Essai Toyota GT86 2017 : Rain Dancer | AUTOMOTIV PRESS
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Essai Toyota GT86 2017 : Rain Dancer

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

C’est le troisième essai AutomotivPress de la ToyBaru BRZ/GT86 en trois ans. Après un essai de la GT86 sur piste par le boss en 2013, puis un essai plus classique de ma part de la BRZ l’année dernière, me voici donc pour un week-end au volant de la GT86 restylée.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Bon, concernant le restylage il faudra vraiment que vous soyez un inconditionnel de la Toyota pour le voir. En ce qui me concerne le seul changement véritablement visible se situe au niveau du bouclier avant. Un peu plus travaillé, plutôt réussi, il ne transfigurer cependant pas le style général qui reste agréable. Le modèle essayé ne disposait pas de l’aileron arrière optionnel. Du coup si la voiture en paraît un peu moins sportive, elle y gagne en pureté de ligne. Pour le reste, je vous laisse relire l’article déjà paru reprenant l’ensemble des modifications de carrosserie. Ce qui importe c’est que la GT86 reste une auto jolie à regarder. D’ailleurs j’étais assez surpris par le nombre de regards qu’attire la Toyota. Souvent des quadra ou quinquagénaires qui semblaient se dire « tiens, elle est jolie cette voiture. Je ne connais pas et ça change d’une Audi TT. Toyota ? Ah, je vais regarder cela de plus près… ». Si j’ai contribué à faire vendre 4 ou 5 GT86 ce week-end j’en suis ravi.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Si l’extérieur ne change donc que peu, il n’en va pas de même pour l’intérieur. Le design n’évolue pas de façon drastique mais la qualité des matériaux fait un bond en avant notable par rapport à la BRZ 2015. Il ne s’agit certes que de détails, mais alors qu’en montant pour la première fois dans la Subaru j’avais l’impression de me replonger dans les années 90, là je me sens plus en phase avec mon époque. Un peu plus d’aluminium, un peu moins de plastique. Un revêtement imitant le carbone sur la planche de bord et le tour est joué. Comme par ailleurs l’équipement s’est bien enrichi avec un système multi-média enfin digne de ce nom, la GT86 ne paraît plus une voiture de puriste tout juste bonne à aller drifter. Ce coup-ci on se voit bien l’utiliser de façon quotidienne, comme une auto normale.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Mais le plus important reste le ressenti au volant. C’est d’autant plus vrai dans cette voiture qui se veut véritablement une alternative à la course à la performance.

La position de conduite est toujours aussi bonne. Les sièges en tissus ne sont certes pas aussi élégants que des baquets en cuir de certaines concurrentes, mais ils ont l’avantage d’être confortables sans trop sacrifier au maintien. Le volant tombe toujours aussi bien en main et le pédalier semble assez réussi et devrait permettre de jouer du talon-pointe sans risquer de se fouler la cheville.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

En démarrant le moteur malheureusement le tableau s’assombrit un poil. Je n’avais pas souvenir dans la jumelle Subaru d’un caractère aussi agricole. La sonorité est sans charme, la poussée faiblarde et le caractère totalement absent. Est-ce un défaut du modèle essayé ou bien mes repères qui ont changé, difficile à dire. Mais il faut bien avouer que depuis un an un certain nombre de véhicules de puissance similaire ont su faire preuve de brio mécanique. La dernière en date étant la Ford Fiesta ST200 dont le moteur est un des points forts. Quoi qu’il en soit, malgré la boite agréable à manier (bien que ferme), il n’en reste pas moins que cette mécanique déçoit dans un premier temps car on a perdu le réflexe de lancer les moteurs dans les tours. Mais même une fois repris les bonnes vieilles habitudes de pousser les rapports on reste sur notre faim.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Autant vous le dire tout de suite, mon premier réflexe a été tout au long de l’essai d’enclencher le mode « track » avec ESP déconnecté. C’est que lorsque l’électronique garde le contrôle la Toyota reste une voiture sans grand intérêt. Enfin non, ce n’est pas totalement vrai. Disons qu’avec l’ESP enclenché vous avez un joli coupé au confort tout à fait correct et aux prétentions sportives inexistantes. Ce n’est pas la faute au châssis. Ce dernier est plutôt bien né et avec les quelques aménagements apportés (amortissement Sachs révisé et différentiel Torsen) il a de quoi tenir le pavé. Mais les Michelin Premacy ne sont pas des pneus sportifs et la GT86 n’est pas du genre à rester soudée au pavé. Il en résulte dans cette configuration que l’auto n’est absolument pas amusante à emmener.

