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Tracbar Zulu 2004 : L’Afrique Australe en Traction Avant Citroën (partie 2)

Tracbar Zulu 2004 : L'Afrique Australe en Traction Avant
Tracbar Zulu 2004 : L'Afrique Australe en Traction Avant

Après la traversée de l’Australie, nous vous proposons d’embarquer en direction de l’Afrique du Sud pour prendre part au Tracbar Zulu.
L’homme derrière ce rallye est à nouveau Eric Massiet du Biest, fort de sa connaissance de ce coin du globe, il a su nous concocter un parcours à la hauteur des pays traversés, embarquez en deux épisodes !

Day 13 : Namutoni – Okaukuejo 206 km

Aujourd’hui le road book est simple : journée libre dans le parc avec seulement 2 impératifs, le repas à Halali à 70 km de là, et le camp de ce soir, 70 km après Halali.

Les touristes peuvent donc voir un troupeau de Tractions s’élancer un peu partout dans le parc, sur différentes pistes à la recherche d’animaux. Les plus chanceux auront pu voir des lions, mais pour tout le monde cette journée restera comme l’une des plus belles du voyage. Quel plaisir de pouvoir évoluer au milieu des animaux sauvages confortablement assis dans nos chères Tractions !

Day 14 : Okaukuejo – Aba Nuab 424 km

Le cap du jour est mis sur plein Sud, nous allons sortir du parc Etosha. Comme la veille, la nuit fut rythmée par les passages et les bagarres des chacals, manifestement très attirés par les touristes. Nous profitons de nos derniers kilomètres dans le parc pour voir nos derniers troupeaux de zèbres ou de gazelles.

Pour rejoindre le camp d’Aba Nuab nous parcourons environ 120 km d’une très belle piste bien roulante, entourée de paysages superbes. Elle est très vallonnée et les montagnes prennent des couleurs magiques au fur et à mesure que le soleil descend.

Nous sommes accueillis par un vent de sable qui nous attend au camping à la tombée du jour. Difficile de monter la tente dans ses conditions, mais rien n’arrête des tracbars !

Day 15 : Aba Nuab – Walvis Bay 371 km

Quelques kilomètres après le départ du camp, Henri du team 309 a conclu une belle affaire entamée la veille au soir. Il avait repéré une épave de Matford 1936 servant de vitrine à une petite boutique d’artisanat. Et il se trouve qu’Henri est justement en train de terminer la restauration d’un modèle identique en France mais il cherche depuis plusieurs mois, sans succès, un entourage de pare-brise. Or celui-ci est en état très correct, l’affaire annoncée hier à 300 $ namibiens s’est conclue ce matin à 100 $ (environ 15 €), démontage compris car il fallait démonter la moitié de la toiture de la vitrine pour en extraire l’encadrement de pare-brise !

La suite de la journée fut tout simplement magique, nous avons d’abord parcouru une superbe piste vallonnée entre les petites montagnes de cailloux avant de passer d’un coup à un paysage lunaire. Nous nous sommes retrouvés à la frontière du désert de Namib, « la présence de rien et l’absence de tout » comme le dit si bien André du team 415 ! Près de 200 km au milieu de nulle part, à filer droit vers l’inconnu, le vent de face s’intensifiant au fur et à mesure de notre avancée.

L’inconnu s’est en fait révélé être l’océan Atlantique, qui s’est trouvé face à nous, d’un coup, rompant le calme du désert avec ses vagues agitées de la célèbre Skeleton Coast.

Face à cet océan et ce temps frais digne de notre Bretagne au mois de février, nous partons plein Sud, par le goudron, entre la mer et les dunes. Le team 411 restera un peu plus longtemps que les autres à attendre de voir l’océan, une roue arrière un peu desserrée a sectionné les 5 goujons et la roue est partie vivre sa vie sans la Traction. Une fois de plus Jean Claude Tilly jouera à merveille son rôle de bon saint-bernard.

C’est quelques kilomètres avant d’arriver dans la belle ville de Walvis Bay que notre démarreur nous lâche. Nous verrons ça demain, journée de repos consacrée à la mécanique et à la détente, les deux sont-ils compatibles d’ailleurs ?

