Actualité Essais Porsche Vidéos

Essai Classic : Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996) 2002

C’est souvent lorsqu’on a les choses devant notre nez que l’on a le plus de mal à les voir. Prenez la Porsche 911. Pour aussi longtemps que je puisse me souvenir, la vie sur le marché de la seconde main de cette voiture a été la répétition du même phénomène : d’un côté des propriétaires de voitures strictement d’origine entretenues dans le réseau Porsche ou chez des spécialistes réputés avec carnet tamponné et sans aucune économie, de l’autre, des propriétaires qui entretiennent leur auto à la petite semaine et tentent de se convaincre qu’ils ont un modèle plus récent (et donc plus cher) que celui qu’ils ont acheté en le modifiant avec plus ou moins de réussite.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

C’est ainsi que lors de la sortie des 911 à pare chocs en plastique au milieu des années 70 (type G ou 930 pour les intimes), le chrome des pare chocs et autres entourages de vitres des précédents modèles devenus has been ont été remplacés sur beaucoup d’autos par du plastique suite à un coup de tête, ou à l’occasion d’une réparation après un accident. De la même façon, les vieux blocs 2,0L ou 2,2L poussifs des 911 E et T ont parfois été remplacés par les plus récents 2,7L, 3,0L ou 3,2L. Quelques années plus tard lors de l’avènement de la 964, c’étaient cette fois ci les pare chocs lisses qui dictaient la mode et le plastique n’était finalement plus aussi fantastique. Les 3,6L la boite G50 étaient le nec plus ultra : Rebelote donc. Je pourrais continuer de la sorte avec la 993, mais je crois que vous avez saisi le point.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

La raison pour laquelle je vous parle de ça, c’est qu’une 911, après avoir été une voiture d’occasion passée de main en main, devient bien souvent une voiture de collection. Et là, tout s’inverse : il est important pour la valeur de la voiture d’avoir une auto « matching numbers », preuve que la voiture possède toujours le moteur qui a été accouplé au châssis lors de la fabrication en usine. Les acheteurs sont à la recherche de voitures peu modifiées, et cherchent à supprimer les modifications de rajeunissement pour les rendre les plus proches de l’origine. On assiste même au phénomène de back dating, profitant de la formidable interchangeabilité de la plateforme de la 911 pour donner à une 964 un look de 911 des années 60-70, qui est précisément celui qu’on voulait effacer à la base… Bref, on peut résumer en citant le proverbe qui dit que c’est avoir tort que d’avoir raison trop tôt. Une 911, ça se garde d’origine si on veut que ça prenne de la valeur.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Retour en 2015. Nous sommes actuellement en train de vivre le même phénomène avec la 996, qui est en plein dans sa période occasion, où se côtoient de belles autos en très bon état de présentation, et toutes sortes de voitures affublées de kits carrosserie, feux à diodes et autres « vilaineries » que le tuning continue de commettre pour les déguiser en 997 et autres GT3 qu’elles ne sont pas. Dans les deux cas, ces autos se trouvent à des prix historiquement bas et ceci pour trois raisons. La 996 est la 911 qui s’est de loin le mieux vendue comparée aux modèles précédents, augmentant mécaniquement l’offre. Elle est boudée par certains parce qu’elle n’a pas le charme des modèles refroidis à air qu’elle remplace, réduisant la demande. Enfin, des soucis sur la fiabilité du moteur effraient certains acheteurs, le plus souvent à tort, on y reviendra plus loin. Si vous faites partie des acheteurs qui considèrent une Porsche comme un faire-valoir, ce n’est pas péjoratif, la suite de cet article n’est probablement pas faite pour vous. En revanche si vous êtes un épicurien automobile, il est peut-être temps de considérer cette voiture actuellement sous cotée qui gagne de plus en plus à être connue, parce que dans le cas contraire vous risquez de passer à côté de quelque chose…

