Christophe Chevreton a relancé avec Sinicha Knezevic la marque horlogère suisse ESKA Watches en 2024. Il a bien voulu se prêter au jeu de l’interview après l’essai par Automotivpress de la montre Light Racing, un chronographe automatique reprenant le design bicompax des montres de pilotes de course des années 1950-60.
Présentation
Rémy Solnon : Bonjour Christophe. Merci d’avoir bien voulu répondre aux questions d’AutomotivPress. Pouvez-vous tout d’abord vous présenter et nous dire quels a été votre parcours professionnel ?
Christophe Chevreton : J’ai 60 ans depuis peu et je suis un grand passionné d’horlogerie depuis tout petit. J’ai passé près de 25 ans dans l’industrie automobile. J’ai commencé par Renault VI puis Renault et j’ai exercé à peu près toutes les activités que l’on peut exercer chez un constructeur mondial . sales, marketing, finances, directeur de centre de profit et mes dernier jobs ont tourné autour du véhicule électrique et des nouvelles mobilités. J’ai ensuite bifurqué dans l’immobilier professionnel donc tertiaire jusqu’à ESKA Watches aujourd’hui.
RS : Quelle montre portez-vous aujourd’hui ?
CC : Je porte une Amphibian 250 Blue Dolphin.

La marque horlogère
RS : Comment êtes-vous venu en horlogerie ?
CC : Je collectionne les montres depuis l’âge de 15 ans, donc depuis 45 ans et suis un vrai passionné, en particulier de vintage.
RS : Vous avez relancé ESKA Watches en 2024. ESKA correspond aux initiales de son fondateur : SK pour Sylvan Kocher. Pourquoi avoir choisi cette marque suisse en particulier ? A t-il été simple de faire renaître une telle marque ?
CC : Alors, en fait j’ai collectionné des montres ESKA il y a 30 ans, et tout particulièrement les émails cloisonnés. Eska a un catalogue très riche qui englobe aussi bien des « dress watches », ainsi Eska est la 1ère marque à avoir sorti des cadrans en pierre avec la Saint Moritz dans les années 1970, que des montres à complications, des chronographes et des métiers d’art comme les fameux cadrans à émail cloisonné. Mais pas seulement puisque Eska s’est également intéressée aux montres de plongée. Si je parle de montre de plongée, ce n’est pas un hasard puisque nous avons relancé ESKA avec une plongeuse. Pour l’anecdote, mon ami et associé Sinicha Knezevic avait cette montre en photo dans son smartphone (la 1ère photo de montre même) et quand nous avons parlé de relancer une belle endormie, le nom d’Eska est devenu une évidence. Nous avons racheté les droits de la marque au propriétaire de l’époque qui n’était pas un héritier du fondateur.

RS : Pouvez-vous nous rappeler l’histoire d’ESKA brièvement ?
CC : Eska a été fondée en 1918 par un Suisse Allemand qui s’appelait Sylvan Kocher, d’où les initiales SK. Eska était très connue en Suisse bien sûr, mais aussi en Amérique du Nord et du Sud – on nous écrit aujourd’hui du Brésil pour nous dire que les horloges de gare dans les années 1970 étaient des Eska. Eska était également connue en France et la dernière égérie de la marque était Mireille DARC. La marque a disparu dans les années 1980 avec la crise du quartz et l’absence d’héritiers pour la reprendre.

RS : Le lancement de votre projet sur la plate-forme de crowfunding Kickstarter a été un succès rapide ! A quoi l’attribuez-vous ?
CC : A plusieurs facteurs : une belle marque réputée, un modèle iconique chez les collectionneurs de plongeuses, l’Amphibian 600, que nous avons modernisé et que nous avons appelé l’« Amphibian 250 », et la qualité de notre proposition : une vraie plongeuse, une couronne vissée, un verre saphir, un cadran sandwich, sa fameuse lunette « oversize », des chiffres imposants et sa lunette unique sur la marché dite « compte à rebours » (on compte non pas le temps passé sous l’eau mais le temps restant à passer sous l’eau). Nous avions également préparé le lancement en présentant la montre à des collectionneurs, des passionnés et des journalistes.

RS : Comment acquérir une montre ESKA Watches ?
CC : C’est très simple, il suffit d’aller sur notre site internet (www.eskawatches.com) ou de se rendre chez un de nos partenaires en France et en Belgique indiqué sur le site.

Les montres
RS : Vous avez lancé l’ Heritage SK25, un chronographe inspiré des montres de pilotes de course classiques et animé par un mouvement manuel. Un pari osé avec ce type de mouvement même s’il correspond bien à votre volonté de revenir aux origines de la marque, comme pour l’Amphibian 250 ?
CC : Oui la montre est inspirée d’un modèle d’époque que nous avons modernisé en utilisant par exemple un double cadran en émail pour obtenir l’effet « stepdial » mais surtout pour garantir la profondeur du cadran et la profondeur des couleurs. Nous avons utilisé un mouvement suisse La Joux-Perret, le L113 dans son plus haut niveau de finition. En synthèse, un rapport/qualité prix vraiment optimal, le mieux disant du marché puisqu’avec ces caractéristiques et les composants utilisés, nous ne sommes qu’à 2550 euros TTC en France.

RS : Avec le chrono Light Racing (lire notre essai ici), vous offrez le même esprit « racing vintage » mais avec un mouvement hybride rendant le modèle plus accessible. Pouvez-vous nous expliquer les choix stylistiques retenus pour cette montre ?
CC : Nous souhaitions proposer une montre avec une complication, accessible à tous et surtout avec un mouvement mécanique au prix d’un méca-quartz… pari difficile mais réussi puisque la gamme Racing est affichée à 590 euros TTC en France. Pour autant, nous n’avons pas fait de compromis puisque chaque couleur propose une texture de cadran diffèrent, un chronographe bicompax de 41 mm de diamètre avec un mouvement automatique Peacock.

RS : Où sont réalisés l’entretien et le SAV des montres ESKA ?
CC : A Besançon
Questions personnelles
RS : Pour revenir à vous, quelles sont vos marques horlogères et/ou montres préférées ?
CC : Eska bien sûr, mais également Jaeger LeCoultre.
RS : Quelle est votre « Graal » horloger ?
CC : Les émaux cloisonnés et les grandes complications

RS : Etes-vous amateurs de voitures classiques ?
CC : Oui aussi j’aime les italiennes, les anglaises et les allemandes, je possède une BMW Z4 pour mes loisirs.
RS : Et votre « Graal » automobile ?
CC : J’aime beaucoup les Morgan
Crédit photos @Eska et qui de droit






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