Actualité Citroen Historique

Tracbar Zulu 2004 : L’Afrique Australe en Traction Avant Citroën (partie 1)

Tracbar Zulu 2004 : L'Afrique Australe en Traction Avant
Tracbar Zulu 2004 : L'Afrique Australe en Traction Avant

Après la traversée de l’Australie, nous vous proposons d’embarquer en direction de l’Afrique du Sud pour prendre part au Tracbar Zulu.
L’homme derrière ce rallye est à nouveau Eric Massiet du Biest, fort de sa connaissance de ce coin du globe, il a su nous concocter un parcours à la hauteur des pays traversés, embarquez en deux épisodes !

Day 0 : Paris – Londres – Johannesburg – Durban

Après une bonne douzaine d’heures d’avion et quelques étapes, nous voici arrivés en Afrique du Sud à Durban, prêt à prendre le départ de ce Tracbar Zulu 2004.
Durban est la seconde ville d’Afrique du Sud, avec près de quatre millions d’habitants, dont un million de clandestins arrivés des pays voisins. Elle est très prisée pour sa qualité de vie, c’est ici que le climat est le meilleur de toute l’Afrique du Sud et l’industrie y est très développée, notamment l’automobile : Toyota, BMW et VW y sont implantés depuis plusieurs années.
Notre hôtel, le Tropicana, fait face à l’Océan Indien et, surtout, se trouve à côté d’un parking dont le troisième est empli d’étranges voitures européennes, des Traction Avant Citroën. Elles sont arrivées quelques jours auparavant, acheminées du port de Durban, avec l’aide du club Citroën local.
Eric nous livre son premier briefing, riche en conseils et détails importants pour faciliter notre arrivée. Tout le monde se voit remettre les tenues officielles : chemise et casquette pour les équipages, numéros et autocollants pour les voitures.

Day 1 : Durban – Hluhluwe 372 km

Après une petite mise en jambes d’une cinquantaine de km, toutes les Tractions se retrouvent fièrement alignées devant l’hôtel Sun Zimbali qui marque le lancement du rallye.
Cette journée de rodage se déroule plutôt bien et permet aux 31 Tractions de s’habituer à rouler à gauche sur une belle route qui longe la côte de l’Océan Indien. C’est également l’occasion pour les équipages de se familiariser avec le road book qui nous guidera durant ce mois. Alors que les champs de canne à sucre remplacent doucement l’océan, le convoi s’étire jusqu’au petit village de St Lucia, lieu de notre déjeuner.

L’après-midi se conclut par un avant goût de piste, sur les 10 derniers km qui nous amènent au complexe Nyala Heritage en pleine nature, où nous verrons un superbe coucher de soleil à 17h20 ! Eh oui ici c’est l’hiver, les températures sont assez fraîches : une petite dizaine de degrés le matin, et tout juste 25 dans la journée.

Day 2 : Hluhluwe – Mkhana 284 km

Ce matin le temps est gris pour nous conduire jusqu’à notre première frontière, celle du Swaziland. C’est en effet une première dans les rallyes Tracbar, nous allons changer de pays, et même plusieurs fois, au cours du rallye. Le poste frontière de Pongola nous fait rentrer au Swaziland ; cette petite enclave au sein de l’Afrique du Sud, dernière monarchie absolue d’Afrique, compte tout juste 925000 habitants.

Après quelques hésitations face au road book, nous traversons la ville de Manzini, qui de par son étendue et sa relative modernité contraste des petits villages rencontrés le long de la route. Une autre particularité du pays nous surprend : le nombre d’écoles ! Nous en avons vu un nombre impressionnant aujourd’hui, toutes largement peuplées d’enfants en uniformes très heureux de nous voir passer.
Ce soir nous arrivons à la réserve de Mkhana où nous allons rencontrer nos premiers animaux sur la petite piste nous conduisant au camp. Cette première nuit sous la tente nous permettra de voir quelle est la meilleure option face aux phacochères : une tente traditionnelle ou une tente sur le toit de la voiture ?