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

La Porsche 996 est sans doute la version la plus importante de toute l’histoire de la 911. Aucune de ses aïeules, ni remplaçantes ne peut se targuer d’avoir changé de façon aussi radicale la lignée. Tout y est passé : plateforme, architecture moteur, boite, intérieur, gabarit, design, équipement, options, offre… J’oublie sans doute encore beaucoup, mais une chose est claire, plus que pour tout autre 911, il y a un avant et un après 996.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Plutôt que de juger sur des critères subjectifs, tentons de répondre à cette question simple : est-ce qu’une 996 d’occasion est un bon choix de voiture de sport à 25 K€ en 2015 ? A l’heure où des compactes en survêtement proposent des performances équivalentes et où il est trop tôt pour parler de cette 911 comme voiture de collection, nous avons essayé cette voiture pendant 5 mois dans différentes situations pour aller au-delà de la simple prise en main.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

La Quête

Je dois vous avouer tout de suite pour être sincère que je ne suis pas du tout Porschiste à la base : les murs de ma chambre n’avaient pas de posters de Porsche et je n’ai pas la collection de Flat6 ou RS Magazine, dans mon grenier, gardée précieusement depuis mon adolescence. Ayant plutôt un faible pour les autos japonaises et les autos dites « Light », le rapport d’étonnement a donc commencé lorsque j’ai débuté ma recherche dans les petites annonces. Premier constat : si vous souhaitez vous orienter vers votre première 911, il faut bien être clair sur le fait que plus qu’un modèle, la 911 est une famille. A titre de comparaison, lorsque vous cherchez une Toyota GT86, une Honda S2000 ou une Lotus Elise, votre choix est simple : vous avez entre une et trois finitions et quasiment aucune option mise à part la peinture métallisée ou la boite automatique. Votre recherche est donc relativement simple et vous pouvez vous concentrer uniquement sur l’état de la voiture. Dans le cas d’une 996, vous aurez à choisir entre 2 et 4 roues motrices, boite Tiptronic S ou manuelle, Carrera, Carrera 4S, Targa, Cabriolet, Turbo, GT3, châssis normal ou sport, moteur 3,4L ou 3,6L, puissance d’origine ou kit moteur usine… Bref, les modèles ne manquent pas. A l’intérieur, ça s’accélère : type, forme, couleurs, broderies de logo, niveau de maintien des sièges, planche de bord plastique, cuir, avec ou sans peinture, pavillon de toit en tissu ou Alcantara viennent s’ajouter, aux options classiques de confort, audio, jantes, etc…. Comme chacun a des gouts qui lui sont propres, vous comprenez vite que la diversité du choix en occasion impose d’avoir les idées très claires sur ce que l’on cherche, parce que pour profiter au mieux d’une 911, il faut choisir celle qui vous correspond à vous et pour votre utilisation.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Le but ici étant d’aller vers une GT sportive, j’ai donc axé mes recherches sur un coupé Carrera 2, pour aller à la source de la 911, avec un historique limpide en centre Porsche de préférence, traçable et lisible, sans modification esthétique, avec la fameuse option M030, correspondant au châssis sport, un moteur 3,6L pour bénéficier d’un bloc fiabilisé et surtout du calage variable synonyme de plus de caractère. Enfin, un échappement modifié était un plus apprécié, puisque l’une des raisons d’être de ce nouveau bloc refroidi par eau était à l’époque d’être moins sonore que son prédécesseur. Vous l’aurez compris, c’est une recherche longue et périlleuse, car toutes les conditions sont difficiles à réunir, vue la diversité des autos proposées sur le marché de la seconde main. Lorsqu’enfin j’ai trouvé la voiture correspondant exactement à ce que je recherche, il a fallu faire vite, car les bonnes autos sont dures à trouver et partent rapidement, signe que la 996 intéresse finalement plus de monde que ce que je ne pensais.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Un mot sur la robustesse de ce moteur, car si l’on sait que ce bloc connait des soucis de fiabilité, il n’a pas été simple pour le Porschiste profane que je suis de faire le tri dans ce que l’on peut lire sur le net. Le bloc 3,4L de la Porsche 996 est globalement un moteur très fiable. Il est capable d’engranger des kilométrages importants s’il est bien entretenu, mais un problème majeur a entaché son existence : le roulement IMS. Ce roulement étanche qui se trouve dans le moteur peut s’endommager sur des autos qui ont peu roulé, ou dans des cas d’utilisation spécifiques. Le résultat est un échauffement, une prise de jeu et dans les cas extrêmes une destruction expulsant la cage et les billes en métal dans le moteur causant toutes sortes de dégâts le plus souvent irréparables. C’est pourquoi certaines 996 dites « fiabilisées » ont subi le remplacement du roulement IMS, le plus souvent à l’occasion du remplacement de l’embrayage. Nous pourrons faire un point plus spécifique et documenté sur je sujet, mais inutile de vous noyer dans les détails techniques, ce n’est pas l’objet du jour. Sachez simplement que les 996 3,6L sont moins sujettes au problème, que les GT3 et Turbo n’ont aucun souci, ayant un moteur différent et que paradoxalement les 997 ont apparemment de nouveau ces soucis jusqu’en 2007, même si je reste prudent sur ce point n’ayant pas approfondi la question. Vous comprenez à présent pourquoi beaucoup de voitures se trouvent en occasion avec un moteur neuf, souvent même remplacé directement chez Porsche.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

