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Se faire plaisir, au volant, pour moins de 30 000 euros (partie 2)

Corvette C6
Corvette C6

De discussions en discussions, l’équipe rédactionnelle d’AutomotivPress en est venue à se poser LA question existentielle de la fin d’année : Quel « youngtimer » raisonnable s’offrir ?

Pour notre article sur « comment se faire plaisir pour moins de 30 000 € », ciblé sur les modèles encore en vente ou tout juste sortis du marché du neuf, nous nous sommes fixé arbitrairement la même limite de prix. Histoire de se dire que, pour une somme correspondant à une berline moyenne neuve, il paraît raisonnable d’être… déraisonnable. Et plutôt que d’axer sur la puissance, nous vous proposons ce coup-ci une sélection libre, selon nos propres goûts, en fonction de 5 catégories, un peu arbitraire on vous l’accorde : « GTi », roadsters,  coupés/cabriolets et « hors catégorie ».

Jordan

Dans la catégorie GTi, j’irai personnellement dans des voitures plus récentes que mes comparses, et j’investirai dans une Renault Sport et pas n’importe laquelle. Celle que certains qualifient de meilleurs Clio RS de l’histoire, la 182 châssis sport (lire ici). C’est léger, puissant avec une tenue de route et une agilité géniale. Pour ne rien gâcher, la côte grimpe sérieusement pour les exemplaires d’origine, mais il est encore possible d’en trouver pour moins de 10 000 euros. En allongeant le budget, on pourra même patienter pour attendre la très rare version Trophy en conduite à gauche (50 exemplaires suisses, 500 en rhd pour l’Angleterre). Comme toutes les Clio RS, les pièces sont nombreuses et assez peu chères, un choix donc plutôt raisonnable.

Renault Clio R.S. 182
Renault Clio R.S. 182

Du côté des roadsters, je crois que je choisirais une Porsche Boxster S 987 (seconde génération donc). Je trouve le look pas trop démodé malgré ses 15 printemps et les performances sont encore de premier ordre. Le confort moderne, 280 ch dans un Flat-six atmo, des galbes toujours aussi harmonieux, c’est une voiture que je serais heureux de sortir chaque week-end.

Porsche Boxster S 987
Porsche Boxster S 987

Pour le coupé, j’irai cette fois vers une BMW Z3 coupé en 3.0 (lire ici en 2.8L). Cette voiture tant décrié à sa sortie en 1998 fait désormais partie des BMW cultes et sa côte s’est envolée. La carrosserie commune à toutes les Z3 coupé donne à cette version 3.0l les mêmes ailes arrières hyper larges de la version M, qualifiée elle, de “faiseuses de veuves”. Le moteur 3.0l, bien connu au sein de la gamme BMW, développe 231 ch et suffisamment de couple pour cruiser confortablement. Le son du 6 cylindres en ligne est toujours aussi doux pour les oreilles. Bref, c’est une auto pleine charme et un bon investissement pour l’avenir !

BMW Z3 Coupé
BMW Z3 Coupé (2.8L)

Passons désormais au berline. Cette fois je prendrais la direction du Japon et mon choix se porterait sur une Subaru GT Turbo (lire ici notre essai de l’Impreza). Cette voiture a pour moi, marqué son époque et propose des performances exemplaires pour l’époque. Certes, elle a un gros aileron, bien souvent une échappement un peu sonore et pas d’origine, mais ce son ! Le bruit de son Flat-4 est inimitable et rien que pour ça, on a envie de rouler tout le temps ! Il devient difficile d’en trouver des propres et plus ou moins d’origine, mais c’est à coup sûr une voiture à chérir à l’avenir.

Subaru GT Turbo
Subaru GT Turbo

Enfin pour le choix hors catégorie, je porterai mon regard vers une italienne qui a pris une grosse décôte mais possède toujours son sex-appeal : la Maserati Coupé GT (ou 4200 GT comme certains la nomment dans les annonces). On prend le magnifique design de Giugiaro (bien qu’amputé des magnifiques feux boomerang) vu sur la 3200 GT, on y associe le V8 4,3l de la Ferrari F430 dégonflé à 390ch et on obtient une GT au son typiquement italien. Boite F1 rapide, couple conséquent, fiabilité supérieure à la 3200 GT, une équation séduisante ? Certes. Mais même si le prix d’achat reste sous la barre des 30 000 euro, il ne faudra pas négliger les tarifs d’entretien qui, eux, restent plus en rapport avec le prix initial de l’auto. Mais en partant sur une utilisation week-end, les entretiens peuvent s’espacer et cela deviendrait presque tentant, non ?

