Alpine Essais

Essai Alpine A110 Pure : Entre daily drive et circuit, accord parfait ?

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Je n’avais pas encore eu l’occasion d’essayer l’Alpine A110, deux ans que j’attendais d’avoir une occasion. Entre temps, tout a été dit à son sujet. Même ici, chez AutomotivPress. Mais je tenais tout de même à me faire ma propre idée. D’une part car la sportive française reste, même après deux ans, très désirable, d’autre part parce qu’il fallait bien que j’essaye la version de base pour avoir un point de comparaison avec la version A110S qui pointe le bout de son nez.

 

Une histoire familiale

Habituellement, lors de mes essais je fais un tour d’horizon de la voiture que j’ai entre les mains. Design extérieur et intérieur, sensations au volant. Mais l’article d’Yvan fait déjà tout cela très bien. Pas la peine de vous en livrer une pâle copie.

Du coup, je vais vous proposer une histoire un peu plus personnelle.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

La passion automobile m’a été transmisse par mon père. Lui-même a cultivé cet amour de l’automobile avec son frère étant jeune. A coup de bricolage sur des Dauphine, Simca 5 et Renault 4CV les deux frangins Lagrange ont commencé leur recherche de performance sur 4 roues. Puis vinrent les BMW 2002 (Ti entre autres) et enfin pour mon père une Alpine. Une A110 moteur 1600. Jaune. Une voiture qui reste dans la légende familiale comme une des dernières sportives de mon père. Celle avec laquelle il a rencontré ma mère, celle qu’il devra revendre à la naissance de leur premier enfant.

Eh oui, je suis fautif d’avoir privé mon paternel d’un coupé sportif pendant des années. Bon, ma sœur aussi, mais à la base, c’était bien pour moi qu’il fallait faire de la place dans le véhicule familial.

Alors 48 ans plus tard, tandis que je récupère une A110 dernière génération, ma première pensée va à mon Papa : « Réserve ton dimanche, je t’emmène en balade ! ».

 

Les retrouvailles

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Alors que j’arrive chez mes parents pour déjeuner (toutes les occasions sont bonnes pour profiter de la cuisine de M’man), j’ai déjà eu l’occasion de me faire une première idée sur l’Alpine. En effet j’ai enchaîné les tours de manège avec les voisins qui se sont montrés encore plus excités que d’habitude par mon essai du week-end. Et cette première impression est déjà à la hauteur de ce que j’espérais. L’A110 fait partie de ces voitures qu’on aime regarder. Dans ce bleu Alpine si caractéristique, elle assume sa filiation avec la Berlinette éponyme tout en restant très moderne. Mais on aime aussi et surtout la conduire. Les sièges baquet de série sont excellent. Maintien impeccable et confort très correct. J’aurais cependant aimé pouvoir redresser un peu le dossier, mais comme il est fixe, le seul moyen est de modifier l’attache au niveau du rail en déplaçant les vis de fixation. Peu pertinent pour un essai aussi court, pour les heureux propriétaires cela vaudra par contre le coup de sortir la clé Allen.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Après un déjeuner sain mais néanmoins délicieux, il est temps de repartir rouler. Dès son installation à bord, mon père me fait la remarque qu’il retrouve quand même une ambiance Alpine. Le cuir matelassé, les proportions, il retrouve ses marques même si la voiture est plus grande que son ancienne berlinette. Ce qui l’étonne le plus, c’est l’efficacité de la boite à double embrayage. Il faut avouer que les passages de vitesse sont à la fois très rapides et doux, quel que soit le mode engagé. A la relecture de l’article d’Yvan, c’est peut-être la plus grande différence que je noterai de tout l’essai. Est-ce une question de perception ou une évolution de la boite entre la série « première édition » et cette version Pure ? Quoi qu’il en soit, cette boite est un vrai régal. Elle est pertinente en mode automatique et obéissante à souhait en mode manuel. Le moteur de son côté fait preuve d’une belle vitalité, plus finalement que dans la Megane RS qui partage cette même mécanique. C’est l’avantage d’avoir une caisse légère à mouvoir.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Un peu de sport

 

Après quelques kilomètres tranquilles, le temps de faire chauffer la mécanique et surtout de sortir de l’agglomération, il est temps de montrer un peu à l’ancêtre à quel point les voitures ont évolué depuis sa jeunesse. Avec ses 4.5 sec. pour passer de 0 à 100 km/h, l’A110 n’est pas une supercar, mais elle pousse quand même fortement. Je me souviens encore de ces jeux de carte de ma jeunesse avec des voitures de sport. Vous avez connu ? Il s’agissait de faire des « batailles » à coup de puissance max, vitesse max, accélération ou poids. Dans les années 80, un 0 à 100 km/h en 4.5s représentait la panacée. Seules les plus performantes des voitures, type AC Cobra, Lamborghini Countach pouvaient se targuer d’être aussi performantes. Maintenant ces chiffres sont devenus presque banals.

