Bienvenue à l’Aérotorshow, l’un des meetings aériens les plus courus d’Europe. Ce dimanche 28 juin 2026, l’aéroport de Valence-Chabeuil s’est transformé, le temps d’une journée, en un gigantesque paddock à ciel ouvert. Ici, pas de circuit ni de stands, mais des pistes de décollage, des hangars ouverts au public et un plateau d’engins qui n’ont rien à envier aux plus belles mécaniques automobiles pour leur puissance, leur précision et leur design
Un rendez-vous né en 1999, ancré dans l’ADN militaire
L’histoire de l’Aérotorshow remonte à 1999. Le GAMSTAT (Groupement Aéromobilité de la Section Technique de l’Armée de Terre), unité chargée d’évaluer les matériels de l’aviation légère de l’Armée de terre, décide alors d’ouvrir ses portes au grand public pour montrer son savoir-faire et ses machines. Organisé tous les deux ans sur la base de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT) de Valence-Chabeuil, l’événement a peu à peu gagné en envergure jusqu’à devenir l’un des meetings les plus réputés à l’international.

Pour cette édition 2026, la 13ème du nom, le GAMSTAT a vu les choses en grand. Plus de 200 équipages et environ 70 aéronefs étaient annoncés, pour un spectacle gratuit — entrée comme parking — étalé sur huit heures de démonstrations. Fait marquant de ce cru 2026 : la présence, pour la toute première fois, d’une délégation italienne, forte de 50 personnes et de 5 appareils, dont un Eurofighter Typhoon, souvent présenté comme l’équivalent transalpin du Rafale. Des équipages venus du Danemark faisaient également le déplacement, confirmant la dimension résolument internationale prise par l’événement au fil des années. Côté fréquentation, l’édition 2024 avait attiré 50 000 visiteurs — un chiffre que les organisateurs espéraient au moins égaler cette année.

Un programme pensé comme un Grand Prix, du sol au ciel
À l’image d’un salon automobile qui alterne présentations statiques et essais sur piste, l’Aérotorshow a construit sa journée autour de deux temps forts : le plateau statique, où le public pouvait s’approcher au plus près des machines, et le plateau dynamique, réservé aux démonstrations en vol. Ouverture des portes dès 9 heures, navettes gratuites pour absorber l’affluence, et spectacle continu de 10 heures à 18 heures.

Côté voilures tournantes, le plateau réunissait la fine fleur de l’hélicoptère militaire moderne : l’hélicoptère de combat Tigre HAD, présenté au sol comme en vol lors du traditionnel scénario d’aérocombat, mais aussi en duo avec son homologue allemand ; le NH90 Caïman TTH, désormais indispensable dans l’aérocombat de l’ALAT ; l’increvable Gazelle SA342, hélicoptère de reconnaissance et d’attaque emblématique de l’aviation légère française ; ou encore l’AS-332M1e Cougar et le MH-60R Seahawk. Une belle démonstration de la montée en gamme technologique vécue par la flotte tricolore ces dernières décennies.

Le plateau à voilure fixe n’était pas en reste. Aux commandes à hélices, on retrouvait le Max Plan 205 Busard, le Raven S2XS, la patrouille Epsilon Team, ainsi que le vétéran North American OV-10 Bronco, véritable vitrine volante du Musée Européen de l’Aviation de Chasse de Montélimar. Nouveauté très attendue de cette édition : le Tracker T-24 Turbo Firecat, avion « pompier du ciel », qui a réalisé une démonstration spectaculaire avec largage d’eau en vol. Le cargo militaire C-27J Spartan complétait ce tableau.

Côté réacteurs, la patrouille « Couteau Delta » de l’Armée de l’Air, aux commandes de ses Mirage 2000, a livré son ballet aérien signature, marqué par des croisements à grande vitesse qui font toujours forte impression sur le public. L’Eurofighter Typhoon de la délégation italienne et le Rafale Marine complétaient l’affiche des avions de chasse.

Enfin, en exposition statique, les amateurs de belles mécaniques ont pu approcher le TBM 700, le Pilatus PC-6 Turbo Porter, ou encore une pièce rare : l’Antonov An-2, plus grand biplan monomoteur du monde, présenté pour la première fois par l’association luxembourgeoise Antonov AN2 Lëtzebuerg dans ses couleurs polonaises d’origine.

Les points forts d’une édition placée sous le signe de l’international
L’édition de l’Aérotorshow 2026 restera marquée par plusieurs temps forts. D’abord, cette première participation italienne, qui confirme le rayonnement européen pris par le rendez-vous drômois. Ensuite, la démonstration en formation de la patrouille Yakoteam, composée de deux Yak-52 et d’un Yak-18, véritable hommage à la tradition aéronautique de l’Est. Et bien sûr, le baptême du feu du Tracker T-24 Turbo Firecat et son largage d’eau, moment fort promis comme l’un des clous du spectacle.

À cela s’ajoutaient tout au long de la journée des animations pour le grand public, des stands de restauration, ainsi qu’un volet culturel avec la présence du Hangar de la Bande Dessinée Aéro, où plusieurs auteurs spécialisés dans l’univers aéronautique venaient dédicacer leurs albums.

Un modèle gratuit qui fait référence
Reste un point qui distingue l’Aérotorshow de bien des grands rendez-vous automobiles ou aéronautiques : sa gratuité totale, entrée et parking compris. Un choix assumé par le GAMSTAT depuis 1999, qui explique en grande partie la popularité grandissante de l’événement et son statut de rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de mécanique volante, qu’ils soient amateurs d’hélicoptères, de « warbirds » de la Seconde Guerre mondiale ou d’avions de chasse dernier cri.


Rendez-vous est déjà pris pour la 14ème édition, dans deux ans, sur le tarmac de Valence-Chabeuil.

Crédit photos @Jpog






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