Historique Toyota

Toyota Supra, l’histoire des précédentes générations

Toyota Supra - 5 générations A40/A60/A70/A80/A90

La nouvelle Toyota Supra vient d’être présentée à Détroit, l’occasion pour nous de revenir sur les précédentes générations de la GT Japonaise. Bien qu’il n’y ait que 4 générations, avant la nouvelle A90, il faudrait y consacrer un livre tant l’histoire de la Supra est riche. Aussi, essayons d’être concis au risque d’être succinct…

A40, la première du nom (1978 – 1981)

Si l’histoire de la Supra commence en 1978 sous l’appellation Celica XX (double X) sur le marché Japonais, son inspiration est à chercher un peu loin, sous les lignes de la pulpeuse 2000 GT présentée en 1965. La philosophie reste identique, un coupé avec un généreux 6 cylindres sous le capot ! La Supra Mk1, génération A40, se base ainsi sur une Celica allongée de 12.9 cm pour pouvoir accueillir 2 cylindres de plus. Sans l’avouer Toyota cherche à répondre à Datsun qui rencontre un succès non négligeable avec ses Farlaidy Z, 240 et suivante, aux USA notamment. Est-ce pour s’éloigner du Z que le XX se transforme en Supra, signifiant “au dessus” en latin, sur les marchés hors Japon ? Nul ne sait mais la Celica sportive est bien née avec son moteur 4M-E de 2.6 litres emprunté à la berline Crown, offrant 111 ch, complété ensuite par un 2.8 litres de 118 ch (5M-E) tandis que le marché japonnais voit un 2.0 litres de 125 ch pour rester sous les taxes “grosses cylindrées”.

Toyota Supra A40
Toyota Supra A40

Pour l’exclusive Celica XX (1978 à 1981) réservée au marché japonais et distribuée via des concessions “Toyota Corolla Store”, Toyota a obtenu l’assistance technique de Lotus Cars et en échange, a fourni certains composants destinés à être utilisés pour la Lotus Excel ( ensemble boîte-pont notamment). La 2000GT était le modèle phare de la gamme XX, doté du plus petit 2.0 litres 6 cylindres à DACT et 24 soupapes, 1G-EU amélioré par Yamaha, qui servait également dans la Toyota Soarer 1985. Il développait 160 ch (118 kW) à 6400 tr/min. Le moteur 6 cylindres à DACT de 2.8 litres développait 175 ch (129 kW) à 5600 tr/min et sa version 2000G/S moins puissante offrait 160 ch (118 kW) à 5400 tr/min.

Toyota Supra A40
Toyota Supra A40

A60, à la conquête de l’Europe (1982 – 1986)

Il faut attendre 1982 pour voir la Supra débarquer sur le marché Européen, sous les traits, et non pas les courbes, de sa deuxième génération. Basée sur la 3ème génération de Celica, la Supra A60 conserve le 6 cylindres 2.8 litres mais gagne une culasse double AAC (5M-GE) qui fait grimper sa puissance à 170 ch ! Son profil aiguisé avec des phares escamotables lui permet de passer la barre symbolique des 200 km/h et d’affirmer sa place méritée dans le club des GT. En 1984 elle prend un peu de largeur avec des passages de roues plus marqués et adopte un compteur digital des plus futuristes. Son look affirmé sera décliné en modèle un peu plus réduit avec la non moins célèbre AE86 et son 4 cylindres 4A-GE.

Toyota Supra A60
Toyota Supra A60

Sur le marché nord-américain, la Celica Supra était disponible en deux modèles distincts. Il y avait le “type de performance” (type P) et le “type luxe” (type L). Même si elles étaient mécaniquement identiques, elles étaient différenciées par les options disponibles. Le type P avait des évasements d’aile en fibre de verre au-dessus des passages de roue, contrairement au type L. Le type P était également de série avec les sièges plus sportifs réglables dans huit directions. Le type L avait également la possibilité d’un tableau de bord numérique avec ordinateur de bord. À l’exception du modèle 1982, tous les types P étaient disponibles avec une option de lave-phares, mais les types L n’ont jamais eu cette option. Bien que les rapports d’engrenage aient changé au fil des ans, tous les types P sont livrés en standard avec un différentiel à glissement limité.

