Opel Eco Speedster : le diesel qui voulait aller vite et boire peu
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Opel Eco Speedster : le diesel qui voulait aller vite et boire peu

Opel Eco Speedster et Opel GT concept
Opel Eco Speedster et GT concept

Au Mondial de Paris 2002, il y a 24 ans, Opel n’a pas montré un simple concept. Posée sur le stand, l’Eco Speedster ressemble à une soucoupe. Il a lancé une offensive diesel. Il ne s’est jamais vendu, mais il a servi de vitrine à toute une gamme de moteurs.

Un salon, un message

Opel présentait l’Eco Speedster au salon de Paris, qui ouvrait ses portes le 28 septembre 2002, pour lancer une offensive diesel. Le contexte était favorable. Plus de la moitié des voitures vendues en Europe roulaient alors au gazole. Les moteurs DTI à injection directe de la marque n’étaient plus à la hauteur des diesels de nouvelle génération. Il fallait un coup d’éclat.

Opel Eco Speedster
Opel Eco Speedster
Opel Eco Speedster
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L’héritage du GT diesel de 1972

L’idée n’était pas neuve. Le 1er juin 1972, une Opel GT modifiée, animé par un 2,1 litres turbodiesel de 95 ch, avait établi des records pour moteurs diesel et atteint 197,5 km/h. Il avait tourné trois jours et deux nuits d’affilée, pour deux records du monde et dix-huit records internationaux. La Rekord 2.1 D, premier diesel de tourisme de la marque, est arrivée peu après. Trente ans plus tard, l’Eco Speedster rejoue la même partition sur la même piste de Dudenhofen.

Opel Eco Speedster et Opel GT concept
Opel Eco Speedster et GT concept

Une base de Speedster, déshabillée

L’Eco Speedster dérive du roadster Speedster. Le concept de ce dernier avait été montré à Genève en 1999, et la production a démarré en mars 2001. Comme la série, il utilise la base du Lotus Elise (lire ici). Le châssis aluminium ne pèse que 72 kg.

Opel Eco Speedster
Opel Eco Speedster

Les ingénieurs ont ensuite tout revu. Le Cx est passé de 0,38 sur le Speedster à 0,20. Pour y arriver, il a fallu abaisser la ligne de toit de 167 mm pour atteindre 950 mm, monter des portes papillon, allonger le profil de 184 mm, monter des enjoliveurs pleins, réduire la largeur et la surface frontale, puis traquer chaque kilo : 660 kg avec carrosserie carbone (la Lotus Elise S2 1.8 litres Rover affiche 756 kg à vide). La surface frontale tombe à 1,4 m², contre 1,6 m² pour le Speedster de série. Avec un SCX de 0,28 m² (CX x S), l’Eco-Speedster pénètre 47% plus facilement l’air que la version de série. Le coupé deux places se passe de rétroviseurs. Pneus à faible résistance au roulement et huile moteur à faible frottement complètent la panoplie.

Opel Eco Speedster
Opel Eco Speedster

La mécanique mérite un mot. C’est le premier moteur entièrement conçu au sein de la coentreprise FIAT-GM Powertrain. Développé par Fiat, il est produit en Pologne et équipera dès 2003 les citadines et compactes des deux marques : 1.3 CDTI à injection common rail, quatre soupapes par cylindre et turbo à géométrie variable. Il est placé en position centrale, comme sur le Speedster. Sa puissance attend 112 ch. La version de série est annoncée à 70 ch et 170 Nm. La boîte de vitesse « Easytronic » est une boîte manuelle robotisée. En termes de performances, l’objectif est de 250 km/h en vitesse de pointe et une consommation de 2,5 l/100 km en moyenne.