Tandis qu’une fois coupée l’intervention des puces, on retrouve un véritable caractère joueur. Et c’est encore plus sympa quand l’adhérence est précaire. Dans ces conditions le train arrière ne demande qu’à danser.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Bon, je dois vous avouer quelque chose. Cela fait une heure que je sèche à écrire la suite de l’article. Vous parlez des kilomètres faits sur mes parcours habituels ne serait qu’une redite de l’article sur la BRZ. Cela ne me semble pas forcément très pertinent. Et pour ce qui est de vous faire l’article sur la philosophie de la GT86, c’est aussi déjà fait avec sa cousine.

Du coup je vais juste essayer de vous dire comment j’ai vécu mon dernier tour dans la Toyota GT86 avant de la ramener au parc presse.

Il fait froid et humide en ce lundi matin. Le soleil est encore loin de se lever et pour la première fois depuis bien longtemps je suis déçu de ne pas avoir à gratter la glace sur le pare-brise. Il fait froid, mais pas assez à mon goût. Si l’idée de quitter la douceur du lit à 5h30 reste toujours difficile, ce lundi matin je suis motivé par l’idée de partir au plus tôt, histoire d’éviter tant que faire se peut la foule des travailleurs se rendant sur Paris.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Après une douche et un petit déjeuner rapides, je m’installe donc au volant pour la dernière fois de la belle GT86. Au moins ce coup-ci je ne risque pas de réveiller mes voisins avec le rugissement d’une mécanique diabolique. Le quatre cylindre boxer se la joue plutôt discret.

Je profite des premiers kilomètres pour laisser l’huile monter en température. Elle est quand même bien confortable cette voiture. Puis la vision des deux petites bosses de chaque côté du capot avant continue à m’amuser. On dirait deux ailerons de poulet qui tenteraient de se faire passer pour des ailes de condor.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Ça y est, l’huile est chaude, je sors de la ville. Il y a cette ligne droite pour mettre les quelques travailleurs matinaux derrière moi. C’est crucial pour arriver tranquillement seul au rond-point au bout. Même s’ils ne sont pas fracassant, les 200 ch suffisent à se faire de l’espace. Du coup le rond-point est avalé tout en contre-braquage. C’est tellement naturel avec cette auto. Je pourrais faire ça tous les jours. Me voilà cependant déjà derrière un bus. Pas grave, j’en ai pour 3 kilomètres de ligne droite. Pas intéressant de toute façon.

J’arrive à un feu, il y a une auto devant moi. Dommage, il y a un autre rond-point à 300m. Heureusement c’est désormais sur deux voies alors je peux encore passer devant. Et c’est parti pour un second tour de glisse. Si j’ai fait peur à la dame derrière moi, elle n’ose cependant pas me traiter de taré. D’une part j’allais à peine plus vite qu’elle, d’autre part elle ne semble pas trop savoir si la figure était voulue ou si je me suis fait peur.

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Tiens il a plu ici, le sol est trempé. Et je suis en première ligne pour le feu qui vient. Au vert je force ostensiblement sur l’accélérateur et je pars en léger crabe. Pas la peine de dépasser les 70km/h, c’était surtout drôle jusqu’à 30. Allez c’est parti pour 15 bornes d’autoroute. Vive le régulateur.

J’arrive sur les quais de Seine, il faut prendre à gauche au feu. Cool, il suffit de forcer un peu sur l’accélérateur et c’est encore une belle dérive en seconde qui m’attend. Bonjour monsieur le radar, pas de photo aujourd’hui ? Bah non, je suis 10km/h sous la limite. Et pourtant je m’amuse comme un fou ! Me voilà arrivé. Parking, récupération de mes affaires dans le coffre. Je ferme l’auto et je m’éloigne. Quelques mètres. Puis je me retourne. Elle est quand même jolie cette caisse !

Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017
Toyota GT86 2017

Quand j’y pense, c’est quand même puissant : quand la miss météo a annoncé vendredi soir qu’il allait pleuvoir tout le w-e, ça m’a filé le sourire parce que j’allais rouler en GT86. Et en effet ça a été une vraie partie de plaisir !

Avec ce restylage la Toyota GT86 ne change pas fondamentalement. Elle se met à jour sur sa présentation et s’améliore à la marge dans ce qu’elle faisait déjà très bien : danser. Reste que son moteur reste toujours son point faible, moins par sa puissance modeste que par son caractère fade. Mais malgré cela elle mérite mieux que le succès d’estime et les quelques dizaines d’exemplaires vendus annuellement. Il s’agit d’une des rares autos aptes à donner du plaisir au quotidien pour un tarif des plus raisonnables. La Toyota GT86 c’est un peu le carré de chocolat qui accompagne le café du midi.

Fiche technique Toyota GT86 2017
Fiche technique Toyota GT86 2017

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