La Découverte

Une fois l’auto trouvée et la vente conclue, il est temps de faire connaissance. Ma première surprise est de trouver une auto plus compacte que je m’imaginais de l’extérieur, avec un fin montant de pare-brise, qui dénote avec les productions actuelles. L’ambiance à bord est très 911, une fois qu’on s’est sorti de la tête qu’il faut à tout prix la comparer à ses devancières. Les compteurs, les poignées de porte, les touches d’aluminium, et dans le cas du modèle que vous voyez la livrée en cuir intégral “Rouge Boxter” (c’est son nom) contribuent à donner un cachet et de l’exclusivité à cet intérieur, que l’on en aime ou non la forme et la couleur. Un premier constat s’impose : la qualité de finition n’est pas à la hauteur du fantasme que certains se font des voitures Allemandes. Les plastiques peints ont la peinture fragilisée dans le temps et les commodos, s’ils sont tous parfaitement fonctionnels, ne donnent pas une sensation au toucher qu’ils sont robustes comme le roc, défauts que j’ai également constatés dans la 997 Carrera S d’ailleurs. Mais ceci étant, la position de conduite est très bonne pour mon 1,84m tout comme l’ergonomie, ce qui était apparemment une nouveauté sur cette auto.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Tous les propriétaires vous le diront, le moment du démarrage est toujours un moment spécial dans l’expérience de possession de 911. Je veux bien qu’on me dise tout ce qu’on voudra, mais le bruit d’une 996 Carrera, pour peu que les échappements ne soient plus d’origine est un réel régal pour les oreilles. Encore une fois je me répète, la question n’est pas de savoir s’il est mieux ou moins bien qu’un flat 6 refroidi par air. Ce moteur a un bruit absolument génial dans l’absolu. Dès le démarrage, dès les premiers kilomètres parcourus où le bruit à bas régime rauque et caractéristique et très plaisant, jusqu’aux reprises en sortie de rond-point ou en démarrage au péage, ce moteur enchante toujours par sa musicalité. En termes de puissance pure et de plage d’utilisation, il est très agréable car il a la réponse immédiate des moteurs atmosphériques, le couple des grosses cylindrées et l’allonge continue grâce notamment au calage variable « Variocam ». La puissance étant quelque chose de subjectif, je n’ai pas été sidéré par l’accélération, essentiellement parce que mon auto précédente pesait facilement 650 kg de moins pour à peine moins de chevaux, faussant nécessairement la perception.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

