Essai Volkswagen Polo GTI (Edition 25) : maudit sois-tu, malus !
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Essai Volkswagen Polo GTI (Edition 25) : maudit sois-tu, malus !

Volkswagen Polo GTI

Le segment des citadines sportives est sous respirateur depuis quelques années. Mais l’une d’entre elles survit dans l’ombre de l’électrique : la Volkswagen Polo GTI. Enfin ça, c’était jusqu’en début d’année… 2026.

La Volkswagen Polo GTI Edition 25 fête dignement les 25 ans de la déclinaison
La Volkswagen Polo GTI existe depuis plus de 25 ans ©Volkswagen France

Qu’il est loin le temps des comparatifs entre citadines survitaminées et autres petits bolides atmosphériques ou turbo ! Renault Clio RS (lire notre essai ici), Peugeot 208 GTI (lire notre essai ici) ou Suzuki Swift Sport (lire notre essai ici) : toutes ont disparu petit à petit. L’une d’entre elles a pourtant tenté de survivre, discrètement : la Volkswagen Polo GTI. Que nous essayons ici dans sa déclinaison « Edition 25 », qui fête les 25 ans du label GTI sur la citadine allemande. Sous son capot, on retrouve un moteur 4-cylindres turbo de 207 chevaux.

La Volkswagen Polo GTI : un look chic mais sportif

Esthétiquement, la Polo GTI se fait relativement discrète. Un pare-chocs spécifique avec une prise d’air en nid-d’abeilles, une signature lumineuse retravaillée, des inserts rouges ou encore une double sortie d’échappement signent une voiture à vocation sportive. La petite fourmi joue sur la carte de la sobriété pour mieux cacher sa puissance.

Arrière de la VW Polo GTI édition 25
Discrète, assurément !

Nonchalante, l’allemande se reconnaît à son liseré rouge et son blason GTI apposé sur la calandre, qui se fond dans les feux. De profil, les ailes intègrent le logo GTI sur fond rouge vif. Notre modèle d’essai arbore également des stickers sur les bas de caisse : normal, Volkswagen France nous a prêté l’édition « Edition 25 », célébrant le quart de siècle de la citadine sportive. Le tout est complété par des jantes de 18 pouces « Adélaïde » à la finition noir brillant. Attention, si la Polo GTI « classique » se contente de jantes de 17 pouces, le 18 pouces est de série sur cette Edition 25.

L’arrière se distingue par son logo GTI placé au centre du hayon, en lieu et place du lettrage « Polo », et par sa double sortie d’échappement. Globalement, la Volkswagen Polo GTI reste plutôt sage. Sa carrosserie donne davantage une impression de Grand Tourisme que de sportive radicale prête à avaler le bitume. On est loin des exubérances d’une ancienne Clio 4 RS, mais reconnaissons à la Polo un look qui fait tout de même son petit effet.

J’allais en oublier les dimensions ! La Volkswagen Polo GTI s’étire sur 4,07 m de long, 1,75 m de large et 1,45 m de haut. Des dimensions généreuses, mais qui sont depuis battues par les nouvelles Renault Clio, Honda Jazz ou encore la MG 3 Hybrid+,qui dépassent toutes les 4,10 m de long.

À bord de la Volkswagen Polo GTI : noir c’est noir…

Il n’y a plus d’espoir ? Enfin, si. Tout n’est pas totalement sombre. Fidèle à la tradition des GTI du constructeur allemand, le mobilier profite de petites touches de couleur. On retrouve des inserts rouges un peu partout, notamment sur la sellerie. La planche de bord ne cache pas ses rides mais reste dans l’air du temps avec son écran d’infodivertissement tourné vers le conducteur. D’une diagonale de 9,2 pouces (contre 8 pouces sur les autres Polo), ses graphismes sont bons, même si l’on peut rencontrer quelques latences par moments. On lui pardonne : la base de la voiture date tout de même de 2017.

