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Essai Mazda MX-5 : quand le cavalier fait corps avec sa monture…

Mazda MX-5 1.8L Soft Top

Pour accéder au statut de mythe, une automobile peut prendre plusieurs routes. Certaines empruntent les chemins de la gloire au travers de la compétition, d’autres s’imposent dès leur naissance au sommet d’une hiérarchie déterminée en surpassant la concurrence. Quelques une enfin, s’imposent dans le cœur des passionnés en distillant des plaisirs simples à répétition. Devinez dans quelle catégorie se range la Mazda MX-5 qui fête ses 25 ans…?

Mazda MX-5 1.8L Soft Top
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Miatiste un jour, Miatiste toujours

Quelle est la différence entre le « garage de rêves » et le « garage idéal » pour un passionné ?
C’est simple : dans le garage de rêves, on retrouve toutes les voitures qui ont orné en poster nos murs d’adolescents, Aston Martin, Bentley, Ferrari, Lamborghini, Porsche, Rolls Royce… bref, des automobiles inaccessibles au commun des mortels et dont l’aura dépasse parfois le plaisir réel qu’elles sont capables de distiller.
Le garage idéal quant à lui se compose des voitures que l’on a aimées après les avoir véritablement côtoyées. En ce qui me concerne, ce garage idéal abrite notamment une Mini Cooper (l’original avant BMW), une Lotus Elise et une Mazda MX-5.

Mazda MX-5 1.8L Soft Top
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Forcément, avec une telle déclaration, l’essai de la dernière version en date du roadster japonais ne peut être totalement objectif. Cependant retrouver un ancien amour est toujours risqué car le souvenir peut embellir la réalité. C’est en tout cas avec une impatience réelle que j’ai récupéré l’exemplaire “True Red” mis à disposition par Mazda Automobiles France.

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Évolution continue de l’espèce

Si l’auto a bien grandi et grossi au fil des générations, elle reste une petite voiture et son côté sympathique est toujours d’actualité. Avec le face-lift intervenu il y a déjà près de 4 ans, la MX-5 a regagné un peu d’agressivité qui manquait au début à ce troisième opus. Nouveau dessins des phares plus affirmé, calandre acérée, sous certains angles l’auto dégage un aspect haut de gamme qui pourrait la mettre en concurrence esthétique avec des roadsters du calibre de la Honda S2000 ou BMW Z4.

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Autre gain notable esthétiquement, l’aspect un peu haut sur patte initial a été gommé grâce à des suspensions repensées. Globalement il s’agit là d’une jolie voiture au design équilibré et réussi. J’en veux pour preuve que même parée de petites roues de 16 pouces, elle reste élégante et racée.
Si l’extérieur est flatteur, l’intérieur, même dans sa finition « élégance cuir », ne transpire par contre pas la joie de vivre. Ce n’est pas tant la qualité des matériaux, globalement acceptable et à l’assemblage correct, mais plutôt la monochromie noire qui ne s’accorde pas au caractère joyeux de l’auto. Alors d’aucuns pourront répliquer que cette austérité est une spécificité de la MX-5 depuis son origine. Certes. Mais un petit grain de folie ne nuirait pas.

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Peu importe la puissance tant qu’on a la joie de vivre

Ceci dit, une fois au volant, l’ergonomie générale fait bien vite oublier la tristesse de l’habitacle. Volant cuir bien en main, sièges confortables avec un maintien correct, pédalier bien ajusté et joystick toujours parfait pour changer les vitesses, le conducteur est encore choyé dans la Mazda.
A défaut d’en prendre plein les yeux une fois installé, il est donc temps de se mettre à rouler. Le petit 4 cylindres 1.8L de 126 ch à 6 500 tr/min se réveille de façon très discrète, il s’agit du moteur d’entrée de gamme (chapeautée par un 2.0L de 160 ch à 7 000 tr/min et 190 Nm de couple à 5 000 tr/min) et il semble plus adapté à la promenade qu’au sport pur et dur. Cependant accouplé à la boite 5 rapports relativement bien étagée et surtout au guidage parfait, il ne parait pas aussi asthmatique que l’on pourrait le craindre (167 Nm de couple à 4 500 tr/min). Mieux même, il fait preuve de montées en régime plutôt sympathiques avec une sonorité qui gagne en rage avec les tours. Cette vitalité acoustique ne s’accompagne certes pas d’une accélération foudroyante (9.9 sec de 0 à 100 km/h revendiqué) mais elle s’avère au final plus réjouissante que la poussée des petits blocs suralimentés des GTi modernes, bien plus puissants, mais aussi plus linéaires et fades.

