McLaren McL 6GT : Woking ressort l’embrayage du placard (et c’est une bonne nouvelle)
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McLaren McL 6GT : Woking ressort l’embrayage du placard (et c’est une bonne nouvelle)

McLaren McL 6GT
McLaren McL 6GT

Il y a des annonces qui font hausser un sourcil, et il y a la McLaren McL 6GT, révélée à Monterey Car Week, qui fait carrément lever les deux. Dans un monde où même les supercars parlent à votre smartphone, McLaren a eu l’idée — presque provocatrice — de ressortir une pédale. Oui, une troisième pédale. La McL 6GT embarque une vraie transmission manuelle envoyant la puissance aux roues arrière, du jamais-vu chez McLaren depuis la F1 de 1992. Trente-quatre ans de patience pour retrouver un levier de vitesses. On a connu une attente moins longue pour un iPhone.

Un nom imprononçable pour une idée limpide

Commençons par le plus important : comment diable prononce-t-on « McL 6GT » ? Nos confrères américains ont tranché — on épelle chaque lettre, « M-C-L », surtout pas comme « mickle ». Merci pour la précision, on évitera l’humiliation en soirée.

McLaren McL 6GT
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Derrière ce nom qui sonne comme un mot de passe Wi-Fi se cache pourtant une histoire touchante. En 1969, Bruce McLaren, déjà roi du Can-Am, rêvait d’un truc simple : une voiture de route capable de faire de l’ombre à Ferrari et Porsche sur la voie publique. Le projet, faute d’avoir atteint les 50 exemplaires exigés par la FIA, ne sera jamais homologué, mais deux exemplaires prennent quand même la route — dont un que Bruce garde pour lui. Il ne roulera que 1900 miles avec, avant sa mort accidentelle en juin 1970, laissant le rêve en plan pendant plus d’un demi-siècle. La McL 6GT arrive donc avec cinquante-six ans de retard sur le planning initial. Même la SNCF fait mieux.

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Zéro chiffre, mais beaucoup de sensations

Première surprise pour les amateurs de tableurs Excel : McLaren n’a communiqué aucune donnée de performance. Ni puissance, ni 0 à 100, ni vitesse de pointe. Rien. Juste un communiqué vaguement mystique promettant une expérience « tactile, analogique et profondément mécanique ». Autrement dit : on ne sait pas si elle est rapide, mais on est sûrs qu’elle va vous en faire baver dans le bon sens du terme.

McLaren McL 6GT
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Sous le capot – enfin, plutôt derrière les sièges, on parle bien d’une mid-engine – du caviar pour petrolhead : une monocoque en fibre de carbone allégée, un V8, et cette fameuse boîte manuelle. À l’intérieur, McLaren a même soigné la direction hydraulique et les commandes tactiles en aluminium usiné, comme pour narguer gentiment toute la concurrence qui a troqué le métal froid contre du plastique piano-noir qui garde les traces de doigts. Quant au levier de vitesses, avec mécanisme apparent comme chez Lotus, on nous jure qu’il a été pensé pour offrir un maximum de sensations et de course — traduction libre : McLaren a probablement fait essayer le prototype à des ingénieurs les yeux bandés pour valider le claquement du passage de 3ème à 4ème !

McLaren McL 6GT
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Un exemplaire bourré de private jokes

La McL 6GT n’est pas juste nostalgique dans l’esprit, elle l’est jusque dans les détails cachés. Un kiwi véloce, gravé en trois dimensions, rend hommage aux origines néo-zélandaises de Bruce McLaren — planqué quelque part sur la carrosserie comme un « easter egg » de jeu vidéo. La silhouette, elle, assume totalement son inspiration : profil bas et large, long toit, arrière en Kammback, avec une cabine qui semble incrustée directement dans la carrosserie et un toit qui coule jusqu’au capot moteur. À l’arrière, la signature lumineuse d’époque revient sous une forme modernisée baptisée « Racing Loop », comme si McLaren avait embauché un DJ pour remixer un tube de 1969.

McLaren McL 6GT
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Une cousine (très) riche

Sur le plan technique, la McL 6GT ne sort pas de nulle part. Son communiqué de presse mentionnant « la dernière génération de monocoque carbone » et « une puissance V8 à combustion » laisse fortement penser qu’elle partage sa cellule et son bloc avec la McLaren W1 (lire ici), le vaisseau amiral hybride à plus de 1 250 chevaux dévoilé en 2024. Sauf qu’ici, on retire probablement l’assistance électrique et on remet un embrayage — un peu comme si on prenait une Formule 1 et qu’on lui greffait une boîte de Golf GTI, mais en beaucoup plus glamour.

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Le pari (un peu fou) de l’émotion

McLaren compte sur cette nouvelle catégorie de supercar pour redresser des finances récemment chahutées, et le pari est audacieux : vendre moins de technologie, plus de sensations. Dans un secteur où tout le monde course à l’accélération électrifiée et au chrono absolu, McLaren choisit de ralentir sur le papier pour mieux accélérer sur l’émotion. C’est un peu comme sortir un vinyle en pleine ère du streaming — risqué, mais diablement chic. Et on aime ça !

McLaren McL 6GT
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Rendez-vous en 2028 pour la version de série. D’ici là, entraînez-vous à débrayer sans caler : votre honneur de conducteur McLaren en dépendra peut-être. Sinon demandez au pilote Mark McCormick, de la série TV « Le juge et le pilote » saison 1, de vous donner ces cours. Il connait bien la McLaren 6(B)GT, euh… Coyote X (Manta Montage).

Crédit photos @McLaren

A propos de l'auteur

Pierre Henri Brautot

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