Day 3 : Mkhana-Mopaya 436 km

Cette journée voit notre retour en Afrique du Sud ; en tout juste plus d’une journée nous aurons traversé le Swaziland. Le passage de la douane est à nouveau un joyeux moment : entre les tampons, les formulaires pour les personnes, les registres pour les voitures, les douaniers sont quelques peu débordés par ces 75 personnes parmi lesquelles on trouve une majorité de français mais également des allemands, des belges, un tunisien et une russe !
S’en suit une belle route où les longues côtes précèdent les grandes descentes, oui c’est vallonné !

C’est à la nuit tombée que nous arrivons dans la réserve privée de Mopaya, tenue par Michel Laforet, un français, qui nous a réservé un accueil somptueux : le dîner est pris en pleine nature sur deux grandes tables, l’ambiance est tout à fait dans le ton du film « Out of Africa ».
L’animation se poursuit autour du piano, non loin du feu de bois qui a permis de faire cuire notre nourriture. Les consignes pour la nuit sont strictes : ne pas sortir de la tente avant 6h30, heure à laquelle les alentours du campement auront été inspectés, des lions étaient là quelques jours plus tôt, à l’endroit même où nous plantons nos tentes. Au réveil, ce ne sont que des autruches qui visitent le campement, ouf !

Day 4 : Mopaya-Shwingwedzi 280 km

Nous commençons la journée par un safari en 4×4 au milieu d’une réserve privée. Ces moments magiques nous permettent d’approcher au plus près tous les animaux que nous n’imaginions pas pouvoir voir autrement qu’au travers de nos écrans de télévision.

Pourtant les zèbres, girafes, lions, rhinocéros, éléphants et hippopotames sont là, parfois tout près de nous.

Le moment fort de la matinée restera tout de même cette scène de la Nature où nous avons pu observer 3 guépards en train de se délecter d’une gazelle fraîchement attrapée !

Nous repartons ensuite en direction du Nord-Est pour rentrer dans le Parc Kruger. Ce nom magique résonne dans nos têtes depuis quelques mois, ce parc naturel protégé s’étend sur plus de 22000 km² et nous promet plusieurs centaines d’espèces animalières. Le spectacle animalier est maintenant autour de nous, un peu partout au milieu de cette nature superbe et intimidante, ce sont nous les intrus dans ce milieu sauvage. La consigne est stricte, nous devons rester sur la route et les pistes, et interdiction formelle de descendre de voiture !

Le long de cette route, l’œil aux aguets du moindre mouvement animal, nous passons le Tropique du Capricorne. C’est pour nous la deuxième fois en Traction puisque nous l’avions déjà croisé en 2000 en Australie.

Nous arrivons au camp de Shwingwedzi à la tombée de la nuit, sous un coucher de soleil magnifique, peu avant la fermeture des portes pour éviter toute intrusion animale durant la nuit.

Day 5 : Shwingwedzi – Dongola 298 km

Ce matin bon nombre d’équipages partent de bonne heure, pour ne pas dire de très bonne heure. En effet avec la fraicheur matinale nous avons plus de chance de rencontrer des animaux, et nous serons récompensés : accompagnés de 4 autres Tractions, nous stoppons soudainement car 2 éléphants se trouvent au milieu de la route. Ils sont même plutôt agités et se donnent des coups de défenses, nous comprenons quelques minutes plus tard que nous avons le privilège rare d’assister à une parade amoureuse !

Peu après la sortie Nord du parc, nous faisons notre pause déjeuner sous un baobab géant, l’occasion d’un joyeux pique-nique. Ces arbres parfois vieux de 3000 ans peuvent atteindre une circonférence de plus de 20 mètres au pied du tronc. Autant dire que les 8 Tractions garées sagement à ses pieds ont l’air toutes petites.

Nous rencontrons, après quelques kilomètres de belles routes vallonnées, notre première piste du rallye. Elle est plutôt cassante et met à l’épreuve nos vaillantes Tractions au milieu de cette poussière quelque peu envahissante.

Mais c’est finalement par quelques kilomètres de goudron, face au soleil couchant que nous serpentons au milieu des baobabs pour arriver au ranch de Dongola.

