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Essai Audi S1 : L’art de répéter l’histoire

Audi S1
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Audi est passé maître dans l’art de décliner un concept à l’infini. Ce n’est pas le dernier Mondial de Paris qui pourra faire mentir cet adage. Avec la S1, le constructeur allemand réussi à nous proposer un nom mythique, un concept déjà éprouvé dans le reste de sa gamme, mais aussi un « placement marketing » déjà éprouvé à la toute fin du vingtième siècle…

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Si vous avez lu mon essai de l’Audi RS Q3, vous savez que je ne suis pas à la base un inconditionnel de la marque aux anneaux. Trop efficaces, pas assez joueuses, image de marque très typée, ce n’est pas le petit SUV, même surmotorisé, qui m’avait fait changé d’avis. Mais bon, inutile de faire semblant plus longtemps : si j’avais aujourd’hui envie d’une GTi compacte, je mettrais la S1 en tête de liste.

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Et pourtant ce n’est pas forcément pour sa plastique que je craquerais en premier. Il faut bien l’avouer, entre une S1, une S3, un RS Q3, il y a un effet de zoom sur la même base stylistique. Au-delà du design lui-même, ce qui chagrine le plus c’est l’impression de déjà vu. Il faut pourtant bien avouer que dans le gabarit de la S1, le trait est réussit. Le profil se la joue râblé, avec une ligne de caisse haute et des ailes bien larges. L’arrière est dans la même mouvance agressive avec des feux expressifs et un pare-choc agrémenté d’un mini extracteur. Les quatre sorties d’échappement donnent déjà le ton : attention post-combustion en perspective !

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C’est finalement l’avant qui manque le plus de personnalité. Attention, pas dans l’absolu par rapport à la concurrence, mais vis-à-vis du reste de la gamme Audi. L’énoooorme calandre et les phares au regard méchant me font invariablement penser à un robot type transformer. Audimus Prime !

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Pour le look, c’est donc globalement réussit malgré son air de famille très prononcé. En fait, c’est en regardant les photos après l’essai que je réalise à quel autre sportive elle me fait penser : l’Alfa SZ, dite « le Monstre », pour son côté ramassé et ses proportions générales. Mais là ou l’italienne jouait tout sur l’agressivité, il y a un peu de finesse dans l’Audi. Une allemande plus fine qu’une italienne, les temps changent…

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A l’intérieur, on retrouve la griffe « S » avec tout ce que cela implique de qualité, de style et d’équipement. Le volant me paraît de prime abord un peu trop grand, trop épais et inutilement asymétrique. Certes cela donne une touche d’exclusivité, mais à moins d’avoir une démultiplication de très faible, il y a toujours un moment où on se trouve obligé d’empoigner le méplat pour finir un virage serré. Ce n’est jamais très confortable. De plus, il me parait un peu haut perché et malgré la possibilité de le régler en hauteur, je n’arrive pas à le positionner à l’altitude idéale. C’est ici cependant un bémol minime à l’ergonomie générale du poste de conduite. Le levier de vitesse (6 rapports) tombe bien en main et contrairement aux GTi françaises (Peugeot 208 GTi et Renault Clio RS 200 EDC), il est des plus agréables à prendre en main. Le pédalier alu quant à lui est équipé d’un repose-pied très pratique et bien large, permettant un bon maintient en virage. Pour le reste, la sensation sur chacune des pédales est excellente. Dommage que le talon-pointe ne soit pas facile à réaliser du fait d’un éloignement trop prononcé des pédales de frein et d’accélérateur.

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Rajouter à cela un siège aussi confortable en roulage tranquille qu’en attaque, il fait bon vivre dans la S1. Il est même possible de véhiculer sa petite famille sans faire trop de compromis… Si ce n’est dans le nombre de bagages à transporter. Il faut bien l’avouer, côté coffre, la place est limitée. Pour finir le tour du propriétaire, un petit mot sur le système multifonctions embarqué. Il s’avère complet (bluetooth, GPS, radio, réglages du véhicule) et relativement intuitif dans son fonctionnement.

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Au démarrage, le petit 2L met tout de suite les choses au clair. Si la cylindrée reste dans la norme, le caractère promet d’être entier. Il faut dire que le turbo et les 16 soupapes permettent au 4 pattes de délivrer 231 ch pour un couple de 370 Nm. De quoi devancer largement ses concurrentes potentielles (+10% environ par rapport aux françaises déjà citées). En passant en mode « dynamic », le feulement se fait encre plus présent et à l’accélération, pas de déception. Les chevaux semblent bien tous présents et en plus de la poussée féroce, le grondement de la mécanique est vraiment plaisant. L’étagement de la boite est par ailleurs excellent, le maniement aussi. Du coup c’est un plaisir sans fin de pousser ce moteur et d’égrener les rapports les uns après les autres.