Day 16 : Journée de repos à Walvis Bay 21 km

Cette journée de repos est bien évidement mise à profit en priorité pour les voitures. Les équipages les plus prudents, où les plus chanceux, s’en tiendront au minimum, à savoir un contrôle général de la voiture : huile de boîte, serrage des écrous de roues et de cardans, graissage du train avant, inspection de l’ensemble pour prévenir à d’éventuels soucis futurs, et surtout un bon nettoyage intérieur pour repartir avec une voiture fraîche, ou disons un peu moins poussiéreuse.

Pour nous s’ajoutera à cette liste le démarreur à remettre en état tandis que d’autres équipages s’occupent de bricoles un peu plus importantes comme des roulements de roues, des ailes avant déchirées, réparer les nombreux pneus crevés ou encore une pompe à eau qui fuit.
L’assistance, mise à rude épreuve toute la journée, se dirige tranquillement vers le délicieux repas qui nous attend dans cette baie réputée pour ses flamands roses quand notre volant moteur nous joue une mauvaise blague : la couronne dentée d’entraînement vient de s’en désolidariser ! Impossible de rouler comme ça, il faut la remettre en place. Après un repas vite ingurgité nous nous attaquons à deux à la dépose de la boîte de vitesses. Verdict : la couronne n’est pas cassée mais elle est bel et bien dessertie du volant moteur, plutôt surprenant ! Le problème est que pour la remettre en place, il faut la chauffer pour la dilater. Heureusement, Jean Claude sort de sa remorque magique un petit Camping-gaz sur lequel nous faisons tourner la couronne avant de réussir à la remettre en place. Quelques points de soudure plus tard, nous n’avons plus qu’à remonter la boîte. C’est à 1h00 du matin que nous faisons un rapide tour de parking pour vérifier que tout est en ordre, et nous allons nous coucher, l’esprit plus serein que quelques heures auparavant.

Day 17 : Walvis Bay – Sesriem 434 km

A la sortie de la ville nous nous engageons sur la piste, nous ne la quitterons plus dans les deux journées à venir !

Nous progressons dans le désert jusqu’à un plateau, à près de 1200 mètres d’altitude, pour se trouver au pied de deux passes successives, celle de Kueseb puis celle de Guab. Imaginez un petit col de montagne, mais au milieu du désert, sur une piste glissante avec un ravin jonché d’épaves en guise de bas-côté !

Le reste de l’étape est avalé assez rapidement, le but de la journée est tout autre : aller fouler le sable rouge de la mythique Dune 45 du désert de Sossusleiv !

Cette dune est la plus grande du monde, nous montons à son sommet pour admirer le paysage magique de ces dunes rouges à perte de vue…

C’est à la nuit tombée que nous retrouvons notre camp de Sesriem, avec du sable plein la tête, au sens propre comme au sens figuré !

Day 18 : Sesriem – Aus 361 km

Une nouvelle fois les cartes postales se sont succédé devant notre large pare-brise, encore une journée magique à rajouter dans nos mémoires ! A midi Betty nous a accueillis chez elle, dans sa maison avec des petits plats délicieusement préparés, un arrêt de choix.

Day 19 : Aus – Ai-Ais 404 km

Ce matin tout le monde est prêt de bonne heure car nous avons 270 km, dont une bonne partie de piste, à parcourir avant la pause déjeuner et surtout l’attraction du jour est après celle-ci ! L’amusement de la matinée sera un passage de gué avec suffisamment d’eau pour faire de belles gerbes, d’autant plus quand ce sont trois Tractions qui y passent de front !

Le groupe se reforme doucement à l’unique pompe à essence de Canyon Road House, l’occasion de faire un comparatif des consommations, nous avons tous fait le plein hier soir au même endroit. Les légères sans galerie de toit et peu chargées s’en sortent avec un petit 11 l/100 km alors que les paquebots que sont les familiales ou commerciales, bien chargées à l’intérieur et sur le toit frôlent les 14 l/100 km… Heureusement que l’essence est assez peu chère ici, entre 4 et 4,2 $ namibiens (environ 0,75 €).

