Bovensiepen Spider, ou comment vendre son nom de famille et continuer à faire crâner les riches
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Bovensiepen Spider, ou comment vendre son nom de famille et continuer à faire crâner les riches

Bovensiepen Spider
Bovensiepen Spider

Il y a des divorces qui finissent bien. Celle d’Alpina et de la famille Bovensiepen, par exemple, se termine par… le Spider, un nouveau roadster à 115 500 euros vendu à 99 privilégiés qui ont, statistiquement, déjà un garage trop plein pour vraiment en avoir besoin. Bienvenue dans le monde merveilleux du luxe automobile allemand, où l’on peut perdre son nom de famille et s’en sortir plus riche qu’avant.

Petit rappel des faits, pour ceux qui étaient au ski

En 2022, BMW a fait une offre à la famille Bovensiepen : « Votre marque Alpina, cinquante ans d’histoire, on vous l’achète. » L’accord, prolongé une dernière fois fin 2020, arrivait à expiration le 31 décembre 2025 et BMW en a profité pour racheter les droits, avec intégration complète programmée pour 2026. Résultat : soixante ans d’indépendance familiale liquidés en une signature. On aurait pu s’attendre à ce qu’Andreas et Florian Bovensiepen partent bouder sur un yacht avec le chèque. Que nenni : ils ont créé Bovensiepen Automobile, réorganisé la boutique de Buchloe en cinq pôles d’activité ; dont, on l’imagine, un pôle « fierté blessée » ; et se sont remis au travail. Rebelote avec le même liquide, mais sans l’étiquette.

Bovensiepen Spider
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La réglementation, ce grand méchant loup qui a tout déclenché

Le vrai coupable de ce chamboulement, ce n’est même pas BMW : ce sont les normes. La transition vers l’électrique et le durcissement réglementaire mondial ; émissions, validation logicielle, aides à la conduite ; représentent des risques devenus intenables pour un petit constructeur qui n’assemble que quelques milliers de voitures par an. Autrement dit : Bruxelles a eu la peau d’Alpina bien plus sûrement qu’un concurrent japonais. Résultat, la parade de Bovensiepen consiste à greffer ses folies mécaniques sur des voitures déjà homologuées par BMW, en évitant soigneusement de refaire tout le travail réglementaire soi-même. Malin. Presque trop malin pour être totalement romantique.

Bovensiepen Spider
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Sous le capot : un B58 qu’on a chatouillé, pas dopé

La Bovensiepen Spider embarque le fameux six-cylindres B58 de 3,0 litres, gonflé à 320 kW (435 ch, +95 ch) et 580 Nm (+80 Nm), sans toucher à la pression de suralimentation, précise-t-on fièrement, comme si augmenter le turbo était une pratique de plouc. À la place, on a ouvert le conduit d’admission, ajouté un canal d’air dynamique, agrandi le silencieux et retravaillé l’échappement pour réduire la contre-pression. Traduction pour les non-initiés : on a fait respirer un moteur qui respirait déjà très bien, contre beaucoup d’argent. La boîte ZF à huit rapports change de vitesse en un dixième de seconde, et un ventilateur électrique de 1 000 watts s’assure que tout ce beau monde ne fonde pas sous la chaleur d’un usage prolongé ; une attention touchante pour une voiture qui, à 99 exemplaires, ne verra probablement jamais plus de deux mille kilomètres par an.

Bovensiepen Spider
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Côté châssis, on a retendu les amortisseurs et allongé les ressorts arrière ; avec le « Performance Package » et son différentiel arrière en aluminium ailetté, la vitesse de pointe grimpe de 260 à 295 km/h ; une donnée follement utile sur les autoroutes allemandes limitées à 130 par bon sens écologique.

Bovensiepen Spider
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L’objet en lui-même : nostalgie, capote en toile et 4,2 secondes de gloire

Longue de 4,33 mètres, capote souple, dessinée par Frank Stephenson qui a retouché pare-chocs, ouïes et bas de caisse pour qu’on ne confonde surtout pas cette Spider avec un vulgaire Z4 (lire ici) de série ; lequel, soit dit en passant, a cessé d’être produit en mars 2026, quelques mois avant que Bovensiepen ne le ressuscite en beaucoup plus cher. Andreas Bovensiepen raconte avoir été marqué par son passage sur le développement de la BMW Z8 à la fin des années 1990, ce qui donne à l’ensemble un petit parfum de nostalgie de cadre supérieur qui se souvient de sa jeunesse. 0 à 100 km/h en 4,2 secondes, 8,8 l/100 km et 199 g/km de CO2 en cycle WLTP, de quoi finir tranquillement en classe d’émissions G, la lettre qui dit merci d’avoir survécu au bureau des normes.

Bovensiepen Spider
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Une trilogie familiale, ou l’art de recycler des BMW avec le sourire

La Bovensiepen Spider n’arrive pas seule. Elle boucle une trilogie entamée avec le coupé Zagato (2025, base M4 Cabriolet) puis poursuivie avec le break 05 GT (2026, base M5 Touring, 800 ch et 1 100 Nm en hybride rechargeable pour à peine 199 000 euros). Trois BMW différentes, une seule recette : prendre une base déjà excellente, la confier à Frank Stephenson pour qu’il la déguise en quelque chose de plus discret et de plus cher, et vendre le tout sous la bannière du « Fine Driving », un concept marketing qui signifie essentiellement « nous avons le même moteur que vous, mais en mieux élevé ».

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Bref : on a perdu le nom Alpina, mais on garde l’art de vendre des BMW très chères à des gens qui préfèrent ne pas croiser leur voisin au volant du même modèle. Cinquante ans de savoir-faire, ça ne s’achète pas, ça se loue, à 99 exemplaires près.

Source et crédit photos @Bovensiepen

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A propos de l'auteur

Pierre Henri Brautot

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