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Pour mon essai j’ai de la chance : le premier jour se déroule sous une pluie soutenue. Non pas que je sois adepte du temps maussade, mais c’est l’occasion de voir si les 4 roues motrices de la S1 apportent un vrai plus dans ces conditions. La réponse est un grand OUI ! Sur un parcours sinueux et rapide, l’auto est rivée au sol, sans perte de motricité et surtout sans amorce excessive de sous-virage. Dans le serré, le sous-virage peut intervenir en cas de forte accélération roues braquées, mais un léger lever de pied permet à l’arrière de pivoter légèrement, sans brutalité, idéalement pour se remettre rapidement en ligne. La traction intégrale et le différentiel autobloquant (électronique) font des merveilles. Je ne me lasse pas de déclencher la fureur du bouilleur et d’enrouler les courbes rapides sur la petite route découverte dans le Calvados. Montées, descentes, compressions, la S1 se joue de tous les changements d’appuis sans jamais sembler à la peine. Elle s’avère même prévenante quand un excès d’optimisme m’engage un peu vite dans un enchainement.

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La petite bombe rouge s’avère parfaite sur terrain glissant.

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Le second jour, le soleil refait son apparition, le moment de vérifier si la facilité dont l’auto à fait preuve sur le mouillé se meut en paresse sur le sec. Direction la même petite départementale, un passage de reconnaissance et on essaye pour voir. C’est encore plus jouissif que la veille. Non pas que la vitesse soit beaucoup plus élevée, sur route ouverte les limites sont celles de la décence plus que celles de l’auto. Mais dans ces conditions moins piégeuse, l’Audi s’avère aussi efficace que la veille et encore plus joueuse. Si dans le « rapide » cela n’est pas flagrant, dans le « serré » c’est génial. La puissance généreuse et l’agilité de la voiture (malgré un poids de 1 315 kg à vide, soit 150 de plus que la 208) permettent de placer l’auto au lever de pied et d’entretenir une belle dérive des 4 roues. Et cela sans débrancher les aides à la conduite, ce qui est assez rare pour être souligné : jamais les anti-patinages divers ne viennent entraver le plaisir, contrairement à d’autres sportives où la moindre amorce de glisse déclenche un feu d’artifice au tableau de bord et une perte temporaire du contrôle de la mécanique.

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La S1 aura donc passé avec succès le test du plaisir : efficace, sensorielle du fait de sa mécanique chantante, joueuse tout en restant rassurante, c’est sans aucun doute la meilleure petite sportive essayée depuis longtemps.

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Le sujet budgétaire est plutôt une bonne surprise. Si l’Allemande ne boxe clairement pas dans la catégorie des Peugeot et Renault (10 000 € moins chères), elle se positionne en rivale directe d’une certaine Citroën DS3 Cabriolet Racing. Certes elle ne permet pas de rouler cheveux au vent, mais avec des atouts tels que son moteur, son châssis et, avouons-le, son image de marque, elle ne paraît finalement pas si chère que cela du haut de ces 34 000 € (prix du modèle essayé). Reste qu’à l’usage, la consommation (13L/100 durant l’essai environ) et certainement le prix des consommables (m’est avis que les pneus de 18 pouces ont une durée de vie limitée) ne rendent pas la voiture à la portée de toutes les bourses. C’est le prix à payer pour l’excellence de ses performances cela dit.

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La dernière bonne surprise concerne la capacité de l’Audi à se muer en bonne compagne au quotidien. Car il faut bien l’avouer ce n’est pas chaque jours que l’on ira se défouler sur une petite route au fond de la campagne normande. Et pour un trajet domicile-travail, la S1 joue encore une fois une partition superbe : les sièges chauffant assureront des départs plaisants au petit matin l’hiver, l’excellente sono et le confort général rendront le voyage reposant, la qualité flattera le regard et, le temps d’un rond-point ou d’un démarrage au feu, on pourra définitivement démarrer la journée dans la bonne humeur.

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Ca y est, pour la première fois de ma vie je me verrais bien possesseur et conducteur d’Audi. C’est à n’en pas doute une des révélations les plus difficiles que j’ai fait. Mais force est de constater que la S1 allie toutes les qualités que l’on est en droit d’attendre d’une GTi : agilité, rage, dynamisme, efficacité, plaisir. Elle nous refait le coup de la S3 à l’aube du 21è siècle : elle redéfinit les standards du segment en offrant plus que la concurrence (puissance, traction intégrale) dans un écrin premium. Et en plus, elle plaira à votre femme !

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