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Essai Mercedes AMG GT-S : Aussi envoutante qu’intimidante…

Mercedes AMG GT-S
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Contrairement à l’ami Philippe C., je ne suis pas un habitué des véhicules très haut de gamme. Du coup, l’exercice consistant à essayer une sportive du calibre de la Mercedes AMG GT-S et surtout de vous en restituer mon ressenti est particulièrement délicat.

J’en entends déjà qui pensent que je fais le difficile : « Non mais, il ne va pas en plus se plaindre de passer trois jours au volant d’une super bagnole ?! ». Je vous rassure, aucune envie de me plaindre. En effet, du haut de ma vie de cadre dans une grande société, je n’ai pas à me plaindre. Surtout quand je pense que certains se retrouvent face à des difficultés bien au-delà de ce que je peux imaginer. Prenons par exemple le cas d’un grand patron d’industrie qui aurait un budget de 200 000 € pour s’acheter une voiture. Ferrari, Aston Martin, Porsche, Mercedes… Comment diable faire un choix ?

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Tout cela pour en revenir à ce que je vais pouvoir vous écrire sur l’AMG GT-S. Bon, s’il s’agit de vous restituer le ressenti, je vais éviter de vous le faire à la façon de certaines émissions automobiles (pas de noms) : « Holàlà, ça pousse ! Waahhh, ça déchire ! ». Vous vous en doutez, une propulsion de plus de 500 ch joue assez facilement dans la catégorie des machines à lifter mamie à la première accélération.

Alors je vais essayer de me mettre dans la peau de ce malheureux acheteur potentiel et voir si je craque.

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Comme me le faisais remarquer un de mes amis, les acheteurs potentiels de ce type de véhicules ne se posent pas des millions de questions : soit ils veulent l’auto la plus efficace dans le cadre d’une utilisation bien spécifique, soit ils craquent sur un modèle pour des raisons totalement subjectives et le travail du vendeur est alors uniquement de les mettre à l’aise et de les conforter dans leur choix.

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Alors me voici donc avec mon chéquier virtuel. Pourquoi suis-je rentré chez Mercedes ? Eh bien parce qu’il y a deux ans, lors du Mondial de l’Auto à Paris je suis tombé sous le charme de cette teutonne alors habillée de jaune. Un long capot, des courbes sensuelles et un cul tout en muscle, il s’agissait là de la réinterprétation moderne des plus belles GT du vingtième siècle. Un peu de Jaguar Type E, une pincée de Dodge Viper GTS (tiens, un homonyme comme par hasard…), le tout à la sauce germanique dans ce que cette expression peut refléter de meilleur. Comble de la joie, le gabarit semblait plutôt contenu, façon Porsche 911 (type 991). Et gros compte en banque ou pas, j’ai toujours préféré les petites voitures.

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J’entre donc dans le Mercedes Center et Lyvia, la charmante commerciale me prends en main (façon de parler bien sûr…). Elle me guide jusqu’à ce modèle bleu tapis au fond du showroom. L’AMG GT-S est aussi belle que dans mon souvenir du salon, même avec cette couleur plus passe-partout. Elle m’ouvre la portière (plus en aile de mouette malheureusement) pour me faire découvrir l’intérieur en cuir nappa “Camel”. La combinaison de la carrosserie bleue et de l’intérieur marron-chocolat (je suis client, je dis ce que je veux pour décrire la couleur) est sublime ! Lyvia m’invite à prendre place. Je m’exécute avec délectation. Le siège AMG Performance est proche de la perfection : aussi confortable que beau. Devant moi le volant en Alcantara (Lyvia ayant bien appris sa leçon me dira que c’est du Dinamica) promet un touché idéal en toute saison. Il laisse apparaître le compte-tours et le tachymètre, entourant des informations plus diverses et moins primordiales à mon avis. Le cuir noir évite les reflets sur le haut de la planche de bord, tout en préservant, via les surpiqûres marrons, l’harmonie avec le reste de l’habitacle. Entre les deux occupants, le tunnel de transmission est surmonté d’un panneau en aluminium regroupant, outre un vide poche bien pratique, les commandes de l’info-divertissement et, nouvelle promesse de plaisir, un ensemble de boutons jouant sur le caractère de l’auto : réglages prédéfinis, passage de la boite en mode manuel, gestion de l’amortissement et libération de l’échappement.

