Mondial de l’Auto Paris 2026 : tops et flops de la rédac’
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Mondial de l’Auto Paris 2026 : tops et flops de la rédac’

Alpine A310 Vision - Mondial de l'Auto Paris 2026
Alpine A310 Vision - Mondial 2026

Pour paraphraser un collègue et ami : « le Mondial 2026, c’est moins bien qu’avant le COVID, mais c’est le meilleur d’après COVID ». Cela me semble une belle et bonne façon de décrire l’édition 2026. Voici la sélection des tops et flops du dernier salon de automobile de Paris.

Les tops

Alpine A310

Nous reviendrons plus tard sur l’ensemble des concepts cars de cette édition. En attendant il y en a un en particulier qui nous a ému, c’est bien l’Alpine A310 Vision (lire ici). Évocation de l’A310 originale, 50 ans après sa sortie, ce concept joue la sportivité à fond. Ailes ajourées façon Porsche 911 GT3 RS (lire ici), gueule de squale, arrière rebondi, l’A310 Vision semble assez réaliste pour entrer en production rapidement. Sur la base technique de la prochaine A110 ? On peut l’espérer…

Alpine A310 Vision - Mondial de l'Auto Paris 2026
Alpine A310 Vision – Mondial 2026

Le stand Ford

En cette journée presse, la gamme Ford n’est pas très représentée sur le stand. A la place, une magnifique brochette de sportives iconiques de la marque (lire ici) : Escort RS2000, RS200, Focus WRC. Mais aussi la RedBull F1 qui vient de gagner sa première course avec son unité de puissance Ford. Une première victoire d’un moteur Ford depuis 1999 (GP d’Europe, Johnny Herbert sur Stewart SF3). Seul modèle commercialisé en ce moment : la Mustang GTD (lire ici). Il y a quand même pire comme représentante !

Ford Mustang GTD
Ford Mustang GTD

Renault 5 Turbo 3E

Alors bien entendu ce n’est pas une nouveauté. Mais quel bol d’air frais de voir Renault oser nous proposer cette folie à son catalogue. La R5 Turbo 3E (lire ici) est présente en deux exemplaires sur le stand. La première dans une teinte bleue plutôt sage, et une autre dans une teinte oscillant entre le marron et le violet selon les reflets. Magnifique à nos yeux. La voiture est brutale, outrancière, tellement dans la lignée de la turbo originelle ! Merci Renault de nous faire encore rêver avec cette capacité de nous échapper de la tiédeur ambiante du milieu automobile actuel.

R5 Turbo 3E - Mondial de l'Auto Paris 2026
R5 Turbo 3E – Mondial 2026

JAS Tensei, la NSX renaît à Paris

Dévoilée au public du Mondial 2026, la Tensei marque un tournant (lire ici). JAS Motorsport, partenaire moteur de Honda depuis 1998, signe son premier modèle routier : une relecture de la NSX première génération, dont le précurseur HP-X fut dessiné par Pininfarina puis testé par Ayrton Senna. Le projet fait passer JAS de constructeur de compétition à fabricant de séries limitées, près de Milan.

JAS Tensei - Mondial de l'Auto Paris 2026
JAS Tensei – Mondial 2026

Seuls 35 exemplaires seront produits, dès 880 000 € hors taxes, le client apportant sa NSX d’origine. Sous la carrosserie en carbone, un V6 3,5 litres rebâti par Judd développe 425 ch, associé à une boîte manuelle à six rapports. Face aux hypercars hybrides de 1 000 ch, JAS joue la pureté analogique : c’est une Singer, mais inspirée par le futur plutôt que par le passé. Elle est exposée dans l’Ultimate Supercar Garage, aux côtés de la Prelude HRC Concept.

JAS Tensei - Mondial de l'Auto Paris 2026
JAS Tensei – Mondial 2026

Les flops

Quelle(s) inspiration(s) ? Du passé pour imaginer l’avenir ?

Les concept cars ont de tout temps été les stars des salons. Souvent utilisés pour tester la réaction du public devant de nouvelles idées de fonctionnalités ou de design. Dans les années 50 ils s’inspiraient souvent du futur : la conquête de l’espace, l’aéronautique. En 2026 ? Ils s’inspirent… du passé.

Citroën 2 CV Concept
Citroën 2 CV Concept – Mondial 2026

La 2CV chez Citroën, la R8 Gordini et l’Espace chez Renault, la 205 T16 ou la RCZ chez Peugeot. Même l’Alpine A310 (un des tops de la rédac’) fait partie de cette marée nostalgique. les constructeurs semblent ne plus oser innover. Le passé est rassurant, la nostalgie est peut-être la façon la plus simple (fainéante ?) de susciter l’émotion. Mais ce manque d’innovation attriste. C’est peut-être un mal du siècle qui ne touche pas uniquement l’automobile. Le cinéma n’arrête pas de nous ressortir des version de films de notre enfance. Ou au mieux des suites.