Opel Eco Speedster
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Dudenhofen, 24 heures chrono

Opel a voulu prouver que ce n’était pas du maquillage. Le 27 juillet 2003, après 24 heures à fond, le prototype de 112 ch a décroché 17 records internationaux dans la catégorie des moteurs turbodiesel de 1 100 à 1 499 cm³. L’épreuve a failli mal tourner. À 55 minutes de l’arrivée, avec 16 records déjà acquis, une panne électrique l’a envoyé aux stands, et il a refusé de repartir. La séance s’est tout de même conclue à 12h44, avec les 17 records.

Opel Eco Speedster
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Les chiffres sont éloquents. La moyenne atteint 225,079 km/h et le tour le plus rapide 256,269 km/h. La consommation reste à 2,54 l/100 km. Hans Demant, directeur de l’ingénierie, a participé aux relais au volant. Le diesel pouvait donc être sportif et sobre en même temps.

Opel Eco Speedster
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Dans la famille des concepts sobres

L’Eco Speedster n’est pas un accident de parcours. Opel a toujours aimé les laboratoires roulants. La marque a montré plus de concepts que de modèles de série depuis 1965, parmi lesquels l’Elektro GT de 1968, la Junior en 1983 (lire ici), l’HydroGen3 de 2001 et le Trixx de 2004.

Opel Eco Speedster
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Le fil de l’efficience se poursuit ensuite. En 2007, le Flextreme dévoile à Francfort l’architecture E-Flex : un moteur électrique alimenté par batterie lithium-ion, assisté d’un turbodiesel 1.3 faisant office de groupe électrogène. Il promet 55 km en tout électrique et moins de 40 g/km de CO2. Son look et certaines solutions ont été repris sur l’Ampera, hybride rechargeable vendue de 2012 à 2015. Le Flextreme GT/E de 2010, carrossé en carbone, appliquait la même technologie à une voiture plus grande. La recette reste la même : un petit moteur, de l’aérodynamique et du poids en moins.

Opel Eco Speedster
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L’Eco Speedster a aussi des cousins hors de la marque. La Volkswagen XL1 est arrivé onze ans plus tard (lire ici). Il partage avec l’Opel une architecture à moteur central arrière, un diesel et une aérodynamique extrême. La XL1 est plus sophistiqué, mais il n’a pas les prestations de l’Opel, bâti sur une voiture plus grande et déjà commercialisée.

Opel Eco Speedster
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La stratégie : un moteur en vitrine

Derrière le spectacle, l’objectif est industriel. Le patron d’Opel, Carl-Peter Forster, présentait l’Eco Speedster comme l’emblème de l’offensive diesel et une démonstration du savoir-faire en motorisation, allègement et aérodynamique. Chez Vauxhall, la filiale britannique, le directeur Kevin Wale annonçait plusieurs nouveaux diesels d’ici fin 2003. Quatre moteurs CDTI étaient prévus, de 70 à 177 ch. Le 1.3 vient de Fiat et le haut de gamme de chez Isuzu.

Opel Eco Speedster
Opel Eco Speedster
Opel Eco Speedster
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La suite a suivi le calendrier. Le 1.3 CDTI devait débuter dans les Corsa et Agila quelques semaines après les records. La Corsa 1.3 CDTI annonçait 4,5 l/100 km, soit 122 g/km de CO2. Le concept restait lui sans lendemain : il n’est jamais arrivé en concession. L’Eco Speedster n’avait rien à vendre. Il devait montrer qu’un petit diesel moderne pouvait tenir tête à n’importe quelle sportive, et crédibiliser la gamme qui allait suivre.

Opel Eco Speedster
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Démonstrateur « light is right »

On retient de l’Eco Speedster sa démonstration plutôt que sa silhouette. La sobriété n’y est pas une punition : avec peu de poids, un bon Cx et un moteur bien né, on obtient un gain d’efficience, et même du plaisir. Les concepts électriques de la marque, de l’Ampera au Flextreme, reprendront ce raisonnement avec d’autres moyens.

Sources et crédit photos @Opel, Wheelsage, Myspeedster.ch

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Yvan

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