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Essai Ford Fiesta ST : Aire de jeux

Ford Fiesta ST
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Difficile de se montrer original sur cet article. Toute la presse a déjà encensé la Ford Fiesta ST comme la meilleure petite sportive actuelle. Alors que raconter de plus ? Il va pourtant bien falloir que je me fasse ma propre idée. La Fiesta ST est-elle véritablement la meilleure de sa catégorie ? Peut-être en effet. Mais avant de vanter ses louanges, attardons-nous tout d’abord sur ses défauts.

Ford Fiesta ST
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J’ai accepté par erreur ton invitation…

Comme dans la chanson des Louise Attaque, on se dit au premier abord qu’on s’est loupé en invitant la copine moche.

Le style extérieur par exemple. De mon point de vue les designers Ford n’ont pas eu la main heureuse avec la Fiesta. Son look de « minispace » avec ce capot plongeant, totalement « mangé » par des phares dont la taille semble plus adaptée à un camion semi-remorque qu’à une citadine, son profil sans véritable personnalité, sa calandre au choix d’inspiration Aston Martin ou poisson ventouse prêt à nettoyer les parois de l’aquarium. Je ne peux que me résoudre à l’évidence, la jolie Fiesta XR2i de mon enfance a accouché d’une descendance peu gâtée par la nature.

Ford Fiesta ST
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L’habitacle maintenant. Le tableau de bord est certes assez moderne dans son design, mais il n’en est pas pour autant sexy. Palme de la faute d’ergonomie : l’écran multifonctions engoncé dans un tunnel aussi loin du regard du conducteur que faire se peut. Il ne devait pas rester de place dans la boite à gant, sinon nul doute que les ingénieurs l’y auraient logé.

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Vous l’aurez compris, si je ne devais craquer que sur le design, la Fiesta ST n’aurait pas la partie facile face à, par exemple, une Peugeot 208 GTi. Mais heureusement pour elle, elle arrive à se grimer dans cette version sportive de quelques atouts qui rattrapent (un peu) son manque de charme naturel.

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Tout d’abord ses attributs extérieurs. Spoiler avant bien ajouré pour une touche de virilité bienvenue. Belles jantes alu de 17 pouces laissant entrevoir des étriers de freins rouge. Bas de caisse arrière en forme d’extracteur et petit aileron au-dessus de la vitre-arrière. La petite Ford n’en devient certes pas belle, mais elle y gagne quand même un peu en charme.

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A l’intérieur c’est un peu pareil. Le style de la Fiesta standard reste tristounet mais l’ajout de sièges Recaro, d’un volant sport et, petit gadget sympa, les seuils de portes siglés d’un ST rouge lumineux, tout cela réussi à faire bonne figure et rendre la voiture un poil moins déprimante. Reste à voir ce que ça donne au volant.

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Let’s go party !

Premier constat, la position de conduite est facile à régler et ne serait-ce la dureté un peu trop prononcée des sièges, il n’y aurait que peu de reproches à faire à ce stade.

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Coup de clé, le petit 1.6L de 182 ch s’ébroue dans une tonalité évocatrice. Petit mais plein de bonne volonté ce bouilleur. Les premiers tours de roues font rapidement apparaître une suspension relativement ferme, mais qui reste d’un confort acceptable. La direction semble elle aussi plutôt réussie dans la circulation : ni trop ferme ni exagérément assistée, elle se fait totalement oublier ce qui, en l’occurrence est un compliment.

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Arrivée sur des routes plus propices, la Fiesta ST s’ébroue et se lance à l’assaut du bitume. Rageur, le moteur n’est pas d’une folle brutalité, mais son grondement rajoute une bonne dose de sensations, rendant la moindre accélération plutôt ludique. Voici donc un premier bon point : la Ford arrive à provoquer un peu d’émotion par un caractère mécanique vivant. La boite 6 rapports se manie sans difficultés, seul le pédalier peut pour l’instant prêter à la critique, la position des pédales ne permettant pas un talon-pointe naturel. Mais si cela implique de rétrograder avec un minimum de délicatesse, c’est sans entacher le fait que moteur et boite sont très bien harmonisés.

