Essais Ford

Essai Ford Mustang Cabriolet Ecoboost : Un morceau d’Amérique

Ford Mustang Cabriolet Ecoboost
Ford Mustang Cabriolet Ecoboost

Si je vous dis « voiture mythique » et « USA », à qui pensez-vous ? Un cabriolet rouge avec un cheval cabré sur la calandre, ben non ça c’est italien ? Deux choix s’affrontent dans ma tête, la Tucker ou le Ford F150 ? Ou plus objectivement, la question se pose entre la Chevrolet Corvette et la Ford Mustang, difficile de dire laquelle représente le mieux l’automobile américaine dans notre inconscient. La Chevy étant un peu moins accessible, c’est vers la ‘stang que nous avons décidé de nous tourner, et pour compenser l’absence de V8 on a aussi enlevé le toit en optant pour la version cabriolet.

Le tour du propriétaire

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne se la joue pas très discrète cette Mustang rouge vif, joliment contrasté avec le noir des jantes, des jupes latérales et bien sûr de la capote. Si la Mustang a eu du mal à se remettre de sa mauvaise traversée des 80s pendant laquelle elle a perdu toute dignité, on peut dire que ces derniers temps le design s’affine et s’affirme pour ressortir les gènes historiques de la Mustang (lire ici). De 3/4 arrière on peut éventuellement encore avoir un doute, mais sous tous les autres angles elle est reconnaissable immédiatement ! Il faut aussi dire que le cheval sauvage est omniprésent, à l’extérieur bien-sûr, mais aussi à l’intérieur. “Proud to be American” semble crier cette compacte au pays de l’oncle Donald. Car oui elle est plutôt compacte avec 4m79 de long, 1m92 de large (quand même) et 1m39 de haut. Sans doute qu’elle pourrait se glisser sous pas mal de pickup locaux largement rehaussés, mais ce n’est pas le but de cet essai.

Ford Mustang Cabriolet Ecoboost
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L’arrière avec ses 2 sorties d’échappement, le bandeau central noir et les feux arrières en 3 barrettes offre un parfait pendant à l’avant agressif à la bouche et au regard typiquement Mustang. Elle n’a d’ailleurs pas lésiné sur le maquillage, l’avant et les flancs sont soulignés par des lames qui complètent le look « méchant », tandis que le capot s’est vu greffer 2 extracteurs d’air plus testosteronique que thermique. Pas grave, c’est aussi pour ça qu’on l’aime … et qu’elle existe en rouge !

Ford Mustang Cabriolet Ecoboost
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Allez ouvrons la porte pour se laisser glisser dans l’accueillant et enveloppant siège conducteur. On s’y sent bien et après quelques réglages électriques et un ajustement du volant on se sent prêt à faire la Route 66 d’une traite ! L’équipement est généreux, à la hauteur du nombre de boutons sur le volant. En fermant la porte la dalle digitale du compteur nous gratifie d’une petite animation, tandis que je cherche bêtement l’emplacement de la clé de contact… Ce sera le vide poche puisqu’une voiture moderne ça se démarre sans clé. Les rangements sont d’ailleurs larges et nombreux, c’est ça le confort à l’américaine. Le panneau central offre un bel écran de 12’’ qui regroupe la navigation, la radio, les différents réglages de la voiture. Plutôt intuitif et réactif, le système est pas mal du tout. Et puis en dessous des commandes de chauffage, enfin plutôt de climatisation vue les 37° et l’humidité ambiante, une jolie série d’interrupteurs chromés très jolis.

Ford Mustang Cabriolet Ecoboost
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Hein, il est où le V8 ??

Assez joué avec les boutons, pressions celui qui indique « Engine Start ». Déception, le concert de grosses gamelles ne se fait pas entendre ! Qu’à cela ne tienne, je tourne la poignée centrale sur le montant du pare-brise et presse le petit bouton juste à côté pour mettre le top down. Rien de plus niveau sonore une fois les 4 vitres baissées puis la capote repliée, le tout assez rapidement au passage. Et oui, le cab qui sera mien pour la semaine n’est pas équipé du gros V8 5.0 litres mais bel et bien du 2.3 litres Ecoboost plus sage. Et surprise en regardant la fiche technique, il vient même de perdre 27 ch, passant de 2317 à 290 pour une sombre histoire de nouveau filtre à particules. On ne va pas s’arrêter sur les chiffres et plutôt regarder les sensations que la belle américaine va réussir à distiller. Pied sur le frein, commande de boite sur D et c’est parti. Et oui car non seulement elle n’a pas le V8 mais en plus elle est en boite auto. Finalement c’est plutôt logique, elle se veut plus sage et accorde sa transmission, je ne suis pas surpris. La bonne surprise visuelle c’est qu’elle est aussi agréable capote en place que détoitée, pas toujours le cas sur les cab’.

Ford Mustang Cabriolet Ecoboost
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Boite automatique 10 vitesses, sérieusement ?