Day 6 : Dongola – Francistown 453 km

Aujourd’hui, cap sur l’Ouest, direction le poste frontière de Zanzibar pour rentrer au Botswana. Depuis quelques jours maintenant les températures sont bien remontées, les nuits sont douces et les journées chaudes.
La route du début de journée est assez monotone, les longues lignes droites avec peu de choses à voir s’enchaînent. Mais dès lors que nous tournons à droite pour suivre le panneau Zanzibar, c’est une belle piste rouge qui nous conduit jusqu’à la frontière. Nous quittons l’Afrique du Sud, pour la retrouver dans quelques milliers de kilomètres, mais avant de rentrer au Botswana, nous avons à traverser un « no man’s land » de 3-4 kilomètres. Cette étendue de terre et d’eau n’appartient à personne, elle est simplement située entre l’Afrique du Sud et le Botswana.

Les formalités pour rentrer dans ce grand pays au centre de l’Afrique Australe, avec une population de 1.6 millions d’habitants sur 600 000 km², sont un peu plus compliquées, et surtout plus onéreuses : il nous faut débourser 190 “poulats” locaux, soit l’équivalent de 45 €.

Nous retrouvons rapidement le goudron, direction plein Nord cette fois-ci vers Francistown où nous dormirons ce soir. Là encore la route est un peu monotone, seul l’arrêt à la station service rythme notre progression. Quelques équipages connaissent des problèmes de carburation, en grande partie dus à l’essence de mauvaise qualité : les filtres à essence et les carburateurs s’encrassent très vite !

Le dernier arrêt avant l’arrivée est un arrêt imposé : un homme en uniforme se dresse au milieu de la route pour arrêter notre colonne d’une petite dizaine de Tractions. Le motif est simple, la première Traction de la file a été prise à 95 km/h dans cette zone limitée à 80.

Malgré nos discussions, la police reste intraitable, et Bernard du team 212 doit s’acquitter de 80 “poulats” pour un joli souvenir !

Ce soir sur le parking de l’hôtel pas mal de capots sont levés, il nous reste deux jours de route avant la journée de repos au bord des chutes Victoria.

Day 7 : Francistown – Kasane 509 km

La journée pourrait se résumer à deux choses : une première ligne droite de 200 kilomètres, et une seconde de 300. En effet la route fut chaude et monotone, heureusement quelques éléphants et girafes ont distrait notre avancée vers le fleuve Zambèze.

Ce soir nous avons fêté autour du feu l’anniversaire de Christian Durand, team 218, qui aura été peu gâté aujourd’hui : il a été obligé de vidanger son réservoir à cause d’un bidon d’essence locale à moitié rempli d’eau.

C’est au milieu des babouins et au bord du Zambèze, le 4ème fleuve africain avec ses 2750 km de long, que nous nous endormons ce soir, dans une zone très sauvage, fréquemment visitée par les hippopotames. Heureusement pour nous la nuit sera calme.

Day 8 : Kasane – Livingstone 101 km

On peut dire que sur le Tracbar Zulu les journées se suivent mais ne se ressemblent pas : aujourd’hui peu de kilomètres et beaucoup d’animations, tout le contraire d’hier ! Cette journée qui s’annonçait assez paisible, fut pour le moins tourmentée. Nous devions prendre un ferry, pas forcément de première jeunesse, le second a coulé 3 mois auparavant, pour traverser le Zambèze à quelques kilomètres du camping et ainsi arriver en Zambie de l’autre coté du fleuve à Livingstone. Mais en arrivant au point d’embarcation, nous avons découvert une très longue file d’attente, la raison en était simple, le ferry n’a pas fonctionné hier pour cause de panne. Malgré de longues et virulentes négociations, seule une Traction arrive à se faufiler au milieu des camions pour emmener Youpi, notre caméraman, prendre son avion, les autres font demi-tour pour attaquer le plan B : passer par le Zimbabwe et emprunter le pont qui enjambe le Zambèze au niveau de la frontière avec la Zambie.

Plus facile à dire qu’à faire car les douaniers ne nous facilitent pas les choses une nouvelle fois !

Mais en fin de journée, après avoir parcouru 80 kilomètres au Zimbabwe et avoir franchi une nouvelle frontière pour rentrer en Zambie, nous arrivons au magnifique hôtel Zambezi Sun où nous allons passer 2 nuits, à deux pas des chutes Victoria.

Avant d’être une ville, Livingstone est bien sûr un homme, un grand voyageur, celui qui découvrit les chutes Victoria en 1855 et fit connaître au Monde cette partie de l’Afrique Australe. Le spectacle offert par ces chutes est émouvant, impressionnant, majestueux, à couper le souffle ! Imaginez un fleuve qui s’étire sur 1700 mètres de large avant de tomber dans la plus grande cataracte du monde sur près de 108 mètres de haut.