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Dès les premiers virages, la ST confirme les bonnes intentions que tout le monde semble lui prêter. Quelque peu sautillante si la chaussée n’est pas parfaite, elle n’en reste pas moins sécurisante, jamais la fermeté générale ne déstabilisant l’auto de façon inquiétante. Le train avant semble toujours rivé au sol, que ce soit dans les phases d’inscription comme lors de la sortie de courbe. Je n’arrive pas à le prendre à défaut (sur route sèche en tout cas). Le point de corde est atteint à peine visé et même avec une accélération brutale, les pertes de motricité sont minimes.

Ford Fiesta ST
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Tout cela sert l’efficacité sans aucun doute, mais pas forcément le plaisir. C’est là qu’intervient le train arrière. Léger et mobile, il dérive à la demande au levé de pied et permet de placer la Fiesta sur les freins. Je me prends vite au jeu d’arriver fort dans les courbes, de freiner en appui et de profiter de cette mobilité pour pouvoir remettre les gaz au plus tôt, m’appuyant alors sur le train avant pour à la fois stabiliser l’arrière et catapulter la voiture hors des courbes. Le contrat est donc rempli. Efficace et joueuse, la Fiesta ST réussit là où la majorité de ses concurrentes actuelles échouent : concilier efficacité et plaisir.

Ford Fiesta ST
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Certes en termes d’efficacité, la Ford Fiesta ST est peut-être un ton en dessous des sportives tricolores que sont la Renault Clio RS 200 EDC et la Peugeot 208 GTi, mais sur route ouverte en tout état de cause, aucune des trois ne saura être conduite à ses limites. D’ailleurs lors de mes essais des deux françaises, j’avais parcouru ces mêmes routes à un rythme bien plus élevé sans ressentir le quart du plaisir restitué par la Fiesta.

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Je suis donc bien obligé de faire le même constat que les essayeurs qui m’ont précédé : la Fiesta ST semble bien être la plus amusante de la catégorie des petites bombinettes. Et au cours de cet essai, j’avoue avoir ressenti une partie du plaisir que j’avais pu avoir dans ma jeunesse à bord de la Citroën Saxo VTS. Mais avec une différence notable cependant.

Ford Fiesta ST
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Si la Fiesta, tout comme une bonne partie des GTi de la fin du siècle dernier, brille plus par le plaisir qu’elle distille à son conducteur que par son équipement, elle s’en dénote sur un point particulier. Là où une Saxo était joueuse, vivante et communicative, elle se montrait aussi délicate et parfois à la limite du vicieux. J’ai des souvenirs émus de quelques virages abordés près de la limite raisonnable, serrant les fesses à l’idée que l’arrière allait passer devant.

Au volant de la Ford, malgré un long essai sur des routes parfois piégeuses et tourmentées, je n’ai jamais eu le sentiment que l’auto était proche de m’échapper. Certains diront que c’est peut-être l’âge, l’expérience et la moindre prise de risque qui parle. Ce n’est peut-être pas faux. Mais n’explique cependant pas complètement ce sentiment.

Ford Fiesta ST
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Je pense réellement que la Fiesta est fondamentalement une voiture saine et stable. Ce qui rend son équilibre d’autant plus réussi du coup. Il faut donc féliciter les ingénieurs de Ford pour avoir su donner autant de qualités au châssis de leur auto.

Nous voici donc avec une voiture de sport un peu “old school”, délaissant le suréquipement et la recherche de design à la pointe de la mode pour se concentrer sur les plaisirs mécaniques et le feeling. Au premier abord, le pari semble risqué car la tendance actuelle n’est pas véritablement au sport mécanique. C’est en tout cas ce que semblent penser toutes les concurrentes qui donnent parfois l’impression de vouloir s’excuser d’être les versions haute performance de petites citadines en se positionnant comme les versions « haute couture ». Mais, pour moins de 25 000 euros la Ford permet de se payer une sportive neuve efficace, amusante et qui ne rechignera pas à passer une journée sur circuit à l’occasion. Bref, la voiture des copains, c’est elle !

Malgré son look peu avenant, la Fiesta ST réussit à trouver sa voie là où la concurrence semble s’être perdue en chemin : donner du plaisir au volant pour un tarif raisonnable. Elle arrive de plus à le faire sans renier ni sur l’efficacité, ni sur une sécurité passive de grande qualité. Alors oui, je dois bien l’avouer, si la presse dans sa quasi-totalité a plébiscité cette petite Ford, ce n’est pas sans raisons. Elle devient aujourd’hui la gardienne du temple des petites bombinettes et n’a par ailleurs jamais aussi bien porté son nom : avec la ST, c’est la fiesta tous les jours.

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