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Enfin, au niveau du coude, un nouvel espace de rangement marqué du sigle AMG.

Avec en prime sur ce modèle un toit panoramique qui rajoute de la luminosité, je me sens bien dans cet habitacle. Et ça n’a rien à voir avec la présence envoutante de Lyvia en passagère. Non, en fait je me sens bien parce que tout semble être à sa place. Le conducteur est véritablement mis au centre de toutes les attentions. Au toucher, toutes les matières sont nobles et sensuelles. A l’odorat, le cuir respire la qualité. A la vue, l’harmonie des formes et des couleurs de l’intérieur le dispute à la vue sur l’extérieur. Le pare-brise bas et le capot sans fin constituent une vision totalement différente de ce que vous pouvez avoir dans une voiture plus classique : vous êtes dans une voiture de sport. Il n’y a même pas besoin de démarrer et rouler pour le savoir, ouvrez-juste les yeux !

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La belle Lyvia me tends la clé de la voiture. Ça aurait été la clé de sa chambre d’hôtel que j’aurais été moins excité.

Pied sur le frein, je pousse le bouton Start, le fauve se réveille dans un feulement sourd relativement sage. Mode Drive engagé, je sors du parking avec prudence. « Dieu qu’il est long ce capot ! » m’exclamais-je. « Vous devez être habitué » rétorque ma coquine passagère… Restons concentré !

Il me faut un certain temps d’adaptation. Si l’AMG GT-S m’avait paru relativement petite initialement, ses proportions sont en fait déroutantes : je suis assis quasiment sur le train arrière et l’auto est malgré tout bien large. Je prends les virages bien au milieu de la chaussée de peur d’accrocher le trottoir et d’abîmer les belles jantes de 20 pouces à l’arrière (19 à l’avant). J’ai encore le souvenir du côté sauvage de la C63s AMG et avec près de 100kg de moins, je m’imagine que le coupé va s’avérer violent. En attendant de trouver la confiance, je me permets tout de même de libérer l’échappement. Quel plaisir d’entendre ce V8 bi-turbo s’éclaircir la voix. Ça glougloute comme un Riva à régime constant, ça hurle de rage à l’accélération et ça pétarade comme une mitraillette au levé de pieds.

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Feu rouge. Les usagers de la route autour de moi ne peuvent détacher leur regard de la belle bleue (sauf pour le poser sur la belle brune à mes côtés peut-être). Je crois déceler dans leurs yeux bien plus d’admiration que d’agressivité.

Feu vert : la route et dégagée et je lâche la bride au moteur. Bien qu’encore en mode « confort » sur l’ensemble des réglages, l’AMG GT-S se propulse avec une vigueur spectaculaire. La boite réagit bien, elle a compris qu’en mettant la pédale de droite au plancher j’avais envie de profiter des envolées du V8, alors elle change les rapports aux environs de 7 000 trs/min. Il me faut couper l’accélération une fois le troisième rapport engagé. Désolé, je ne pensais pas partir si vite ! « J’espère que ça, vous n’y êtes pas habitué » ose cette décidément bien gourgandine Lyvia.

Nouveau feu, je tente le mode « sport ». Le régime de ralentit grimpe de quelques tours, la suspension se raffermit un peu et l’accélération se fait plus franche encore mais l’auto reste sagement à mon commandement.

Troisième feu, je passe le mode « sport+ », la réactivité monte encore d’un cran, mais l’auto se contrôle toujours sans efforts. Aurais-je mal jugé la Mercedes et serait-elle en fait uniquement forte en gueule ?