Maserati Coupé GT ( 4200 GT)
Maserati Coupé GT ( 4200 GT)

Yvan

Mes camarades ayant déjà cités nombre de mes choix, je vais donc élargir ma sélection à 30 000 euros. Non pas que cela soit du second choix, mais plutôt un panel d’alternatives plus fournies, liste non exhaustive…

Commençons par les GTi, avec un trio de moins de 140 ch, le R/S/T : Renault Twingo (2) RS (133 ch), Suzuki Swift Sport (125 ch) et Toyota Yaris ST (105 ch). Certes, les performances sont modestes mais chacune bénéficie d’un ensemble châssis/moteur pétillant et d’un comportement sportif, c’est aussi l’assurance d’une auto sous la tonne. Un bon choix pour débuter et se faire plaisir à moindre coût. Vers 200 ch, la Fiesta (6) ST de 182 ch (lire ici) est un choix sûr, une petite sportive homogène privilégiant les sensations de conduite. On peut également citer la Renault Clio RS (3) 200, un sans-faute châssis/moteur/boite/freins, un jouet de 1,2T incisif et efficace à souhait. Tout aussi plaisant à conduire, le duo Toyota GT86 (lire ici)/Subaru BRZ (lire ici) reste une très bonne école de pilotage, un coupé propulsion abordable, qui privilégie le plaisir de conduite à la puissance pure (200 ch).

Subaru BRZ & Toyota GT86
Subaru BRZ & Toyota GT86

Mais quitte à aller au bout de la démarche, à ce niveau, mon choix se portera vers la Honda Civic Type R (EP3 ou FN2) et son inimitable moteur K20 qui fait le bonheur de certains “Lotussiens” : châssis vif et équilibré, agrément moteur de premier plan (merci le VTEC) et comportement sportif. Tout y est, sauf le bruit sur longs trajets, un mal pour un bien. Et j’apprécie le look original extérieur/intérieur de la Type R FN2…

Honda Civic Type R (FN2)
Honda Civic Type R (FN2)

Restons chez Honda pour la catégorie roadster avec une auto qui m’a énormément plu, la S2000 (lire ici). Une  authentique sportive, un collector à très fort potentiel, c’est le cas de le dire : châssis sportif avec un différentiel Torsen de série, boîte 6 vitesses agréable à manier, moteur diabolique, rapport prix/performances de premier choix. Le problème, c’est d’en trouver un exemplaire sain qui a été correctement entretenu car la VTEC a une sainte horreur de l’à peu près qui peut couter très cher. Si vous aimez les allemandes, tournez-vous vers la Porsche Boxster, la première version 986 reste abordable et il y a du choix en motorisations (2.5L, 2.7L ou S 3.2L). C’est l’accès à l’univers Porsche autrement qu’en passant par la 911. Un roadster sportif, généreux en sensation, loin de l’image de « Porsche du pauvre » qui lui colle à la peau, une réussite. Pour ceux d’entre vous que l’exotisme n’effraie pas, l’Opel Speedster (lire ici) est fait pour vous. Ne vous arrêtez pas à son badge, sous le Blitz se cache une Lotus et pas n’importe laquelle, l’Elise S2 (lire ici notre essai) dotée pour l’occasion de moteurs GM Ecotec : un 2.2L atmo de 147 ch (Z22SE) ou un 2.0L turbo de 200 ch (Z20LET). Contrairement aux confortables S2000 et Boxster pesant 1,3T, l’Opel Speedster affiche 870 kg sur la balance et ça change tout.  Agile, vivace, légère, l’auto freine court avec efficacité et endurance. Les performances sont au rendez-vous, surtout avec la version Turbo qui peut sans soucis être préparée pour tutoyer les 260 ch si ce n’est plus. Certains “Porschistes” en ont encore l’ego froissé. Comme tous les produits signés Lotus, c’est une authentique « voiture de sport » pour beaucoup moins cher que sa cousine Elise, qui lui prête son châssis. Assurément un excellent choix si vous mettez les roues sur circuit le week-end.

International Speedster Meeting 2019 - Opel Speedster
Opel Speedster

Les suggestions des coupés et cabriolets sont nombreux. Si vous êtes tenté par l’aspect « Francaise Youngtimer », l’Alpine GTA en version V6 GT (160 ch, 1500 ex.) ou V6 Turbo (200 ch) est à retenir. Ses tarifs restent abordables, du à son manque d’image – Renault Alpine – face à ses concurrentes de l’époque. C’est l’opportunité de s’offrir l’une des dernières GT françaises performantes. Attention à l’état car la maintenance peu devenir onéreuse. Chez Renault, impossible de ne pas citer la Megane RS (lire ici), seconde et 3ème version (lire ici). Inutile de revenir sur les capacités sportives et les performances de la voiture, un succès reconnu que Renault Sport a su faire évoluer toujours dans la recherche du meilleur résultat, avec les équipements adéquats. La Gendarmerie en a fait l’une de ses montures et les voleurs aussi, malheureusement. L’indémodable Golf GTi (lire ici) et l’énervée Golf R (lire ici) ne peuvent être passées sous silence.

