Essai Infiniti Q60s 3.0T : GT surprise

Six mois après avoir essayé (et aimé) la version 4 cylindres, me voici donc au volant de la « grosse » Q60 : l’Infiniti Q60s dans sa version 30.L turbo. L’occasion de confirmer la bonne surprise de l’époque ?

Lors de mon essai de la version 2.0L de 211ch j’avais été conquis par les qualités d’une auto dont je n’attendais pourtant pas grand-chose (voir essai Infiniti Q60 2.0T). Style, confort, qualité, dynamisme, Infiniti n’était pas loin du sans faute.

Alors forcément quand j’ai récupéré la version Q60S Sport, je me disais que 194ch de plus dans cette belle Infiniti ne pouvait que rendre le package plus excitant.

Une petite semaine à son volant m’a permis de me faire une idée assez précise sur la question.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

 

Design : original mais sage

L’Infiniti Q60 est une belle voiture. Cela indépendamment de sa motorisation. Elégante et racée, elle attire beaucoup plus l’attention que ce que je pensais initialement.

Dans le paysage automobile français elle est certes jolie mais finalement pas très différente des hordes de BMW série 4, Audi A5 et Mercedes classe C coupé qui peuplent les routes. Pourtant les gens se retournent sur son passage et j’ai pu entendre certains commentaires étonnants. Comme cet ami lui trouvant de faux airs de Mustang.

Regardez bien, avec un peu d’imagination (et de rhum aussi éventuellement) il y a quelques traits communs en effet.

J’ai malgré tout une petite pointe de déception en récupérant la Q60S : elle est en tout point identique à sa petite sœur. Cet aspect est encore plus frappant du fait que j’ai pu bénéficier des deux autos dans le même (magnifique) coloris.

Infiniti Q60 2.0 vs Q60s 3.0T

Infiniti Q60 2.0 vs Q60s 3.0T

La Q60S ne bénéficie pas d’une face avant plus imposante, d’un aileron agressif ou d’ailes hypertrophiées. Si la pureté du dessin originel y gagne, la sportivité affichée me laisse sur ma faim.

En revoyant les photos prises au mois de mars, je réalise que même les déflecteurs derrière les arches de roues avant étaient déjà là sur la « petite » version 2.0L. Au final, hors logos, le seule moyen de différentier les deux versions est le dessin des jantes.

Encore que la différence soit marginal et qu’en cochant les bonnes options il doit être possible d’atténuer cette légère différence.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Sur le plan du design extérieur donc, le résultat reste globalement élégant mais ne cadre plus aussi bien avec le caractère attendu d’une voiture de 405ch. Il faut croire que le client Infiniti veut rester discret et c’est tout à son honneur. Mais en ce qui me concerne, quand j’ai une telle cavalerie sous le capot, j’aime bien que cela puisse se voir sur la carrosserie.

Côté intérieur pas de surprise. A vrai dire on retrouve là aussi l’intérieur de la Q60 2.0L sur tout le tableau de bord. Ce n’est pas une tare tant cet habitacle est réussi. Les seules différences notables sont les sièges, le volant ( ?) et autre chose ?

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Si l’assise semble un peu plus ferme avec ses sièges sport, elle n’en reste pas moins confortable. Le maintien étant par ailleurs amélioré. Pour le reste, l’infotainment reste toujours intuitif et agréable, l’ambiance générale moderne et la finition de très bon niveau.