Planche de bord Polo GTI Edition 50
©Volkswagen France

Face au conducteur se dresse une dalle numérique de 10,25 pouces, apparue lors du restylage de 2021. Personnalisable, elle offre des graphismes propres à la déclinaison GTI. Pour le reste, les assemblages ne souffrent d’aucun reproche, contrairement aux matériaux employés. On retrouve de nombreuses pièces en plastique Black Piano qui ont la fâcheuse tendance à retenir les empreintes de doigts et la poussière. Autre critique : les commandes de climatisation passent par des boutons tactiles à retour haptique. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus intuitif en roulant, et cela oblige à quitter la route des yeux dès que l’on souhaite modifier la température.

Du négatif mais aussi du positif

Maintenant que les points négatifs sont évacués, passons au positif. Les contre-portes profitent d’inserts rouges et d’un éclairage d’ambiance qui apporte un vrai plus à l’atmosphère. Les sièges adoptent un revêtement en Alcantara au centre et du cuir sur les contours. Volkswagen y a fait broder les lettres GTI en rouge, ce qui apporte une note de fantaisie bienvenue. Si l’assise paraît un peu raide au début, les différents réglages permettent de rendre le voyage confortable. Enfin, le volant profite d’un cuir perforé avec des surpiûres rouges et du badge « 25 ».

De l’espace à bord

Grâce à un empattement de 2,55 m, les passagers arrière disposent de suffisamment de place, en plus de profiter d’une banquette plutôt moelleuse. L’habitacle est baigné de lumière grâce au toit panoramique. Globalement, la Polo reste une excellente citadine polyvalente à laquelle on ne peut faire que peu de reproches. Côté coffre, on dispose de 351 litres, ce qui est amplement suffisant pour la vie quotidienne et les départs en week-end. En bonus, la Polo profite d’office d’un double fond très pratique pour caler les sacs de courses.

sellerie Edition 50
©Volkswagen France

Qu’y a-t-il sous ce petit capot ?

Sous le capot de la Volkswagen Polo GTI, les ingénieurs ont réussi à loger un bloc 4 cylindres turbo de 2,0 litres délivrant 207 chevaux. Il offre 320 Nm de couple et la pleine puissance est disponible jusqu’à 6 000 tr/min. La transmission passe par la célèbre boîte automatique à double embrayage DSG à 7 rapports. Ainsi armée, le 0 à 100 km/h est expédié en 6,5 secondes.

Le moteur 4 cylindres de la Polo GTI
Le moteur 4 cylindres de la Polo GTI ©Volkswagen France

La puissance étant envoyée uniquement sur les roues avant, il s’agit donc d’une traction. Une architecture fidèle à l’ADN des petites sportives de la marque depuis la première Golf GTI de 1976. Le constructeur annonce une consommation officielle de 7,1 l/100 km et une vitesse maximale de 242 km/h. Sur la balance, cette Volkswagen Polo GTI Edition 25 affiche un poids de 1 380 kg.

Sur la route : petit plaisir ou maxi plaisir ?

La Volkswagen Polo GTI ne fait pas partie des citadines les plus radicales du segment, si vous voyez ce que je veux dire. Longtemps restée dans l’ombre des reines de l’efficacité qu’étaient les 208 GTI et Clio RS, l’allemande se comparait plutôt à une Ford Fiesta ST (lire notre essai ici) : sportive, oui, mais surtout très polyvalente.

Les jantes 18 pouces
Les jantes 18 pouces ©Volkswagen France

La citadine se montre joueuse sans pour autant vous pousser constamment dans vos retranchements. Le châssis est sain et les liaisons au sol sont presque parfaites. On s’amuse à la bousculer autant qu’elle nous bouscule. En ligne droite, l’allemande ne bouge pas d’un iota, tandis qu’elle accepte de glisser gentiment du train arrière dans les virages serrés. J’avoue que je ne m’attendais pas à prendre autant de plaisir à son volant, pensant qu’elle se contenterait d’être performante en ligne droite et totalement aphone en sensations dans les courbes.

