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Tracbar Dundee 2000 : Une grande balade en Australie en Traction Avant Citroën (partie 1)

Tracbar Dundee 2000
Tracbar Dundee 2000

En cette fin d’année du 80ème anniversaire de la Traction Avant Citroën, on a ouvert la boite à souvenirs et remis la main sur une série de photo de Jean-Christophe Moreau prise lors du Rallye Tracbar Dundee 2000. Si Tracbar vous évoque peut-être le surnom amical donné à la Traction, Dundee vous rappelle sans doute un film d’aventures à base de crocodile ayant pour cadre les grands espaces de l’Australie. Tout juste, il s’agit là bel et bien d’une grande balade au cœur de l’Australie en Traction Avant que nous allons vous faire revivre en deux épisodes.

Imaginer emmener 35 familles européennes (soit 112 personnes) à travers l’Australie à bord de voitures françaises de cinquante ans ou plus, voilà une idée un peu folle ! L’homme à son origine n’est pas un débutant : le journaliste aventurier Eric Massiet du Biest compte plusieurs centaines de milliers de kilomètres derrière le pare-brise 16/9 de la vieille Citroën et même un tour du Monde en 1988-1989 avec 3 autres copains et 2 Tractions.

Installé alors depuis une dizaine en Australie, il joue à domicile ou presque et sillonne l’ile en long, en travers et surtout en large pour les reconnaissances et le choix du parcours de ce rallye qui nous emmènera de Perth sur la côte à Ouest, à Gold Coast au sud de Brisbane sur la côte Est, en passant par Uluru et les deserts de Victoria et Simpson pour un grande balade de 3 semaines et demi et un peu plus de 7000 km !

Tout a commencé en juin lors du chargement des voitures à Zeabrugges en Belgique dans un immense ferry transportant autour du globe plus de 3000 voitures à chaque traversée. Quelques semaines plus tard elles sont déchargées sur le sol australien en attendant le mardi 1er aout 2000 pour le vrai départ du rallye. Les 37 tractions sont alignées au cœur de Perth, et c’est Peter Nattrass, le maire de la ville, qui lance officiellement le Tracbar Dundee 2000 du bout de son petit drapeau !

La première journée sera courte pour rejoindre Fremantle, tout juste 45 km histoire de reprendre ses marques avec les voitures immobilisées et ballotées sur les mers mais aussi de s’habituer à rouler du mauvais côté de la route. Après le rodage des voitures, c’est le rodage des équipages et des équipements, première nuit en camping, comme environ 2 sur 3 tout au long du rallye.

Première nuit humide, tout comme la seconde journée qui conduit le troupeau d’aventuriers débutants jusqu’à York.

Le rythme augmente doucement, 250 km assez rectiligne permettent de rejoindre un monument naturel de la côte Est, le bien nommé Wave Rock.

Ce rocher de granite a été sculpté par l’érosion et le temps formant une improbable vague figée de 15 m de haut et 100 m de long en plein milieu du bush australien ! Les légendes les plus mystiques entourent bien évidement ce lieu particulier.

Le vendredi 4 aout nous conduit en direction de Kalgoorlie, le bitume se raréfie, le trafic également, on ressent la progression vers le cœur de l’Australie et le désert de Victoria. Les quelques derniers des 365 km du jour nous font suivre un étrange pipeline s’étirant à perte de vue, il s’agit tout simplement de l’approvisionnement en eau potable de la ville, eau captée à 560 km de là dans la rivière Helena…

Première journée de repos, l’occasion de visiter l’ancienne mine d’or de Kalgoorlie, la plus grande à ciel ouvert d’Australie, mais surtout le moment des vérifications techniques après ces premiers 800km.

L’étape suivante se fera à Laverton à 360 km de là. Des kilomètres qui donnent de la couleur aux tracbar puisque les pistes habituellement très sèches n’absorbent pas les quantités d’eau offertes par le ciel. Une journée de pluie sur tout le voyage, on ne va pas se plaindre, l’occasion aussi de quelques glissades boueuses au volant !

Réveil frais et humide pour une grande journée, l’attaque du Great Victoria Desert.

Voilà donc les 320 km de piste, poussiéreuse et caillouteuse, sans vraiment le droit à l’erreur puisque le prochain lieu de vie est notre point d’arrivée : la station-service, hôtel, camping, super marché de Tjukayirla.