La commande de boite de vitesses est un peu longue à première vue et les commandes de façon générale paraissent fermes aux standards d’aujourd’hui. Cocasse pour une 996 qui était critiquée car aseptisée lors de sa sortie ! La direction hydraulique est très informative, surtout dans cette version dotée du châssis sport réduisant le roulis au prix d’un confort plus ferme, peut-être un peu trop sur de longs trajets, en tous les cas un vrai plus en efficacité et précision sans en faire un cabri sur route dégradée. La garde au sol reste compatible avec une utilisation dans la vraie vie malgré le rabaissement du châssis sport. La voiture est très stable à l’accélération et on a au début vraiment l’impression que la voiture est poussée lorsqu’elle accélère, c’est ludique, même si elle ne donne pas confiance au premier abord : ce n’est pas une rencontre du premier soir. Le poids, l’inertie et la puissance, couplés à l’architecture moteur dont on sait qu’elle a trahi plus d’un apprenti pilote forcent à appréhender les limites par le bas et on ne se surprend pas tout de suite à prendre de la dérive en courbe rapide, même si ce modèle dispose du PSM (ESP).

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Homogénéité et Polyvalence

Très vite, le premier sentiment est pourtant une bienveillante sensation d’homogénéité : la fenêtre entrouverte pour écouter le moteur, la direction précise et l’environnement visuel flatteur poussent au Grand Tourisme, aux routes sinueuses, changements d’appui et accélérations. Paradoxalement, elle se prête aussi à une activité très quadra qui n‘a aucun rapport : le trajet domicile travail du vendredi ensoleillé. La 996 est dans ces conditions une auto spéciale : le bruit des deux accélérations que vous pourrez peut être faire, l’odeur du cuir et le panorama devant vous avec ces compteurs, ce capot et cette ambiance transforment ce qui est un trajet par définition sans intérêt en un petit moment à soi avant le travail. J’avais déjà ressenti cela au volant d’une précédente Mini Cooper (la vraie, pas le tank) et de la Mazda MX-5, c’est toujours très sympa.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

J’ai eu la première révélation de cette auto lors d’un roulage le samedi matin des 24 heures du Mans 2015 sur le grand circuit de 13,5 km, ce qui a permis de mettre en lumière les incroyables qualités de châssis d’une auto pourtant absolument pas faite pour la course dans sa configuration actuelle. Le moteur est ici exploitable pleinement, le freinage et les mises en appui sont très saines et surtout, on prend un plaisir fou en ayant l’impression d’utiliser l’auto dans son élément naturel. Je le répète, cette voiture est d’origine mais la marque et le circuit ayant forgé une partie de leur histoire en commun donnent une symbolique en plus pour tout épicurien automobile qui se respecte. Je trouve la voiture très facile à emmener à MA limite, mais je suis toujours très loin de la légère amorce de dérive qui témoigne de l’arrivée au plein potentiel d’une auto. Mon plaisir était total, même si quelque peu écourté par une perte des freins lors de mon dernier tour, me rappelant implacablement que les autos lourdes restent… des autos lourdes.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Que la 996 soit sympa dans deux tours rapides du grand Le Mans, ce n’est pas un scoop. Je pense que n’importe quelle sportive avec un peu de puissance moteur et un bon châssis vous fera vivre un moment particulier et inoubliable. En revanche, l’ambiance sonore à bord d’une 911 dans ces conditions reste unique, d’autant que vous êtes venus avec cette même voiture sous une pluie battante avec bagages et enfants la veille et qu’elle vous transportera tout au long du WE d’un parking à un autre et vous ramènera chez vous à la fin. Je commence à toucher du doigt l’atout maitre de la voiture : la polyvalence.
J’ai ainsi pendant plusieurs mois utilisé la voiture tantôt pour aller de temps à autre faire une balade sinueuse, tantôt pour aller déjeuner en famille le dimanche, l’auto se plie vraiment à l’utilisation du moment, toujours avec cette petite aptitude à vous faire vivre un moment spécial à chaque fois.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Il ne manquait plus qu’une facette de la voiture à explorer : l’aptitude au Grand Tourisme. C’est à l’occasion d’un trajet Paris-Bretagne Aller/Retour en 24 heures (décidément !) pour aller déposer mes enfants que j’ai pu cocher cette case. L’aller se faisant par l’autoroute et le retour devant comporter un minimum de grands axes. Nous avons parlé des aptitudes de la 996 dans pas mal de domaines, mais pas sur un essentiel : l’autoroute. Bien que s’agissant d’une GT, ce n’est pas du tout le terrain sur lequel je la préfère pour plusieurs raisons : Tout d’abord, l’absence de régulateur de vitesse est un vrai piège, car maintenir une vitesse constante et légale sur longue distance demande une application qui si elle n’est pas constante, n’exagérons rien reste toutefois fatigante. La tenue de cap est sans défaut, le silence très bon et on apprécie des options très typées GT à l’époque peu répandues comme la possibilité d’éteindre l’écran de l’ordinateur de bord et de la radio pour ralentir la fatigue visuelle, ou les diodes d’ambiance pour trouver un objet sans avoir à allumer les plafonniers. Le silence est bon à part les bruits de gravillons un peu trop présents encore une fois pas très en phase avec le standing de l’auto. En revanche on entend le moteur à l’accélération : ça c’est essentiel.