Toyota Supra A60

A70, pour le marché US (1986 – 1993)

On aurait pu craindre le pire en 1986 avec la Celica qui devient une traction, la Supra confirme sa destinée et se sépare définitivement de sa cousine en conservant la propulsion ! Le 6 en ligne devient 7M-GE pour 3 litres de cylindrée et 204 ch, de quoi supporter l’embonpoint qui accompagne l’enrichissement des équipements. La GT fait maintenant 1.6 tonnes, soit 300 kg de plus que l’A60 qu’elle remplace, visant clairement le marché US porteur pour les gros coupés. LlA70 sera la première à se décliner en targa et elle proposera même à partir de 1987 une version turbocompressée offrant 235 ch qui arrivera en France en 1989 avec un leger facelift.

Toyota Supra A70
Toyota Supra A70
Toyota Supra A70

La Supra était également disponible au Japon avec deux modèles non destinés à l’exportation : le type JZA70 avec 6 cylindres 2.5 litres double turbo 1JZ-GTE de 280 ch (206 kW et 363 Nm) et le GA70 avec un 2.0 litres bi-turbo 1G-GTE de 210 ch (154 kW et 244 nm) et sans turbo 1G-GEU de 160 ch (119 kw et 176 Nm). Outre le lancement du JZA70 en 1990, Toyota a lancé une version spéciale du JZA70 équipé du bloc 1JZ-GTE, appelé 2.5 GT Twin Turbo R (JZA70-R). Il comportait des améliorations supplémentaires, notamment des barres stabilisatrices plus légères, un radiateur intermédiaire plus grand, un différentiel Torsen, une suspension sport Interbred/Bilstein, des garnitures intérieures gris foncé, un volant et un levier de vitesses Momo ainsi que des sièges Recaro. Les roues étaient peintes en gris anthracite et la lèvre du pare-chocs avant comportait des conduits d’air canalisés pour les freins avant. Le Twin Turbo R a introduit une nouvelle option de couleur exclusive en 1992 pour les modèles JZA70-R appelée Jade Mica Green. Le modèle JZA70-R est le modèle le plus léger et le plus rapide de l’A70 Supra.

Toyota Supra A70

Toyota Supra 2.5 GT Twin Turbo R (JZA70-R)
Toyota Supra 2.5 GT Twin Turbo R (JZA70-R)

A80, la supercar rapide et méchante (1993 – 2002)

Cette 4ème génération gagne en élégance et le clin d’œil à la 2000GT est immanquable. Et comme on dit, le plumage est à la hauteur du ramage, le nouveau 6 cylindres 3.0 litres 2JZ-GE offre 220 ch en atmo (non commercialisé en France) mais se rend célèbre avec sa version bi-turbo de 330 ch !! Basée sur la châssis de la Lexus SC300, un effort tout particulier a été fait pour contenir le poids du gros coupé qui reste sous la barre des 1.6 tonnes en ayant recours à l’aluminium pour le capot ou les éléments de suspension, elle est ainsi plus légère que l’A70 en proposant encore plus d’équipements, de sécurité et de confort. Ainsi, la Supra était plus lourde que la Mazda RX-7 et que l’Acura/Honda NSX tout en aluminium, mais elle était plus légère que la Mitsubishi 3000GT VR-4.

Toyota Supra A80
Toyota Supra A80

Avec de performances de haut niveau, elle vient chatouiller les supercar européennes, il est logique de la retrouver aux 24h du Mans 1995 où elle se classe à la 14ème place ! Mais elle va finir de forger sa réputation au sein des préparateurs qui arrivent à sortir des puissances incroyables du 2JZ-GTE, lui ouvrant la porte du cinéma et des Fast&Furious et la célébrité mondiale.

Toyota Supra A80
1995 Toyota Supra GT LM
1995 Toyota Supra GT LM
Toyota Supra A80

Alors que beaucoup pensaient la Supra définitivement éteinte en 2002 à l’arrêt de sa commercialisation, l’espoir revient en 2007 à Detroit avec le concept FT-HS, mais surtout en 2014 avec la FT-1 qui jette les lignes de la future Supra A90 qui mettra encore quelques années à arriver. L’histoire de la Supra continue donc de s’écrire…

Toyota 2000GT et Supra A90 2019

Crédit photos @ Toyota & Wheelsage