24H du Mans Sport Auto

24 Heures du Mans 2018 : “My Toyota is fantastic”

Toyota TS050 24H du Mans 2018
Toyota TS050 24H du Mans 2018 - Emilie Drouet

Cette 86ème édition des 24 Heures du Mans n’a surement pas été la meilleure en terme de rebondissements, pourtant elle restera dans les annales à plus d’un titre : remportée par une marque qui a enfin vaincu ses “yōkai” – mauvais esprits en japonais – après 18 tentatives en plus de 30 ans, lire notre article ici – faites de défaites et d’incidents techniques, d’une cruauté inégalée, avec l’aide d’un “Rookie” double champion du monde de Formule 1. Le Toyota Gazoo Racing décroche la victoire au Mans, tant espérée, fruit d’efforts et de sacrifices inconsidérés (sportifs, humains, techniques, financiers) avec un doublé pour ses Toyota TS050 Hybrid LMP1-H. En catégorie LMP2, le G-Drive Racing s’impose, avant son exclusion du classement, lui aussi après de nombreux revers dans l’épreuve mancelle. Enfin, pour ses 70 ans, Porsche célèbre sa 107ème victoire de classe au Mans (plus de 835 voitures engagées depuis 1951, lire nos articles sur le garage Porsche à Teloché, ici et ), avec le podium en LMGTE Pro et Am via l’écurie privée Dempsey-Proton Racing.

Grand Prix de nuit

Sébastien Buemi, Kazuki Nakajima et Fernando Alonso s’imposent avec Toyota TS050 n°8, remportant la victoire au classement général, devant la voiture sœur n°7 de Kamui Kobayashi, Mike Conway et José Maria Lopez. Derrière, la troisième marche du podium est occupée par la Rebellion R13 n°3 à… 12 tours ! Pour le trio vainqueur, c’est leur premier succès au Mans. Alonso, trois ans après Nico Hülkenberg, autre pilote de Formule 1 en activité s’impose au Mans. Sébastien Buemi décroche le meilleur tour en course, au 5ème tour, en 3’17”658 soit 2 sec de plus que la pôle (lire notre article ici, Toyota en pôle et première ligne).

Cette victoire, l’espagnol est allé la chercher pendant ses relais nocturnes, à partir d’une heure du matin, dimanche. Ce fut le festival Fernando Alonso qui repris plus de 2 min à la voiture sœur n°7 en tête, disputant un Grand-Prix de nuit. Au petit matin, la Toyota n°8 reprenait la tête de la course pour ne plus la quitter. Une performance quand on sait qu’Alonso est atteint du syndrome de Poland…

Audran Lernoux - Alonso Le Mans 2018
Audran Lernoux – Alonso Le Mans 2018

Pour autant, même si les Toyota n’ont pas été inquiétées et n’ont pas eu à hausser le rythme face à la concurrence, elles n’ont pas été exemptes d’alertes : Kobayashi au ralenti sur le circuit à 1h30 de l’arrivée avant de rentrer pour remettre du carburant pour la n°7, plusieurs pénalités d’une minute chacune pour la n°8 et la n°7 (vitesse excessive sous régime de “slow zone”).

Toyota TS050 24H du Mans 2018
Toyota TS050 n°8 24H du Mans 2018 – Joris Clerc
Toyota TS050 24H du Mans 2018
Toyota TS050 n°8 24H du Mans 2018 – Fernando Alonso / Kaziku Nakajima – Emilie Drouet

La prestation des deux Rebellion R13, du Rebellion Racing, est à souligner avec les deux autos à l’arrivée. Thomas Laurent, Mathias Beche et Gustavo Menezes, se classent 3ème avec la n°3 devant la n°1 de Neel Jani, André Lotterer et Bruno Senna. A part quelques soucis mineurs sans gravité, le parcours des Rebellion LMP1 non hybrides est synonyme de victoire.