Renault Megane RS 275 Trophy-R : 7’54’’36 au tour sur le Nürburgring
Renault Megane RS 275 Trophy-R : 7’54’’36 au tour sur le Nürburgring

A l’inverse, si vous n’avez pas froid aux yeux et un abonnement chez un pétrolier, la Ford Mustang (5) GT 2005 vous comblera, dispo aussi en cab’. Ne recherchez pas l’efficacité du châssis, son pont arrière rigide étant vite dépassé par le V8 4,6L de 300 ch. C’est une américaine au grand cœur, confortable, au look aguicheur reprenant les lignes de la Mustang Fastback originelle.

Ford Mustang GT 2005
Ford Mustang GT 2005

Si l’Audi Coupé « ur » quattro et son mythique 5 cylindres 2.2L turbo de 200 ch est devenu hors budget, tournez-vous vers les Audi S4 (B6) cabriolet V8 4.2L 344 ch, BMW Série 8 (E31) et Série 6 (E63, aussi dispo en cab’) en V12 5.0L 300 ch/5.4L 326 ch ou V8 4.4L 333 ch/4.6L 367 ch, des GT très confortables, performantes mais peu sportives car lourdes. Si le design de la dernière – dû à Chris Bangle – vous rebute, optez pour le superbe coupé Mercedes 500/560 SEC (C126), voiture des pilotes de F1 des années 80’s/90’s, que l’on trouve en V8 5.0L 231 ch ou 5.6L 300 ch. Longtemps dévolue aux terrains vagues des « manouches », il est difficile d’entre trouver avec un entretien correctement effectué. Oubliez la très rare version AMG et son kit carrosserie « Wide Body » délicieusement « bad ass ».

Mercedes-Benz 560 SEC
Mercedes-Benz 560 SEC (C126)

Au chapitre des familiales, berlines et breaks, les premiums fortement motorisés s’imposent. Impossible de retenir la Mercedes 280 TE (S123), “daily” de David Piper à l’époque, pour l’anecdote, elle est devenue aussi rare que chère avec le 6 cylindres en ligne (M110) 2,7L essence de 177/185 ch. Si vous en avez une à vendre, dites le moi ! Citons donc les récentes Audi S4 Avant (B6), BMW Série 3 (E46) et (E90) en 6 cylindres atmo’ 3.0L (330i) de 231 ch à 272 ch (les versions turbo 335i de 306 ch n’ont pas été exempte de soucis). La Jaguar XJ Mk3 (X350) (lire ici l’essai XJ6 X300) et ses moteurs V6 ou V8 d’origine Ford, de 3.0L 243 ch à 4.2L 406 ch, est à retenir. C’est un choix pertinent si vous privilégiez luxe et confort à la sportivité. La très rare et récente Saab 9.5 (2) est à considérer, superbe auto reprenant la plateforme GM Epsilon II – châssis et groupes motopropulseurs (4 cylindres turbo et V6) – de l’Opel Insignia. Enfin, la méconnue Lexus LS 460 (XF40) – concurrente de la Mercedes S 500 (W221) – reste l’un des meilleurs rapports qualité/prix/prestation du moment, puisqu’elle dispose d’un V6 4.6L essence de 380 ch et ses versions « Exécutive / Président » disposent d’un équipement pléthorique.

Lexus LS 460 (XF40)
Lexus LS 460 (XF40)

En hors catégorie, je crains qu’il faille dépasser un peu la limite de 30000 euros. Si la sublime Aston Martin V8 Vantage 4.7L 420 ch est hors budget (mais bientôt j’espère), tournez-vous vers sa cousine la Jaguar XK Mk1 (XK8) ou Mk2 motorisées par le V8 4.2L de 300 ch (à préférer au 3.8L). Les versions XKR à compresseurs beaucoup plus puissantes seront trop chères. Attention, les XK sont des coupés et cabriolets au poids flirtant largement avec les 1,7T. Les charismatiques Lotus Esprit V8 (3.5L biturbo 350 ch) ou Porsche 928 S4 (V8 5.0L 320 ch) étant hors budget malheureusement, la sportive à retenir est la Chevrolet Corvette C6 et son V8 6.0L de 404 ch, disponible aussi en cab’ et également en boite manuelle 6 rapports fournie par Tremec (T56) sur le V8 LS3. Oubliez les antiques châssis inefficaces, la Corvette C6 dispose d’un châssis moderne et équilibré (châssis-poutre composé de rails d’acier hydroformé et structure du poste de pilotage en aluminium). Avec 1,4T sur la balance, la C6 n’a pas à rougir face à la concurrence européenne qui n’embarque pas un gros V8 (dont la voix mérite d’être libérée). Le comportement est sain (attention sur chaussées humide) et les performances sont au rendez-vous  sans grever le budget entretien. Bref, une championne du rapport prix/plaisir !

Corvette C6
Corvette C6

Retrouvez la partie 1 de cet article “Se faire plaisir, au volant, pour moins de 30 000 euros” ici.

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