quand le moteur de la Mercedes d’Hamilton rend l’âme alors que ce dernier était en tête. Malgré une « petite » troisième place de Rosberg, c’est maintenant vingt-trois points de retard qui séparent Hamilton de son rival. Nico pourrait alors se contenter d’assurer les podiums, mais il gagne encore (pour la neuvième fois de la saison) au Japon, à Suzuka. Avec trente-trois points d’avance et quatre courses à disputer il ne lui reste plus qu’à assurer. Hamilton de son côté est obligé de gagner en sachant que même ainsi ce n’est plus lui qui tient son destin en main. USA, Mexique – “GP mémorable par le manque d’autorité des Marshalls de la F1” dira notre rédac’chef -, Brésil : trois victoires pour Hamilton et autant de secondes places pour Rosberg. Tout se jouera donc à Abou Dhabi pour la dernière. Pour être sacré champion, Hamilton doit marquer douze points de plus que Rosberg. Après un départ réussi l’Anglais s’installe en tête mais réalise bien vite que son adversaire le talonne. Dans cette configuration Hamilton sait qu’il perd le titre. Il adopte alors un pilotage d’une rare intelligence : réussir à ralentir son poursuivant sans pour autant se montrer dangereux ni mettre en péril sa première place. Il voit ainsi revenir un groupe de furieux derrière les deux Mercedes, composé des Ferrari et Red Bull. Si le titre est, dans tous les cas, assuré pour l’un des deux pilotes Mercedes, il n’en va pas de même pour la victoire avec le rythme adopté. L’ingénieur de piste, puis le directeur de course intiment alors à Hamilton d’accélérer, à quoi Lewis rétorque : “Je suis en train de perdre le titre, alors je m’en fiche de perdre cette course !”. Mais Rosberg ne craquera pas sous l’intense pression, conservant sa seconde place de haute lutte, pour coiffer sa première couronne mondiale.

Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg

Hamilton finit quant à lui avec le record du nombre de victoires pour un vice-champion. Record ironique s’il en est, surtout quand le champion compte une victoire en moins que lui.

Quelques jours après son titre, Rosberg annoncera sa retraite de la Formule 1, évoquant les sacrifices pour lui et ses proches que la quête de ce Graal aura demandés. Une annonce surprise pour tous… Enfin peut-être pas.

Formule 1 2016 - Nico Rosberg, Lewis Hamilton, Daniel Riccardo
Formule 1 2016 – Nico Rosberg, Lewis Hamilton, Daniel Riccardo

En discutant avec Jean-François (encore un animateur d’AutomotivPress), il me faisait part d’une théorie intéressante : Rosberg est un bon pilote, mais c’est tout de même Hamilton le « moteur » de la F1, avec son style décalé, qui amène un public nouveau et par conséquent de nouveaux sponsors, tant pour la F1 en général que pour son écurie. Alors au vu de la bagarre sanglante ayant fait rage entre les deux pilotes Mercedes, surtout après les épisodes virils de l’été, il y avait peut-être un intérêt pour l’écurie allemande de s’assurer les services de l’Anglais, quitte à se séparer du néo-champion. Ça se tient. Peut-être en effet que la retraite de Rosberg lui a été soufflée…

Mais j’ai une autre théorie : c’est que cette retraite est véritablement l’idée de Nico. Pour tenir tête à Hamilton il a dû en effet puiser au plus profond de lui. Au niveau pilotage certes, mais surtout mental : devenir un guerrier prêt à tout pour gagner, comme ces manœuvres en Espagne et Autriche l’ont montré. Puis ensuite garder les pieds sur terre pour ne pas perdre son objectif de vue alors que Lewis gagnait course sur course en fin de saison. Il a certainement dans ces conditions se faire violence, lui qui, j’en suis persuadé, a plus un tempérament de gentleman que de compétiteur acharné. Il ne faut pas oublier aussi l’image de son père Keke, champion du monde lui aussi, en 1982, pour qui la F1 n’a jamais été une finalité. Il y a une vie après la Formule 1

Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg
Formule 1 2016 - Nico Rosberg
Formule 1 2016 – Nico Rosberg

Dans la cool room avant de monter sur le dernier podium de la saison Nico a pris tonton Bernie dans les bras et lui a soufflé quelque chose à l’oreille qui n’a pas semblé particulièrement plaire au grand manitou qui l’a d’ailleurs toujours trouvé trop fade pour faire un bon champion. Imaginons un peu…

Nico : « Hey Bernie, je suis champion ! Ça te défrise hein vieux croulant, que ton favori soit derrière moi. Tu vas palper un peu moins de pognon que prévu ? »

Formule 1 2016 - Nico Rosberg & Bernie Ecclestone
Formule 1 2016 – Nico Rosberg & Bernie Ecclestone

Bernie (après avoir écarté la caméra) : « Fais pas trop le malin gamin, t’es peut-être le champion ce soir, mais je peux te pourrir ta saison à venir si tu me casse les noisettes ! »

Nico : « Tu peux te garder tes menaces papy, t’a pas idée de ce que je te prépare. Maintenant va consoler ta Diva, moi j’ai un titre à fêter ! »

Lewis Hamilton (Champion karting 1995) & Jacques Villeneuve (IndyCar 1995)
Lewis Hamilton (Champion karting 1995) & Jacques Villeneuve (IndyCar 1995)
Formule 1 2016 - Lewis Hamilton
Formule 1 2016 – Lewis Hamilton
Formule 1 2016 - Lewis Hamilton
Formule 1 2016 – Lewis Hamilton

Affabulations, peut-être bien, mais ça me plait d’y croire. Et en plus cela ne fait que me conforter dans l’idée que Hamilton reste le meilleur pilote actuel. Ce championnat 2016 se conclut sur une victoire pour les deux pilotes : pour Rosberg qui a réussi à battre le meilleur, pour Hamilton dont la légende voudra désormais qu’il ne peut être battu que par un adversaire prêt à mourir (sportivement) pour cela.

Crédit photos @ Lewis Hamilton (Twitter), Nico Rosberg (Twitter), Formula 1 (Twitter)

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