350 105 spectateurs ont assisté aux 24 Heures du Mans 2026 depuis le sol. Combien depuis un Zeppelin ? Depuis 2020, le Goodyear Blimp est devenu une silhouette familière au-dessus du circuit de la Sarthe. Cette année, j’ai eu la chance de monter à bord pour découvrir le Circuit des 24 Heures depuis le ciel.
Le « Blimp », ambassadeur ailé
Il y a une image qui, depuis plus d’un siècle, précède et annonce Goodyear mieux que n’importe quelle campagne publicitaire : celle d’un immense dirigeable flottant au-dessus des stades et des circuits. Dès 1912, Goodyear crée un département d’aéronautique et commence à construire ses propres aéronefs plus légers que l’air.


C’est en 1925 que naît officiellement le « Blimp » tel qu’on le connaît, devenu en un siècle l’un des symboles d’entreprise les plus durables au monde, survolant Jeux olympiques, Super Bowls et courses automobiles médiatisées, s’illustrant même dans l’effort de guerre aux côtés des militaires américains entre 1939 et 1945. Entre 1972 et 1986, son prédécesseur baptisé « Europa » avait déjà survolé le circuit de la Sarthe, capté des images de Big Ben et du Colisée, et témoigné de deux mariages royaux britanniques.

Le dirigeable européen de Goodyear est l’un des quatre Zeppelin NT identiques de la flotte : trois sont basés aux États-Unis et le quatrième, celui qui opère en Europe, est basé en Allemagne à l’aéroport d’Essen-Mülheim. Il se déplace ensuite au gré des différents événements européens, notamment du calendrier du WEC.


Long de 75 mètres et haut de 17,4 mètres, le Zeppelin NT est un dirigeable semi-rigide rempli d’hélium. Trois moteurs de 200 ch assurent sa propulsion. Il peut atteindre 125 km/h et 3000 mètres d’altitude, mais son altitude de croisière idéale est de l’ordre de 300 mètres. Après avoir quitté le circuit, les invités rejoignent un terrain installé dans la campagne sarthoise, où une équipe au sol assure les opérations. Trois personnes seulement peuvent suffire à effectuer la logistique au sol pour l’atterrissage, l’embarquement et le décollage. L’embarquement se fait par groupes de deux passagers afin de maintenir une masse constante et conserver l’équilibre de l’appareil.
À bord, le changement de perspective est immédiat. Le tracé des 13,626 km apparaît dans son ensemble.










Après la passerelle… Goodyear (il faudra s’y faire!), le Tertre Rouge ouvre la vue sur la longue ligne droite des Hunaudières, interrompue par les chicanes Daytona et Michelin. Plus loin, les virages de Mulsanne, Indianapolis et Arnage dessinent la partie sud du circuit avant l’enchaînement des virages Porsche, puis des chicanes Ford et du raccordement qui ramène vers les stands. Des perspectives qu’il est impossible d’appréhender dans leur ensemble depuis le sol.










À cette altitude, on peut suivre les voitures sur toutes les portions du tracé. Et avec certaines fenêtres ouvertes, le son remonte jusqu’à la cabine. Celui de l’Aston Martin Valkyrie, avec son V12 atmosphérique, prend une dimension particulière : une véritable « Charge des Valkyries » de Wagner, au-dessus du circuit.








Le vol est étonnamment silencieux et les phases de décollage comme d’atterrissage sont particulièrement progressives.







J’ai photographié et regardé les 24 Heures du Mans depuis de nombreux endroits au fil des années. Celui-ci était nouveau.
Merci à Goodyear pour m’avoir permis de découvrir Le Mans depuis le ciel.
Crédit photos @Raphcars






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