Essai Hyundai i20N, digne descendante… des GTi
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Essai Hyundai i20N, digne descendante… des GTi

Que reste -t-il de nos amours ? Ces petites bombinettes capables de vous faire goûter aux plaisirs de la voiture sportive sans vous ruiner ? Les normes environnementales, l’autophobie peut-être plus encore, les ont fait sortir des catalogues de la plus grande partie des constructeurs. Attendez… On me dit que ce n’est pas complètement vrai. Si nous avons bien fait nos adieux aux Peugeot 208 GTi (lire ici) et Renault Clio RS (lire ici), il reste encore un peu de monde sur le marché : Abarth 695 (lire ici), Mini Cooper S (lire ici), Ford Fiesta ST (lire ici), VW Polo Gti… La Hyundai i20N ne peut donc pas se reposer sur le manque de combattants pour convaincre. Tant mieux, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…

Design extérieur

Et le triomphe sera d’autant plus difficile que ce n’est pas par son physique que la Hyundai i20N (lire ici) va tout rafler. Oui, c’est mesquin d’attaquer le physique, mais il faut bien avouer que la Coréenne n’est pas vernie de naissance. Certes la beauté est subjective, mais ma subjectivité me dit que la voiture que j’ai sous les yeux n’est pas particulièrement jolie. Traits taillés à la serpe, profil 5 portes qui n’évoque pas la sportivité au premier abord, ceinture de caisse haute…La base n’est à mon sens pas des plus heureuses.

Cependant au département « N », il n’y a pas que des timides. Le maquillage sport a été tartiné à la truelle : bas de caisse rouges, aileron sur le coffre, jantes de 18 pouces bien ajourées pour laisser voir les étriers de frein rouges. Et par-dessus tout cela, vous me mettrez une belle couleur flashy : un bleu layette (Performance Blue, officiellement) qui vous aidera à retrouver facilement la voiture dans le parking. Si on peut remettre en cause la subtilité, on ne peut qu’apprécier le résultat final. En découvrant la voiture chez Hyundai France ma première impression est positive « Ouah, elle claque bien quand même ! ». Au final, ce que je demande avant tout à une petite GTi c’est d’assumer sa part de sportivité. La Hyundai i20N ne fait pas semblant, et j’aime ça.

Design intérieur

En ouvrant la porte, la première impression n’est pas exceptionnelle. La qualité des matériaux, sans être ridicule, n’est pas particulièrement flatteuse. Sièges en tissus, plastiques passe-partout. Une fois installé, cela semble moins important.

Le siège est plutôt joli malgré tout et s’avère assez confortable. Face au conducteur, le volant est même plutôt joli et précède un compteur digital simple mais agréable à l’œil. Fait intéressant, l’infotainment se prend facilement en main et l’écran tactile présente un bon niveau de réponse aux impulsions. Mais revenons un peu plus longuement sur le volant. Cuir, surpiqûres rappelant la teinte de la carrosserie, il est doté de toutes les commandes standard que l’on est en droit d’attendre d’une voiture moderne (audio, régulateur…). La petite touche « N » est rajoutée par deux touches bleues à portée de pouce, permettant de changer les modes de conduite (éco, normal, sport), ainsi que par un bouton rouge sur la partie droite permettant d’engager le mode REV qui ajoute le coup de gaz simulant le double débrayage. Nous verrons à la conduite si cela a un intérêt quelconque.

Au volant en semaine

Le réveil du moteur est plutôt engageant. Le 1.6L s’ébroue dans un grondement évocateur sans être excessif. Juste le bon niveau de sportivité évocatrice.

