Après 2 ans d’attente, c’est avec un plaisir non dissimulé que nous retrouvons l’événement Chantilly Arts & Elegance et son Concours d’État. Le domaine de Chantilly offre un écrin majestueux pour célébrer le patrimoine automobile et l’art de vivre à la française.
Le Concours d’État représente le cœur de l’événement. Réparties en 14 classes, la centaine d’autos en compétition a émerveillé un public venu nombreux en ce dimanche de fin d’été. Mais Chantilly Arts & Elégance (lire ici) ne saurait se résumer à son palmarès. L’événement propose une multitude de facettes que nous vous proposons de découvrir à nos côtés !

Chantilly, un château princier
Le château de Chantilly est le fruit de 8 siècles d’histoire. La dynastie princière de ses différents propriétaires a transformé le bâtiment fortifié du Moyen Âge en un joyau du patrimoine français.

Au pied du château, nous retrouvons des jardins à la française dessinés par Le Nôtre, jardinier de Louis XIV. C’est au milieu des fontaines, bassins et canaux que les voitures du concours d’état seront exposées.


Enfin, au bas des escaliers et sous le regard de la statue du connétable Anne de Montmorency, trône le miroir central. La piste qui l’entoure sera le théâtre du défilé de l’ensemble des autos en compétition permettant au public d’apprécier ces chefs-d’œuvre en mouvement !


Le podium, orné d’un lustre de la Lustrerie Mathieu réalisé pour l’occasion, sera réservé aux 3 meilleurs de chaque classe qui viendront récupérer leur prix avec une émotion non feinte !

En un mot comme en cent, le cadre du Château de Chantilly sublime les autos exceptionnelles qui y sont présentées. Et si en plus la lumière s’en mêle, cela devient magique !

Concours d’Etat : un éclectisme rare !
Les déambulations au cœur du jardin promettent un voyage passionnant aux amateurs comme aux curieux. 100 ans séparent les reines de la catégorie GT1 de leurs aïeules évoquant les Grand Prix de l’ACF du début du siècle dernier.

Restons dans les mythiques compétitions françaises en évoquant le Tour de France Automobile et les 24h du Mans. Contre toute attente, c’est la barquette Matra MS650 qui sillonnait les routes de l’hexagone de spéciales en spéciales tandis que la Ferrari 275 GTB Competizione a pris la 10ème place des 24h 1966.


Un peu plus loin, l’élégance – oserait-on parler d’extravagance ? – des Delahaye produites dans les années 50, fait face à l’intimidante musculature des créations des sixties nées de la mythique association Ford & Carroll Shelby.


Cette diversité des classes, délicieux aperçu du patrimoine automobile, est vraiment l’une des valeurs fortes de Chantilly Arts & Elégance.
Le casse-tête du Jury !
Cet éclectisme se retrouve également au sein même des classes compliquant sérieusement la tâche du Jury. Prenons l’exemple de « L’art Automobile selon Pininfarina ». Comment départager cet improbable concept Pininfarina X avec ses 4 roues en trapèze et la sculpturale Ferrari 410 Superamerica Superfast ?


Le cas de cette Ferrari 410 Superamerica Superfast est un peu à part puisqu’elle était pressentie comme Best Of Show par une immense majorité des connaisseurs. Modèle unique, état de présentation remarquable, revenue spécifiquement des Etats-Unis pour retrouver la France où elle fut présentée en 1956. Une icône qui initie la lignée des Ferrari Superamerica.

Dans d’autres classes, la discussion est plus ouverte. Aussi, le jury devra s’appuyer sur une grille de notation très détaillée. 100 points également répartis en 5 catégories – Authenticité, Historique, Design & Elegance, Etat de présentation et fonctionnement – permettront de départager les candidats. Malgré cela, le dilemme reste cornélien lorsqu’on doit évaluer une carrosserie d’origine ayant subi les affres du temps ou un intérieur restauré à la perfection !


Peut-être alors que l’histoire du modèle, contée par son propriétaire lors de l’évaluation, pourra donner les éléments de réponse au Jury. Ici une Lamborghini Miura P400S de 1970 appartenant à la même famille depuis 1973, restée endormie pendant 40 ans avant d’être restaurée humblement mais minutieusement. Là, un pilote, Erik Comas, qui détaille avec enthousiasme comment il parvint à réaliser son rêve de conduire sur la route sa Nissan R390 GT1 des 24h du Mans 1998. Des moments d’échanges passionnants et émouvants à observer !