R8 Gordini concept - Mondial de l'Auto Paris 2026
R8 Gordini concept – Mondial 2026

Mais revenons à ces ré-interprétations, le résultat est inégal en fonction des marques. Chez Renault (et assimilés) ce ne sont pas que les concept car qui sont touchés, c’est toute la gamme : R4, R5, Twingo, Alpine A110. Mais ça fonctionne. Si la R8 Gordini fait sourire (dans le bon et mauvais sens du terme), l’Espace semble plus abouti comme idée. Un revival des monospaces peut-être ? Pas très fan de ce type de véhicules, mais cela changerait quand même des SUV’s qui ont envahi toutes les gammes de tous les constructeurs.

R4 JP4x4 concept - Mondial de l'Auto Paris 2026
R4 JP4x4 concept – Mondial 2026

Chez Peugeot, c’est beaucoup moins convaincant. Et n’allez pas nous taxer de ne pas aimer le lion. Bercé par Peugeot, c’est une marque à jamais chère à notre cœur. La 205 T16 avait sa place sur les posters de nos chambre d’adolescent. Mais la E-T16 n’a pas réussi à nous émouvoir (lire ici). Un peu trop sage peut-être ? Ou bien c’est l’impression qu’elle ne fait que « répondre » à la Renault 5 turbo 3E ?

Peugeot E-T16 concept - Mondial de l'Auto Paris 2026
Peugeot E-T16 concept – Mondial 2026

Quand au RCZ Vision, il n’a pas l’élégance de la RCZ originelle. Et la ligne du pavillon déséquilibre la ligne globale. Vraiment dommage.

Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision

Reste le cas de l’Alfa Romeo Cuorerosso. C’est beau, comme une Alfa. Sportif, comme une Alfa. Mais l’émotion n’était pas là. Une impression de déjà vu. Superbe Alfa Romeo 8C sort de ce corps ! Et pas que chez la marque au trèfle. Les concepts Mazda Soul Red et Vision Coupé présentaient déjà des volumes très proches, sans parler des couleurs.

Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso

Un concept malgré tout nous a tapé dans l’œil (et franchement on s’étonne tout seul à cette idée) : le Fiat Multiplay. Les rappels au Multipla de la fin du vingtième siècle sont bien là, mais les proportions sont différentes.

Fiat Multiplay
Fiat Multiplay

Et nous avons directement pensé au vaisseau Eagle Transporter de la série Cosmos 1999, même si cette référence ne parlera qu’aux « vieux boomer ».

Eagle Transporter - Cosmos 1999
Eagle Transporter – Cosmos 1999

De son côté, le concept Opel STX est bien sympa dans la lignée « break de chasse » et échappe à l’appel de la nostalgie. La renaissance du break, dénommé Sportwagon, Sportourer ou encore Touring Sport chez certains constructeurs. Peu importe le nom, c’est la forme qui compte. Et aujourd’hui, face à un SUV digne d’un parpaing, un break familial a l’air (très) sportif, un comble lorsqu’on repense à l’image du break avant l’avènement des SUV’s.

Opel STX Concept
Opel STX Concept

Quelles sportives ?

Alors que les concept cars, même si nous vennons de les critiquer, s’inspirent encore beaucoup des modèles sportifs historiques des marques, il est triste de constater que cette catégorie de véhicules a pratiquement disparu des catalogues de marques. Sur le salon voici la liste exhaustive des nouveaux véhicules « sportifs » présentés :

Chez Mercedes on commence par la AMG GT-63 coupé 4 portes (lire ici). Une concurrente électrique directe de l’Audi E-tron et de la Porsche Taycan : 1 169ch, 2 995kg ! Près de 3 tonnes !!! A côté de ce porte étendard, une AMG CLA 45 (lire ici). Tiens, une « petite » berline sportive. Électrique elle aussi, 680ch. Quelle inflation par rapport à la Classe A/CLA 45 actuelle qui dépasse juste les 400ch avec un moteur thermique. Mais 2 700kg sur la balance !

Passons chez Stellantis (lire ici) qui présente trois sportives électriques de 280 ch : la Peugeot 208 e-GTi (lire ici), la Lancia Ypsilon HF (lire ici) et l’Opel Corsa GSE (lire ici). Tiens, c’est marrant comme elles se ressemblent ?! Vous me direz, la Peugeot 106 16v et la Citroën Saxo VTS 16v étaient en leur temps des jumelles.