Dès les premiers mètres, ce qui frappe le plus… Ce sont mes vertèbres les unes contre les autres. Dieu que c’est dur !  Lors de mes essais, les premiers kilomètres sont toujours tranquilles et j’augmente le rythme au fil des jours. Au bout de 5 minutes, j’ai déjà envie de passer à la partie où je rends les clés en disant « Merci pour ce merveilleux essai, désolé je ne peux pas rester j’ai rendez-vous chez l’ostéo. »

En attendant, une fois mis de côté lombaires, coccyx et autres cervicales j’essaye de profiter de la voiture dans le cadre d’une utilisation normale. A part un rayon de braquage important, la Hyundai i20N est plutôt agréable. Le moteur est dynamique sans être trop pointu, l’équipement complet et la conduite de la voiture dans la circulation en région parisienne ne présente pas de problème particulier. De plus elle affiche un vrai côté pratique avec de relativement grandes places à l’arrière et un coffre pouvant facilement contenir tout ce que l’on peut acheter un samedi de course avec Madame.

Au volant en week-end

Mais si la Hyundai i20N est capable de rendre les services quotidiens d’une petite compacte, c’est au moment d’aller jouer un peu sur le réseau secondaire que je compte bien la juger. Cap donc vers les petites routes des Yvelines pour voir si cette GTi de dernière génération est bien à la hauteur de ses ainées.

Le 2.0L est vigoureux, ça je l’avais déjà perçu, mais lorsque le mode Sport est engagé, il fait preuve d’une rage bien sympathique. Tant au niveau de la sonorité que de la vigueur. Comme dans une bonne vieille 205 GTi, le volant tire dans les bras et il faut bien le cramponner pour aller tout droit lorsque les 204 ch sont libérés. Ce n’est jamais dangereux, bien au contraire, cela force à rester concentrer sur ce que l’on fait. Nous sommes là bien loin de ces voitures « modernes » avec lesquelles on peut arracher le bitume le bras à la portière.

A allure soutenue (mais raisonnable tout de même), la Hyundai i20N permet de mettre plus d’énergie dans les amortisseurs qui, du coup, prennent tout leur sens. Si la suspension reste ferme, elle devient malgré tout beaucoup plus prévenant avec le dos de son pilote. La fermeté passe de « exagérée » à « pertinente » dans ses conditions.

Le train avant se révèle précis, la direction bien calibrée et au ressenti naturel permet de bien lancer la voiture dans les courbes. Peu ou pas de sous-virage (sur sec), l’efficacité attendue est bien au rendez-vous. Au fil des courbes, la confiance aidant j’accélère le rythme. La Hyundai i20N continue à assurer l’inscription en virage sans rechigner et le train arrière montre des velléités de mobilité bienvenues. Pas de quoi là encore se faire peur, juste un coup de main pour enrouler le virage.

Le mode Sport qui libère la réponse à l’accélérateur, l’échappement actif et la direction est bien calibré. La différence avec le mode normal se fait bien ressentir sans verser dans la caricature.

Le mode « REV » apport le petit plus avec le coup de gaz à la descente de vitesse. Il permet de rouler vite en limitant les à-coups et apporte un fun supplémentaire indéniable.

Conclusion

La Hyundai i20N est une digne représentante de la lignée des petites bombes sportives initiées avec les Golf et 205 GTi. Performante, efficace et affublée des parements sportifs légitimes de cette catégorie de voitures, elle a complètement sa place dans la catégorie. Certes son look ne plaira pas à tout le monde, mais contrairement à la Fiesta ST par exemple, elle ne passera pas inaperçue.

Tant qu’on en est à la comparée avec sa rivale américaine, il faut admettre que la Hyundai i20N est moins confortable au quotidien et un chouilla moins drôle à emmener dans les virages. En contrepartie elle assume plus sa sportivité visuellement et se veut un peu plus performante (0.3 sec de moins au 0-100km/h).

La Hyundai i20N est donc un choix à prendre en considération si vous êtes intéressé par ce type de voiture. D’autant plus que la catégorie risque bien de disparaître dans les années à venir. Si elle ne brigue pas directement le trône (qui à mon sens revient toujours à la Fiesta), elle se pose en rivale sérieuse avec ses propres arguments.

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