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Je passe alors le mode « Race ». Gaz ! le train arrière se met à patiner en première mais l’auto reste en ligne. Au passage de la seconde, l’échappement claque, le train arrière retrouve son adhérence et la poussée me colle au siège. Nouvelle déflagration lorsque le troisième rapport s’engage sans temps mort, la poussée le faiblit pas. Le véhicule qui me semblait pourtant loin devant est déjà dans ma ligne de mire. Je relâche un peu l’accélérateur par prudence et me décale sur la gauche pour dépasser. Le train avant épouse les imperfections de la chaussée et l’auto louvoie durant quelques dixièmes de secondes, ce qui provoquent une montée d’adrénaline immédiate. Mais tout reste sous contrôle et je peux engager la quatrième. Ça ne s’arrête jamais : je suis encore incrusté dans le siège, les oreilles remplies du hurlement des huit gamelles suralimentées. La prudence m’impose de calmer le rythme. A mes côtés Lyvia sourit en coin, elle sait qu’au fond de moi, une petite voix me dit « Mec, va falloir l’apprivoiser celle-là ! » et comme elle est observatrice, elle a bien compris que j’aime quand une auto me résiste.

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Sur cette dernière ligne droite, je ne suis jamais arrivé aussi vite à mon point de repère. En fait avec l’AMG GT-S je n’en ai plus justement de repères. Est-il possible de raisonnablement exploiter un tel déferlement de puissance sur route ouverte ?

« Mademoiselle, il faut que vous me trouviez quelques virages car si la poussée en ligne droite est certes plaisante, j’aimerais mettre à l’épreuve la tenue de route de ce missile. » Et la charmante vendeuse de m’emmener au fin fond du Val d’Oise pour me faire découvrir quelques routes tournicotantes et pourvue d’une visibilité idéale. « Merci Lyvia, j’adore vos courbes ». « Vous n’êtes pas le premier à me le dire Monsieur ». Mince, je rougis, ce qui reste raccord avec les étriers de freins d’accord, mais pas bon pour la concentration.

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Bref. Je suis toujours en mode Race. Eh oui, comme d’habitude, il y a à mon sens deux modes de trop (sport et sport+) : soit je veux me déplacer en mode confort, soit je veux conduire et c’est le mode le plus extrême qui mérite de m’accompagner. Nouvelle accélération, la motricité est vraiment bluffante grâce à la répartition des masses (53% sur l’arrière) bien différente de celle de la C63s AMG. La route plonge, je lève un peu le pied car la vitesse atteinte est déjà répréhensible. L’AMG GT-S avale l’allègement sans perdre de sa superbe. La première courbe à droite (je parle toujours de la route) se profile. Je ne peux m’empêcher de prendre les freins mais malgré une vitesse encore élevée, la Mercedes reste imperturbable. J’attends d’avoir les roues bien en ligne avant de reprendre les gaz. Le gauche qui suit se jette sous mon capot. Nouveau freinage délicatement dosé pour ne pas déséquilibrer l’auto et le train avant pique vers la corde à mon ordre, sans une once de sous virage malgré ce qui m’a semblé être un léger optimisme sur la vitesse d’entrée.

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« Lyvia, vous qui êtes habituée, suis-je loin de la limite ? »
« Monsieur, vous êtes aussi loin de la limite que le gouvernement de faire l’unanimité sur la Loi Travail… »

C’est bien ce que je pensais. Mais j’ai beau enchaîner les kilomètres, je ne me rapproche pas plus des limites dynamiques de la voiture. Ce qui bloque ce n’est pas la confiance que j’ai dans l’auto, c’est la confiance que j’ai en mon propre jugement. Mais il n’y a pas que cela. Le gabarit de l’auto nécessite aussi de l’espace. Dans les épingles, le nez est déjà sorti de la courbe que la poupe est encore en train de freiner au point de braquage.

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« Lyvia, j’ai l’impression d’être au volant de la voiture du loup de Tex Avery, vous voyez ce que je veux dire ? »
« J’ai 25 ans Monsieur, je n’ai pas connu la télé en noir et blanc, désolée ».

Là, ma petite, vous ne marquez pas un point. D’abord ce n’est pas une question d’âge, c’est une question de culture ! Bon, j’en étais à mon incapacité à pousser à fond.