Pourtant au volant ou en passager, ils font leur effet. Ça va vite, mais dans un contrôle parfait. C’est à mon avis le bon niveau de puissance pour se faire plaisir sur la route sans se faire peur.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Le système de freinage « hautes performances » assure le boulot pour ralentir la voiture. Dans des conditions hivernales sur route ouverte, difficile de pousser la voiture dans ses retranchements, mais le feeling est bon et les décélérations toujours franches. Un point important pour se faire plaisir en toute confiance.

Sur ces simples qualités mécaniques, le paternel savoure déjà l’évolution de la voiture de sport en presqu’un quart de siècle. « Ça n’a rien à voir, c’est tout de même beaucoup plus brutal qu’à l’époque au niveau des accélérations.»

 

Le retour de la ballerine

 

Entre deux passages sportifs, l’Alpine se permet presque de la jouer Grand Tourisme avec un confort plus qu’acceptable. Le bruit est raisonnable, les suspensions confortables et les aides électroniques permettent de conduire en toute décontraction.

Une pression sur le sélecteur de vitesse pour passer en manuel, un clic pour se mettre en mode sport et un doigt enfoncé quelques secondes pour désactiver l’anti-patinage, et vous voilà au volant d’une véritable danseuse.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Conduisant une MX-5 ND au quotidien, je suis habitué à la propulsion et je dois bien l’avouer, j’ai mes quelques rond-points et virages de prédilection pour mettre à l’épreuve l’équilibre de la petite japonaise. La “Miata” est reconnue pour son équilibre avec une répartition 50/50 et une facilité de conduite permettant de nombreuses facéties. Je ne pensais pas pouvoir me faire autant plaisir avec l’Alpine. Ma référence en termes de sportives à moteur central étant la Lotus Elise S1, je m’attendais à une voiture un peu fine une fois le train arrière décroché. C’est tout le contraire ! L’A110 fait preuve d’un équilibre absolument extraordinaire. Sur les routes fraîches et humides de ce début d’année, il suffit d’appeler les 252 ch du bout du pied droit pour que la belle bleue se mette à dériver en douceur. Une dérive naturelle, qui intervient à une vitesse raisonnable et se maîtrise au pied, au doigt et aux fesses.

Comme je me plais à le rappeler à chaque essai depuis quelques années, les voitures ultra-efficaces et rivées à la route m’ennuie, tandis que celles permettant quelques facéties à vitesse réduite m’enchantent. Dans cette dernière catégorie, la MX-5, la Toyota GT86Subaru BRZ pour ne rester que dans les propulsions, font office de référence. Enfin, faisaient office devrais-je dire. Car avec l’A110 un cap est passé en termes d’équilibre et de facilité. Par rapport à ma MX-5, la glisse est aussi facile à déclencher, mais bien plus aisée à prolonger. La puissance aide, bien sûr, mais aussi la direction. Elle est directe sur la Mazda, précise sur l’Alpine. Peut-être pas aussi naturelle que sur l’Elise, mais très bonne malgré tout.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Conclusion

 

En ramenant mon cher Papa à la maison, je sens qu’il a été charmé par cette Alpine. Pas tant pour les souvenirs qu’elle aurait pu faire remonter de sa folle jeunesse, mais surtout pour ses qualités propres. C’est certainement la plus belle réussite de la renaissance de cette belle marque. Réussir à faire le lien entre les passionnés historiques et les exigeants nouveaux acheteurs de coupés sportifs. Elle parle autant au cœur qu’au cerveau. J’ai la chance de pouvoir rouler au choix en Mazda MX-5 ou Lotus Elise S1. Pourtant en rendant l’Alpine A110 au parc Renault, je me pose la question : serait-il pertinent de revendre mes deux autos pour acquérir une Alpine ? Certainement. La française est capable de se muer en daily drive raisonnable et passionnant tout en proposant un niveau d’efficacité qui en fait certainement une voiture amusante sur piste.

La seule concurrence capable d’offrir une telle polyvalence ? Certainement la Porsche Cayman. Mais personnellement, c’est l’Alpine qui me fait le plus envie.

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

Alpine A110 Pure

Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure
Alpine A110 Pure

 

A propos de l'auteur

P. Lagrange (@Philagrange)

P. Lagrange (@Philagrange)

1 commentaire

Cliquer ici pour poster votre commentaire
  • Ça ressemble à un joli coup de cœur ça Philippe !
    Merci pour la lecture, hâte d’en essayer une à mon tour…

Nous twittons, suivez-nous