En 1978, Honda lançait le premier opus de la Prelude. Un coupé relativement modeste, un peu pataud mais sympathique malgré tout. Au fil des générations (six à ce jour), la Prelude s’est construit une image de jolie voiture, facile à vivre, pas trop (très) sportive et, pour tout dire, plutôt plébiscitée par les retraités.

Honda Prelude : une longue histoire tranquille
Alors que d’autres coupés japonais ont retrouvé en occasion un public plus jeune (Nissan 200SX par exemple), la Prelude reste un peu en retrait dans l’imaginaire collectif. Et pourtant toutes les générations gardent un charme certain. J’ai un faible particulier pour la troisième génération (1988-1991) dont les lignes m’ont toujours fait penser à une Ferrari 412 miniature (pensez ce que vous voulez, j’assume ce coup de foudre dès ma première rencontre avec cette auto sur le chemin du lycée). Il faut avouer que la Prelude n’a jamais eu de grandes prétentions sportives. Sauf peut-être cette dernière mouture dont une version est engagée en Super-GT au japon.
Mais la version de route, je ne vais pas vous faire croire le contraire, reste un véhicule globalement sage.
Honda Prelude 2026 : coupé moderne.
Commençons déjà par le dessin globale. Si la Prelude ne soulève pas les foules par son dessin hors normes, j’ai malgré tout été étonné par l’accueil qu’elle a reçu dans la rue lors de mon essai. Les regards s’attardaient sur ses lignes, les passants la montraient du doigt (un peu). Bref, elle ne laisse pas indifférent et c’est déjà une belle victoire.

Est-ce du au fait qu’un coupé, quel qu’il soit, se fait remarqué dans nos rues bondées de SUV à la finesse de briques ? Ou encore à sa ligne qui rappelle en plus moderne la Laguna Coupé ? Ou tout simplement qu’elle plait ?
En ce qui me concerne je ne lui trouve pas que des qualités, esthétiquement parlant, mais l’ensemble n’est pas désagréable pour autant.
Au rayon des traits qui me laissent dubitatifs, il y a ce capot un peu court et dont la face avant rappelle un peu trop la Toyota Prius à mon goût. Ce n’est pas suffisant pour rendre la voiture laide pour autant.

Si la face avant laisse un peu à désirer, le profil est plus avenant, avec cette courbe de pavillon qui se termine sur une vitre de custode aiguisée comme une flèche. Mais c’est définitivement la poupe de la Prelude qui est la partie la plus réussie. Racée et avec de fortes inspirations Porsche.

Honda Prelude 2026 : intérieur soignée
Une fois glissé dans le confortable siège de la Prelude, on se retrouve face à un joli volant et un tableau de bord qui, bien que digital, rappelle les compteurs « à l’ancienne ». L’écran d’infotainment au centre de la planche de bord est un peu daté, mais en ce qui me concerne je préfère les boutons physiques qui permettent de nombreuses actions intuitives à un écran géant dans lequel il faudrait naviguer dans d’innombrables menus avant de pouvoir changer de station radio.

L’habitacle de la Prelude recèle quelques petits détails de design que j’ai particulièrement apprécié. Comme ces buses d’aération derrière des grilles. Ou le logo « Prelude » surpiqué sur le dessus de la planche de bord face au passager.

Mais la Honda reste loin de certains standards de qualités avec encore quelques plastiques durs sur les contre portes par exemple.
Oubliez par contre l’idée de voyager à 4 adultes. Si la place aux genoux est vivable, il n’en est pas de même pour la garde au toit. Un adulte de plus de 1m60 finira avec une bosse et un torticolis.

Honda Prelude 1026 : plaisir au volant
Si l’allure générale de la Prelude reste à l’appréciation de chacun, la vrai question est de savoir si l’auto est sympa à conduire. Pour éviter tout malentendu, il est clair qu’il ne s’agit pas d’une voiture de sport. La puissance est raisonnable (184ch) sans plus. Le poids tout juste inférieure à la tonne et demi (1 473kg) reste mesuré mais ne permet pas de parler de ballerine non plus.
Résultat, il faut 8.2 secondes pour atteindre les 100km/h depuis l’arrêt. Une performance qui ne va pas mettre à mal votre estomac, mais qui reste suffisant (et raisonnable) sur la route.