L’Infiniti Q60s est toujours un cocon dans lequel on se sent bien. En tout cas à l’avant. Car pour l’arrière, évitez les trajets longs si vous faites plus d’1m70. La place pour les jambes est plutôt bonne, mais le dessin de la lunette arrière fait qu’on a vite la tête qui cogne.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Moteur : 405ch en pleine forme

Il s’agit ici d’un V6 de 3.0L de cylindrée. Grâce à l’assistante respiratoire de deux turbocompresseurs, il développe donc 405ch à 6 400trs/min et 475Nm de couple à partir de 1 600trs/min. En soit une assez belle cavalerie. Et pourtant au réveil, ce moteur se montre particulièrement discret. Une bonne idée pour garder des relations apaisées avec le voisinage, mais c’est bien dommage de ne pas plus en profiter. En particulier quand le mode sport est engagé.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Côté mécanique cela ne change pas grand-chose. Un peu plus de réactivité dans la réponse à l’accélérateur, mais la sonorité reste la même ou presque. Heureusement, s’il est discret à l’oreille, ce V6 sait faire parler la poudre. Les accélérations ont la brutalité attendue et les performances sont au rendez-vous. Avec un 0-100km/h en 5 secondes, on a vite fait de s’extraire de la cohue au péage.

Mieux, au-delà de la performance, c’est surtout le sentiment d’avoir un moteur bien rempli qui prédomine. De la puissance partout, mais délivré avec régularité.

La boite 7 rapports automatique est quant à elle plutôt douce et calme. Elle manque certes un peu de rapidité en conduite dynamique, mais fait preuve d’assez d’intelligence pour ne jamais être vécue comme un frein au plaisir.

 

Comportement : deux roues de trop

Nous voilà donc avec une voiture jolie mais discrète, équipée d’un bon gros moteur. Reste à savoir comment le châssis vas permettre d’exploiter tout cela.

La réponse tient en trois lettres, apposées sur le coffre : AWD. Car l’Infiniti Q60S est une intégrale. Et cela se ressent dès le départ.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Le premier indice, au cas où on aurait raté le logo, c’est la motricité. Cette dernière est difficile, voire impossible à prendre en défaut.

Ensuite le comportement. En mode normal la voiture est très stable mais a tendance à se désunir dès que le rythme s’accélère sur départementale. Dans ce cas la Q60S se montre assez rapidement sous-vireuse. Heureusement le mode sport contrecarre ce travers…Ou plutôt ce manque de travers. L’infiniti devient alors plus efficace même en arrivant aux limites de la motricité. Le sous-virage tend à disparaître. Il est possible dès lors de profiter d’un quart d’heure colonial et d’enchaîner les virages avec un certain plaisir. Mais sans jamais cependant oublier le poids important de la bête.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Avec plus de 1860kg la version 3.0L concède un bon quintal à la version 2.0L. Et cela se ressent, particulièrement quand il faut opérer un freinage un peu appuyer pour pallier l’excédent d’optimisme à l’entrée d’une courbe.

Après quelques kilomètres d’arsouille il apparaît clairement que la Q60S préfère un rythme plus coulé. C’est au final en conduite tranquille qu’elle s’apprécie le plus. Son confort prend alors le relais et l’auto retrouve sa cohérence.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Conclusion :

Malgré ses 405ch, ce qui je vous le rappelle correspond à peu de choses près à ce que proposait une Ferrari 360 Challenge Stradale il y a encore 12 ans, l’Infiniti Q60S n’est pas une sportive pur jus. Si les performances sont bien là, le côté sportif pur et dur n’est pas de la partie.

Est-ce un défaut ? Pas vraiment. Car au-delà de la promesse de puissance, l’Infiniti Q60S est avant tout une GT au sens propre. Une voiture qui vous emmènera loin, rapidement et confortablement. Elle s’adresse à une clientèle éprise à la fois d’originalité et de discrétion. Sur ce créneau elle remplit parfaitement le cahier des charges et s’avère très réussie.

Mais pour un passionné un peu « old school » comme moi, elle manque un peu trop de fantaisie à la conduite. Si je devais choisir, je prendrais peut-être plus la version 2.0l. Cette dernière permettait au moins de faire quelques acrobaties du fait de son architecture propulsion.

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Infiniti Q60s 3.0T

Fiche technique Infiniti Q60S 3.0T

Fiche technique Infiniti Q60S 3.0T

P. Lagrange (@Philagrange)

Author: P. Lagrange (@Philagrange)

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