Actualité Alpine Jannarelly

Le roadster Jannarelly Design-1 fabriqué chez Alpine à Dieppe ?

Alpine A110 - Jannarelly roadster Design-1
Alpine A110 - Jannarelly roadster Design-1 - crédit photo Walter Babic

La sous activité actuelle de l’usine Alpine à Dieppe pose question au sein du Groupe Renault. En parallèle, Anthony Jannarelly et Frédéric Juillot cherchent un site de production dans l’hexagone pour le roadster Design-1. Pourquoi ne pas imaginer la fabrication du roadster Jannarelly à Dieppe chez Alpine ? L’idée d’un futur partenariat franco-français prend tout son sens : optimiser la productivité de l’usine de Dieppe, utiliser les compétences et l’outil de production d’Alpine, réunir deux marques françaises complémentaires sur un même site.

La survie d’Alpine à Dieppe

Le plan de restructuration de Renault présenté le 29 mai épargne pour le moment le site industriel de Dieppe où est produite l’Alpine A110. Un temps menacé de fermeture, la direction du losange a fait machine arrière devant la levée de boucliers d’une possible fermeture à court terme. Après le garage Renault de la famille Rédélé (33 de la rue Thiers à Dieppe) qui a vu naître la marque au A fléché, l’usine de Dieppe, inaugurée en 1969, est le site historique d’Alpine. Fin 2017 après deux ans de travaux et un investissement représentant 35 millions d’euros, une nouvelle ligne d’assemblage a été inaugurée pour produire la seconde génération d’A110.

Usine Alpine à Dieppe
Usine Alpine à Dieppe

Avec l’arrêt de la Clio R.S. (lire ici) et la chute des commandes de la nouvelle Berlinette produite à plus de 5000 exemplaires sur la période 2018/2019, l’effectif de près de 400 personnes se retrouve fort dépourvu. Début 2020, les cadences ont été réduites à 7 véhicules/jour pour faire face à ce ralentissement. L’avenir d’Alpine sur le site de l’usine de Dieppe est donc en suspens. Certes l’outil de production peut être déménagé dans une autre usine du groupe Renault pour maintenir un taux de productivité correct. Mais que faire de la main d’œuvre hautement qualifiée du site industriel de Dieppe ? Habituée aux sportives en petites séries, formées à l’assemblage de l’aluminium et à l’industrialisation de le fibre de verre, quel gâchis de se séparer de telles compétences 3 ans après le lancement de l’A110 qui fut encensée (lire notre essai ici), à juste raison, par la presse internationale et la clientèle d’Alpine.

Usine Alpine à Dieppe
Usine Alpine à Dieppe – 5000 ème A110

Arrivé en septembre 2019 en provenance de Mercedes AMG, Patrick Marinoff, le patron d’Alpine, n’a pour le moment aucune visibilité précise de l’avenir de la marque. Il doit composer avec l’impact industriel du Coronavirus et l’arrivée au 1er Juillet de Luca De Meo, en provenance de VAG, nouveau CEO du Groupe Renault. Celui-ci, en privé, se déclare très réservé sur le plan de restructuration, présenté par ses prédécesseurs avant son arrivée, qu’il juge « trop centré sur les économies financières et la réduction des effectifs sans tenir compte de la cohérence des gammes de véhicules et leur lieux de production.»

Usine Alpine à Dieppe
Usine Alpine à Dieppe -nouvelle chaîne d’assemblage Alpine A110 (carrosserie tolerie)

Jannarelly Made in France

Avec Alexander Lee, ex-CEO de Singer Vehicles, désormais à la tête de Jannarelly Automotive, Anthony Jannarelly et Frédéric Juillot peuvent entrevoir l’avenir de la marque avec plus de sérénité. Un tout nouveau set-up vient d’être upgradé au roadster Design-1 avec Michelin. Le réglage des trains roulants et du freinage s’en trouve transformé, améliorant nettement l’efficacité et le dynamisme de la voiture.