Ce 2.0L hybride est d’ailleurs bien plus sympa que les seules performances ne le laissent penser. La magie de l’électricité permet à la Prelude de démarrer avec dynamisme et le moteur thermique garde un semblant de caractère. La Honda Prelude propose par ailleurs un simulateur de passage de vitesse. Il suffit pour cela d’appuyer sur le bouton S+ entre les sièges. Vous pouvez alors jouer avec les palettes derrière le volant pour jouer à passer virtuellement les vitesses. Cela n’est guère amusant. La mécanique n’invitant de toute façon pas à pousser les rapports. Le mode le plus agréable reste le mode sport en laissant la boite eCVT faire son boulot. Mais au moins les passages de rapports, tout illusoires soient-ils, ne déconnectent pas complètement de la mécanique. Il en résulte une impression de mise en vitesse loin du côté « tapis volant » des véhicules électrique habituels.
Si la mécanique, sans être enthousiasmante, est malgré tout agréable, le châssis est véritablement la partie la plus réussie de la Prelude.
Le train avant nous rappelle la qualité des ingénieurs châssis du constructeur japonais. Les changements de direction sont vifs et précis, l’adhérence est rarement prise en défaut même en cherchant les limites. La Prelude vous autorise une conduite dynamique bien que ce ne soit pas sa vocation initiale. Les freins se montrent à la hauteur du châssis avec une sensation naturelle dans la pédale.
Honda Prelude : les méfaits de la modernité
Mais pour ce qui est de véritablement la secouer, il faudra oublier. Enn particulier parce que les assistances électroniques restent présentes en toute occasion. L’amorce de glisse du train arrière est immédiatement rattrapée par l’ESP qui n’est jamais totalement déconnectable.
C’est d’ailleurs le principal reproche à faire à la Honda Prelude concernant le plaisir de conduire. Ca bipe tout le temps, dans tous les sens. L’ESP, mais aussi le maintient dans la file, les alertes de vitesse…Même si je comprends que les règlementations imposent désormais toutes ces contraintes, il n’en reste pas moins dommage qu’elles soient si intrusives.
De même, l’impossibilité de reculer ou avancer avec la portière ouverte peut s’avérer gênant lorsqu’on essaye de se garer avec des obstacles autour. Mais je comprends…Le nombre de fois où je me suis retrouvé sur l’autoroute en marche arrière, portière ouverte, sans me rendre compte du danger…

Conclusion
Après ces derniers propos médisant, quelle va être ma conclusion ? Et bien que la Prelude est une voiture très sympa malgré tout. Car au-delà de quelques désagréments « obligés », il est rafraichissant de voir qu’il existe une autre voie que celle du SUV. La Prelude est jolie, facile à vivre, pleine de qualités. Elle peut aussi bien plaire à une « maman pressée » qu’à un retraité voulant se dévergonder avec une auto au look sportif. Si c’est le vrai sport que vous cherchez, passez votre chemin. De toute façon la Prelude n’a jamais eu pour ambition de répondre à cette demande. Mais pour tout le reste, il s’agit certainement de l’une des voitures les plus sympa qui n’est pas assommée par un malus délétère. Espérons qu’elle montre la voie à d’autres constructeurs pour revenir sur le marché du coupé raisonnable.

Caractéristiques :
Moteur 2.0L hybride
Puissance : 184 ch
Poids : 1 473 kkg
Performances :
0-100 km/h : 8.2 s
Vitesse max : 188 km/h
Tarif : 49 900€
Malus 2026 : 240€
Ce que j’ai aimé :
- La ligne, c’est rafraichissant de revoir un coupé !
- Le train avant précis
- Le moteur agréable à défaut d’être sensationnel
Ce que j’ai moins aimé :
- Les alarmes sonores incessantes










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