Après le déjeuner dans un cadre dédié à l’automobile avec des épaves à l’extérieur et un intérieur truffé de pompes à essence, plaques d’immatriculation, pare-chocs et autres objets fétiches, nous nous dirigeons les uns derrière les autres vers l’endroit le plus attendu de la journée : le Fish River Canyon. Ce gigantesque canyon n’a pas à rougir devant son cousin d’Arizona, ses dimensions en sont largement à la hauteur, avec une étendue de 161 km, une largeur de 27 km et une profondeur allant jusqu’à 550 mètres par endroit avec au fond la Fish River qui court sur 700 km avant de se jeter dans la Orange River.

Nous découvrons ici une nouvelle facette de la Namibie, après le désert blanc lunaire, l’océan Atlantique, le désert de sable et ses dunes rouges, ses montagnes, voici le Canyon. La Namibie gardera une place particulière dans nos souvenirs de ce rallye. Nous alignons nos 31 Tractions face au vide pour une belle photo souvenir, elles paraissent minuscules aux cotés de cette immensité.

Après cette pause impressionnante, nous avons encore 70 kilomètres à parcourir pour rejoindre le camp d’Ai-Ais célèbre pour ses sources chaudes. La petite piste poussiéreuse qui nous y conduit est impressionnante, elle slalome entre les montagnes et semble se diriger droit vers le centre de la Terre !
Ce soir les roues de secours deviennent des denrées rares… Aujourd’hui encore, de nombreuses crevaisons ont stoppé les Tractions et malheureusement c’est bien souvent une pierre qui déchire le flanc du pneu, le rendant irréparable.

Day 20 : Ai-Ais – Ausgrabies Falls 421 km

Cette journée calme sera marquée par le passage de notre dernière frontière du rallye, nous retrouvons l’Afrique du Sud quittée le 6 août dernier. Nous aurons finalement passé 7 frontières et traversé 6 pays au cours de ce Tracbar Zulu : l’Afrique du Sud, le Swaziland, le Botswana, le Zimbabwe, la Zambie et la Namibie.

Peu après la frontière, une mauvaise piste nous fait découvrir les fameux Koker Boom Trees également appelés Cactus Trees, c’est d’ailleurs au pied de l’un d’eux que nous nous arrêtons pour pique-niquer, dans cette forêt d’arbres cactus, en plein désert et en pleine sécheresse.
Nous rejoignons le parc d’Ausgrabies Falls par les vignes à raisins secs qui nous conduisent jusqu’à nos petits chalets, en bordure des chutes et du canyon les entourant. La soirée est calme dans ce lieu où la nature règne en maîtresse.

Day 21 : Ausgrabies Falls – Hillandale Farm 549 km

Ce matin au réveil, le thermomètre affiche 12°C, on voit que l’on est redescendu vers le Sud ! Personne ne traîne trop, la journée s’annonce comme une des plus longues en kilomètres. Arrivés à la petite ville de Kakamas, c’est un peu l’affolement, des Tractions circulent dans tous les sens, dans toutes les rues et dans toutes les directions. Les habitants ont dû croire à une invasion de touristes européens, mais c’est en fait une petite erreur du road book qui a semé le doute. C’est finalement après 390 kilomètres de route que nous arrivons à Kraal Kombius pour le déjeuner.

L’après-midi se déroule sans encombre et nous arrivons par une magnifique petite piste vallonnée chez Robin et Hilary qui nous accueillent dans leur ferme de Hillandale. Cette ferme, modeste pour la région, s’étend tout de même sur près de 6500 hectares pour un cheptel de 2400 moutons, inutile de préciser que les bêtes ont de la place !

Day 22 : Hillandale Farm – Outdsthoorn 254 km

La nuit fut fraîche, une fine couche de givre recouvre nos tentes ce matin, brrrr. Nous retrouvons bon nombre de Tractions après le petit-déjeuner du côté de l’atelier de Robin, il faut dire qu’après 970 km parcourus en deux jours, sur des pistes plus ou moins bonnes, nos vieilles dames méritent bien un peu d’attention. Surtout qu’elles ne savent pas que le road book leur promet une piste difficile avec une longue montée et une superbe descente pour le début d’après-midi. Après avoir rapproché les mâchoires de freins, resserré les roues et vérifié le niveau de boîte, nous voilà partis sur la petite piste piégeuse qui nous fait sortir de la ferme.

Nous arrivons aux alentours de 12h00 chez Annake et Théo à Klaastroom. Ce sont des tractionnistes locaux, véritablement passionnés comme en témoignent leur 11BL de fabrication anglaise et les deux épaves qui traînent dans leur ferme.