L’indicateur de rapport engagé, à gauche du bloc compteur, semble s’enflammer, à tel point que je me demande s’il s’agit du compte-tour ou du compteur de vitesse en miles. Me voilà tout juste au bout de la rue, élancé doucement qu’il affiche fièrement un gros 10 ! Et oui cette boite automatique SYNC offre 10 rapports qui passent sans se faire sentir. En conduite très coulée d’un centre ville de fin d’après-midi, il faut vraiment tendre les fesses pour sentir une micro secousse au passage de rapport, dans un sens ou dans l’autre, appréciable. La direction est suffisante douce pour ne pas attirer l’attention, tout est au rendez-vous pour que ces premiers kilomètres se consacrent plus au paysage qu’à la conduite et c’est tant mieux. Une fois accoutumé à la chaleur et le traffic évanouit, on peut essayer d’appuyer un peu plus fort sur la pédale de droite. Et là le doux poney se transforme en cheval de course !! L’échappement gronde un peu plus, les rapports montent haut dans les tours et les passages de vitesse secouent un peu plus. Une pression sur le levier de commande de boite permet de passer en mode sport et les palettes derrière le volant donnent un contrôle entier de la transmission. Mieux vaut s’échauffer les doigts si vous voulez monter et descendre les 10 rapports, mais jouer sur les 4 premiers permet déjà d’atteindre des vitesses ouvrant les portes de la prison.

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L’autre bonne nouvelle est que le châssis tient le coup et supporte bien ce haussement de ton. Malgré le 1803 kg sur la balance, elle ne se vautre pas dans les virages, le roulis est contenu tout autant que le cabrage ou plantage de nez lors des accélérations et freinages brusques. Tant mieux car avec un 0 à 100 km/h avalé en 5.7 secondes , mieux vaut contenir les ruades de l’équidé sauvage.

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Un mode drag strip, vraiment ?

Parmi les jolis contacteurs sous les commandes de chauffage, on retrouve les warning et la déconnexion de l’anti patinage, mais les 2 plus à droite permette de configurer la direction, entre normal, confort et sport et surtout le mode dynamique de la voiture. Normal, Sport+, Track, Snow et même Drag Strip. J’imagine volontiers une procédure à base de pied gauche sur le frein, accélérateur à fond pour décoiffer la pin up qui tient le drapeau à damier et pourrir son pote en Camaro, mais je n’ai pas osé tenter tout ça dans un environnement un peu trop urbain. En Sport+ c’est la boite qui semble être le plus impactée : plus de 10ème à 50 km/h, du rétrogradage pour du frein moteur et le haut du compte-tour qui se fait chatouiller. C’est valorisant pour la voiture et le conducteur ! Par contre les différents modes de direction ne me sont pas apparus incroyablement différents. Il doit sans doute falloir un peu plus de finesse que celle disponible dans mes petits bras potelés.

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Une bonne GT

Plus qu’une bête de circuit, cette Mustang m’apparaît mieux dans la catégorie GT, de celles que l’on n’hésite pas à prendre pour traverser la France le sourire aux lèvres et arriver frais, tout en pouvant s’amuser en cours de route si le besoin se fait sentir. Le petit plus c’est que ces plaisirs pourront se partager à 4 ! En effet les places arrières sont accueillantes et confortables, le dossier des sièges avant est même creusé pour offrir plus de place au genoux. Pour y avoir passer un peu plus de 2h ensoleillées j’ai été agréablement surpris. Les remous d’air sont évidemment plus présents qu’à l’avant, vous coupant la possibilité de communiquer avec le conducteur passé 70 km/h, mais c’est bien plus que 2 places appoint. Le seul bémol sera capoté, les passagers arrières de grande taille manqueront sans doute d’espace à la tête. Le plus moche, pardon le moins agréable, depuis les places arrières c’est la vue sur ce gros trou une fois la capote repliée. Les vieux démons de la finition à l’américaine semble avoir sévis, un détail qui fait tache au milieu du reste plutôt pas mal. Le coffre est à la hauteur des 4 places assises puisqu’on peut facilement y glisser 2 valises cabines et plusieurs sacs tout autour pour remplir les 332 litres.

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Vous l’aurez compris je suis plutôt conquis par cette Mustang, elle n’est pas aussi agile et communicative qu’une Mazda MX-5 (lire ici), pas aussi efficace qu’une Megane R.S. (lire ici), pas aussi jolie qu’une Frogeye (lire ici), mais niveau compromis elle remplit pas mal de cases. Le tarif est lui aussi sympa puisque le Cabriolet Ecoboost commence à 43.900 Euros avec un équipement déjà plutôt complet, il faut rajouter 2.000 Euros pour le BVA10. Là où tout bascule c’est quand le malus écologique tombe, il faut rajouter 10.500 Euros à l’addition !! Je comprends mieux pourquoi on en voit si peu en France, c’est bien dommage ! Mais si vous avez l’occasion de vous faire plaisir, n’hésitez pas, vous ne serez pas déçu de cette cavalcade avec une tranche de légende américaine à déguster sans faim.

Ford Mustang Cabriolet Ecoboost
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Crédit photos @ Ambroise Brosselin.

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Ambroise Brosselin

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