Epoqu’Auto, le salon des autos et motos anciennes, se visite d’ordinaire moteurs froids, et capots ouverts. Du 6 au 8 novembre 2026, à Eurexpo Lyon, les organisateurs vont faire une entorse à la règle. Pour la première fois de son histoire, le salon sort des halls avec un circuit aménagé à l’extérieur, où des voitures de drift rouleront trois fois par jour. Le rendez-vous de Chassieu s’offre aussi de l’espace, des stars et un parfum de renouveau. Pour sa 47ème édition, le rendez-vous des amateurs de véhicules anciens gagne un hall, un circuit extérieur et des sensations nouvelles.
Un salon qui prend de l’ampleur
C’est l’autre grande nouveauté : le hall 3.2, investi pour la première fois, ajoute 10 800 m² et porte la surface totale à plus de 98 000 m². L’agrandissement profite à quatre ensembles : un plateau youngtimers à la surface doublée, un village drift, des clubs de marques plus largement déployés et une offre de restauration autour d’un espace Food Trucks.

Les chiffres donnent le vertige. Les organisateurs annoncent 11 plateaux, 220 clubs de marque (vingt de plus qu’en 2025), 1 700 véhicules exposés et quelque 110 000 visiteurs attendus, sans compter les quelque 2 000 voitures de collection que les visiteurs garent à l’extérieur. Parmi les nouveautés, L’Aventure Peugeot Citroën DS s’installera dans le nouveau hall.
La Deuche en majesté
L’affiche est signée Citroën. La 2 CV Spot, lancée en avril 1976, illustre l’affiche officielle, cinquante ans après ses débuts. Première série limitée de la Deuche, en orange Ténéré et blanc Meije, elle avait été produite à 1 800 exemplaires et vendue en une semaine.

Le hall 4 réunira quatorze voitures autour d’elle : la Charleston de 1980, la 007 de 1981, la France 3 de 1983, les sept Dolly, la Cocorico de 1986 et la Perrier destinée au marché belge. La pièce la plus rare est ailleurs : la 2 CV Basket de 1977, née d’un concours d’école d’art, n’a été produite qu’en deux exemplaires, dont un seul subsiste. L’hommage prend une résonance particulière, puisque Serge Gevin, créateur de la Spot, de la Charleston, des Dolly et de la Cocorico, est décédé cette année.


Le plateau tombe aussi à point nommé : Citroën a officialisé le retour de la 2 CV en 2028, sous la forme d’une E-Car à moins de 15 000 € présenté au Mondial de l’Auto Paris 2026 (lire ici).
BMW M3, quarante ans de sportivité
Côté youngtimers, c’est BMW qui tient la vedette. Une rétrospective dédiée aux 40 ans de la lignée M3/M4 présentera les six générations en douze voitures, chacune associant une teinte emblématique et une édition limitée rare. Les binômes de route se font face : la M3 E30 Sport Evolution de 1990, produite à 600 exemplaires, côtoie la M3 E36 GT de 1995 et ses 356 unités en British Racing Green.

La pièce qui attirera les regards vient du sport : la M4 GT3 exposée a été pilotée par Valentino Rossi lors de 27 courses, de ses premiers tours à Monza en avril 2023 jusqu’à une deuxième place aux 12 Heures de Bathurst en 2025.

Un espace Prestige consacré à l’appellation CSL complète le tableau, avec la très exclusive 3.0 CSL moderne, produite à seulement 50 exemplaires dans le monde. Après le forfait de BMW et Mini du Mondial de Paris cette année, le patrimoine sportif bavarois sera donc plus visible à Lyon qu’à Paris.

Voisin, Bugatti, Shelby, Fiat, Renault : le grand écart
Les amateurs d’élégance technique iront au hall 7. Quatorze voitures Avions Voisin y sont annoncées, ainsi que cinq Biscooters, trois vélos et un planeur de Gabriel Voisin suspendu au-dessus de l’ensemble. Vedette du plateau, la C7 de 1927 ayant appartenu à Le Corbusier, avant d’entrer dans la collection de Lord Norman Foster, sera présentée pour la première fois en France.

