Essai Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio Verde : Le vrai retour d’Alfa ?

On a beau essayer de rester objectif, il y a toujours des voitures qui font plus envie que d’autres. Et bizarrement pour moi c’est souvent le cas avec les voitures italiennes. Particulièrement pour cette Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio

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Ne vous méprenez pas, je ne suis pas monomaniaque, mais j’avoue quand même un faible pour les voitures dont le caractère est fait d’autant de qualités que de petits défauts. Et dans le genre, il n’y a guère que l’Italie pour concurrencer l’Angleterre. Et en Italie, Alfa Romeo tient une place à part. Son histoire séculaire a été jalonnée de chefs d’œuvres jusqu’aux années 1980. A cette époque Alfa a perdu de son aura petit à petit pour finalement ne laisser que les allemands se disputer le segment premium.

Depuis la fin des années 2000, la marque au Biscione tente de redorer son blason avec des sportives aussi excitantes qu’exclusives. La 8C Competizione (2007), commercialisée en coupé et cabriolet (500ex chacun) n’était guère plus qu’un coup médiatique, même si l’auto présentait de réelles qualités. La 4C (2013) ensuite faisait saliver les amateurs de sport avec son look de Supercar et ses proportions de sportive légère. Malheureusement une direction imprécise gâchait la fête.

Avec l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, c’est le grand retour de la marque italienne sur le segment des berlines sportives. Et cette fois l’enjeu est de taille car il conditionne la légitimité de la marque à revenir jouer contre Audi, BMW et Mercedes.

Carrosserie : beauté du diable

Il faut avouer que malgré ses difficultés, Alfa Romeo n’a jamais cessé de proposer des berlines au design excitant. Depuis la 156 les modèles familiaux ont étés salués pour leur esthétique réussie. Avec la Giulia c’est encore une fois le cas. Les proportions rappellent celles de la BMW série 3, mais en ajoutant une sensualité toute latine faite de courbes. Et chez les italiens, la courbe est aussi synonyme de dynamisme. Car c’est bien ce qui ressort de cette carrosserie : du dynamisme. C’est encore plus vrai pour cette Giulia Qadrifoglio qui va même au-delà avec une vraie agressivité. Difficile de la confondre avec une version de base. D’autant plus avec le pack carbone incluant un entourage de la calandre, les bas de caisse et le béquet surmontant la malle arrière.

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Pour un refroidissement optimum, le bouclier est très aéré tandis que des ouïes permettent d’évacuer les calories sur le capot et dans les ailes avant.

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Quel que soit l’angle sous lequel on regarde la Giulia Quadrifoglio, elle transpire le sport. Et malgré cette agressivité, elle réussit à rester élégante. Clairement, et sans aucune objectifité, je dois avouer que le coup de cœur que j’avais eu en la voyant dans les salons est confirmé dans la « vraie vie ». cette Alfa Romeo, en terme de design, joue dans la cour des plus belles berlines de tous les temps.

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Intérieur : Sport et élégance

Si le style extérieur avait déjà depuis longtemps conquis mon cœur, je nourrissais quelques inquiétudes quant à l’habitacle. Moins pour le style que pour le confort et l’ergonomie. La Giulietta ne m’ayant pas laissé le meilleur des souvenirs.

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Et pourtant, une fois la porte ouverte, le charme continue d’agir. Le sport reste omniprésent avec les surpiqures rouges sur les magnifiques sièges en peau retournée (Alcantara ?) qui, une fois n’est pas coutume, s’avèrent plutôt confortables. Le magnifique volant cuir et peau est proche de la perfection en terme de prise en main. Dans cette version à boite robotisée, il s’accompagne de deux grandes palettes en aluminium, fixes, qui sont elles aussi un régal à manipuler.

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Bref pour le pilote, l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio est un régal. Toutes les commandes sont agréables au toucher, la position de conduite est bonne et l’œil est flatté par les matériaux recouvrant tout ce qui tombe sous les doigts.

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Design, matériaux, mais alors faut-il croire qu’Alfa a réussi à se hisser au niveau des allemandes ? Pas encore tout à fait. La qualité d’assemblage n’atteint pas encore la perfection, même si elle reste globalement bonne. Mais à l’usage quelques grigris persistent, par exemple dans la portière du conducteur de notre modèle d’essai.

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Si je devais faire un classement des habitacles de berlines sportives, cette Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio se placerait en seconde position derrière la Mercedes C63s AMG pour sa qualité moindre, mais devant Audi et BMW pour son design moins austère.

Sur la route

Après la bonne surprise du confort de la Giulia Quadrifoglio, il ne reste plus que le comportement à mettre à l’épreuve.

Il s’agit là d’un point critique, car autant j’arrive à faire abstraction d’un confort ou d’une position de conduite imparfaite dans une voiture efficace et ludique (voir la Honda Civic type R), autant un comportement sportif décevant reste rédhibitoire, surtout sur une voiture de cette trempe.

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Premier bon point, le moteur se réveille avec une sonorité des plus engageantes. Le contraire serait plutôt dommage, connaissant le pédigrée de ce six cylindres développé par les ingénieurs Ferrari.

