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60 ans d’Alpine à Rétromobile (partie 1)

60 ans d'Alpine à Rétromobile
60 ans d'Alpine à Rétromobile

Au Festival Automobile International, le concept Alpine Vision Gran Turismo l’annonçait, voici pour Alpine le moment de fêter son 60ème anniversaire et c’est Rétromobile qui ouvre une année de festivité pour la marque Dieppoise.

60 ans d'Alpine à Rétromobile
60 ans d’Alpine à Rétromobile

Bernard Ollivier, PDG de la Société des Automobiles Alpine, le déclare « Lorsqu’il a fondé la Société des Automobiles Alpine le 25 juin 1955, Jean Rédélé n’imaginait pas que ses créations susciteraient encore autant d’enthousiasme et de passion de nos jours… Pourtant, cette année 2015 sera bel et bien placée sous le signe du soixantième anniversaire d’une Marque devenue légendaire. Rétromobile est un salon sur lequel nous croisons chaque année de nombreux inconditionnels d’Alpine. Cette année, ils pourront se retrouver autour d’un espace dédié, matérialisant le passé, le présent et le futur de la Marque.

60 ans d'Alpine à Rétromobile
60 ans d’Alpine à Rétromobile

Au côté des modèles historiques que sont les A106 et Willys-Interlagos, notre concept Alpine Vision Gran Turismo devrait encore en laisser quelques-uns bouche bée ! Au croisement entre le passé, le présent et le futur, à la frontière entre la compétition et la série, ce modèle exclusif synthétise l’ADN d’Alpine au XXIe siècle.
En complément de notre engagement confirmé en compétition, ces évènements sont de nature à entretenir la flamme de ceux qui attendent impatiemment la révélation de notre futur modèle de série. Ce sera une autre histoire, à suivre jusqu’en 2016 ! »

60 ans d'Alpine à Rétromobile
60 ans d’Alpine à Rétromobile

1955, naissance d’Alpine

Né le 17 mai 1922, Jean est le fils aîné d’Émile Rédélé, concessionnaire Renault à Dieppe après avoir été le mécanicien attitré de Ferenc Szisz, premier « pilote d’usine » de la Marque au début du siècle. Dès la fin de ses études à HEC, Jean est remarqué par la direction générale de Renault pour ses idées commerciales novatrices. À seulement 24 ans, il devient le plus jeune concessionnaire de France en prenant la suite de son père. Avec le recul, la destinée de Jean Rédélé et d’Alpine paraît évidente…

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Jean Rédélé
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Jean Rédélé

Considérant que « la course est le meilleur banc d’essai pour les modèles de série et que la victoire est le meilleur argument de vente », Jean Rédélé participe à ses premières compétitions à l’âge de 28 ans. Après un coup d’essai au Rallye Monte-Carlo 1950, il remporte le tout premier Rallye de Dieppe au volant de la nouvelle 4CV, face à des modèles bien plus puissants. Ce succès conduit Renault à lui fournir une 4CV “1063” ; version course ; pour la saison suivante.

Jean Rédélé cherche à améliorer les performances de son bolide. Sa quête le mène jusqu’en Italie, chez Giovanni Michelotti. Il lui commande une 4CV Spéciale Sport, caractérisée par une carrosserie en aluminium bien plus aérodynamique que le modèle d’origine. Au fil du temps, cette collaboration entre le rallyman français et le styliste italien donnera naissance à trois exemplaires uniques.

En attendant la livraison de sa nouvelle arme, Rédélé poursuit sa carrière au volant de la “1063”. Concessionnaire Renault à Paris et Etampes, son ami Louis Pons devient son équipier. Toujours en quête de performances, le duo finance le développement d’une boîte de vitesses à cinq rapports, conçue par André-Georges Claude. Cet artifice leur permet notamment de remporter leur catégorie aux Mille Miglia, fameuse course entre Brescia et Rome.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Jean Rédélé
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Jean Rédélé

La trajectoire de Jean Rédélé passe ensuite par les 24 Heures du Mans ou le Tour de France Automobile. En 1953, il touche enfin sa 4CV “Spéciale”. Pour sa première sortie, il remporte le 4ème Rallye de Dieppe devant deux Jaguar et une Porsche ! L’année suivante, l’équipage Rédélé / Pons décroche une troisième victoire de catégorie aux Mille Miglia, puis remporte la Coupe des Alpes. « C’est en sillonnant les Alpes à bord de ma 4CV que je me suis le plus amusé. J’ai donc décidé d’appeler mes futures voitures ‘Alpine’, pour que mes clients retrouvent ce plaisir », dira-t-il plus tard.

Car l’idée de créer sa propre marque taraude l’esprit de Jean Rédélé. C’est son beau-père qui l’aide à franchir le pas. Notamment propriétaire du Grand Garage de la Place de Clichy, situé rue Forest, Charles Escoffier est un des plus importants concessionnaires Renault de l’époque. En demandant à son gendre de l’aider à développer et commercialiser une série de “coaches” déjà commandés chez Gessalin & Chappe, il le conduit à créer la « Société des Automobiles Alpine », le 25 juin 1955. Il s’agit, aussi, de la fin de la carrière de pilote de Jean Rédélé.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Alpine A106
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Alpine A106

Au début, l’A106

Les principes élémentaires de Jean Rédélé sont les suivants pour ses automobiles : une mécanique simple mais compétitive, un maximum de pièces de série, une carrosserie légère et attrayante.

