Plus qu’une course, la Monza illustre une victoire. Cinquante ans après sa naissance, TAG Heuer ressuscite ce nom mythique dans une version en carbone forgé, limitée à 500 exemplaires numérotés, dévoilée quelques jours avant le Grand Prix d’Italie 2026, disputé comme il se doit sur l’Autodromo Nazionale di Monza.
Une montre née d’un titre mondial
Pour comprendre la Monza, il faut remonter en 1971. Cette année-là, Heuer devient le premier horloger à s’associer officiellement à une écurie de Formule 1, en l’occurrence la Scuderia Ferrari, dont il devient le chronométreur officiel. Quatre ans plus tard, Niki Lauda offre à l’écurie italienne son premier titre de champion du monde des pilotes depuis 1964, et aux côtés de Clay Regazzoni, la couronne au classement constructeurs. Heuer célèbre l’exploit à sa manière : en 1976 naît la Monza, baptisée en hommage au temple de la vitesse italien où triomphait la Scuderia. Elle était animée par le mouvement Calibre 15 de Heuer, version économique du Calibre 12, permettant d’afficher un tarif plus abordable de 219 $, par rapport aux modèles Carrera vendus à partir de 345 $.



D’emblée, la montre se distingue dans le catalogue de la marque. Son boîtier tonneau, son cadran noir mat et sa lunette fixe tranchent avec les lignes plus classiques de la Carrera, lancée dix ans plus tôt. La Monza n’a jamais été le modèle le plus produit de la maison, mais elle reste l’un des plus habités par l’histoire de la course automobile — au point d’être rééditée à plusieurs reprises, notamment en 2016 (lire ici) puis en 2023 avec le lancement d’une version flyback moderne dont le nouveau modèle anniversaire s’inspire directement.

Le carbone forgé, matériau signature de cette édition
La nouveauté de 2026 frappe d’abord par son matériau. Le boîtier coussin de 42 mm est réalisé en carbone forgé, une matière dont la texture marbrée rend chaque exemplaire visuellement unique, à l’image des fibres de carbone qui équipent aujourd’hui les monoplaces engagées sur le circuit de Monza. Plus légère que l’acier et particulièrement résistante, elle confère à la montre une présence sportive assumée, loin de tout effet de style superficiel. La lunette fixe, également en carbone, prolonge cette continuité de matière entre boîtier et cadran.

Le cadran noir mat reprend les codes de 1976 sans céder à la nostalgie pure : compteurs de chronographe contrastés pour une lisibilité optimale, aiguilles centrales et compteur des secondes à 6 heures rehaussés de rouge, aiguilles des heures et des minutes en laque blanche traitée au Super-LumiNova. La date, logée dans un guichet incliné à 9 heures, reprend une signature esthétique commune à l’ensemble de la famille Monza contemporaine. Le « flange » qui encadre le cadran associe échelle tachymétrique et échelle pulsométrique, clin d’œil aux origines strictement fonctionnelles du chronographe.

Le calibre TH20-12, cœur mécanique de la pièce
Sous ce boîtier bat le calibre manufacture TH20-12, un mouvement automatique doté de la fonction flyback et certifié chronomètre par le COSC. Concrètement, cette complication permet de remettre à zéro et de relancer instantanément le chronographe d’une seule pression, sans passer par la séquence classique en trois temps stop-remise à zéro-redémarrage — un atout précieux pour chronométrer des intervalles consécutifs, comme des tours de piste. Le mouvement est visible à travers un fond de boîte en verre saphir, lui-même cerclé de titane grade 2 traité DLC noir et gravé du numéro individuel de chaque pièce, de 1 à 500.

La montre repose sur un bracelet en cuir de veau perforé, aux surpiqûres rouges assorties aux accents du cadran, fermé par une boucle déployante en titane noirci. Elle affiche une étanchéité de 100 mètres, un niveau cohérent avec sa vocation de montre de sport-chronographe plutôt que d’outil de plongée.
Une pièce qui s’inscrit dans la continuité de la maison
Loin d’une rupture, cette Monza Flyback s’inscrit dans une stratégie que TAG Heuer déroule depuis plusieurs années : entretenir son lien avec le sport automobile (lire ici) à travers des rééditions et des séries limitées qui dialoguent avec ses modèles historiques. Elle rejoint ainsi la Carrera et son récent essor autour de la ligne Glassbox, la Monaco toujours associée à la légende de Steve McQueen, et le retour de la marque comme chronométreur officiel de la Formule 1 depuis 2025 — un contexte qui redonne à ces rééditions une légitimité sportive tangible plutôt que purement commémorative.

Avec un tirage de 500 exemplaires, TAG Heuer joue une carte d’équilibre : assez rare pour susciter l’envie des collectionneurs, assez disponible pour ne pas exclure les amateurs de la marque. Proposée à partir de septembre 2026 autour de 13 350 euros — un tarif proche de celui de la précédente génération de Monza Flyback —, cette édition anniversaire ne réinvente pas la formule. Elle l’honore, avec cinquante ans de recul et un matériau qui n’existait pas quand Niki Lauda montait sur la plus haute marche du podium.
Source et Crédit photos @TAG Heuer






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