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Parlons de l’habitabilité : Ce n’est pas une voiture familiale, mais une des forces de la 911 est de proposer une architecture 2+2 sur une GT. Ça parait bête, mais cela en fait une offre quasiment unique : je suis toujours surpris qu’à part Maserati (Gran Turismo), personne ne propose réellement d’alternative. S’agissant d’une Carrera 2, le coffre avant est ici plus spacieux que sur une Carrera 4 et on réussit à loger le nécessaire pour 3 enfants pour 1 semaine sans avoir à faire le contorsionniste. Les places arrière sont parfaites pour des enfants, elles deviendront étriquées pour des ados, mais peu importe. Elle vous permet de faire ce qui est impossible dans la majorité des GT et si vous voulez de l’espace, vous êtes sur le mauvais blog !
La route du retour était bien différente, puisque sur 500 km, la portion d’autoroute s’est limitée à 30 km, de quoi vraiment tester la voiture dans son domaine de prédilection : le voyage. Pour moi, c’est un sans-faute. Le moteur trop absent sur autoroute pour cause de vitesse stabilisée retrouve ici son rôle central, les enchainements de virages subliment les qualités de la voiture et même au restaurant, la vue plongeante sur la voiture, une fois garée à côté des voitures de tous les jours est une perspective tout à fait gratifiante. On se surprend à regarder la voiture dans les vitrines en traversant les villages… Bref, je vous garantis qu’on ne se dit surtout pas qu’on a acheté la mauvaise Porsche !

Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)
Porsche 911 Carrera 2 3.6L (996)

Épilogue

Ce qui me pousse gentiment à la conclusion de cette expérience de maintenant 5 mois. A la question de la pertinence du choix de la 996 pour 20-25K€, la réponse est pour moi trois fois oui : la 996 est une opportunité réelle pour quelqu’un qui aime la conduite, les moteurs mélodieux et les voitures de caractère. Plus que jamais c’est une auto abordable, toutes proportions gardées, pour peu que l’on choisisse un modèle en bon état sans souci d’IMS. La carte grise à moitié prix et la consommation entre 11,5 et 12,5L/100 n’en font pas un caprice déraisonnable et surtout, c’est tout sauf une sous 911. Qu’elle n’ait pas l’aura d’une 993, c’est indéniable. Que la 997 soit plus jolie ? Sans doute, les phares arrondis sont qu’on le veuille ou non associés à la 911. En revanche la ligne commence à avoir sa propre personnalité et si vous avez un peu de patience, souvenez-vous que si vous mettez la main sur une 996 d’origine avec un bel historique, c’est une auto qui ne pourra pas décoter, bien au contraire. C’est souvent lorsqu’on a les choses devant notre nez que l’on a le plus de mal à les voir.