Quelques passages de lits de rivière asséchée donnent un peu de dénivelé à la piste.

Le repos du soir bien mérité verra l’opposition de deux écoles : les clairs de luniste au coin du feu…

… ou les plus nombreux tentistes plus au sec.

Pour le 8ème jour le programme est similaire ou presque : continuer la traversée du Victoria pour rejoindre la prochaine station-service éloignée de 480 km. Le gouvernement australien impose des stations tous les 500 km maximum, le contrat est respecté !

Quelques feux de bush se font remarquer au loin par leur fumée colorée qui tranche au milieu de ce magnifique ciel bleu et paysage magique rythmé par les Eucalyptus !

La piste est goudronnée sur quelques centaines de mètres à Warrakuna, notre arrêt du soir, pour permettre au Flying Doctors de poser leur avion en cas de nécessité. Ce sera l’occasion pour nous de s’adonner à un petit run sauvage à la tombée du jour.

L’activité aérienne étant annoncée comme nulle pour la nuit à venir, c’est sur les abords de la piste d’atterrissage que nous plantons notre joyeux campement, dormir sous la tente en bord d’aéroport, voilà une autre expérience nouvelle !

Nous partons de bonne heure le lendemain matin, non pas que les 290 km nous prennent la journée, mais plutôt parce que le rendez-vous du soir est l’un des grands moments du voyage : Ayers Rock, ou Uluru en aborigène. Le parcours ne sera pas reposant pour autant pour tout le monde, comme en témoigne ce pare-brise éclaté. Le disque de sécurité a joué son rôle, dommage qu’il ait été monté à l’envers ! L’occasion de monter un pare-brise triplex comme la majorité des autres équipages.

Le désert réserve parfois quelques zones de vie, qui est le plus surpris, eux ou nous ?

Quel bonheur de voir se rapprocher au loin ce grand cailloux qui semble sorti de nulle part. Et nous y voilà !! Thom, le fils d’Eric savoure son gouter bien mérité.

La joie du team d’assistance d’avoir fait traverser le désert Victoria au groupe de 37 Traction est réelle. Le pari n’était pas aisé, les locaux ne donnaient pas cher des chances de réussite pour les vieilles Citroën là où des 4×4 modernes échouent parfois…

La journée de repos permet, comme son nom l’indique, de se reposer, de profiter des lieux et de réviser les voitures. Du haut des 348 mètres du gros caillou, la vue à 360° est impressionnante, émouvante même. On peut apercevoir non loin de là les rondeurs des Monts Olga.

Grosse journée pour le 11 aout avec 590 km presque uniquement de bitume au programme pour rejoindre Cadney Park. L’occasion de voir quelques Road Train, une autre image d’Epinal de l’Australie.

Et de constater que ce sont bien eux les plus gros et donc prioritaires ! Jusqu’à 60 mètres de long et 64 roues pour ces livreurs de carburants express. La tournée court d’Adélaide à Darwin, soit les 3000 km qui séparent la côte sud de la côte nord !

Prioritaires sur les tractions, pas de doute, les carcasses de kangourous, vaches, dromadaires, chevaux, brebis ou tout autres animaux en témoignent aussi de la fréquentation de la route par ces poids lourds.

Mais tout le monde arrive en pleine forme le soir avant le coucher du soleil.

Le lendemain, direction plein sud vers Coober Pedy célèbre pour ses mines d’Opale et les décors de tournage des films Mad Max. Les pistes rouges blanchissent, les décors changent, le désert de Simpson se rapproche…

La piste de Maree restera comme l’une des plus difficile, 370 km de piste très cassante, on ne compte plus les pots d’échappement cassés, les pneus entaillés, les réservoirs percés et même une aile avant arrachée sur la voiture d’Eric suite à une bosse avalée avec un peu trop d’entrain… Le Lac Eyre n’aura pas rafraichi les mécaniques, puisqu’il s’agit maintenant d’une vaste étendue de sel de prêt de 10.000 km2 !

Au milieu de nulle part, une œuvre d’art en hommage aux Flying Doctors qui veillent sur les gens du bush, avec à coté la Traction spéciale d’assistance rapide, un Toyota 4×4 recarrossé !

A suivre, la partie 2

Crédit photos Jean-Christophe Moreau et T3

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