Rebellion R13 24H du Mans 2018
Rebellion R13 24H du Mans 2018

Derrière, la concurrence a souffert mais n’a pas démérité : les deux BR1 du SMP Racing ont fait bien plus que se montrer et leur course fut gâchée par une panne de capteur moteur pour la n°11 de Button/Petrov/Aleshin qui abandonna dans la dernière heure, tandis que la trajectoire de la n°17 de Sarrazin/Isaakyan/Orudzhev, longtemps 3ème s’arrêta, s’arrêta sur sortie de piste durant la nuit (Isaakyan). L’autre BR1, celle de DragonSpeed, a abdiqué suite à une sortie de piste (Hanley). Les Ginetta G60-LT-P1 ont elles aussi subit des avaries et ByKolles Racing loin au classement disparut sur sortie de piste, samedi en début de soirée (Kraihamer).

24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
BR1 SMP Racing n°17 24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet

G-Drive Racing en tête du début à la fin, mais exclu du classement… Alpine vainqueur !

La première LMP2 au 5ème au général, une performance qui n’est pas sans rappeler l’épreuve mancelle de l’année dernière. Andrea Pizzitola, Jean-Eric Vergne et Roman Rusinov n’ont quasiment pas quitté la tête depuis le départ, faisant une course sans la moindre alerte et enchaînant les tours rapides. L’Oreca 07 n°26 du G-Drive Racing est managée par le TDS Racing et le très rapide Rusinov a su s’associer avec le tandem complémentaire Pizzitola/Vergne.

G-Drive Racing 24H du Mans 2018
G-Drive Racing 24H du Mans 2018

Les deux voitures engagées par le TDS Racing, la n°26 G-Drive Racing et la n°28 sous son nom, ont été disqualifiées après inspection technique. Selon le communiqué officiel du WEC : “…leur système de ravitaillement en essence comportait une pièce non homologuée. Selon les inspecteurs, les équipes ont donc violé l’annexe A du règlement technique, l’article 2.1.1 du règlement LMP2 2018, ainsi que le 12.1.1 du code sportif international.” Le dispositif incriminé permettait selon les temps de ravitaillement observé de passer 6 à 8 secondes de moins dans les stands que la concurrence. Sur 36 ravitaillements au long de la course, cela représente près de 5 minutes d’avantage.

G-Drive Racing 24H du Mans 2018
G-Drive Racing 24H du Mans 2018

Derrière, le podium de la catégorie LMP2 s’est joué par élimination. Sans un problème d’embrayage, la Ligier JS P217 du Panis-Barthez Compétition de Canal/Stevens/Buret pouvait entrevoir un podium. Elle se classe 11ème du LMP2. Autre podium possible pour l’Oreca 07 d’IDEC Sport Racing de Paul Lafargue, Memo Rojas et Paul-Loup Chatin. Mais un problème moteur en décida autrement le dimanche, en fin de matinée.

Quarante ans après le succès d’Alpine-Renault au général avec l’A442B (lire notre article ici, l’Alpine A442B vainqueur du Mans 1978), Alpine termine 2ème en tête de la catégorie en LMP2 avec l’A470 n°36 de Nico Lapierre, André Negrao et Pierre Thiriet… à 2 tours du G-Drive Racing. Sans décision d’appel du G-Drive Racing, c’est donc l’Alpine A470 n°36 qui remporte l’épreuve mancelle 2018 sur tapis vert !

24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
Alpine A470 n°36 24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet

La troisième deuxième place de l’Oreca 07 du Graff-SO24 n°39 de Tristan Gommendy, Jonathan Hirschi et Vincent Capillaire est une point positif, vue le manque de succès en ELMS.

24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet

Le TDS Racing n°28, se place au pied du podium, en 4ème position déclassé, pour Loïc Duval, Matthieu Vaxivière et François Perrodo, manquant de 2,5 sec la 3ème marche du podium quand l’Oreca 07 du Graff-SO24 fut victime d’une crevaison dans la dernière heure. La meilleure représentante des châssis Onroak Automotive est la Ligier JS P217 d’United Autosports n°32 du trio De Sadeleer/Owen/Montoya qui a perdu 3 tours le temps de régler un problème d’antenne FIA. Les vainqueurs 2017 de la catégorie LMP2 terminent 6ème 4ème pour le Jackie Chan DC Racing avec les malaisiens Jeffri/Jaafar/Tan sur l’Oreca 07 n°37. La 7ème 5ème place revient à DragonSpeed n°31 et c’est le Racing Team Nederland qui sauve les honneurs de Dallara avec la P217 n°29.