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L’importance des plaisirs quotidiens

Le plaisir au volant d’une MX-5 se prend, selon moi, avant tout décapoté. Une fois la poignée centrale de la toile déverrouillée, il suffit juste de lancer le toit vers l’arrière puis d’appuyer dessus pour qu’il se clipse. La manœuvre prend à peine 5 secondes, sans se presser. Largement plus performant que n’importe quel système automatisé. J’ai encore un souvenir espiègle en pensant à ce possesseur de Mercedes SL qui me regardait de haut tandis que son toit se repliait dans le coffre selon une cinématique complexe. Après 15 secondes d’ingénierie allemande, j’initiais mon kata à l’efficacité redoutable pour me retrouver décapoté et parti bien avant lui. Indiana Jones a dû ressentir le même plaisir en dégainant son pistolet pour se défaire du manieur de sabre dans son premier film… Mais trêve de taquinerie matinée de jalousie, revenons-en à la MX-5 une fois qu’elle a perdu son couvre-chef. L’impression qui s’en suit est toujours source de bonheur.

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Petit aparté sous forme de tranche de vie : après l’agression du réveil-matin, la préparation pour partir au travail, je monte dans la MX-5. Démarrage moteur, ouverture du toit. Tiens, les oiseaux gazouillent déjà à cette heure ? Ah, il devrait faire beau je vois les étoiles ! C’est agréable ce parfum dégagé par les arbres en fleur, je ne m’en étais pas rendu compte dans la précipitation de la journée.
Voilà ce qu’inspirent les 2 premières minutes de la journée au volant de la Miata (appellation américaine du roadster MX-5). Une Aston Martin V12 ne permettrait pas de profiter de ces plaisirs, obscurcis qu’ils seraient par le rugissement du moteur et l’odeur omniprésente du cuir pleine peau. Quel gâchis convenez-en…

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Une fois vraiment parti, c’est le plaisir de conduire qui prend le relai : suspensions souples pour préserver le confort tout en évitant d’être molles, chauffage efficace permettant de ne pas grelotter même par des températures proches de zéro. Au premier virage, cette impression déroutante que le train directeur est loin, loin devant. Mais cela n’entache pas la précision du placement, bien au contraire, cela semble même rendre la voiture encore plus réactive aux changements de cap. Il en résulte que même à allure réduite, le sentiment de piloter l’emporte sur celui de conduire.

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Savoir rester à sa place

Et le plaisir ne fait que croitre avec le rythme. A allure de sénateur le vent dans les cheveux et la direction informative apportent l’ensemble de la gratification. En mode sportif, l’ergonomie du pédalier (idéal pour le talon-pointe), associée au levier de vitesse qui se manie d’un “fouetté de poignet” permet de s’impliquer de façon naturelle dans la conduite. Enfin en mode « arsouille », le petit moteur volontaire et le châssis à l’équilibre excellent confèrent à l’auto une homogénéité qui démultiplie encore la joie de se trouver à la commande. Il s’agit là d’une propulsion facile, école de conduite pour cette architecture que je considère personnellement comme la plus noble pour une sportive.
Entendons-nous bien : la MX-5, dans cette version 1.8L, n’est pas une chasseuse de chrono. Son manque de puissance et sa suspension aux réglages « route » prononcée font trop de compromis pour satisfaire les plus purs habitués de “track-days”. Cependant elle reste suffisamment homogène et efficace pour répondre à une envie de jouer occasionnelle.
La version 2.0L est très certainement plus gratifiante avec le surcroit de puissance qui fait malgré tout cruellement défaut à la « petite ».

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On aime son efficience !

Fidèle au concept originel, la Mx-5 de troisième génération fait partie de ces voitures qui, au premier abord, ne déchaînent pas les passions des sportifs acharnés. Elle charme par contre n’importe quel passionné par sa polyvalence : un roadster fiable, pratique, joueur, sain, peu couteux, rassurant, grisant, fédérateur et aujourd’hui classique de l’automobile. Il y a en effet plusieurs moyens d’accéder au statut d’icône. Mazda a réussi, avec la MX-5, a dépasser le concept original (revival des roadsters anglais des sixties) pour créer son propre mythe : celui du roadster facile à vivre mais toujours capable de donner le sourire sur n’importe quel type de parcours. Le renouvellement de cette légende est imminent, espérons que, fort de la reconnaissance qui accompagne désormais la MX-5, Mazda nous fera l’honneur de versions encore plus performantes.

A propos de l'auteur

P. Lagrange (@Philagrange)

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