La DSG7 pas forcément au rendez-vous

Erreur de jugement ! L’allemande sait virer à plat et enchaîner les trajectoires avec une agilité surprenante. Dans les cols de montagne, on se plaît à enclencher le mode Sport et à basculer la DSG7 en mode manuel pour aller chercher la zone rouge. Surtout que les 207 ch demandent à être cravachés haut dans les tours, précisément à 6 000 tr/min. Dommage, en revanche, que la ligne d’échappement délivre un son aussi quelconque et que les haut-parleurs diffusent un faux bruit artificiel. Heureusement, on peut désactiver ce dernier, mais le moteur se résume alors à un simple bruit de fond. Ce 4 cylindres manque cruellement de voix.

Polo GTI sur la route
©Volkswagen France

Malgré son architecture de traction, la puissance passe bien au sol sans que le train avant ne cherche sa route. Il faudra vraiment une chaussée humide pour commencer à saturer le train avant. Polyvalente, la Polo se montre à son aise partout et distille un plaisir de conduire communicatif.

Le malus, ce grand méchant

Avec une bonne dose de bonne volonté, la Polo GTI offre un réel agrément. Celui-ci est toutefois un peu gâché par la DSG7, qui souffre d’une certaine lenteur à la descente des rapports… Ce n’est hélas pas la faute de Volkswagen, mais plutôt des normes européennes sur les rejets de CO2. Pour parvenir à éviter un malus écologique aussi douloureux qu’une rupture sentimentale, le constructeur a dû faire des choix électroniques stricts pour maintenir la GTI au catalogue.

Volkswagen Polo GTI 2025
©Volkswagen France

On regrette donc qu’entre les passages de rapports, la Polo GTI souffre parfois d’un effet de creux, que la réactivité de la boîte tente tant bien que mal d’effacer dès que l’on écrase l’accélérateur. Heureusement, même si je parais volontairement sévère, la Polo a su m’amuser et me divertir dans les enchaînements de virages, à ma plus grande surprise.

Adieu les petites sportives thermiques, adieu Volkswagen Polo GTI

Il est temps de se quitter. Tu as été une bonne petite sportive. Excellente ? Peut-être pas. Amusante ? Assurément. Avec son départ à la retraite, un chapitre entier de l’histoire des citadines « boostées » et énervées s’achève. Nous avons vu disparaître ces dernières années toutes les petites bombes thermiques que l’on aimait tant : Clio RS, 208 GTI, Fiesta ST, Swift Sport, etc. Désormais, si l’on souhaite de la performance dans ce format, l’électrique s’impose, dicté par les normes d’émissions. Place nette, donc, à la Polo ID. GTI (lire ici) dévoilé récemment.

Malgré des défauts évidents, notamment cette DSG7 qui nous rend parfois fous par sa gestion typée éco, les 207 chevaux sont bien là et savent donner le sourire. C’est non sans une certaine émotion que j’ai rendu les clés de cette Polo à Volkswagen. À leur (grande) surprise, les équipes du parc presse avaient découvert qu’il leur restait encore cet exemplaire, telle une anomalie temporelle. Diable, que fait une telle sportive dans une gamme qui s’électrifie à marche forcée ? Saluons tout de même l’audace du constructeur d’avoir tenu bon jusqu’au bout avec une proposition 100 % thermique.

Une sorte de madeleine de Proust automobile qui agace autant qu’elle régale. Merci à elle pour ces 25 ans d’existence. Et si le cœur vous en dit, sachez que le marché de l’occasion tend les bras aux passionnés : on déniche des Polo GTI (phase 1 de 200 ch) à partir de 17 000 €, tandis que la version restylée de 207 ch se négocie aux alentours des 20 000 €.

Merci à Volkswagen France pour le prêt du véhicule.

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GllmP

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