Day 9 : Journée de repos à Livingstone 39 km

La journée commence tôt pour quelques tracbars, qui, après avoir vu le soleil se coucher hier soir sur les chutes, veulent le voir se lever de l’autre coté. Leur effort matinal est récompensé par un spectacle d’une beauté époustouflante !

Après un petit-déjeuner gargantuesque, nous partons par petits groupes pour l’héliport local, après avoir vu les chutes d’en bas, nous voilà en train de les survoler. Cette vue de dessus permet de mieux comprendre et contempler leur existence, l’élargissement du Zambèze, la cataracte puis le canyon qui s’en suit.

Day 10 : Livingstone – Popa Falls 564 km

La journée pourrait se résumer rapidement : 564 km, une frontière et un camping au bord du fleuve Okavango. Malgré la route peu variée, les petits hameaux faits de huttes et les quelques animaux rencontrés sur le bord des routes nous ont distraits durant cette longue étape de liaison.

La nuit accompagne l’arrivée des derniers équipages car ce matin notre entrée en Namibie, ancienne colonie allemande, a été synonyme du changement d’heure . Nous avons avancé nos montres d’une heure, il fait nuit noire à 18h00 !

Day 11 : Popa Falls – La Rochelle 501 km

Aujourd’hui nous découvrons l’artisanat namibien sur les bords des routes. Les petites boutiques ont fleuri un peu partout, et les tracbars trouvent leur bonheur avec toutes sortes d’objets en bois.
Nos 120 derniers kilomètres se font sur une belle piste blanche, très roulante, jusqu’à ce que nous tournions à gauche pour suivre le panneau La Rochelle. Eh oui, ce soir nous plantons notre camp à la ferme de chasse de La Rochelle. Cet endroit se nomme ainsi car il a été donné par le gouvernement à des français ayant rendu de bons et loyaux services au pays, je vous laisse deviner d’où étaient originaires les premiers habitants du lieu !

Outre le confort du jardin très vert pour planter nos tentes, nous profiterons du poste à souder de l’atelier local pour ressouder notre pot d’échappement fatigué par les pierres, nous ne sommes pas le seul équipage à bricoler nos vaillantes Traction.

Day 12 : La Rochelle – Namutoni 216 km

Ce matin, nous avons rendez-vous avec la petite école toute proche de La Rochelle. Cette école de campagne accueille environ 280 élèves, plus ou moins assidus car pour certains les parents sont nomades. Nous leur apportons des fournitures scolaires, des vêtements ou encore des bidons pour acheminer de l’eau potable. Après avoir visité les salles de classe, nous assistons à un spectacle de danses et de chants très joyeux, un moment plein d’échanges apprécié de tous !

Nous reprenons la piste pour ensuite rejoindre l’entrée du parc Etosha par le goudron. Ce parc naturel créé en 1907 fait plus de 22000 Km². C’est le 4ème parc mondial de par sa superficie mais surtout de par le nombre d’espèces animales que l’on peut y rencontrer. Nous avançons prudemment jusqu’à Namutoni où nous déjeunons à midi, la vitesse est limitée à 60 km/h dans le parc, mais nous voyons assez peu d’animaux. Ils restent à l’abri dans la végétation durant les heures les plus chaudes de la journée. Comme nous dormons ici ce soir, après le repas nous allons planter la tente pour partir à la recherche d’animaux.

Avec les équipages 105 et 309, nous sommes assez chanceux : aux abords d’un premier point d’eau nous surprenons une dizaine de girafes accompagnées de quelques gnous et gazelles, puis en allant à un second au milieu des troupeaux de zèbres et gazelles, nous nous faisons dépasser par 2 autruches lancées à plus de 70 km/h ! Le second point d’eau nous réserve lui aussi une belle surprise : un troupeau d’éléphants est en train de se rafraîchir, le spectacle incroyable à découvrir à travers le pare-brise 16/9ème de nos Citroën !

La balade du soir nous offre des couleurs et images magnifiques, un beau moment, riche aussi en animaux !

La suite, la partie 2.

Crédit Photos @ Ambroise Brosselin

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Ambroise Brosselin

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