Fiche technique Porsche 911 Carrera 2 3.6L 320 ch (type 996)
Fiche technique Porsche 911 Carrera 2 3.6L 320 ch (type 996)

A propos de l'auteur

Jean-François Autret

Jean-François Autret

13 commentaires

Cliquer ici pour poster votre commentaire

Laisser un commentaire

  • Merci Jean Philippe pour votre commentaire!
    Il ne vous aura pas échappé que pour avoir un bel exemplaire, les 25K€ sont à présent loin d’être suffisants pour trouver un bel exemplaire…

    Bonne recherche!

  • Bonjour,
    Bon courage pour votre recherche, consultez les forums spécialisés (911.net par ex.) et surtout prenez votre temps. Par contre, ayez la somme disponible tout de suite car quand il faut valider une option d’achat, il faut être très rapide. Les 911 en très bon états avec les options qui vont bien sont rares.

  • bonjour et superbe article. je cherche une porsche depuis 1 an et j’étais néophyte sur le sujet. Parti de zéro, j’ai commencé par regardé les boxter (car pas cher) et les quelques porschistes que je connais m’ont vite fait comprendre qu’avec 10ke de plus, je pouvais trouvé quelque chose de plus sympa. Inondé de leur bouquins et magasines, j’ai fait des comparaisons et procédé par élimination, j’ai émis mon verdict : ce sera une 996 carrera 4 3,6l 320cv. Puis je tombe sur votre superbe article, je me dis que pour un “bleu”, j’en suis venu à la même conclusion. Donc, grace à vous, c’est décidé, je suis en pleine recherche. Pas facile mais c’est ça qui est plaisant. encore merci. Jean-Philippe.

  • Possédant une 996 carrera 4S , je souscris totalement à l’article . Je n’ai vraiment que du bonheur avec cette auto. Je conduis régulièrement une 993 4S d’un ami. Conclusion, je préfère ma 996 !!!!!! Comme quoi il ne faut pas avoir d’idée préconçue.. essayer la 996 au prix actuel, c.est l’adopter et pour ..longtemps

  • Excellent article, j’ai prit beaucoup de plaisir à le lire 🙂

    Bon, je vais faire mon chi**r, c’est 5s le 0-100 de la 3.6; 5,2s c’est la 3.4 😀

  • J’ai une 996 targa depuis 2 ans en état de ses 220 000 km sur et j’en suis comblé pour le week end.
    Les quelques commentaires snobinards sur ce qu est une vraie 911 ne me feront pas bouder mon plaisir.
    J’ai essayé une 964 et une 991 et bien je dois dire que ma 996 est un bon compromis entre les 2.
    Une auto doit être appréciée en occasion aussi pour ses défauts.
    Les phares ronds sont plus jolis au premier coup d œil et avec l’habitude de l’esthète qui prend son temps on apprécie réellement ces phares en amande cacahuète ou virgule.
    On ne compare du Bordeaux et du Bourgogne ! Et on peut apprécier les 2.
    Olivier

  • Trés bon article je partage pleinement le contenu ayant eu l’occasion d’être propriétaire de différentes 996 je ne peux qu’ approuver

  • Moi j’adore le “rouge boxter” total dans l’habitacle… mais comme elle n’est pas décapotable, je garde ma Mustang! 😉

  • Oh JF en 911, ah ben ça alors ! Agréable à lire, merci. Je crois que ce que je préfère dans cette auto c’est son téléphone 🙂

  • Bel article, je regarderai les conducteur de ces superbes autos avec un autre oeil (il y en a donc des “bien”, en fais-tu parti ?) 😉

Catégories :

Nous twittons, suivez-nous