Le premier prototype ; dessiné par Jean Gessalin et construit par les frères Chappe ; est présenté par Charles Escoffier au comité directeur de Renault en février 1955. Jean Rédélé impose quelques modifications, issues des 4CV développées avec Michelotti. Le coach prend la dénomination A106 : A comme Alpine et 106 en référence au nom de code de la 4CV, qui sert de banque d’organes.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Alpine A106
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Alpine A106

Début juillet, trois exemplaires de l’Alpine A106 aux couleurs du drapeau français ; une bleue, une blanche et une rouge ; paradent dans la cour du siège de la Régie Renault, à Boulogne-Billancourt. Même s’il n’affectionne pas particulièrement la ligne de la première Alpine, Jean Rédélé n’en est pas moins fier d’être devenu un constructeur automobile à part entière.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Jean Rédélé
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Jean Rédélé

Mécaniquement, l’Alpine A106 conserve le châssis et les trains roulants de la 4CV. Le moteur à quatre cylindres en ligne de 747 cm3 est proposé en deux versions de 21 ch et 38 ch. Cette première Alpine se distingue avant tout par une carrosserie en polyester, collée au châssis d’origine de la 4CV. En option, il est possible d’équiper l’A106 de la boîte de vitesses à cinq rapports “Claude”, ou de la suspension “Mille Miles” constituée de quatre amortisseurs à l’arrière.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Alpine A106
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Alpine A106

Fidèle à ses principes d’amélioration continue, Jean Rédélé cherche sans cesse à faire progresser l’A106. Lassé des réticences de Chappe & Gessalin à faire évoluer l’A106, le Dieppois finit par ouvrir sa propre carrosserie : RDL. Cette prise d’indépendance se traduit par le lancement d’une version cabriolet, dessinée par Michelotti et présentée au Salon de Paris 1956. Une troisième variante est lancée en 1958 : l’A106 “Coupé Sport”. Il s’agit en fait d’un cabriolet sur lequel est soudé un hard-top ! Avec 251 exemplaires produits entre 1955 et 1960, l’A106 a permis à Jean Rédélé d’installer son entreprise.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Alpine A106
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Alpine A106

La première Berlinette, l’A108

Produit à 236 exemplaires entre 1958 et 1965, l’A108 aura plusieurs variantes de carrosseries et configurations. L’appellation A108 apparaît au Salon de Paris 1957. Les carrosseries de l’A106 produit par Chappe & Gessalin et du cabriolet RDL sont d’abord conservées. C’est sous le capot que s’opère la métamorphose : le moteur de la 4CV est remplacé par le 845 cm3 “Ventoux” de la Dauphine. Au fil des évolutions, il sera possible d’opter pour un bloc réalésé à 904 cm3 et préparé par Marc Mignotet, ou pour le moteur de la Dauphine Gordini (998 cm3).

Le style évolue aussi, à partir d’une variante de l’A106 dessinée par Philippe Charles, un jeune dessinateur de 17 ans ! En partant du cabriolet dessiné par Michelotti, il recouvre les phares d’une bulle de plexiglas, et prolonge l’arrière pour obtenir une ligne plus élancée. Baptisée “Berlinette“, cette voiture est alignée au Tour de France Automobile 1960 par Jean Rédélé lui-même. Le succès d’estime est tel que ce nouveau visage s’impose rapidement sur les cabriolets et coupés-sport produits par RDL.

Alpine A108 Cabriolet 1964
Alpine A108 Cabriolet 1964

Autre aspect technique important, la généralisation du châssis-poutre équipe tous les modèles dès 1961. Cette architecture est basée sur une poutre centrale, sur laquelle sont rapportées des traverses latérales supportant des berceaux avant et arrière. Améliorant la rigidité et la légèreté, cette innovation constitue la clé des qualités routières des Alpine à travers les générations.

L’export avec Willys-Interlagos

Conscient qu’un développement international peut lui apporter des relais de croissance, Jean Rédélé se heurte à un manque de moyens financier, qui ne lui permet pas de créer et développer un réseau d’export traditionnel. Il choisit une autre voie en proposant à des partenaires industriels de fabriquer ses automobiles sous licence.

Il faut dire que les Alpine sont relativement faciles à assembler, y compris par du personnel non qualifié. Elles sont aussi réputées pour leur fiabilité, puisque leur mécanique provient de la banque d’organes Renault.

60 ans d'Alpine à Rétromobile
60 ans d’Alpine à Rétromobile

Après un échec en Belgique ; seuls 50 exemplaires de l’A106 seront fabriqués par l’industriel Small ; c’est au Brésil que Rédélé trouve un débouché. La société Willys-Overland, qui fabrique déjà des Dauphine sous licence Renault, lance une production à partir des outillages fournis par l’usine de Dieppe. À partir de 1960, l’usine de Sao Paulo livre les Interlagos, du nom du célèbre circuit brésilien. De prime abord, seul un œil exercé peut distinguer une Interlagos de sa sœur-jumelle Alpine A108.

Le partenariat se poursuit avec l’A110. Au total, 1500 coupés, berlinettes et cabriolets sont produits jusqu’en 1966. Comme en France, ces Alpine d’outre-Atlantique se montrent à l’aise en compétition, notamment dans les courses d’endurance comme les Mil Milhas. C’est après avoir débuté leur carrière sur des Interlagos que Carlos Pace, Emerson et Wilson Fittipaldi rejoignent l’Europe pour gravir les marches jusqu’à la Formule 1.
Cette collaboration sert de modèle à d’autres accords au Mexique (Dinalpine), en Espagne (Fasa) et en Bulgarie (Bulgaralpine). Ainsi, près de 15% des Alpine ont été fabriquées sous licence à l’étranger.

60 ans d'Alpine à Rétromobile - Alpine A108
60 ans d’Alpine à Rétromobile – Alpine A108

A suivre les 60ans d’Alpine à Rétromobile (partie 2)

Source CP Alpine

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Pierre Henri Brautot (@PH_Brautot)

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