Jannarelly roadster Design-1 - Paris France
Jannarelly roadster Design-1 – Paris France

La marque Jannarelly continue son développement. A ce titre, la petite marque française basée à Dubaï souhaite investir de nouveaux marchés, bien au-delà de sa région d’origine. L’Europe tout d’abord et les Etats Unis. L’actuel site de production à Dubaï devient donc sous dimensionné et sa logistique complexe pour les nouvelles ambitions exportatrices de Jannarelly Automotive. Qui dit marque française, dit production hexagonale. La marque cherche donc un site de production en France, ayant l’habitude des petites séries, maîtrisant l’assemblage de l’aluminium et de la fibre de carbone. Ces 3 critères réduisent la liste des sites industriels français.

Jannarelly roadster Design-1 - Dubaï
Jannarelly roadster Design-1 – Dubaï

Rappelons que le roadster Desing-1 (lire notre essai ici) est motorisé par un V6 Nissan issu de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. L’impasse actuelle que vit le site industriel de Dieppe, berceau d’Alpine, n’est pas viable à moyen et long terme : pourquoi ne pas produire le roadster Jannarelly Design-1 chez Alpine ? Cette démarche ne peut se faire qu’accompagnés d’investisseurs français, porteurs de ce projet.

Anthony Jannarelly
Anthony Jannarelly

Après tout, l’histoire de la nouvelle Berlinette A110 démarre avec un partenaire d’Alpine, Caterham. La marque au A fléché est donc coutumière du fait. Le coût de production, à toutes les étapes de la fabrication, est connu et maîtrisé au centime près. Bernard Ollivier, dans son livre « Alpine, La Renaissance » détaille le chemin de croix de l’équipe projet pour que la direction du Groupe Renault valide finalement le projet A110.

Jannarelly Design-1
Jannarelly Design-1

Jannarelly marque complémentaire d’Alpine

Le Groupe Renault est-il intéressé par une marque sportive prémium supplémentaire ? C’est toute la question qui fera l’objet des négociations à venir. Jannarelly propose des produits au-delà 100 K€, seuil tarifaire où n’ira jamais Alpine. Luca De Meo, homme de marketing, appuiera- t-il en faveur d’un partenariat Alpine/Jannarelly, pour une production commune sur le site de Dieppe ? Le personnel d’Alpine, serait surement favorable à augmenter l’activité de leur usine, surtout pour un produit français tel que le roadster Jannarelly Design-1 très différent de l’A110 et n’entrant pas en concurrence avec la Berlinette. Lors de sa visite, le ministre Bruno Le Maire n’avait-il pas déclaré que Dieppe était « un site d’excellence du Made in France » ? Pourquoi s’arrêter là et ne pas continuer ?

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Yvan T. (@Yvan_111)

Yvan T. (@Yvan_111)

1 commentaire

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  • “Pourquoi ne pas imaginer la fabrication du roadster Jannarelly à Dieppe chez Alpine ?”
    1. Parce que Jannarelly n’a pas de clients en France pour leur modèle…Bien trop exotique pour y faire de vrais chiffres de vente (confère la chute libre de l’A110)
    2. parce que Jannarelly aurait bien plus de facilités de fabriquer et de vendre ses voitures aux USA.
    3. Parce que l’usine d’Alpine ne produit pas de carrosseries (faites en Italie …désolé M. Rédelé )
    4. Parce que Renault cherche à se débarrasser de cette usine depuis toujours…
    5. Oui, Jannarelly a besoin d’un moteur Euro 7 en Europe, mais Nissan/Renault a t’il besoin de leur en vendre…
    6. Quel serait l’intérêt d’Alpine pour si peu d’exemplaires, serait ‘elle à vendre ?
    7. Jannarelly parle de d’homologation individuelle anglaise réussie, d’homologation française, mais on ne voit quasi que des plaques “garages” et peu de voitures clients…
    PS: j’aime beaucoup Jannarelly et je leur souhaite le meilleur, mais la piste “Alpine” me laisse fort dubitatif…