Clarkson cultive une Jaguar : la F-Type passe au bio
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Clarkson cultive une Jaguar : la F-Type passe au bio

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type - J. Clarkson

Jeremy Clarkson a décidé que le meilleur moyen de retrouver le goût de la bagnole était de la planter, de l’arroser et de la récolter. Les Jaguar ordinaires, elles, sortent d’usine comme tout le monde.

Le contexte : quand l’ennui mène au labour

À 66 ans, le présentateur, qui passe ses journées à batailler contre les moutons dans « Clarkson’s Farm », retourne à ses premières amours dans un épisode unique pour Prime Video : « Jeremy Grows a Car : A Clarkson’s Farm Special ». Prime Video annonce la diffusion pour 2027, sans date précise. Autant dire qu’il faudra patienter, ce qui laisse le temps de planter du lin.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

Ce retour ne pouvait pas mieux tomber. Le dernier épisode de « The Grand Tour » date d’il y a deux ans, et l’homme avait manifestement du temps à tuer. Frustré par les voitures actuelles, Clarkson a conclu qu’il fallait en fabriquer une lui-même, avec les récoltes de sa « Diddly Squat Farm ». La logique se tient : quand le catalogue vous déçoit, on sème.

Pourquoi une Jaguar F-Type V6S ? Selon Clarkson, il la juge placée entre l’émotion de la conduite analogique et la praticité moderne. Traduction : assez sauvage pour s’amuser, assez civilisée pour aller chercher le pain. C’est la dernière vraie Jaguar. L’avenir de la marque, lui, est plus électrique : la berline Type 01 de 1 030 ch vient d’être révélé (lire ici). Les puristes auront donc eu le temps de faire leur deuil.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

Fiche technique : le juste milieu, avec un V6 qui hurle

La F-Type, c’est un roadster deux places, moteur à l’avant, propulsion. Elle repose sur une architecture tout aluminium et prétend privilégier la performance, l’agilité et l’implication du conducteur. C’est la première vraie sportive découvrable de la marque depuis la E-Type de 1960, soit un demi-siècle d’attente. Même chez Jaguar, on prend son temps.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

La V6S est le choix de la raison. Son 3,0 litres V6 suralimenté, dérivé du V8 5,0 litres, existe en 340 ou 380 ch, et c’est la seconde puissance qui équipe la S. Le couple atteint 460 Nm. De quoi réveiller les voisins et les poules : 0 à 100 km/h en 4,9 secondes, vitesse maximale 275 km/h (bridée électroniquement), boîte automatique Quickshift à huit rapports, différentiel autobloquant mécanique sur la V6S, là où la V8 S a droit à un différentiel actif électronique.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

Côté gabarit, la voiture fait 4,47 m de long, 1,92 m de large et 1,31 m de haut. Elle pèse environ 1 600 kg, et son coffre n’offre que 196 litres. Quelques valises et un sac de graines, et c’est plein. Un détail mérite d’être noté : le toit est en toile, pas en métal, ce qui promet de belles scènes sous la pluie anglaise.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

La F-Type soigne les gadgets : échappement actif de série sur la S, poignées de porte qui se déploient, aileron actif qui réduit la portance jusqu’à 120 kg à haute vitesse. Les V6 se reconnaissent à leur double sortie d’échappement centrale, clin d’œil aux Jaguar d’antan. Au lancement, la S était affichée à partir de 87 600 euros en 2013, en France. Le prix d’une belle récolte, en somme.

Les modifications : le lin remplace le carbone

Le détail de la transformation attendra la diffusion. Ce que l’on sait suffit à lever un sourcil.

Pour la carrosserie, Clarkson avait confié vouloir un kit plus large pour son cabriolet F-Type. Jusque-là, rien d’anormal : c’est le tuning classique. Là où ça se corse, c’est que les panneaux seront en composite de lin issu de sa ferme, présenté comme une alternative à la fibre de carbone. Rien de tel n’a jamais équipé une Jaguar de série. On les comprend : personne n’avait pensé à demander à un champ de lin de dessiner un pare-chocs. Une photo promotionnelle montre d’ailleurs Clarkson en train de monter les nouveaux panneaux sur la voiture. Espérons que la notice ne soit pas en suédois.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

Le fermier-constructeur promet un habitacle en cuir et des tapis en laine de sa propre production. Une Jaguar à l’odeur de bergerie : le luxe britannique dans toute sa splendeur, et un argument de vente que Mercedes n’a pas encore trouvé.

Pour éviter que le résultat ressemble à une botte de foin sur roues, Clarkson a engagé du lourd. Ian Callum CBE, père de la F-Type d’origine et de l’Aston Martin Vanquish (2001), intervient via son bureau d’études CALLUM. Son CV compte aussi la Jaguar XK (2005), les concepts C-X75 (2010) et C-X76 (2011), les Aston Martin DB7 (1993) et DB9 (2004). Un monsieur qui a dessiné des icônes va donc passer ses journées à lisser du lin. Ensemble, ils doivent redessiner la voiture selon ce que Clarkson juge être l’ADN de la marque Jaguar : style, luxe et performance.

Jaguar F-Type - Jeremy Clarkson
Jaguar Flax Type – J. Clarkson

Quant au moteur aucune source ne parle de modification mécanique. Le V6 suralimenté reste donc, jusqu’à preuve du contraire, à l’abri des tracteurs.

En attendant plus : « on valide la config’ ? »

Faire pousser sa carrosserie plutôt que la commander : l’idée a du panache, ou de la folie, selon l’humeur. Reste à savoir si le lin soutiendra la comparaison avec le carbone, et si cette F-Type élargie aura plus de gueule qu’un épouvantail. Rendez-vous en 2027, avec des bottes.

Crédit photos @Prime video, Varryx

A propos de l'auteur

Pierre Henri Brautot

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