24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet

Victoires en GTE Pro et Am pour les 70 ans de Porsche

La veille de la course, vendredi, l’ACO a modifié la BOP (Balance Of Performance) des GTE, au profit des BMW : +10 kg de lest aux Porsche 911 RSR, +8 kg aux Ford GT, -10 kg pour les M8 GTE. Porsche absent du LMP1 s’est reconvertit en force en LMGTE, amenant moyens technologiques et humains. Il y a 20 ans, deux Porsche 911 GT1 s’offraient le doublé pour le 50ème anniversaire, cette année pour son 70ème anniversaire, Porsche GT Team n’a pas laissé passer sa chance de décrocher la victoire. Après un début de course animé pour les GT, Kevin Estre, Laurens Vanthoor et Michael Christensen ont su profiter d’un safety car pour annexer la tête de course et ne plus la quitter, sur la 911 RSR n°92.

Porsche 911RSR 24H du Mans 2018
Porsche 911RSR n°92 24H du Mans 2018 – Joris Clerc
24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet

La voiture sœur n°91 de Mako/Bruni/Lietz a eu maille à partir avec deux Ford GT, Fred Makowieki ayant eu un échange en piste très tendu avec Sébastien Bourdais, le dimanche matin.

Porsche 911 RSR 24H du Mans 2018
Porsche 911 RSR n°91 24H du Mans 2018 – Emilie Drouet

Les deux autres Porsche 911 RSR américaine, n°93 et 94 ont connu des problèmes électriques et panne moteur. La dernière marche du podium LMGTE Pro est revenue à la Ford GT n°68 de Dirk Müller, Joey Hand et Sébastien Bourdais, à 1’15”des premiers. Le top 5 est complété par la Ford GT n°67 de Tincknell/Priaulx/Kanaan et la Corvette C7.R n°63 de Magnussen/Garcia/Rockenfeller. Les Ferrari, Aston Martin et BMW sont loin : la 488 GTE Evo n°52 AF Corse de Vilander/Giovinazzi/Derani se classe 6ème, la meilleure des nouvelles Vantage GTE, la n°95 Aston Martin Racing, est 9ème et la M8 GTE n°81 du BMW Team MTEK est 11ème.

24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet
Ferrari 488 GTE Evo 24H du Mans 2018
Ferrari 488 GTE Evo 24H du Mans 2018 – Emilie Drouet
BMW M8 GTE 24H du Mans 2018
BMW M8 GTE 24H du Mans 2018

En catégorie Am, le scénario est identique au GTE Pro, Julien Andlauer, Christian Ried et Matt Campbell se sont rapidement installé en tête sur la Porsche 911 RSR n°77 du Dempsey Proton Racing. Derrière, la Ferrari 488 GTE n°54 Spirit of Race de Fisichella/Flohr/Castellacci termine avec 1’39” d’écart. La dernière marche du podium LMGTE Am est revenue à la Ferrari 488 GTE n°85 Keating Motorsports de Keating/Bleekemolen/Stolz.

Porsche 911 RSR 24H du Mans 2018
Porsche 911 RSR n°77 24H du Mans 2018 – Emilie Drouet
24 Heures du Mans 2018 - journée test - Emilie Drouet
Porsche 911 RSR n°88 24 Heures du Mans 2018 – Emilie Drouet

Oreca, vainqueur des 24 Heures du Mans

Oreca est sans conteste leader de l’endurance, support opérationnel Toyota Gazoo Racing en FIA WEC, constructeur de la Rebellion R13 en LMP1 (sur base LMP2 Oreca 07/Gibson) et du châssis LMP2. La structure varoise d’Hugues de Chaunac est impliquée, directement ou indirectement, aux huit premières places de cette édition des 24 Heures du Mans. De même, on trouve 14 voitures propulsées par le moteur Gibson, entre les deux Rebellion R13 et toutes les LMP2.

Rebellion R13 24H du Mans 2018
Rebellion R13 24H du Mans 2018

Classements provisoires détaillés à consulter :
Général
Vitesse maxi
Chrono par pilote

Le film de la course des 24 Heures du Mans 2018 en résumé :

Crédit photos @ Emilie Drouet et Joris Clerc

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