Focus sur les GT1 d’endurance
Profitons-en pour saluer l’audace des organisateurs en proposant cette classe GT1 qui détonne parmi toutes ces anciennes ! Au départ, il s’agit essentiellement de GT légèrement « coursifiées » du milieu des années 90 directement issues du B.P.R. (lire notre article ici). Mais, sous l’impulsion des constructeurs, la catégorie a rapidement accouché de monstres ultra performants à la veille de l’an 2000 tels que ce duo Nissan R390 / Porsche 911. Après une refonte du règlement, des GT1 redevenues plus raisonnables, reprendront la piste jusqu’à l’arrêt de la catégorie en 2012.



L’élégance sous toutes ses formes !
À Chantilly, la notion d’élégance n’est clairement pas prise à la légère. Dans le choix des véhicules en compétition tout d’abord – entre courbes délicates et chromes rutilants – qui habillaient les pelouses du jardin Le Notre. Dans la notation ensuite puisque 20% de la note découle directement de cette fameuse élégance, appréciation subjective au demeurant ! La Talbot-Lago « Goutte d’eau » en est un remarquable exemple.

Enfin, à l’instar de Le Mans Classic (lire ici), un Dress Code avait été demandé aux visiteurs. Et il faut avouer que le public a parfaitement joué le jeu pour ajouter au charme du lieu. L’ambiance Garden Party souhaitée par Peter Auto était ainsi bien présente !
Bugatti, une classe à part !
Comme en 2024 avec la présentation de la Tourbillon (lire notre article ici), Bugatti attire de nouveau les projecteurs et l’attention du public. Et ce à plus d’un titre ! Tout d’abord avec la présentation de la Bugatti Brouillard, premier exemplaire de la programme Solitaire, le service de personnalisation ultra exclusif de la marque. Ce dernier remportera d’ailleurs la catégorie « Concept-Car et One-Off ».


Pour accompagner cette nouveauté, un alignement absolument incroyable de Bugatti modernes trônait devant le château. L’unique Bugatti Profilé (lire notre article ici), deux roadtsters Mistral (lire notre article ici), et pas moins de cinq Veyron (lire notre article ici) qui célèbrent le 25ème anniversaire de la première des Hypercar.

Lors d’une parade matinale surprise, ces monstres surpuissants furent accompagnés de plusieurs Bugatti iconiques d’avant-guerre. Une magnifique célébration !

Nous ajouterons également qu’une classe entière était dédiée aux Bugatti de compétition d’avant-guerre. Omniprésent on vous dit !

Déambulations hors compétitions !
L’expérience Chantilly Arts & Elégance va bien au-delà du concours d’état. Vols en montgolfière, jeux de fête foraine en bois, et autres promenades sur le canal pouvaient agrémenter la journée des visiteurs. Sans oublier le traditionnel spectacle équestre et un étonnant show pyrotechnique. Côté automobile, constructeurs, marchands, collectionneurs mais surtout les clubs ont envahi les pelouses du parc avec des pépites de toutes sortes. Classiques, youngtimers, supercars, là aussi, l’éclectisme était de rigueur !




Des expositions thématiques – Motos de Grand Prix et Musée M24 – permettaient également aux amateurs de parfaire leur culture des sports mécaniques !


Bilan d’une édition très réussie !
Chantilly Arts & Elégance se différenciait des autres concours internationaux avec sa catégorie « Concept-Car » associée à un défilé haute couture. Avec l’Alpine x Lacoste A290 Rally comme seul « vrai » concept-car et l’absence des présentations conjointes avec les mannequins, nous regrettons l’abandon de cette spécificité.

Pour autant, portée par la qualité remarquable des autos du Concours d’Etat, l’atmosphère générale de l’événement et le cadre grandiose, Chantilly Arts & Elegance 2026 est un vrai succès, confirmé par des chiffres records – 30 000 visiteurs et plus de 1000 voitures. Et dire qu’il va falloir attendre deux ans avant la prochaine édition …

Tous les résultats sont à retrouver sur le site Chantilly Arts & Elégance.
Crédit photos : Sylvain Bonato / Aventures-Automobiles.fr et Matthieu Bourgeois / @TheCarSpot








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