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Dès les premiers mètres, on ressent le sentiment d’être au volant d’une voiture de gabarit réduit. Bien plus par exemple qu’une Mercedes C63s AMG qui semble plus volumineuse. Le sentiment d’avoir affaire à une voiture légère vient juste après. Et pourtant l’Alfa Romeo n’est pas véritablement un poids plume avec 1620kg affichés.

Les premiers kilomètres à allure modérée mettent en valeur la grande polyvalence de la Giulia Quadrifoglio. Aussi facile à conduire que n’importe quelle berline standard, elle fait preuve d’un filtrage de suspensions très doux. Le moteur en mode « Normal » est mélodieux sans être trop présent dans l’habitacle. Enfin, le confort des sièges complète le sentiment qu’il s’agit là d’une voiture utilisable au quotidien.

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Il suffit cependant d’une petite pression sur la pédale de droite pour réveiller le monstre. Les 510ch et 600Nm ne font pas semblant d’être présents et il faut alors bien s’accrocher au volant. Les accélérations sont spectaculaires, 3.9sec pour le 0-100km/h, et pour peu que l’on ait enclenché le mode « dynamique » la bande son est à l’avenant. Cela devient addictif, chaque tunnel devenant un amphithéâtre prétexte à faire vrombir le moteur.

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Lorsque la route devient plus sinueuse, l’Alfa Romeo Quadrifoglio garde sa superbe. Même sur chaussée dégradée, la suspension absorbe bien les inégalités sans jamais devenir piégeuse. Si le train avant suit bien le profil de la route, c’est sans vice. La direction est proche de la perfection. Elle permet de bien ressentir ce qui se passe au niveau des roues avant mais reste prévenante. A l’inscription en courbe, la précision est de mise. Il suffit d’impulser l’angle voulu, la Giulia plonge à la corde sans nécessité de correction. Le plus beau dans tout cela c’est que le train arrière suit. Alors que l’avant mord le bitume, la poupe reste d’une stabilité à toute épreuve dans la phase de freinage.

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En milieu de courbe la neutralité permet de conserver toute la confiance en l’auto. Puis en phase de sortie, le mode dynamique autorise une légère glisse lors de la reprise des gaz. C’est jouissif et efficace, à défaut d’être véritablement spectaculaire pour les spectateurs.

Quand le mode Race est enclenché, la prudence reste tout de même de mise. La bonne idée concerne la capacité à rester en amortissement souple, même avec ce mode extrême. Cela permet une meilleure stabilité sur les petites routes. Mais malgré cela la capacité de mise en vitesse de l’Alfa est telle qu’il faut rester prudent sur route ouverte.

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Alban, propriétaire de notre véhicule du jour, nous confirmait ne jamais enclencher ce mode Race ailleurs que sur circuit. Je comprends bien la démarche.

En élève turbulent, je n’ai pas résiste à la tentation cependant. Et si en effet il faut rester prudent dans les virages rapides, c’est absolument génial dans le serré. L’équilibre naturel de la Giulia Quadrifoglio, aidé de la puissance largement suffisante, permet de dessiner de belles virgules sur le tarmac.

Positionnement face à la concurrence

La concurrence au niveau des berlines sportives est principalement allemande. De la Mercedes C63s AMG à la BMW M3 ou l’Audi RS…5 (en attendant la RS4), les stars de la catégorie sont déjà bien installées. A part cela c’est globalement morne plaine. Chez Maserati, Infiniti ou Lexus, les versions sportives jouent un cran au-dessous avec un déficit de près de 100ch. Restent quelques modèles exotiques comme le projet de Jaguar XE SV project 8 équipée d’un monstrueux V8 de 600ch ou encore la Cadillac ATS-V malheureusement très exclusive du fait d’un réseau limité.

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Au final donc l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio reste la seuls à faire face aux allemandes de façon sérieuse.

Elle a certes quelques handicaps, comme une finition moins irréprochable et sans doute une décote plus importante en occasion. Mais elle a surtout de gros arguments en sa faveur.

En premier lieu des qualités réelles volant en main : moteur, châssis, la recette est bonne dans le Biscione.

Ensuite une ligne à couper le souffle. Jouant à fond la carte de la latinité et se démarquant par là même du classicisme teuton.

Et pour finir un tarif canon et un équipement « tout compris » plutôt qu’une longue liste d’options coûteuses. Il en résulte que l’Afla, fort bien équipée, ressort 30 000 € moins chère que la C63s par exemple.

Conclusion

A l’aise en ville comme à la campagne, capable d’atomiser de belles GT sur les autoroutes allemandes comme sur piste, l’Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio est une incontestable réussite. Si elle vient jouer les trouble-fête dans le créneau des berlines ultra-sportives, elle le fait avec des arguments certains comme un design latin au meilleur sens du terme. Une homogénéité irréprochable et un tarif attractif. A défaut de redéfinir une nouvelle référence dans le créneau, la Giulia peut véritablement faire trembler les reines du segment. Bon retour parmi l’élite Mme Alfa !

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P. Lagrange (@Philagrange)

Author: P. Lagrange (@Philagrange)

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