Pour l’après-midi le road book nous laissait deux options, une jugée tranquille par le goudron et une seconde pour les plus téméraires par la piste pour franchir la difficile mais superbe passe de Swartberg. Cependant la pluie des derniers jours à dégradé la piste au point de la rendre impraticable. Un peu déçus, nous gagnons Oudsthoorn par le goudron plus prudemment.

Day 23 : Oudsthoorn – Montagu 241 km

Rendez-vous était donné ce matin dans la ferme d’autruches de High Gate pour le petit-déjeuner.

Nous goûtons avec plaisir à une omelette d’œufs d’autruche, (un œuf équivaut à environ 14 œufs de poules), et un steak d’autruche fondant. Ensuite nous avons droit à la visite complète de la ferme, l’incubateur, les bébés d’à peine 6 jours et l’atelier plume et cuir.

Puis nous traversons alors la route pour nous rendre sur le champ de course où Eric nous dévoile ses talents cachés de jockey d’autruche !

Après ce bon moment, nous gagnons le truck stop de Ladysmith par la route 62, presque aussi célèbre que sa cousine américaine, la 66.

Nous la continuons après le déjeuner au milieu des paysages somptueux pour arriver à Montagu.

Cette nuit en bungalow spacieux est l’occasion pour bon nombre d’entre nous de faire un peu de rangement et de nettoyer l’intérieur de nos voitures, elles en ont bien besoin !

Day 24 : Montagu – Cape Town 241 km

Aujourd’hui, l’avant-dernière journée du Tracbar Zulu 2oo4, nous rallions Cape Town, le but de notre voyage. Mais avant d’y arriver, le road book nous réserve de bien belles choses. Après nos derniers kilomètres de piste, nous attaquons un col dans la montagne verdoyante qui nous fait redescendre droit dans le pays Huguenot.

Les noms français tels que « Haute Provence » ou encore « Montmartre » s’enchaînent dans ces jolies petites villes qui nous amènent tranquillement au domaine de Bochendal. C’est au sein de cette superbe propriété viticole que nous est offerte une dégustation de 5 vins locaux, un plaisir et une découverte pour tous !

Après le repas richement garni de l’autre côté de la propriété, nous reprenons la route, en formant un joli cortège de 32 Tractions sur la route N1. Les panneaux Cape Town apparaissent, la circulation s’enrichit rapidement, pas de doute nous approchons à grand pas de la grande ville quand nous apercevons au loin la fameuse Table Mountain, image célèbre de la ville du Cap. C’est avec un peu d’émotion que nous traversons la ville tous ensemble pour nous rendre jusqu’à notre hôtel idéalement situé sur le vieux port, et débordant de luxe après ces nuits de campings que nous venons de vivre. Un orchestre nous attend sur le parking et tous les tracbars se mettent à danser pour fêter leur belle arrivée à Cape Town, à la fois heureux d’avoir gagné leur pari, mais aussi un peu tristes à l’idée de se dire que Cape Town est également la fin de cette belle aventure…

Day 25 : Cape Town – Le Cap de Bonne Espérance – Cap Town 183 km

La destination du jour est simple : aller sur la pointe la plus au sud ouest de l’Afrique, beau programme après 8000 km durant 4 semaines au travers de l’Afrique Australe ! Nous arrivons au Cap de Bonne Espérance après 75 km de route longeant la mer. Le parc naturel qui entoure cette pointe de terre est peuplé de babouins, de zèbres et de pingouins, mais aussi de touristes, et aujourd’hui de Tractionnistes.

Nous déjeunons sous le soleil au restaurant « Les 2 océans », en référence à ce cap qui voit se rejoindre l’Océan Atlantique d’un côté et l’Océan Indien de l’autre.

Un peu plus tard, un hélicoptère survole le petit parking au pied du Cap de Bonne Espérance, à l’intérieur Tatiana, notre photographe, immortalise l’instant : 31 Tractions, garées bien sagement en cercle sur ce bout de terre au bout de l’Afrique, et leurs équipages montés de part et d’autre des voitures pour montrer toute la joie qui les emplit à cet instant. L’émotion est présente, nous vivons nos dernières heures sur le continent africain.

Photos : Ambroise Brosselin

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Ambroise Brosselin

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