Le versant compétition réserve une belle affiche. Une vingtaine de Bugatti de course, de la Type 13 « Brescia » de 1922 à la Veyron 16.4 de 2009, partageront l’espace avec une quinzaine de voitures de pilotes régionaux, dont la Martini MK15 de Viviane Bonnardel, onze fois championne de France de la montagne, et une Lancia Delta Abarth ex-Carlos Sainz. Le plateau Autodiva, lui, s’intéresse à la Formule 2.

Les amoureux de l’Amérique et de l’Italie ne seront pas oubliés. Le « Shelby Village by Gentleman Car » rassemblera le motorhome de Carroll Shelby, deux Cobra et une Ford GT40, tandis que l’exposition « La Dolce Vita en Fiat » racontera la marque turinoise, de la 508S Coppa d’Oro à la 130 Coupé, sans oublier la Topolino qui fête ses 90 ans.


Le stand Renault, de son côté, s’articule autour de quatre anniversaires qui ont marqué l’histoire de la marque : les 70 ans de la Dauphine, les 50 ans de la Renault 14, les 40 ans de la Renault 21 et les 20 ans du titre mondial de Formule 1 remporté par Renault avec la R26.

Utilitaires et deux-roues ne sont pas en reste. Le Berliet Stradair, premier camion au monde à suspension pneumatique, fête ses 60 ans, tandis que le plateau motos décline cinq thèmes, des américaines aux trails des années 1970, de la rivalité Vespa-Lambretta aux 80 ans du Solex.
Le drift, nouvelle attraction
C’est le pari de cette édition. Un village de près de 2 000 m² s’installe dans l’extension du hall 3. Sept pilotes sont annoncés, avec notamment des BMW E36, E30 et E92, une Subaru BRZ et une Nissan Silvia S15. Le Lyonnais Starfobar, exposant de longue date, en est partenaire. Le clin d’œil à la M3 n’est pas anodin : les BMW sont très présentes dans la discipline, ce qui crée une continuité avec le plateau installé dans le même hall.

Le circuit ne se limitera pas au drift. Des motos d’avant-guerre y rouleront avec des pilotes en habits d’époque, aux côtés d’un tricycle-car JZR et d’un ancien véhicule de gendarmerie. Les horaires précis des démonstrations restaient à confirmer, mieux vaut les vérifier sur le site officiel.
Enchères : le marteau d’Osenat
Epoqu’Auto est aussi une place de marché. Dans le hall 6, la maison Osenat orchestre trois ventes : les motos le vendredi 6 novembre à 18 h, les youngtimers le samedi 7 à 15 h et les voitures de collection le dimanche 8 à 14 h. Le niveau est élevé, puisqu’en 2025 la vente avait battu des records avec 2,64 millions d’euros adjugés. Parmi les premiers lots annoncés, une Peugeot 505 GTi Turbo ex-Valéry Giscard d’Estaing et une Mercedes-Benz 600 ex-Jean-Louis Trintignant.

Infos pratiques
Le salon est ouvert le vendredi de 9 h à 22 h (nocturne), le samedi de 9 h à 19 h et le dimanche de 9 h à 18 h. Côté tarifs, l’entrée coûte 16 € en prévente jusqu’au 29 octobre, puis 18 € en ligne dès le 30 octobre ou sur place ; le billet deux jours est à 30 € et le tarif réduit à 15 €. Pour le stationnement, le forfait parking et navette au Groupama Stadium coûte 8 € avec réservation, tandis que le parking d’Eurexpo est plafonné à 11,50 € et gratuit pour les véhicules de plus de trente ans sur le P4, dans la limite des places.
Source et crédit photos @Epoqu’Auto et qui de droit






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