Stellantis au Mondial 2026 : six concepts, un hangar et beaucoup de madeleines
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Stellantis au Mondial 2026 : six concepts, un hangar et beaucoup de madeleines

Stellantis - The night before - Mondial Auto Paris 2026
Stellantis - The night before

Pour tourner la page des mauvais bilans, Stellantis a sorti six concept-cars d’un hangar de Meudon, la veille du Mondial 2026. Au menu : de la nostalgie, de la modestie affichée et le serment que « non, non, ce n’est pas un modèle de série ». Visite guidée.

Pour une soirée de presse, rien n’est trop beau : Hangar Y, lumières tamisées, révélations à la chaîne. Stellantis a lancé le Mondial avec « The Night Before ». Le groupe y promet plus de 60 véhicules, neuf concepts, huit marques et le plus grand stand du salon. Huit marques contre quatre en 2024 : quand on veut rassurer, on occupe le terrain.

Stellantis 6 concepts - Mondial Auto Paris 2026
Stellantis 6 concepts – Mondial Auto Paris 2026

Car il y a un plan de redressement à vendre, baptisé « FaSTLAne 2030 ». Il pèse 60 milliards d’euros, avec plus de 60 lancements et 50 restylages majeurs d’ici 2030. Soixante-dix pour cent des investissements vont à quatre marques mondiales Jeep, Ram, Peugeot, Fiat et à Pro One. Citroën, Opel et Alfa Romeo, promues « marques régionales », profitent des mêmes technologies tout en gardant leur différence. Traduction libre : débrouillez-vous avec la plateforme commune, mais soyez uniques. C’est la mission de Gilles Vidal, l’ex boss du design Peugeot et nouveau patron du design Europe. Six marques, six copies à rendre.

Citroën 2 CV Concept : la sobriété en rouge vif

Soyons honnêtes : c’est la plus sympathique mais aussi la plus « cheap ». Avec 3,76 m, elle est plus courte que la 2 CV d’origine, à contre-courant d’un marché qui enfle. Citroën vise une masse proche d’une tonne, pour une batterie plus petite et moins chère. La série, attendue vers 2028, serait fabriquée en Europe pour un prix de départ « proche de 15 000 € », entre l’Ami et la C3. Le mot « proche » fait ici beaucoup de travail. Oublié le superbe concept Revolte du Salon de Genève 2009.

Citroën 2 CV Concept
Citroën 2 CV Concept
Citroën 2 CV Concept
Citroën 2 CV Concept

Le concept 2 CV déborde de clins d’œil. La radio amovible s’appelle « Radioën » et les pédales portent une tortue pour le frein, un lapin pour l’accélérateur. Les chiffres 48/90/26 sur le pare-brise, au format de vignette fiscale, renvoient au salon de 1948, à la fin de production en 1990 et à 2026. Les rangements de portes sont conçus pour accueillir des œufs. On attend avec impatience le premier crash-test à la douzaine. Le tout dissimule un programme sérieux : réparabilité, pare-chocs remplaçables séparément, prises d’air directes sous le pare-brise. Derrière la tortue, il y a un cahier des charges et une version camionnette utilitaire. La version de série sera plus jolie. Ouf, on respire.

Citroën 2 CV Concept
Citroën 2 CV Concept

Peugeot RCZ Vision : le lion sous stéroïdes

Peugeot, lui, ne fait pas dans l’œuf. Héritier du coupé RCZ (2009-2015), il étrenne le langage « Feline Future », bâti sur cinq principes : « Liberté, Courage, Élégance, Force, Instinct ». La chute de toit n’a rien de naturel, faisant bricolage. Il ne manque que la pause-café. Les chiffres sont à la hauteur : 500 ch, jusqu’à 600 km d’autonomie, une charge de 10 à 80 % en dix minutes, grâce à une batterie à électrolyte solide conçue avec Factorial Energy et une architecture 1 000 V. La consommation annoncée, 11,5 kWh/100 km, reste « à confirmer ». Un classique du genre.

Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision

Côté conduite, le volant n’est plus relié aux roues. Il n’y a plus de liaison mécanique : c’est du « Steer-by-Wire », avec une rotation d’un peu moins d’un tour. Le RCZ Vision est aussi la première Peugeot en « Brake-by-Wire ». L’astuce la plus drôle est ailleurs : les écrans MicroLED transparents peuvent s’éteindre au point de quasiment disparaître. Enfin un écran doté du sens de la discrétion. Le volant « Hypersquare » de série équipera la prochaine E-208. Le coupé fait rêver, la citadine paiera l’addition.

Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision
Peugeot RCZ Vision

Alfa Romeo Cuorerosso : un cœur rouge, des promesses floues

Le nom associe « cœur » et « rouge » en italien, et Alfa Romeo précise que le coupé ne préfigure aucun modèle de série précis. Autrement dit : on vous montre une magnifique voiture (comme le sont toutes les Alfa), mais ne passez pas chez le concessionnaire. Le coupé 2+2 mesure 4,70 m de long, 1,98 m de large et seulement 1,33 m de haut. Malgré la batterie, il ne prend que 90 kg sur une Giulia Quadrifoglio (lire notre essai ici).

Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso

La philosophie maison s’appelle « Bellezza Necessaria », la beauté nécessaire. Pour la version reine, Alfa suggère un V6 2.9 full hybrid, Q4 et arbre de transmission en carbone. En mode Quadrifoglio, l’éclairage de l’habitacle s’atténue. Ambiance boîte de nuit milanaise, casque de pilote en option. Le message est limpide : la Giulia et le Stelvio ont chacun plus de dix ans. Alfa Romeo jure de continuer à faire des voitures pour ceux qui aiment conduire. Merci, c’est rassurant de savoir que ce n’était pas acquis.

Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso
Alfa Romeo Cuorerosso

DS F3VER : le « 3 » qui se prend pour une lettre

DS a écrit « F3VER » avec un 3, car trois lettres de l’alphabet, c’est trop banal. La marque répète qu’il n’annonce pas de modèle précis, mais ses 4,19 m désignent clairement la future DS N°3. La série est attendue en 2028. Personne n’est dupe, et DS ne cherche pas vraiment à l’être.

DS F3VER
DS F3VER

L’allure tranche. Un élément vertical central, des optiques en Y, une peinture « Bleu Cosmique » qui vire, sous un fort éclairage, au violet… plus foncé que la Lambo du clip « Cosmic Girl » de Jamiroquai. À l’arrière, 16 panneaux LED. DS vante aussi un cerclage de toit personnalisable et sa philosophie « Design Intelligence », qui consiste à utiliser moins de pièces. L’habitacle reste un mystère : il n’était pas prêt, et les vitres très teintées gardent donc le secret. Un concept sans intérieur, c’est une robe de soirée sans invité. Reste l’espoir de DS : la DS 3 d’origine avait conquis les acheteurs et s’était vendue en nombre solide. On ne retrouve pas toujours son succès en changeant le numéro.

DS F3VER
DS F3VER
DS F3VER
DS F3VER

Fiat Multiplay : la voiture qui ne savait pas choisir

Fiat, elle, a décidé de ne pas choisir. À 4,45 m, le Multiplay combine l’espace d’un monospace, le caractère d’un SUV et la fonction d’un pick-up. Son montant C « Metamorfosi » le fait passer d’une configuration 6+1 à un pick-up quatre places à benne ouverte. Le « +1 » est un siège pour animal : sans dossier, et tapissé de vert. Une gamelle est logée dans la porte et une laisse dans le coussin. Le chien est mieux équipé que le passager du milieu. Et c’est tant mieux. Ouarf !

Fiat Multiplay
Fiat Multiplay

Le « Sunseat » convertit le siège avant en chaise longue, pendant la recharge. Sieste électrique garantie. Fiat prévient que ce n’est qu’un « laboratoire de solutions », pas une série. On y retrouve pourtant le Concept Pick-Up de 2024 et les LED pixélisées de la Grande Panda. Le nom évoque les deux Multipla, celle de la 600 et celle de 1998. Fiat honore donc deux heures de gloire, dont l’une controversée.

Fiat Multiplay
Fiat Multiplay
Fiat Multiplay
Fiat Multiplay

Opel STX Concept : le break, ce meuble roulant

Pendant que tout le monde fait du SUV, Opel sort un break. STX veut dire « Sports Tourer eXperimental », un break électrique à quatre roues motrices. Sa vitesse maximale dépasse 200 km/h, et Opel n’en dit pas plus sur la technique. Le suspense technique est donc total.

Opel STX Concept
Opel STX Concept

L’effort porte sur le visage. Le « Vizor », né sur le « GT X Experimental » en 2018 puis lancé avec le Mokka en 2021, gagne en hauteur et en présence. À contre-courant de la tendance qui affine les faces avant, il se fait plus imposant. Des lamelles verticales inclinées entourent le Blitz illuminé du Compass. Opel invoque son pedigree : l’Olympia Rekord Caravan de 1953, premier break de grande série d’un constructeur allemand. Le STX donne aussi des indices sur la prochaine Astra, et la marque n’oublie pas ses Mokka, Frontera et Grandland. Bref, un break au milieu des SUV : un courage qui force le respect, ou un fantasme de maire de village.

Opel STX Concept
Opel STX Concept
Opel STX Concept
Opel STX Concept

Le bilan des chroniqueurs (nous)

Au fond, un fil relie ces six études : la nostalgie. Stellantis ressort des icônes pour concurrencer Renault sur ce terrain. Seul le RCZ Vision fait de la surenchère. Les autres promettent la sobriété : la 2 CV à prix doux, le Multiplay modulaire, un break qui refuse les kilos. Il fallait y penser avant, mais mieux vaut tard que jamais.

Stellantis 6 concepts - Mondial Auto Paris 2026
Stellantis 6 concepts – Mondial Auto Paris 2026

Reste la grande question : que verra-t-on en concession ? Fiat et Alfa Romeo jurent qu’aucune série n’est prévue, Citroën et DS visent 2028. Le concept-car, c’est l’art de promettre sans s’engager. Rendez-vous en 2028. N’oubliez pas les œufs.

Source et crédit photos @Stellantis et Automotivpress

A propos de l'auteur

Pierre Henri Brautot

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