Il y a des sigles qui font trembler les comptes en banque rien qu’en les prononçant. « SV » en fait partie. Chez Lamborghini, ces deux lettres ne s’accolent jamais à un modèle par hasard : elles signifient qu’on a pris une voiture déjà obscène de performance, et qu’on a décidé que ce n’était toujours pas assez. Le 14 août dernier, pendant la Monterey Car Week, la marque de Sant’Agata a donc présenté la Revuelto SV — et le message est limpide : le taureau a mangé ses lentilles (vous avez la réf’ ?)*.
Une lignée qui ne connaît pas la modération
Depuis plus de 50 ans, les Super Veloce jouent un rôle central dans l’identité de Lamborghini, de la Miura SV de 1971 à l’Aventador SV, en passant par la Diablo SV et la Murciélago LP 670-4 SV. Autrement dit, à chaque génération, quelqu’un chez Lamborghini se lève un matin et se dit : « Et si on enlevait le confort et qu’on rajoutait des chevaux ? » Cinquante-cinq ans plus tard, la formule n’a pas changé d’un iota (jota en espagnol, vous avez la réf’ SVJ ?), elle a juste appris à brancher une prise.


Stephan Winkelmann, le patron de la maison, ne cache pas sa fierté : selon lui, cette voiture incarne l’ADN de Lamborghini à l’état pur, conçue pour repousser les limites et procurer des émotions sans compromis. Traduction pour les non-initiés : préparez le portefeuille, et la boîte à mouchoirs, parce qu’on ne rigole pas avec la nostalgie du V12 !

Le moteur : douze cylindres, zéro remords
Pas d’inquiétude pour les puristes qui redoutaient de voir le glorieux V12 remplacé par une pile Duracell géante : Lamborghini conserve son atmosphérique de 6,5 litres, qui développe 825 chevaux à 9 250 tr/min et grimpe jusqu’à 9 500 tr/min. C’est déjà, à lui seul, plus de puissance que n’en demande raisonnablement un être humain pour aller acheter du pain. Mais Lamborghini n’a jamais été du genre raisonnable : on ajoute trois moteurs électriques, et le total grimpe à 1 065 chevaux et 1 425 Nm de couple.


Le tout est alimenté par une batterie de 7,3 kWh, soit presque le double de celle de la Revuelto (lire ici) de base (3,8 kWh) — de quoi faire pâlir n’importe quelle trottinette électrique de centre-ville. Résultat des courses : 0 à 100 km/h en 2,4 secondes, 0 à 200 km/h en 6,7 secondes, et plus de 345 km/h en pointe. Le temps de lire cette phrase, la voiture a probablement déjà dépassé la limitation de vitesse sur trois continents différents.

Cerise sur le gâteau technologique : une partie de cette recette électrique vient tout droit de la Fenomeno, l’hypercar tirée à seulement 29 exemplaires et développant 1 080 chevaux. La Revuelto SV, c’est donc un peu la Fenomeno qui aurait accepté de se faire des amis.
Un régime minceur très agressif
Côté ligne, on ne fait pas dans la dentelle. L’avant a été redessiné sous les projecteurs pour donner l’impression que la voiture veut littéralement mordre le bitume — un objectif qu’aucune autre voiture de ce prix n’a l’audace d’afficher aussi frontalement. Une lame avant dirige l’air vers les radiateurs latéraux tout en améliorant l’étanchéité autour des passages de roue, et un becquet arrière fixe complète le tableau. Résultat : 80 % d’appui aérodynamique en plus par rapport à la Revuelto classique. À ce niveau-là, ce n’est plus une voiture, c’est une aile d’avion qui aurait raté son décollage par choix.

Pour faire bonne mesure, Lamborghini a aussi sorti l’artillerie carbone : jusqu’à 25 éléments extérieurs peuvent être livrés en fibre de carbone visible, non peinte, histoire de bien rappeler aux voisins que cette voiture n’a jamais entendu parler du mot « discrétion ».
La preuve par le chronomètre
Toute cette débauche technique n’est pas que pour la frime. Le pilote d’usine Marco Mapelli a établi, au volant de la SV, le tour le plus rapide jamais enregistré par une voiture de série sur le Hockenheimring, en 1 minute 41,6 secondes — et ce, avant même la présentation officielle de la voiture. Une manière élégante de dire : « on a battu tout le monde pendant qu’on finissait encore la déco intérieure ».

Rare, chère, et déjà culte
La production sera limitée à 1 963 exemplaires, un clin d’œil à l’année de naissance de la marque, réservés en priorité aux meilleurs clients et collectionneurs — comprenez : si vous découvrez son existence en lisant cet article, il est probablement déjà trop tard. Comptez 741 172 dollars au minimum, options carbone non comprises, évidemment.


Selon Alessandro Farmeschi, directeur de la ligne Revuelto, tout cela obéit à une logique bien précise : les clients choisissent Lamborghini pour le design, la technologie, et le son du moteur, un élément qu’il juge absolument crucial. Autrement dit, l’électrification n’est pas là pour remplacer l’émotion, mais pour la pousser encore plus loin — comme un espresso qu’on aurait doublé pour un V12 qui carbure déjà à l’adrénaline pure. Livraisons prévues en 2027, pour ceux qui auront la patience — et le compte en banque — d’attendre.

Crédit photos @Lamborghini
* La lentille verte Taureau Ailé, cet article n’est pas sponsorisé par cette marque






Ajouter un commentaire