Il y a des voitures qui ne se contentent pas de gagner une course : elles écrivent l’histoire. La Mazda 787B appartient à cette catégorie très restreinte. Trente-cinq ans après son exploit aux 24 Heures du Mans, le prototype japonais a retrouvé le grand circuit de la Sarthe à l’occasion du Le Mans Classic Legend 2026, offrant aux passionnés une occasion rare de revoir évoluer l’une des voitures les plus emblématiques de l’endurance mondiale.
Un retour hautement symbolique
Point d’orgue du week-end, la 787B a assuré plusieurs sorties lors de l’édition 2026 du Le Mans Classic Legend, dans le cadre d’un défilé spécial organisé en partenariat avec la marque de modèles réduits Spark. Aux commandes de la voiture orange et vert, deux hommes aux profils très différents mais tout aussi symboliques : Yojiro Terada, figure historique des 24 Heures du Mans, et Pierre Fillon, président de l’Automobile Club de l’Ouest.

Terada totalise 29 participations à l’épreuve mancelle et détient le record du plus grand nombre de départs sans victoire personnelle — une statistique qui ne dit rien de son rôle décisif dans la mise au point du programme endurance de Mazda. Fillon, de son côté, a confié qu’il rêvait depuis longtemps de prendre le volant de cette voiture devenue un monument de l’histoire du Mans.

Le seul moteur rotatif vainqueur du Mans
Le 23 juin 1991 reste une date fondatrice pour le sport automobile japonais. Au terme d’une course parfaitement maîtrisée, la Mazda 787B (lire ici) s’était imposée avec à son bord Bertrand Gachot, Johnny Herbert et Volker Weidler, offrant à Mazda un succès historique : le tout premier triomphe d’un constructeur japonais aux 24 Heures du Mans, et à ce jour encore la seule victoire remportée par une voiture à moteur rotatif.

Sous son capot arrière rugit toujours le mythique R26B. Ce quatre-rotors affiche un volume de 4 chambres de 654 cm³ pour un total de 1 616 cm³, soit une cylindrée équivalente d’environ 4 709 cm³ selon la formule appliquée à l’époque (coefficient de 1,8) par la FISA (ex-FIA) pour les moteurs à pistons.

Il est associé à une boîte manuelle à cinq rapports développée en coopération avec Porsche, à un embrayage triple disque Borg & Beck, ainsi qu’à un châssis sophistiqué à système « pull-rod » à l’avant, chaussé de jantes RAYS en alliage léger et de pneus de course Dunlop. Une mécanique haut de gamme capable de délivrer près de 700 chevaux à 9 000 tr/min, pour un peu plus de 600 Nm de couple maximal.

L’héritage rotatif, toujours vivant
Au-delà de l’hommage rendu à une victoire mythique, ce retour célèbre également l’histoire du moteur Wankel chez Mazda, introduit dès 1967 sur la Cosmo Sport (lire ici) et qui n’a cessé, depuis, d’irriguer l’ADN du constructeur japonais — jusqu’à son usage récent comme générateur d’autonomie sur le MX-30 R-EV. Le développement de cette technologie se poursuit aujourd’hui, et le rotatif fêtera son 60e anniversaire en 2027.

La Mazda 787B n’avait plus fait entendre son moteur sur ses terres depuis quelques années : elle s’y était déjà produite en 2016 puis en 2022. Rarement sortie de sa collection tant sa préservation exige de précautions, elle demeure, trois décennies et demie après son sacre, l’un des sons les plus reconnaissables — et les plus attendus — de tout le sport automobile historique.
Crédit photos @Matthieu Bourgeois (TheCarSpots)






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