« Monsieur, ce n’est pas… »
« TAISEZ-VOUS LYVIA ! Vous allez dire une bêtise ! »

… A pousser à fond la voiture dans les virages donc. Et pourtant elle est saine et efficace… Alors pourquoi pas ? Prenons ce virage « juge de paix » de chacun de mes essais. Avec une voiture lambda, je le passe à 80 km/h. Avec une bonne sportive il passe à 100 km/h. Avec la Mercedes AMG GT-S, on est encore « facile » à 110 km/h. Alors cela passe peut-être à 120, 130 ou même 140 km/h ?

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Soudain le train arrière déclare forfait. Brutalement. L’AMG GT-S s’embarque dans un survirage soudain, à 140 km/h, dans un virage bordé de trottoirs à angles droits. Je contrebraque, garde un filet de gaz, j’entends Lyvia à ma droite s’écrier « Mon Dieu ! » mais avant que j’aie le temps de lui dire de simplement m’appeler Philippe… Je me réveille en sursaut !

Il est deux heures du matin dans la nuit de dimanche à lundi. Ce n’était qu’un rêve ! Enfin, pas tout à fait. A Mes côtés c’est ma femme bien-aimée qui sommeille, Lyvia ne lui arrive pas à la cheville. Mais devant ma porte c’est bien une AMG GT-S qui est stationnée. Je me rappelle les kilomètres passés à son volant hier. J’ai bien visité les routes des Yvelines et du Val d’Oise en sa compagnie et été époustouflé par ses performances. Mais je n’ai pas osé la pousser dans cette fameuse grande courbe.

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Mon instinct de survie m’a empêché tout le week-end de chercher à savoir où se situe la limite du grip. J’ai préféré profiter façon grand tourisme de la belle AMG. Une conduite rapide mais raisonnable sur le réseau secondaire, puis quelques passages sur grands axes, aux vitesses règlementaires à simplement profiter de la beauté de l’engin (je peux le dire sans risque, maintenant qu’il n’y a plus personne pour faire de remarques grivoises).

Demain je vais rendre la voiture à Mercedes France. Je me rendors.

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Dernière ligne droite avant la concession, je profite une dernière fois de la voix du V8. Quel compagnon de route ! Je gare la voiture, Lyvia m’approche avec un grand sourire. « Alors Monsieur, conquis ? »

Oui chère enfant. Cette AMG GT-S est envoutante. Ou que se posent mes yeux, je suis enchanté par ses courbes et quand je me glisse à l’intérieur, c’est comme si elle m’accueillait en m’enlaçant tendrement. Puis elle sait déchaîner sa passion quand je lui fais du pied, tout en gardant toujours ce côté mystérieux à la fois excitant et inquiétant : jusqu’où est-elle prête à aller ?

Oh bien sûr elle n’est pas parfaite. Les bruits de roulement sont un peu trop présents quand on veut rouler calmement et ce maudit bouton sélection des modes de conduite est toujours sur le chemin du poignet quand on veut mettre la radio, faisant qu’on enclenche le mode Race par accident.

Mais définitivement, mon chèque imaginaire, je suis prêt à vous le signer tout de suite.

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La Mercedes AMG GT-S est-elle la meilleure de sa catégorie ? Peut-être pas, le seul élément de comparaison que j’ai est la Porsche 991 GTS Targa 4 et cette dernière est peut-être plus aboutie, efficace et polyvalente. Mais c’est tout de même vers la belle étoilée que mon choix se porte du fait de sa beauté du diable et de son caractère affirmé. Je fais (virtuellement) partie de ces clients qui réagissent au coup de cœur plus qu’à la fiche technique. Et la Mercedes AMG GT-S réussit à provoquer ce papillonnement dans les entrailles qui vous rappelle la sensation que vous avez ressenti quand vous avez passé votre première soirée avec la femme de votre vie. En attendant, je vais me coucher. J’ai encore envie de rêver un peu…

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A propos de l'auteur

P. Lagrange (@Philagrange)

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  • Merci dieu, euhh Philippe, pour cet essai qui donne envie de connaître d’un peu plus prêt cette AMG…

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