Essais Ford

Essai Ford Focus ST 2019 : Sportive du quotidien

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher - France, october 1, 2019 - Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

La Ford Focus ST est un classique depuis maintenant 17 ans. La série initiée avec un 5 cylindres d’origine Volvo a su évoluer au fil des générations, se positionnant toujours comme la sportive raisonnable de la gamme. Alors que la 3ème génération nous avait beaucoup plu, la dernière mouture arrivera-t-elle à se montrer digne de ses ancêtres ?

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher – France, october 1, 2019 – Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

Car oui, il y a une certaine pression désormais lorsque la marque à l’ovale nous présente une compacte sportive. Il faut dire que la lignée est prestigieuse. De la Cortina aux générations précédentes de Focus, en passant par les multiples Escort, le pedigree est impressionnant, tant sur la route que dans les compétitions mondiales. Depuis l’avènement de la Focus, la ST ne représente cependant pas la plus haute marche de la gamme sportive (réservée au blason RS) mais plutôt la sportive polyvalente.

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher – France, october 1, 2019 – Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

Design extérieur

La Ford Focus, c’est un peu le changement dans la continuité. Les proportions ne changent pas véritablement par rapport à la version précédente. Cependant les lignes semblent s’être un peu adoucies. Les ailes sont plus marquées, la courbure du capot s’être un peu arrondie. La ligne est certes modernisée, mais les codes stylistiques restent les mêmes. Le plus gros changement visuel est certainement le nouveau dessin de la calandre. Plus consensuel que précédemment, elle perd son air d’Aston Martin pour adopter un visage plus « souriant ». Personnellement j’aimais bien le dessin précédent que je trouvais plus agressif. Mais il faut avouer que sur une version moins sportive, le nouveau dessin est plus réussi. A l’arrière l’effet est inverse. La Focus 3ème du nom était plus fade que cette nouvelle voiture.

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher – France, october 1, 2019 – Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

La voiture que nous avons essayée est la version berline, cependant nous avons pu voir de près la version break et faut bien avouer que cette dernière est une belle réussite aussi. Surtout dans la belle couleur rouge Candy. Plus discrète que le toujours très sympathique Orange Fury. Détail amusant à propos de cette couleur emblématique de la Focus ST, elle est perçue de façon très différente selon l’éclairage. Bien pétante en plein jour, mon entourage la voyait à tour de rôle jaune pâle et même blanche dans la pénombre.

 

Un détail d’importance pour les pères de famille, ou les pistards, la nouvelle Focus troque son pot d’échappement central pour deux sorties latérales de chaque côté du pare-chocs. Un détail crucial lorsque l’on cherche une voiture pouvant tracter une caravane…ou une remorque avec un track-toy. Personnellement je connais quelqu’un qui envisagera cette Focus avec beaucoup d’attention au moment de changer sa voiture familiale actuelle…

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher – France, october 1, 2019 – Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

Design intérieur

Comme toutes les compactes sportives, le design intérieur est toujours, au mieux, une extrapolation des versions plus raisonnables. Au mieux des sièges et un volant spécifiques, ainsi qu’un habillage plus flatteur. La Ford Focus ne déroge pas à la règle. Le tableau de bord ne déborde pas d’originalité et l’écran d’infotainment juste posé sur le haut du tableau de bord n’est pas des plus esthétiques. A sa décharge par contre il s’avère bien plus lisible et agréable que dans la version précédente. L’efficacité a primé sur le design. Pour le rien gâcher, ils sont aussi bien plus jolis selon moi.

Les sièges sont totalement revus par rapport à Focus 3 et c’est une excellente chose. En effet les assises de la Mk3 n’étaient pas des modèles de confort. Désormais ils s’avèrent à la fois doux pour les fesses tout en conservant un excellent maintien.

La position de conduite de la Focus ST ne souffre pas de critique particulière. Les réglages de l’assise et du volant sont suffisamment larges pour permettre à tous les gabarits de trouver leur place.

Au volant sur la route

Dès le démarrage, la Focus ST donne le ton. Son 4 cylindres 2.3L partagé avec la Mustang jusqu’il y a peu et avec la précédente Focus RS sonne juste. La sonorité grave qui parvient à nos oreilles est à la fois flatteuse et raisonnablement présente. Il y a dans ce moteur un petit je ne sais quoi de Boxter Subaru. A allure tranquille, la Focus ne fait pas ressentir ses gênes de sportive comme une contrainte. L’amortissement est plutôt tendre avec les vertèbres des occupants pour une sportive. Ajouté au confort des sièges, on en viendrait presque à douter des qualités de tenue de route de la voiture au moment de hausser le rythme. Et pourtant, dès que l’on commence à taquiner la pédale de droite, les 280ch de la bête se montrent bien présents.

Les qualités du moteur se confirment, tandis que celles du train avant se manifestent une première fois dans leur capacité à encaisser la puissance sans broncher. La Focus ST ne souffre pas de pertes de motricité, malgré les conditions humides dans lesquels l’essai s’est effectué. Roues droites ou en courbe, au moment de remettre les gaz, la remontée de couple dans le volant reste très maîtrisée (merci le différentiel à glissement limité) et il est facile de faire pointer la voiture exactement là où on le souhaite. Dans les grandes courbes comme dans les virages serrés, la voiture est d’une stabilité rassurante. Il est toutefois possible de jouer avec les transferts de masse pour enrouler avec une légère dérive du train arrière. Bref, comme son aînée, la Focus ST arrive à concilier efficacité et joie de vivre.

J’ai cependant l’impression que la dernière-née s’est un peu assagie par rapport à la ST précédente. Elle reste joueuse, mais s’avère un peu plus pataude (ce que confirme la fiche technique avec un poids en ordre de marche qui s’approche des 1.5 tonnes).

Sur circuit

Si l’essai sur route met en exergue la polyvalence de la Focus ST, les quelques tours de piste effectués sur le circuit de la Ferté Gaucher rassurent sur son côté sportif. Une fois enclenché le mode Sport ou le mode Track, la voiture tend à se raffermir et le moteur à gagner en vocalise. La Focus ne démérite pas dans cet environnement. Elle reste efficace et sa mobilité se confirme. Au pilote de choisir entre la trajectoire tendue et efficace ou la dérive amusante en levant le pied en appui. Dans tous les cas, la Ford se montre une compagne conciliante en téléphonant bien ses réactions.

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher – France, october 1, 2019 – Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

Conclusion

Une fois de plus Ford réussit son pari avec une Focus ST digne de sa lignée. A savoir facile au quotidien, amusante lorsque son pilote décide de la pousser un peu et efficace lorsqu’il s’agit d’aller taquiner le chrono. Elle est certes moins radicale que nombre de ses concurrentes, mais elle sait tout bien faire et permet de se faire plaisir pour un tarif toujours raisonnable. Comme elle gagne encore en confort et en praticité, il serait dommage de se priver. Bien entendu, il faudra attendre le 1er mars 2020 pour éviter la surtaxe de malus écologique que nous prépare le gouvernement pour ce début d’année (12 500€ avant le 1er mars,  4 026€ ensuite pour cette Focus ST).

during Ford Performance day, circuit de la Ferté Gaucher – France, october 1, 2019 – Photo Jean Michel Le Meur / DPPI

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