Peugeot 208 e-GTi - Mondial de l'Auto Paris 2026
Peugeot 208 e-GTi – Mondial 2026

En attendant, nous allons finalement nous laisser tenter pour les prendre toutes les 3 à l’essai. En espérant qu’elles seront typées suffisamment différemment l’une des autres pour que le choix ne se résume pas uniquement à une calandre et une couleur de sellerie. Et après l’essai de l’Alpine A290 (lire notre essai ici), qui reste à ce jour la seule sportive électrique à nous avoir donné du plaisir de conduite, ce sera une bonne façon d’étalonner l’offre Stellantis.

Enfin chez les chinois omniprésents avec leur SUV’s interchangeables, la Denza Z (lire ici) se démarque. C’est… joli. Pas super excitant, mais joli quand même. Électrique (encore), 1 600 ch, 300km/h. Pas de données sur le poids sur la brochure officielle, mais il semblerait que cela oscille entre  2.2 et 2.3 tonnes. Difficile de se faire un avis. 170 000 € à mettre dans un coupé sport ? Est-ce que l’on hésiterait vraiment entre une Denza surpuissante et une Porsche homogène (et à la valeur de revente certainement plus sécurisante) ?

Denza Z - Mondial de l'Auto Paris 2026
Denza Z – Mondial 2026

Heureusement Lotus présentait toute sa gamme. Si l’Eletre X (hybride) et l’Emeya sont trop volumineuses pour être véritablement sportives, la supercar électrique Evija (lire ici) est encore d’actualité en design. Mais la grande nouveauté reste l’Emira 420 Sport (lire ici). Elle bonifie encore l’Emira (déjà magnifique) avec ce traitement sport. La plus belle voiture du salon (nous ne sommes peut-être pas 100% objectif, avouons le) ?

Lotus Emira 420 - Mondial de l'Auto Paris 2026
Lotus Emira 420 – Mondial 2026
Lotus Emira 420 - Mondial de l'Auto Paris 2026
Lotus Emira 420 – Mondial 2026

Bref, il est bien loin le temps où nous allions sur les salons pour me délecter de l’offre sportive des constructeurs.

Le Mondial de Paris 2026 annexé en douce

Sur plus de soixante marques présentes, 25 sont chinoises, contre dix en 2024. Sans historique patrimonial ; contrairement aux marques occidentales ; donc totalement décomplexées et tournées vers toutes les technologies. Encore deux éditions et le salon changera de nom pour « Mondial de l’Auto de Shenzhen-sur-Seine ». Rappel historique, on n’a rien vu venir (enfin si). En 2022, faute de participants, la Chine s’était retrouvée à l’honneur : les organisateurs cherchaient des exposants, elle avait de la place à remplir. Le salon est passé de 24 marques en 2022 à 48 en 2024. Pendant ce temps, BMW et Mini ont annulé leur venue, et Aston Martin, Bentley (lire ici), Ferrari, Jaguar (lire ici), Lamborghini, Maserati et Porsche (lire ici) n’ont même pas pris de stand. Les invités se désistent, les voisins s’installent.

Li Auto L6
Li Auto

Stratégie, on ne vient pas pour le buffet. Chez Chery, on débarque avec plus de cinquante points de vente, pas avec trois voitures dans un hangar. BYD affiche 130 concessionnaires, et Xpeng vise 9 000 ventes au lieu des 7 000 prévues. Même le luxe, chasse gardée des Allemands, est dans le viseur. Positionnement, le rapport qualité-prix est une arme de destruction massive (oui). Leurs prix sont inférieurs de 15 à 30 % à ceux des équivalents européens. Seul bémol : l’image de bas de gamme résiste chez les Français, ce qui, chez nous, est presque une marque de fabrique nationale.

BYD
BYD

Les Européens ripostent : 18 marques cette année contre 11 en 2024, et un accord UE-Chine limite l’importation d’hybrides chinoises. Mais c’est oublier la production de voitures chinoises sur le sol Européen. Encore un coup d’épée dans l’eau de la part de Bruxelles. Chez eux, 130 marques se disputent le marché. Pas toutes ne viendront à Paris, et pas toutes ne survivront (lire ici).

Conclusion

Ce Mondial de l’Auto Paris 2026 était malgré tout une bouffée d’air frais. Le premier vrai salon de l’auto à Paris depuis le COVID. Alors bien sûr il n’était pas parfait, mais la présentation globale des stands étaient de qualité, les marques ayant joué le jeu avaient fait de vrais efforts pour rentre les stands accueillants.

Seule manquait la passion, trop peu représentée dans l’ensemble. Les constructeurs étant plus à blâmer que les organisateurs du salon pour cela. Lotus étant la seule marque d’exception à avoir fait le déplacement. Et si vous n’êtes pas intéressés par les SUV’s hybrides électriques ; quelle overdose ! ; vous pouvez optimiser votre visite en moins de 2h, expositions annexes comprises (dont celle sur les supercars).

Crédit photos @Automotivpress, Raphcars, Stellantis

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